Accueil Battle's guitar
les questions récurrentes




Différences entre Saturation, Overdrive et Distorsion

La saturation, c'est un signal d'entrée comportant plus de puissance (de gain) que l'appareil ne peut en supporter. Le son produit est grésillant et le signal sinusoïdal est écrêté, du fait de la réaction des composants électroniques (des lampes comme des transistors).

À l'origine, le signal distordu est un signal que les ingénieurs du son traitaient directement (clip, écrêtage, ...). Mais en guitare, cette distorsion est devenue courante et même recherchée voire exclusive dans certains styles (elle est poussée à l'extrême dans les styles métal et nu métal), jusqu'à empiler plusieurs "modules" (diodes, transistors, lampes, ...) faisant saturer le signal.

L'overdrive se contente d'ajouter un (simple) niveau de gain supérieur dans l'entrée du préampli, et comme on dépasse ses capacités, les sommets de la courbe sinusoïdale sonore sont "aplatis", ce qui produit ce son un peu grésillant, mais conservant les caractéristiques sonores de l'ampli en son clair.

C'est la méthode classique de construction des canaux crunch et drive dans amplificateurs traditionnels qui ne proposaient pas, dans les premiers temps, de réglages de grosses saturations sans adjonction de pédales ou préamplis complémentaires. Jimi Hendrix, les Who utilisaient alors les premières pédales de saturation du son, des Fuzz, qui proposaient de traiter le signal de manière à faire saturer l'entrée de bon nombre d'appareils audio.

Battle's guitar

Pour la distorsion, on va alors écrêter franchement le signal par plusieurs traitements successifs ce qui va avoir pour conséquence de le déformer en perdant les caractéristiques du timbre d'origine. Les amplificateurs modernes de conception Hi-gain intègrent plusieurs étages de préamplification se déversant l'un dans l'autre pour une saturation ultime.

Dans un autre registre que le registre analogique, les préamplificateurs des multi-effets numériques et autres modules d'émulation ne traitent pas le signal par saturation mais par modélisation des amplificateurs et autres pédales analogiques. Le signal n'est pas surchargé par le phénomène d'over-drive mais par des algorithmes de compression ultimes enchaînés plusieurs fois. Ce traitement numérique par microprocesseur donne un rendu assez précis sollicitant évidemment moins les composants électroniques, mais ne pouvant réellement être comparés à des saturations analogiques.

Evidemment, les guitaristes ont souhaité les écrêtages se voulant les plus "musicaux" possibles, et c'est bien là le problème des constructeurs qui ont travaillé depuis la fin des années 1960 autour de la sélection des composants qui conserveraient cette musicalité. De simples diodes vont traiter le signal de manière très (trop) efficace, au point de dégrader le rendu sur plusieurs parties du spectre sonore, ce qui confond notre oreille et donne une sensation de compression sonore parfois opposée à la chaleur d'un son, mais aussi parfois très prisée. Des lampes donneront un résultat plus doux mais plus aléatoire, et dans un module électronique suscitant beaucoup de tension électrique pour fonctionner (donc cher à fabriquer et complexe à manipuler).

Selon les styles, cette compression (grésillement, parfois proche du "nid d'abeilles") sera mise en avant sur des distorsions assez lourdes (hard-rock, métal, grunge, nu-métal, death) alors que dans les styles plus roots (blues ou rock) on fuira cette distorsion au détriment d'un son plus chaleureux, légèrement traité, mais respectant plus les nuances de jeu d'un guitariste.

True Bypass et Buffer, c'est quoi ?

Le true bypass, c'est quoi ? C'est juste une mécanique de désactivation de l'effet faisant en sorte que lorsque l'effet est désactivé, le signal passe de manière neutre, sans qu'aucun circuit pour lequel l'effet est conçu ne traite le signal. Ça peut sembler trivial, mais en électronique, ce n'est pas si simple à réaliser, les interrupteurs n'étant pas si binaires du type "ça passe ou ça ne passe pas" comme en électricité.

