Accueil Battle's guitar
la wah-wah




La wah-wah est un effet très prisé dans de nombreux styles du rock au blues en passant par les dérivés hard-rock, métal, mais aussi funk et jazz. A l'origine conçu pour permettre aux guitaristes de varier leur phrasé sur une plage de fréquence médium, à la manière d'une sourdine sur les trompettes jazz, la wah-wah (ou wha-wha) tire son nom de l'onomatopée qui résulte de son utilisation.

Le "ou-a" caractéristique de l'effet a été popularisé par deux stars de la guitare à la fin des années 1960 : Eric Clapton et surtout Jimi Hendrix. Le principe de la pédale wah-wah consiste en un filtre passe-bas/passe-bande dont la fréquence de coupure varie à l'aide de la pédale.

Ce type de filtre accentue légèrement les fréquences situées juste avant la fréquence de coupure, dans le but de faire ressortir l'effet (le "pic" d'accentuation est appelé "résonance"). Généralement, sur les effets mécaniques, c'est l'action d'un potentiomètres qui réalise cette variation, et c'est commandé au pied, afin de laisser les mains libres, que le guitariste modulera la pédale pour produire le son caractéristique.

D'autres procédés plus récents ont repris ce principe d'accentuation de fréquence, en fonction de l'intensité du signal entrant, de l'attaque, ou encore selon un variateur qui règlera un répétition dans le temps, comme pour un trémolo. L'auto-wah est donc un effet qui ne se contrôle pas au pied (sinon son enclenchement) mais qui est piloté par un module électronique à part entière.

Battle's guitar

On ne va ni parler de ces variateurs automatiques qui font partie des effets moins courants, intégrés à de nombreux processeurs numériques, et pour lesquels l'utilisation diverge de celle de l'effet mécanique, pour un rendu final assez proche : on dira que l'auto-wah ne nécessite pas la maîtrise de la course d'un variateur à pédale, mais se gère au travers de l'intensité de l'attaque des cordes de la guitare, permettant de générer une transformation plus ou moins intense. La maîtrise est différente, mais certaine car il faut nécessairement bien gérer cette intensité.

Sur les variateurs à bascule communément appelés pédale wah-wah, on retrouvera un rendu moins imprégné de cette intensité de l'attaque puisque la modulation est produite par une activation extérieure. La pratique demande une certaine agilité : l'indépendance main droite / main gauche doit être complétée par une activation au pied (droite ou gauche, celui qui va le mieux) qui demandera quelques instants d'accoutumance et de pratique.

L'enclenchement de l'effet se situe en règle générale sous la pédale, au travers d'un switch qui mérite lui aussi une bonne pratique avant d'en prétendre la maîtrise, notamment dans le retour arrière où la désactivation nécessite souvent un enclenchement qui, en plus de faire un petit "ploc" dans le phrasé s'il n'est pas bien ajusté, nécessite une coordination particulière si le jeu continue la mesure suivante.

En effet, la wah, si elle ajoute cette "voyellisation" rendant une rythmique plus percussive, donnant un côté plus humain et sensible à un voicing, n'en reste pas moins un effet exigeant une subtile pratique et une bonne adaptation. On pourra être doué pour un certain modèle et ne plus avoir la même approche avec un autre, car les caractéristiques techniques comme physiques ne seront pas les mêmes. Le simple fait de jouer avec un pied différent peut engendre des différences de rendu final.

En fait, c'est le subtil dosage de l'appui, vers la pointe ou vers le talon, qui va conditionner l'action de l'effet, le "ou-a-ou" ou la "a-ou-a" pour schématiser. Et les modèles de wah-wah ne présentent bien évidemment pas la même électronique, et donc affectent le rendu final. Deux grands distributeurs ont longtemps couvert les besoins du marché, Vox et Dunlop, avec des effets aux sonorités relativement similaires, aussi étonnants en son clair comme en saturé.

Pour la petite histoire, c'est VOX qui le premier popularisé l'effet. On peut retrouver ces pédales chromées de la marque anglaise sur de nombreux documents d'époque. Puis la firme a connu quelques difficultés de production, y compris pour ses amplificateurs mythiques avant de n'être rachetée dans les années 1990 par la firme japonaise Korg. Jim Dunlop, l'ingénieur américain, a alors bénéficié de cette "ouverture" pour développer la CyBaby, célèbre utilisée par de nombreux guitaristes modernes.

