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médiators et positions de jeu




La position du médiator

Cet article est inspiré du Wikibook "Apprendre la guitare électrique".

Contrairement au jeu aux doigts pour lequel, dans le cas de la guitare classique, il existe une position "académique" de la main droite (pour les droitiers...), on compte presque autant de manières de tenir et de se servir d'un médiator qu'il existe de guitaristes électriques sur la planète.

La guitare est certes un instrument conçu d'abord pour être joué avec les doigts, et si la notion de "position correcte" pour jouer au médiator est parfois mentionnée à tort, la diversité radicale des techniques des guitaristes les plus brillants dans cette forme de jeu montre que la réalité du jeu au médiator est en fait plus complexe.

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La prise du plectre en vue d'une position de la main "ouverte"

La position dite "standard" consiste en la prise fermée, pas d'ancrage, mouvement par oscillation du poignet et n'est de fait qu'une position praticable parmi d'autres. Elle n'a de "standard" le fait qu'elle soit la plus majoritairement pratiquée et n'est en rien conventionnelle n'apportant pas grand avantage comparé à une des déclinaisons.

Nombre de variantes sont effectivement pratiquées par de grands guitaristes, parmi un large éventail de choix possibles : prise fermée ou ouverte, ancrage de la main droite à l'aide d'un ou plusieurs doigts, appui du bord de la paume ou de l'auriculaire sur la table, paume de la main flottante, paume en appui sur les cordes ou sur le chevalet, poignet flottant, poignet en appui sur le chevalet, mouvement basé sur un déplacement du couple index et pouce, sur l'oscillation ou la flexion du poignet, sur la rotation ou l'oscillation de l'avant-bras, sur une combinaison de ces mouvements élémentaires...

Toutes ces variantes ne présentent pas les mêmes avantages et inconvénients, toutes ne conviennent pas à tous les guitaristes, ni à toutes les formes de guitares, ni même à tous les contextes de jeu : jeu rythmique lent et ample, jeu rythmique sec et rapide, jeu solo à vitesse moyenne, jeu solo en son saturé à vitesse extrême...

Le choix d'une variante implique inévitablement un compromis entre d'une part, la précision de l'attaque et la variété des nuances, c'est-à-dire les facteurs contribuant à la qualité et l'expressivité du son, d'autre part l'économie de mouvement et l'évitement des tensions, c'est-à-dire tous ceux contribuant à la virtuosité du jeu - l'évitement de toute tension musculaire doit impérativement être pris en compte si l'on souhaite éviter les blessures physiques à moyen ou long terme, telles que tendinite ou syndrome du canal carpien.

La vitesse est sans doute la difficulté technique la plus immédiatement repérable du jeu au médiator : elle est aujourd'hui partie intégrante de nombreux styles dérivés du Hard-Rock et du Heavy Metal dans lesquels certains guitaristes ont atteint des vitesses de jeu spectaculaires.

L'écoute superficielle de ces guitaristes virtuoses peut cependant occulter le fait que les plus grands d'entre eux sont aussi, ou peut-être même avant tout, de grands musiciens, dont la qualité de jeu ne saurait se réduire à leur seule capacité à jouer à une vitesse hors du commun.

Au-delà de l'effet de fascination légitime produit par cet aspect du jeu au médiator, le travail de la vitesse de la main droite n'est en fait qu'un simple outil, une simple éducation de la mémoire musculaire, dont le but est de parvenir à un automatisme complet du mouvement dans son aspect le plus mécanique.

Une fois cet outil maîtrisé, le véritable travail de la main droite peut commencer, à savoir, apprendre à se servir de cet outil pour s'exprimer musicalement. Dans cette phase préparatoire, certains guitaristes parviennent spontanément à trouver un mouvement à la fois efficace, sans tension, sonnant bien et facile à accélérer. D'autres n'ont pas les mêmes chances, et doivent lutter plusieurs mois ou plusieurs années avant de trouver un mouvement comparable, parfois au prix du long et pénible travail de désapprentissage d'un mouvement initial inefficace, mais devenu totalement intégré à leur jeu.