Beaucoup de pédales ont été produites en série depuis les années 1970 ou 1980, sans que les switches permettent électroniquement un true bypass (une vraie coupure) de l'effet. On réalise ça au moyen d'un composant "récent" (démocratisé fin des années 1980 ou début des années 1990), le switch type DPDT (double pole, double throw, ou sa version plus évoluée, le 3PDT ou inverseur triples a 9 broches).

Certains autres bypass sont construits par des relais de contact et là encore, aucun circuit ne traite le signal lorsque l'effet est inactivé. C'est donc, en théorie, le bypass le plus transparent, la seule coloration présente étant celle du câble. Mais est-ce réellement un true bypass ?

À partir du moment où le signal est traité par des composants actifs ou des transistors alors que l'effet est pourtant inactif (bypassé), celui-ci s'en retrouve plus ou moins affecté suivant la qualité des composants et la conception du circuit. C'est un false bypass qui, si il est parfait en théorie, est loin d'être transparent ou neutre en pratique. Il faut cependant être assez habitué pour faire la différence avec un true bypass, à ceci près qu'un "faux bypass" affecte en quelque sorte le signal en adaptant son impédance.

En effet, la guitare est un instrument avec une impédance très élevée, de l'ordre de 5 à 50 kilo Ω selon le type de micro, et il en résulte à la fois des problématiques d'entrées dans les périphériques numériques de mixage audio, mais aussi, et surtout (ce qui nous intéresse ici) de grosses pertes de signal en fonction de la longueur du câble qui la relie à la source d'émission sonore.

Battle's guitar

Ainsi, plus il y a de câbles, plus les câbles sont longs, plus l'affaiblissement du signal est constaté, sous la forme de perte de dynamique notamment, mais aussi se traduisant par un accroissement du bruit de fond ainsi qu'une perte de certaines plages de fréquences dans le haut du spectre. Sur scène, typiquement, il arrive d'utiliser au moins deux câbles de 6 mètres, l'un pour relier l'instrument à une première unité de transformation du son (pédalier, ensemble relié de pédales, ...) et l'autre pour relier cette unité à l'ampli.

Un module électronique de type buffer, inséré dans les modules multi-effets numériques, mais aussi pas mal de pédales de traitement complexes (whammy, digital delay notamment) permet de traiter le signal et de "relancer" à son niveau d'entrée en fin de traitement, que l'effet soit activé ou non. Si on admet pallier ainsi aux déconvenues apportées par les 6 mètres de câbles, on ne peut réellement parler de true bypass !

Lorsque l'on joue sur des modules numériques, le son sera donc forcément traité, en entrée comme en sortie. Sa qualité sera constante (même décevante, elle ne changera pas !), et les pertes minimisées. En contrepartie, les sons, notamment de distorsion du signal, n'apporteront autant satisfaction que les modules analogiques généralement rencontrés.

Sur un gros système de 10 pédales numériques et analogiques (ça va vite, surtout si l'on complète de modules de traitement dans la boucle d'effet) on peut facilement se retrouver avec plus de 20 mètres de câbles. Il faut donc minimiser ces pertes, en réduisant les longueurs de câble et en sélectionnant sur chacun des points de connexion, la qualité des câbles liée aux connectiques et à la capacitance linéaire.

Mais on peut aussi agir en ne retenant pas les modules ayant un mauvais bypass... comme la CryBaby de Dunlop, la Whammy de Digitech dont le buffer transforme pas mal le signal, rendant le son un peu synthétique que l'effet soit activé ou non. On a aussi les trémolos pour lesquels on entend toujours une oscillation.

Boss et Ibanez ont proposé de très bonnes pédales dans les années 1980, mais sans true by-pass, et les modèles déclinés aujourd'hui sont soit des copies low-cost toujours sans by-pass mais avec des composants de moins bonne qualité, soit des pédales boutique au coût bien plus élevé. Boss a proposé un palliatif dès les années 1990 avec un by-pass bufferisé, mais sans grand succès sur la transparence du signal une fois l'effet désactivé.