Même si Vox, aujourd'hui, a repris la fabrication de ses modèles mythiques des débuts, et développé avec Joe Satriani notamment, un modèle signature, Dunlop a non seulement repris le schéma ayant fait le succès de VOX (et se targue de produire le modèle de conception identique à celui que jouait Hendrix qui dans sa courte vie n'a connu que la marque VOX), mais également développé de nombreuses collaborations avec les plus grands guitaristes américains, au point de proposer une gamme très large de modèles signature.

Etrangement, de nombreux effets ont évolué, comme les chorus ou les delays qui ont bénéficié d'avancées technologiques améliorant le rendu sonore. Toutefois, comme pour les distorsions et en suivant l'engouement pour le vintage, la wah-wah a toujours eu un très grand nombre d'amateurs nostalgiqes, y compris parmi ceux proposant des sonorités très modernes, mais continuant à utiliser cet effet de conception ancienne (analogique).

Aujourd'hui, l'argument vintage est mis en avant 40 ans encore après la sortie de l'effet, et Dunlop n'est pas sans rappeler que le composant principal des tous premiers équipements, de production italienne, le "Fasel", bobine électromagnétique (inducteur) jaune, aujourd'hui rare et quasi introuvable, était intégré dans les modèles VOX de production anglaise, et est aujourd'hui repris dans la construction des modèles reissue de Dunlop.

La production de ces pédales avait même été arrêtée, remplacée par le composant de substitution du Fasel, une bobine rouge appelé Fasel Rouge, et ne produisant évidemment pas le même rendu sonore. Dunlop est donc le seul constructeur ayant l'exclusivité d'utilisation des stocks résiduels de ce composant d'importance capitale.

Mais Vox, alors japonais, a su rebondir, proposant des effets de conception très robuste, en proposant des prix attractifs face au constructeur américain, dans le respect d'un design vintage et des côtes de l'époque, avec cette bascule proposant une course plus courte mais surtout moins criarde dans les aigus que le modèle standard de Dunlop, préféré généralement en distorsion et assez agressif en son clair.

Dunlop aura intégré des distorsions, ou plutôt des fuzz, dans les effets wha, mais aussi des composants complémentaires, comme la fonction de boost qui permet d'utiliser la wah-wah sur des solo, lorsqu'un gain de décibels est alors attendu. Dans l'utilisation, le principe est assez logique, même si le rendu de ces combinaison n'est pas sans apporter quelques mécontentements : l'un ou l'autre des effets n'est pas à a hauteur, ou bien le rendu des deux combinés n'est pas conforme aux attentes ou au rendu obtenu avec les deux effets séparés.

Battle's guitar

Dunlop a souffert de n'avoir proposé que des modèles assez typés rock, la douceur des Vox ayant amené cette préférence à la marque japonaise pour les styles plus blues, jazz ou funk, l'utilisation de la Vox et des sons clairs étant très prisée, jugée moins criarde et plus musicale par les guitaristes de tous bords. Toutefois, la suprématie de la CryBaby sur les sons overdrive et l'agressivité qu'elle confère aux saturations rock ont permis aux deux marques de se démarquer en se complétant dans des registres toujours vintage.

Les deux constructeurs ont proposé des effets devenus des classiques avant d'intégrer le fameux true bypass qui rend transparent le signal traversant l'effet lorsque celui-ci est désactivé. Si chez Vox, le signal est quelque peu altéré, on constate un léger souffle sur les dernières séries, la Dunlop elle, transforme le signal de la guitare, le rendant plus brillant, moins mat, ce qui peut engendrer quelques gènes aux guitaristes en quête de chaleur dans le son.

Enfin, d'une manière générale, les effets vintage ont la caractéristique d'avoir été construits pour booster le signal à l'entrée de l'ampli, et la wah-wah n'est pas en reste, proposant un signal traité relativement médium (et à la base, les modèles sans true bypass apportent aussi cette coloration lorsque l'effet n'est pas activé). De nombreuses modifications existent sur Internet, notamment consistant à remplacer l'interrupteur d'activation et en proposant un pontage direct si désactivation.