Un conseil fréquemment donné aux guitaristes souhaitant améliorer leur jeu à la main droite est de chercher le mouvement le plus précis, le plus économe en déplacements possible, de travailler au métronome ce mouvement à vitesse très lente, puis de l'accélérer graduellement sur une période de plusieurs jours, plusieurs semaines ou plusieurs mois. Idéalement, le mouvement à vitesse lente devrait être identique à celui utilisé à une vitesse plus élevée, c'est-à-dire impliquer les mêmes muscles, les mêmes déplacements de chaque partie du bras, la même position de la main droite comme de la main gauche. Son accélération ne devrait engendrer aucune forme de tension, ni aucune perte de précision dans la trajectoire du médiator.

N'hésitez pas à revenir à une vitesse plus lente, à essayer un autre mouvement ou un autre placement de la main droite : le passage à une position inhabituelle peut vous aider à prendre conscience des avantages et inconvénients, ou même des défauts de celle qui semble vous convenir le mieux. Vous pouvez, à vitesse très lente, tenter de vous projeter mentalement à vitesse plus rapide : serez-vous capable de garder exactement le même mouvement à une vitesse plus élevée ? Quels sont sinon les composantes du mouvement qui poseront problème ? Comment les corriger ?

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Le travail au métronome est privilégié... dans la coordination main droite - main gauche, le jeu au médiator et les sauts de cordes.

Le travail de la main droite peut se faire avec et sans métronome, en son saturé mais aussi en son clair, ou même sans ampli, les effets tels que la saturation ou la réverbération ayant tendance à masquer les imperfections du jeu. Notez qu'une manière impitoyable de détecter les irrégularités de votre jeu consiste l'enregistrer, voire, si vous le pouvez à le réécouter plus lentement (fonction disponible sur les systèmes d'enregistrement audionumérique).

Choix du m Médiator

Les médiators sont vendus sous des formes, des épaisseurs et des matériaux divers et variés. Ils ne coûtent en général que quelques centimes d'euro pièce, et peuvent éventuellement être achetés par lots (pack de 25) sur Internet. En effet, c'est horriblement cher à l'unité pour le bout de plastique qu'il constitue... autant acheter "en gros" lorsque l'on a opté pour un modèle qui convient.

Car en effet, le choix d'un modèle n'est soumis à aucune règle particulière, et relève avant tout du goût personnel que de certains aspects plus ou moins marketings :

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Dans une même gamme de produit, essayez différentes épaisseurs de médiator

Deux règles de sélection s'offrent à nous :

  1. un médiator épais aura tendance à procurer un son précis, mais aussi plus rond et plus massif, mais en opposant plus de résistance au pincement des cordes, il sera aussi plus difficile à manier mais assurera une bonne dynamique d'attaque.
  2. un médiator souple glissera sur les cordes presque sans aucune résistance, mais limitera la puissance du son en réduisant presque celui-ci à son attaque, il permettra aussi beaucoup plus de nuances.

Compte tenu de leur prix, il est assez facile de tester plusieurs modèles achetés à l'unité. Cependant, les magasins sont approvisionnés de manière assez aléatoire et ces petits objets très précieux ont une forte tendance à s'user, à se perdre ou s'oublier, rester dans les poches, passer à la machine à laver, ... il est conseillé de faire un bon approvisionnement et de regrouper ça dans une petite boîte se logeant dans une poche de la housse, un compartiment de l'étui.

Pensez également à varier votre jeu, et ainsi utiliser différents médiators en fonction des besoins de jeu, certains sont mieux pour la rythmique, d'autre pour la précision, ... ceux qui changent au cours du jeu ne le font pas nécessairement pour la "frime" ni pour faire des dons aux groupies, mais aussi et surtout pour changer leur attaque durant un même morceau.

Et n'allez pas non plus réutiliser un médiator qui est "bouffé" par les frottements sur les cordes, qui a servi 3 fois de cure-dents et s'avère tout "gondolé" car il a été mordu par le chien ou le bassiste ! C'est destination poubelle !

Enfin, veillez à opter pour des modèles standards à défauts de vos doigts : un médiator en or massif, ça se perd aussi facilement qu'un en nylon, ça coûte bien plus cher à l'achat, et si ça s'use moins vite, ça use les cordes et il faut prévoir le budget en regard. De même, si comme Brian May vous utilisez une pièce de monnaie, vous n'aurez peut-être pas de problème pour trouver d'autres modèles (en faisant les troncs d'église !) mais vous risquez de rechigner à les jeter au public en délire...et lorsque vous en aurez marre de changer les cordes.