Enfin, des modules à by-pass numérique Digitech, Boss, Zoom ou Korg, entre autres ont usé de convertisseurs A/N - N/A (A = analogique et N = Numérique) ou des buffers qui dénaturent quelque peu le signal. Si leur utilisation en façade transforme le son avant son arrivée en préampli, elle est parfaitement exploitable dans la boucle d'effets, une fois que le son clair, l'overdrive ou le distordu ont été générés.

Dans un système idéal, il s'agirait d'utiliser de réels switches de type A/B Box pour activer et désactiver réellement les effets, mais un switch par pédale, ça multiplie pas mal les câbles, il faut donc les combiner et traiter le signal avec des buffers (relais) de manière à le "redresser", et le booster en sortie de manière à proposer un signal d'entrée dans l'ampli sans réelle perte de dynamique.

Pour parler plus concrètement, une guitare passive "sort" 30 000 Ω là où une pédale "sort" 100 Ω voire moins pour entrer dans un ampli. Le buffer sert donc à pallier cela, mais aucun buffer n'est réellement transparent, tous colorent le son de manière plus ou moins musicale, et là encore, c'est lié à la qualité des composants.

Le gros piège serait alors est de n'avoir que des pédales dites true bypass, et de longs câbles sans qu'aucun buffer ne se trouve sur le signal ! Donc on se rend compte que :

Il n'existe pas de solution miracle, sinon de :

Si en plus, certains sons ne peuvent être obtenus qu'avec des pédales souffrant de mauvais by-pass, type wah ou disto analogique :

Analogique ou numérique ?

La question ne se pose vraiment que lors des premiers achats, au moment où le porte-monnaie crie plus fort que le désir intérieur et que l'oreille n'est pas tout à fait "formée" à un bon son de guitare. Rapidement, par la suite, le guitariste qui voudra intensifier le son et lui donner un caractère plus personnel, se risquera nécessairement aux matériels de conception plus ancienne, les modules analogiques.

Battle's guitar

Le principe est pourtant assez simple, le numérique n'a été développé que pour pallier aux contraintes de production de l'analogique :

La qualité sonore des produits numériques s'est considérablement améliorée, notamment sur la production des effets de réverbération, de modulation et de répétition, mais sur le point de vue des distorsions du son, les choses restent encore à améliorer. On constate bien souvent :

Alors des "à côtés" se sont développés, les modules numériques permettent :

Pour le prix d'une simple pédale transformant le son de manière simple, on peut disposer de modules numériques comportant un grand nombre d'effets et de transformation du signal d'origine. C'est ce qui séduit notamment le débutant qui veut pouvoir tout faire et pour un budget minimum. Pour l'amateur aussi, la pratique de son instrument nécessite trop de branchements, trop d'investissements financiers et matériels et cette solution est souvent synonyme de simplification.

Qu'en est-il de l'exigence sur la qualité du son ? Ces modules de traitement "lissent" le signal en entrée et en sortie afin de le rendre exploitable par tout type de source audio, ce qui, déjà, est une transformation visant à dénaturer le signal. Le plaisir de jouer ne se développe plus autour de la création d'un son particulier ou personnel, mais sur l'imitation et la reproduction de sons (souvent analogiques, d'ailleurs). Même s'il est toujours possible de créer ses propres "presets", il restera plus amusant de "jouer comme"...

Enfin, la production de sons assez formatés laisse peu de place, là encore, à un résultat qualitatif. L'analogique et ses imperfections ont un certain charme, mais aussi une certaine orientation à générer un signal de qualité, à produire un son précis, appréciable, mais devenu si rare qu'il en est oublié, laissé pour compte, reclus dans les retranchements auditifs de certains puristes devenus ridicules avec leurs débats sur la dynamique et le toucher, leurs sets de 8 pédales à 4000 € et leurs 3 amplis vintages à lampes ! Et pourtant, ...

Battle's guitar

Enfin, il est facile, commercialement parlant, de calquer l'évolutivité des modules numériques sur les mêmes avancées technologiques et les mêmes arguments marketing du monde informatique. Proposition de versionning, mises à jour en ligne, technologies rétrogrades ou obsolètes au bout de 2 ans seulement. Ces mêmes pratiques rencontrées sur le marché de l'ordinateur familial, du téléphone portable ou des ordinateurs de bord du véhicule de Monsieur Toutlemonde...