La règle la plus simple en matière d'interrupteur capricieux comme de faux bypass qui colore le son, c'est d'insérer la wah dans la chaîne de traitement du son en utilisant une A/B/Y Box ou un Looper qui va permettre le branchement de l'effet dans une boucle permettant son activation et sa désactivation...

En terme de positionnement, évitez :

Si les deux constructeurs sont en course de sonorités vintage et des références prestigieuses du rock des années 1960 à 1980, d'autres acteurs ont travaillé pour combler les défaillances des modèles vintages, notamment Morley qui a attaqué en proposant des modèles palliant aux défauts de la CryBaby ou de la Vox :

Morley a ensuite également travaillé avec des pointures de la guitare, notamment Steve Vai pour populariser des wah-wah adaptées au jeu métal très distordu. Des collaborations sont nées des équipements assez évolués techniquement, à la course bien plus large que les consoeurs vintages, colorant le son avec probablement plus de précision, notamment dans les saturations.

Le constructeur Morley a également apporté une fonction toute simple à la wah-wah, qui le fait de disposer d'un interrupteur d'activation à l'extérieur de la pédale, ainsi qu'un voyant témoin lumineux de son enclenchement. C'est peut-être audible mais visuellement déroutant de savoir lorsque l'effet est enclenché ou non sur les équipements vintages.

Mais Morley est aussi à l'origine de la première wha-volume qui est à la base un variateur de volume commandé au pied, et pour lequel l'effet de wah-wah s'enclenche par l'interrupteur externe. Les pédales de volume et de wha sont alors combinées dans un même module pour proposer un encombrement réduit dans un pédalboard, ainsi qu'un prix plus économique, le principe de potentiomètre activé par des capteurs permettant le même fonctionnement pour les deux effets.

Battle's guitar

Morley a également proposé en premier l'innovation de l'activation par contact, sitôt le pied posé sur la pédale, l'effet s'enclenche et un ressort permet de maintenir le mécanisme ouvert lorsque l'effet est désactivé. L'avantage, c'est qu'il n'est utilisé que lorsque le pied est dessus, ce qui n'engendre aucune déconvenue lors du jeu live.

En contrepartie, j'apprécie particulièrement le son d'une wha-wha laissée en position ouverte : la bosse dans les médiums colore alors subtilement le son sans produire le "ou-ah" caractéristique, et la wha est alors utilisée comme un égaliseur, comme un filtre. Ce n'est plus possible avec les effets à enclenchement automatique, à moins de garantir de maintenir le pied dans la même position au cours du jeu, exercice périlleux s'il en est.

Enfin, l'ère numérique a balayé le marché en faisant figurer ces bascules sur le moindre pédalier multi-effets, en proposant même des multi-wah qui émulaient à la fois Vox et CryBaby, mais proposaient aussi la reprise des sons modernes de Morley, intègrent une fonction de gestion du volume, et même parfois une reprise des effets basés sur la variation d'une pédale à bascule, comme la whammy, mais aussi la gestion de l'intensité d'une distorsion ou d'un tout autre effet. On tombe là dans le grand n'importe quoi du numérique avec des rendus très hasardeux en terme de restitutions sonores.

La réplique au numérique a cependant été donnée par Dunlop par exemple qui a proposé un système de paramètre de l'effet : un potentiomètre permet de choisir parmi 6 plages d'action de la plus grave à la plus aigue, permettant ainsi de s'adapter au registre du morceau et sembler moins criarde ou agressive sur certaines saturations.

De plus, un autre réglage pas inintéressant a permis d'ajuster le seuil de résonance à la course de la pédale, et ainsi de faire en sorte qu'il soit près ou loin de la position pointe ou talon, afin d'améliorer le confort de jeu. Le réglage intitulé Q, apporte notamment la possibilité d'ajuster la course de la wah à sa position de cheville privilégiée. Plusieurs modèles de CryBaby et de copies intègrent un true bypass et un réglage de boost devenu une option assez appréciée des utilisateurs de la marque.

Cependant la wha même si elle reste paramétrable, n'en reste pas moins analogique, et donne des possibilités étendues correspondant à posséder à la fois à une Vox et une Dunlop, mais toujours dans une même sonorité vintage et analogique. Le boîtier en fonte d'aluminium crépi noir reste une valeur sûre, la hauteur de la pédale à bascule et aussi un paramètre dont beaucoup ne peuvent se passer.