Prises ouvertes et fermées du médiator - force de prise

Le médiator se tient entre le pouce et l'index, ou bien entre le pouce, l'index et le majeur. Certains guitaristes préfèrent le tenir entre le pouce et le majeur : Edward Van Halen pose ainsi son index sur la tranche du médiator, laissant celui-ci disponible pour le jeu en tapping.

Lorsque la main est semi-fermée, on parle de "position standard" (très propre au jeu folk ou rock-blues), s'oppose au cas d'une main semi-ouverte (comme pour Yngwie Malmsteen, Vinnie Moore, Paul Gilbert, George Lynch) qui est le cas d'une utilisation finalement assez courante dans le métal et hard-rock et se prête au jeu rapide.

Dans la prise fermée usuelle, le médiator se tient entre les bords des deux dernières phalanges de l'index replié sur lui-même et la dernière phalange du pouce (on compte les phalanges d'un doigt à partir de celle reliée à la paume de la main). Le pouce peut être droit ou légèrement fléchi, ou au contraire légèrement en extension : le médiator peut dans ce cas être aussi maintenu par la pression sur l'index de l'articulation reliant les deux phalanges du pouce. Les autres doigts de la main droite sont repliés sur eux-mêmes, sans aucune tension.

En prise ouverte, le médiator est tenu entre le pouce et le bord de la dernière phalange de l'index, ou encore, entre le pouce et les dernières phalanges de l'index et du majeur. L'écart entre le pouce et l'index est alors plus important : cette prise autorise dans une certaine mesure le déplacement du médiator par flexion et extension du couple pouce et index, indépendamment des autres parties de la main droite. Les autres doigts peuvent (ou non) être légèrement repliés en appui sur le corps de la guitare ou un pickquard (technique de l'ancrage).

Chaque type de prise n'offre ni exactement le même son, ni exactement la même forme de contrôle du médiator. Les prises fermées permettent une grande puissance de jeu, et un bon contrôle des nuances et du volume. Elles conviennent bien au jeu en rythmique ou au jeu en solo très articulé à vitesse moyenne (harmoniques artificielles, coloration du son par variations de l'attaque, étouffements, etc.). En contrepartie, en rendant l'index et le pouce solidaires de l'ensemble de la main droite, une prise très fermée obligera celle-ci à se déplacer en un seul bloc, limitant la précision de la trajectoire du médiator.

La technique de l'ancrage peut compenser partiellement ce manque, mais dans tous les cas, une prise fermée rendra plus délicat le jeu à grande vitesse. D'autre part, la fermeture des doigts a tendance à crisper l'ensemble de la main, voire à bloquer le poignet, ce qui peut générer des tensions dans l'ensemble de l'avant-bras.

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La position de la main "semi-fermée"

En désolidarisant le pouce et l'index du reste de la main, les prises ouvertes permettent au couple formé par ces deux doigts de contrôler d'avantage ou même d'initier partiellement le mouvement du médiator, autorisant un jeu précis à grande vitesse, tout en autorisant une grande souplesse de mouvement à la main droite. En contrepartie, une position très ouverte aura tendance à produire un son plus fin et plus uniforme. Le recours à un son saturé et à un médiator épais peuvent limiter partiellement cette perte de puissance, mais ce type de position est plutôt pratiqué par les guitaristes privilégiant la vitesse de jeu au détriment de la variété des nuances.

La force de prise du médiator peut être réduite au minimum nécessaire pour attaquer les cordes sans que celui-ci s'échappe des doigts, ou au contraire, être augmentée ponctuellement afin d'accentuer une ou plusieurs notes. Là encore, une force de prise accrue améliorera la netteté du son, mais augmentera la résistance des cordes à l'attaque du médiator, en diminuant d'autant la précision de son mouvement - en particulier sur les cordes graves, plus épaisses, donc offrant une résistance naturellement plus grande que celle des cordes les plus fines.

Le médiator forme avec les cordes un angle plus ou moins aigu, dépendant de la prise choisie, de la position de la main droite et de son mouvement. Là encore, un compromis est à trouver entre confort de jeu et qualité du son. En gardant le médiator strictement parallèle aux cordes, on obtient une attaque plus nette, plus brillante, mais on augmente la résistance des cordes au mouvement, éventuellement jusqu'à contrarier les mouvements amples (jeu en rythmique), continus (jeu directionnel, "sweeping"), ou demandant une bonne régularité de jeu (changement de corde en jeu alterné).