Pour répondre à l'alternative, je dirai que les plus pressés iront très certainement vers le numérique et constateront qu'ils ne font qu'imiter des systèmes analogiques qui attiseront un jour la curiosité. Et dès qu'on a branché une bonne disto dans un vrai ampli, il est difficile pour le module "digital" de supporter la moindre comparaison. A moins d'avoir de la merde dans les oreilles et de ne se soucier que de futilités ergonomiques...

Pour réellement traiter l'alternative, je dirai que les coûts conduisent à se pencher de près sur les modules numériques intégrant de superbes effets de bonne facture mais que les émulations de distorsion pourront soit satisfaire les moins exigeants, soit lasser les plus soucieux du rendu sonore. Beaucoup y verront l'opportunité de tout changer pour un set de pédales, d'autres feront un panache des deux technologies mais beaucoup y laisseront pas mal d'argent.

Strato ou LesPaul ?

Là encore, il n'y a pas débat : ce sont deux instruments faits pour répondre à un besoin identique pour les moins exigeants et probablement une sérieuse alternative pour les plus aguerris : la Stratocaster pour les sons clairs et le rock, la LesPaul pour un son présent, plutôt solo et saturé. Comme choix, il s'impose là, mais avec des variantes assez troublantes.

La Stratocaster et son confort de jeu légendaire ont conduit à en faire le modèle le plus copié au monde. C'est pas mal, son coût de fabrication relativement faible face à sa présente concurrente LesPaul, permet de trouver partout et à moindre coût des pièces originales comme déclinées en copies économiques.

Mais les déclinaisons et la modularité de l'engin ont amené à évoluer vers des sons plus "pleins", proches des sons Gibson (ceux de la LesPaul) avec parfois des micros à double bobinages en position chevalet, dans la version plus courante (SSH), voire en configurations HH ou HSH.

Et ces déclinaisons appelées "superstrats", offrent encore un autre univers que ceux pour lesquels la Stratocaster ou la LesPaul ont été conçues. Alors pour ces raisons, je pense qu'il ne faut plus avoir ce type d'hésitation. Pour un premier achat, ce sera plutôt un coup de cœur et pour un second achat, une vison opposée, qui sous le prétexte de plus de polyvalence, amènera à combler pour un modèle, les défaillances de l'autre. Ne pas confondre polyvalence et complémentarité...

Personnellement, je pense que si la Superstrat est orientée polyvalence, la LesPaul et la Stratocaster sont complémentaires. Mais la question m'est souvent posée :

Battle's guitar

Je ne veux pas exprimer par là qu'il n'y ait pas débat : il est ancestral depuis la naissance du rock et réunit autant de puristes dans les deux camps. La LesPaul appartient à une marque prestigieuse de constructeurs soucieux de la qualité de sa production, des matériaux, des composants et qui a su trouver au fil des modes et des styles, un digne représentant qui marque son époque. Depuis sa naissance, la LesPaul dans la plus grande tradition, a su être le synonyme d'un son puissant, riche et permis au rock et ses dérivés d'écrire ses lettres de noblesses. Combien de guitar heroes ont travaillé à populariser cette grande référence de prestige ? Slash, Zakk Wylde, Jimmy Page, Peter Green, Gary Moore, ...

Pour la Stratocaster, c'est avant tout le génie d'un industriel qui est mis au premier plan, l'imagination d'un luthier et électronicien également concepteur d'amplificateurs pour guitare de renom et de référence, et qui a su réaliser le contre-pied de la LesPaul (économique, légère, produite en série dans un souci économique, ...). La Strat connaît de nombreux adeptes, est popularisée par une floppée de guitar heroes sur tous les styles de musique, et a probablement été, sous la forme originale ou d'une copie, la première guitare électrique de bon nombre d'entre nous. Ensuite, c'est vrai, de Jeff Beck à Malmsteen, de Hendrix à Clapton en passant par Blackmore, Mark Knopfler et SRV, combien de génies ont aussi rendu populaire cet instrument polyvalent et bien plus accessible financièrement, dans une variété de styles aussi large !