Battle's guitar

Car la wha analogique avec son Fasel comme avec son digne remplaçant plus musclé, propose souvent une sensation de jeu qu'il est difficile de retrouver dans le numérique. D'abord par son placement avant ou après le module de distorsion :

Mais la wha analogique, si elle est depuis déclinée dans de nombreuses marques, reste cependant dans le registre d'utilisation assez modérée. Si le son est moderne, la variation de l'effet, la dynamique apportée dans les rythmiques ainsi que la coloration sur les distorsions reste relativement classique, à la manière dont Hendrix l'a inventée. Et ça repose sur plusieurs éléments :

Parce que la wha est devenue instinctive pour certains, elle fait partie de leur phrasé, et la coloration qu'elle apporte ne saurait être absente tant elle imprime l'identité du guitariste. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont brillé sans wha-wha, et si elle est restée réservée au guitar heroes depuis la fin des années 1970, elle a véhiculé une image assez funk durant de nombreuses années.

Il y a également eu une telle association de cette sonorité à Hendrix que l'effet a été banni des pédalboards durant quelques années, comme pour respecter l'utilisation que le voodoo chile en avait fait. C'est lorsque les hommages lui ont été rendus dans les années 1990 principalement, que l'effet est venu à nouveau hanter nos équipements, souvent acheté juste après une pédale de distorsion, la pédale wha-wha est venue compléter les sets guitare-ampli des débutants.

Personnellement, si dans les faits je suis attiré par les sonorités de la wha-wha, je suis assez retenu dans son utilisation. Elle est pour moi le moyen complémentaire d'agrémenter un phrasé, au même titre qu'un effet de vibrato ou un effet de slide. Elle reste un ustensile utilisé avec parcimonie, comme une tige d'un vibrato. Elle serait même, comme une pédale de volume, un moyen de donner une couleur au phrasé, mais pourrait tout aussi bien n'être utilisée qu'en position fixe, stabilisée dans un réglage précis.

Je vous recommande un modèle standard, aux coloration assez neutres, sauf si votre style va dans l'hyper saturation, auquel cas, optez pour une Morley ou un clone. Les standards sont assez abordables côté prix (60 € pour la Vox à Made in China et 80 € pour la Jim Dunlop Made in USA) et se trouvent beaucoup moins chères d'occasion. Les modèles plus évolués n'apportent pas un grand plus sinon un true bypass et la possibilité de raccorder l'équipement à un transfo d'alimentation. Les multi-wah sont séduisantes mais plus complexes à dompter, et n'apportent qu'un gain de place dans un pedalboard (une au lieu de deux) au détriment du "caractère" du son qui n'est jamais complètement retrouvé face à l'original...

Personnellement, je déconseille donc les modèles numériques à tout faire (bien sûr !) mais aussi les modèles signature qui sont assez typés, à moins de réellement de rechercher le son de Kirk Hammet de Metallica, ou celui de Buddy Guy. Chez Dunlop, seuls les Zakk Wylde et Jimi Hendrix me semblent convenables, mais côté rendu sonore, on est aux antipodes du rendu d'un modèle standard largement suffisant.

En fait, bien souvent, sur un modèle signature, la modification est réalisée au niveau du look (primordiale ?), et a consisté intelligemment à proposer de manière non paramétrable un taux de Q qui convienne au guitariste signataire. L'ajout d'un true bypas (seul réel plus par rapport à un modèle standard), n'est même pas systématique, et parfois l'insert d'un potentiomètre de Range sur le côté permettant de retrouver les sons des 3 ou 4 wah-wahs préférées de son idole... ce qui n'est pas très intéressant pour développer son propre style.

Si une guitare signature peut apporter une forme de versatilité, ça l'est déjà moins pour un ampli ou un effet qui vont plutôt réduire le son et les possibilités. On pourrait penser que le fait d'apposer son paraphe est un gage de qualité, mais le contrôle de fabrication n'est pas le défaut d'une firme américaine réputée comme Dunlop. La gamme ne souffre d'ailleurs que rarement d'autres problèmes que ceux connus (manque de true bypass et usure de la crémaillère). Même le modèle haut de gamme signature à 250 € ne donnera pas une plus grande résistance que le standard à 80 € !