L'accroissement de l'angle d'attaque réduit beaucoup cette résistance, mais a tendance à diminuer le volume du son, tout en accroissant les bruits de surface dus aux frottements du bord du médiator sur la corde. Cet effet est particulièrement audible sur les cordes de plus gros filetage, avec un médiator assez fin. Il peut être voulu (rythmique percussive en son très saturé, accentuation de une ou plusieurs notes) et même dans une certaine mesure contribuer à la qualité du son, mais peut aussi être compensé par une attaque plus rapide ou plus puissante. Dans tous les cas, fiez-vous à votre main et à votre oreille pour trouver l'angle d'attaque idéal, en fonction du contexte et la vitesse de jeu.

Mouvements de la main droite, ancrage et technique de jeu

Le mouvement de la main droite résulte d'une combinaison à parts inégales de plusieurs sortes de mouvements élémentaires :

Ces mouvements ne sont bien sûr pas tous indépendants, mais pour un type de prise et un placement donné de la main droite, l'un d'eux est en général majoritaire. Le choix d'un mouvement de base est bien sûr étroitement corrélé au type de prise choisi et au placement de la main droite.

En prise fermée, le mouvement du médiator peut par exemple être basé sur l'oscillation du poignet lorsque la main droite est proche des cordes, ou bien sur la rotation de l'avant-bras lorsque celle-ci est plus éloignée.

En prise ouverte, la base du mouvement peut être l'oscillation du couple pouce et index, le reste de la main et du bras accompagnant naturellement ce mouvement initial par une légère oscillation du poignet et /ou une rotation de l'avant-bras.

Il est possible avec une prise fermée de baser le mouvement sur une oscillation de l'avant-bras, et d'atteindre en bloquant le poignet une très grande vitesse de jeu, mais outre le problème de tension généré par le mouvement produit, l'imprécision de celui-ci rend difficile les changements de cordes.

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La position ouverte favorise l'ancrage sur le pickguard ou la table d'harmonie.

L'ancrage consiste en un appui sur la table, soit par :

Le gain immédiat du procédé est de stabiliser la hauteur de la main gauche et de faciliter ainsi les changements de cordes. Cette technique a aussi ses détracteurs, estimant qu'elle a tendance à gêner le mouvement naturel de la main droite - ce qui est effectivement le cas en prise fermée si la pression des doigts sur la table est excessive au point d'immobiliser la main, mais pas si elle est suffisamment légère pour permettre aux doigts posés de glisser sur la table.

Le jeu alterné consiste, dans chaque suite de notes de durées égales, à alterner la direction des coups de médiator sur chaque note. Ce changement de direction se fait quelle que soit la corde sur laquelle se situe la seconde note, qu'il s'agisse de la même corde, d'une corde voisine ou d'une corde distante.

Un jeu rythmique sera plutôt directionnel sur plusieurs cordes dans un même battement : la technique du jeu directionnel permet de résoudre partiellement le problème des changements de cordes : elle consiste sur un changement de corde ou un saut de corde, à prolonger le coup de médiator soit vers le haut, soit vers le bas... Correctement travaillée, cette technique produit un jeu fluide demandant moins de mouvements à la main droite ("economy picking").

Incidence de la prise du médiator sur le son

Dans la pratique de la guitare électrique, depuis la rythmique jusqu'au solo, la tenue et la position de maintien du médiator conditionne la dynamique de jeu et évidemment l'incidence sur le son. Au même titre que le gain qui facilite certains passages nécessitant une grande vitesse d'exécution, le bon médiator combiné à la bonne position et le bon angle d'attaque sont indispensables.

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De la même manière, les différentes techniques de picking, alternate, directional, strumming, ... sont primordiales pour un rendu efficace. Mais le tirant de cordes, le micro, la force d'attaque, ... nombre de paramètres vont avoir une incidence directe sur le son, sans considérer les éléments intermédiaires comme les effets de dynamique, la pré-amplification du signal (pédales de disto, préamp, amplificateur), et la gestion du volume de sortie (puissance, larsen, ...).

C'est dès les premiers éléments de "façonnage" du son qu'il s'agit alors d'agir, au niveau de l'attaque des cordes par le médiator, ce toucher main droite si important dans le rendu final, technique qui est associée à un ustensile souvent trop peu considéré comme ô combien critique et pourtant utilisé par 80% des guitaristes électrifiés : le médiator.