Si le choix n'est pas à faire, je tiens à préciser que je pousse le vice très loin en affirmant qu'un son clair de LesPaul est tout aussi envoûtant qu'un son saturé de Strat (ça, c'est pour bousculer les idées reçues !) et qu'une bonne copie de l'une comme de l'autre de ces deux guitares de prestige, ne permet pas non plus d'égaler les qualités de l'originale. Autrement dit, les caractéristiques d'un son de Strat ne se retrouvent pas expressément sur autre chose qu'une Sstrat de Fender (après, USA ou Mexicaine, c'est discutable), et qu'il en est de même avec une vraie LesPaul et ce son ciselé si caractéristique du modèle phare de Gibson.

Ma préférence va à la déclinaison de Fender, pour des raisons de confort de jeu, mais c'est tout à fait relatif, sans objectivité aucune. J'ai joué des LesPaul, possédé des guitares en tout point équivalentes et éprouvé beaucoup de plaisir à leur faire jouer les styles pour lesquels ces guitares sont conçues. Avec la Strat, je me sens plus tout-terrain, d'autant qu'elle est plus régulièrement équipée de micros moins fluets que ceux d'origine, notamment en position bridge, mais là encore, c'est tout à fait personnel... et ma première guitare électrique fut une copie de Gibson LesPaul Studio à manche vissé et électronique très faiblarde.

Lampes ou transistors ?

Là encore, un débat qui n'existe pas. Tout dépend du besoin et de l'exigence qualité. Rien ne sert de disposer d'un gros ampli à lampes si l'on ne peut le pousser, puisque c'est dans un registre de puissance que la lampe s'exprime. Le snobisme amenant les constructeurs à proposer de petits amplificateurs à lampes pour jouer dans des environnements plus intimistes.

Par contre, je recommande d'investir dans un ampli à lampes, même de faible puissance, si vous souhaitez y raccorder soit l'instrument en direct, soit y intercaler quelques modules analogiques. La musicalité du son, clair comme overdrive, permet de ne plus avoir de doute entre les deux technologies.

Si vous souhaitez disposer d'un "gros son" à faible volume, les petits amplis à transistors sont probablement les mieux adaptés. Ils vont permettre le raccordement de modules numériques comme analogiques, et, de conception plus robuste, pourront vous accompagner de la salle d'étude (la chambre) à la petite scène sans engendrer un investissement trop lourd. En plus, même d'occasion, leur fiabilité n'est plus à prouver, et il serait dommage de se priver même d'un ampli à transistors sachant qu'on peut en dégoter à 20 ou 30 € dans les magasins de dépôt-vente.

Battle's guitar

Pour les débutants, je rappelle que pour un budget identique de 150 à 200 €, on peut parfois trouver des amplificateurs à tubes (lampes) d'occasion au prix d'un ampli à transistors neuf. En jouant sur la puissance, un Classe A de 5 watts à lampes coûte le prix d'un numérique à émulation de 65 watts. Ils pourront à peu près servir un volume sonore équivalent (faible avantage au 65 watts, mais encore, c'est relatif).

La fragilité et l'attention particulière à l'utilisation d'un ampli à lampes (chauffe et refroidissement, transport) font qu'on les réservait, à tort, jusqu'ici, pour les plus chevronnés en quête d'un son plus typé. Sachez qu'un ampli à lampes est tout de même plus propice à la production de sons riches et que de très rares modèles haut de gamme à transistors peuvent rivaliser avec les produits courants à lampes.

Par contre, je reconnais un avantage des transistors au lampes, qui en plus des apports logistiques, financiers et pratiques, permettent de proposer des palettes sonores plus larges, et d'encaisser beaucoup de niveau d'entrée, de saturations et de plages de fréquences (extrêmes aigus et graves) que leurs homologues à transistors, si bien que je leur trouve même une certaine complémentarité si vous vous essayez à mixer les deux sources audio...

Changer de micro sur la guitare

Parce qu'il est cassé, tout micro défectueux mérite d'être remplacé. Et c'est chose aisée que de le remplacer soi-même, du moins, c'est assez facile à faire si vous avez déjà manipulé un fer à souder (c'est encore un cursus scolaire vu au collège, me semble-t-il, y compris dans les filières non techniques) et que vous disposez du schéma de câblage de votre instrument.