En fait, une multi-wah ou un modèle comme la Dunlop Cry Baby 535Q, Behringer Hell Babe 1 et Ibanez Weeping Deamon qui sont les 3 multi-wahs les plus vendues du marché seront des modèles assez polyvalents, mais qui n'apporteront pas nécessairement satisfaction car plus complexes à régler. Je privilégie des modèles assez directs dans l'obtention d'un son, disposant tout au plus d'un réglage de range qui semble ouvrir pas mal de possibilité ou de Q qui positionnera réellement la course de l'instrument. Pour un premier investissement, il est parfois bon de revenir aux basiques...

Battle's guitar

Les modèles reissue sont souvent bien faits, preuve qu'il n'était pas nécessaire d'innover, comme le modèle Ibanez WH10v2 qui n'a toujours pas de true bypass et qui comporte pour seul paramètre le réglage de profondeur, mais là encore, le phénomène est plutôt commercial puisque sa sortie en version 2 colle avec l'actualité de son meilleur représentant, John Frusciante des Red Hot Chili Peppers. Cette pédale a une course assez longue comparée aux Vox et Dunlop, et s'apparente en sonorités aux Morley.

Le modèle réellement dans le haut de gamme et correspondant à des attentes saines d'utilisation reste à mon sens l'actuel modèle CryBaby Classic GCB-95F comportant un bypass efficace qui, s'il n'est pas true-bypass, ne colore pas le signal de la guitare ou de la distorsion si l'effet est off, ainsi qu'un Fasel jaune d'origine donnant ce mordant et cette salissure caractéristique des sonorités hendrixiennes, pouvant donner cette coloration typique, et si rock au moindre phrasé dans la mesure où il s'accompagne à minima d'un bon overdrive chaleureux.

Mécaniquement, toutes les Dunlop ou Vox sont conçues sur la même base qui n'a pas changé depuis les années 1960, un châssis en fonte et une mécanique simple mais fiable. La différence de prix entre une GCB95 et une Dunlop Jimi Hendrix n'est, à mon sens, pas justifiée du fait du coût des composants qui ne changent pratiquement pas. Les options sont par contre particulièrement chères, mais le marketing compense largement cela !

L'alternative économique consiste à placer un True Bypass à la GCB-95, c'est-à-dire le modèle standard, quitte à conserver cette aigreur dans les aigus saturés, caractéristique du modèle. Quand on sait que ça réduit le coût de près de 40% pour du matériel neuf, il vaut le coup de tenter la manipulation.

Dunlop ou Vox utilisent un switch unipolaire SPDT, et le signal à l'entrée et à la sortie de l'effet sera différent en mode bypass dans 95% des cas. Bien entendu, cela ne va pas être flagrant tout de suite, mais avec l'habitude on entend parfaitement la différence. Pour compenser l'absence de True-Bypass, les constructeurs utilisent une astuce électronique censée améliorer la qualité du son en mode off : booster le signal d'entrée. En dessoudant le booster et en remplaçant le switch, il est assez simple de trouver une MOD à moindre coût.

Quant au choix d'un modèle sans crémaillère, avec opto-capteurs, il semble évident qu'il se pose un réel problème d'usure et de craquements, mais les modèles proposés donnent un son à mon goût assez loin de l'original, sinon l'exceptionnelle et économique HB1 de Behringer qui reste assez fidèle dans la sonorité d'une réelle wah (malgré des réglages hasardeux et peu efficaces). De plus, je fais partie des gens sensibles à la forme de la pédale, sa hauteur, son poids, sa tenue au sol, ce que je ne retrouve pas avec une Morley. Quand au grain unique des Dunlop, il m'est assez difficile de m'en passer, même avec une Vox qui me semble ne traiter très bien qu'une partie moins large de la course d'une Dunlop.

Je reste donc de très mauvais conseil quant à l'utilisation et le choix de ces pédales, du moins assez éloigné des principes marketings, et vous recommande un modèle de base, sinon un légèrement amélioré (true bypass, fasel d'origine si vos moyens le permettent) parmi les standards de Vox ou Dunlop, se mariant le mieux avec les standards de l'overdrive (Ibanez TubeScreamer TS9) ou de la distorsion (Boss DS-1).