Par contre, on rencontre plutôt des guitaristes qui souhaitent remplacer un micro qui fonctionne encore par un autre, par simple insatisfaction (généralement un besoin de plus de volume de sortie). Et l'erreur classique, c'est qu'on remplace habituellement un seul micro par un modèle dont les caractéristiques contrastent souvent beaucoup avec celles du micro d'origine. Il en résulte un déséquilibre dans les volumes de sortie qu'il faudra apprendre à gérer en modulant les potentiomètres de volume à chaque changement au niveau du sélecteur...

C'est parfois intéressant que de disposer d'un micro plus puissant sur une guitare, pour avoir un effet de boost et "prendre un solo" sans toucher à une modification du canal sur l'ampli, activer une pédale ou pousser le volume général... Encore faut-il que cette évolution soit pratiquée sur un micro aigu, même si on peut toujours inter changer le micro manche et celui du côté du chevalet...

Je sais avoir constaté autant de déceptions à ce sujet que de satisfactions : un bon micro ne sonne qu'avec une bonne lutherie. Si la guitare est bas de gamme (150 €), l'apport du remplacement par un micro d'une valeur de 50 € n'apportera pas une grande satisfaction ; le rendu sera parfois plus puissant, mais souvent plus brouillon que le micro moins puissant précédemment utilisé.

Battle's guitar

Surtout qu'on rencontre souvent le fait de remplacer un simple par un double bobinages en position aigue, et qu'on oublie aussi, au passage, d'adapter la valeur des potentiomètres de volumes et de tonalité, ainsi que du condensateur adapté aux humbuckers (même aux humbuckers format simple bobinage).

Enfin, on mise souvent sur un micro surpuissant reprochant à celui d'origine un manque de niveau de sortie. Bien. Mais il est bon de rappeler qu'un micro s'exprime dans un environnement électronique correctement blindé, et que simplement bien blinder son instrument permet de gagner sensiblement en niveau de sortie.

Lors d'un remplacement par un micro largement plus puissant que celui d'origine, on est confronté à une course effrénée vers le gain de niveau de sortie, et l'on va opter pour des micros conçus avec des micros céramiques, aux sonorités modernes, là où il y avant des aimants alnico de conception plus vintage. Si ce changement donne immédiatement un résultat en direct dans un bon ampli à lampes bien poussé, il est plus décevant (pour ne pas dire inutile) si vous devez traiter entre votre signal par un module de conversion analogique vers numérique.

Soyez donc très prudents et faites-vous conseiller, même si la manip de remplacement est assez simple dans le fond, car beaucoup rencontrent de grandes déceptions. D'autant que les sons des plus grands sont parfois obtenus avec des micros de conception assez ancienne retranscrivant plus les nuances de jeu que ceux de conception plus modernes privilégiant la puissance, dans des amplis ou des matériels eux aussi adaptés... Il est facile de faire du style moderne avec du vieux, mais pas l'inverse... Globalement, un XN2 de DiMarzio pour du blues, ça ne le fait pas !

Ampli ou ordi ?

Pour débuter, il y a le kit ampli + guitare, tout prêt, il déçoit surtout des faibles possibilités sonores offertes. Et des débutants font parfois l'économie de l'ampli d'étude au détriment d'une meilleure guitare, en pensant gérer tous les aspects de restitution du son à l'ordinateur, ou sur des modules numériques pouvant être raccordés à un casque ou sur chaîne hi-fi, jeu de baffle multimédia, ...

Mais si l'ampli présente une grande simplicité de branchement, le système informatique complique parfois beaucoup plus l'installation, pour un rendu qui n'est pas systématiquement meilleur : au travers des émulations software, peu de sons restent réellement exploitables, même avec un bon convertisseur analogique - numérique sur port USB...

Au final, le matériel informatique, la qualité des baffles, du module de conversion, ... tout ça coûte plus qu'un petit ampli qui, s'il prendra un peu de place dans la "piaule" d'étudiant, restera votre compagnon d'étude dans dix ou quinze ans encore...

Je rappelle à ceux qui n'ont pas pratiqué de traitement de son sur un Mac ou un PC que la restitution de baffles d'ordinateur est généralement adapté à un son d'impédance faible, un niveau mixé, de type MP3, et non à la dynamique d'un signal guitare. Ensuite, porter un casque plus de 30 minutes sur les oreilles, c'est déjà un exercice pénible et risqué pour les tympans. Enfin, c'est un raccordement de plus en plus de celui du PC, de l'écran, de la guitare et de l'USB de convertisseur.

Des solutions d'optimisation du rendu au travers des logiciels d'émulation d'amplificateurs et d'effets existent. J'ai constaté de bons résultats lorsque je peux faire précéder mon interface USB d'un module de traitement numérique ou d'une boîte de direct qui adapte ce signal à celui d'une entrée mixée. Le son en est que plus simple à traiter, mais là encore, des puristes ou geek m'indiqueront que tout est question d'interface ordinateur et de puissance de ce dernier, ... tout un argumentaire qui me fait penser qu'il est plus simple de jouer en direct dans un bon ampli de travail, que de devoir investir, installer et paramétrer tout ça !

Battle's guitar

Et dire qu'il y a peu de temps, on avait une guitare folk ou classique pour le travail, et qu'on ne se posait pas toutes ces questions, on travaillait ! C'est souvent l'objectif, et d'une manière générale, il suffit juste de ne pas le perdre de vue... Si l'ordinateur est plus courant que l'ampli guitare dans les foyers, ce n'est pas ma faute, Mme Michu ! Mais attention à vouloir lui faire faire tout et n'importe quoi à cet ordinateur !!!

Dans tous les cas, s'il est possible de brancher une guitare à l'ordinateur et de s'en servir ainsi comme ampli, multi-effets, multipiste numérique et d'expander, il est aussi sain, dans la démarche, d'en revenir à des basiques par définition moins compliqués à gérer : l'ampli à transistors de 10-15 watts avec une égalisation simple, un pseudo canal qui est soit clean, soit saturé, et une sortie casque. On peut l'emmener partout, même chez Mémé (aussi pratique qu'un portable)et on peut, à l'extrême, le repiquer avec un micro devant lors de vos prestations scéniques.

Palissandre ou érable ?

C'est lors du choix du manche (acquisition d'une nouvelle guitare, remplacement, ...) que le guitariste se pose cette question. En dehors des considérations esthétiques (on aime ou on n'aime pas !) il existe des considérations sonores : un manche en touche érable va produire un son plus puissant, précis, mais aussi plus sec, moins chaleureux, avec une retranscription accentuée des nuances de jeu. Un manche en palissandre va donner un résultat plus chaleureux, un son moins claquant mais aussi plus adapté aux irrégularités rythmiques du jeu, exigeant moins de précision qu'un manche maple.

S'il existe inévitablement un phénomène de mode, la matière de la touche est aussi liée aux contraintes d'usage : la touche maple salit du fait d'être assez blanche, à la base. Tout est question de qualité du vernis sur ce type de bois, et là encore, les guitares low cost ne misent pas sur un vernis hyper protecteur, ce qui rend le toucher agréable lors du contact des doigts au cous du jeu, mais impose un nettoyage fréquent au risque de rencontrer de vilaines traces noires qui verdissent.

Pour ce qui est du manche palissandre ou rosewood, il salit aussi, on y découvre des dépôts d'oxyde au bord des frettes et des tâches plus sombres sur la touche usée par le jeu (premières cases). D'aspect, l'esthétique est visuellement moins affectée, mais d'un point de vue salissure, ce type de manche requiert moins d'entretien.

Une idée assez répandue, est que les manches maple ont une frette plus fine et requièrent un jeu plus précis que les manches en palissandre sur lesquels sont montées des frettes medium ou jumbo. C'est évidemment faux, si la Telecaster a popularisé le manche maple avec ses fines frettes, il n'en reste pas moins qu'un manche érable peut aussi être monté en jumbo... Toutes les combinaisons existent, notamment dans les reproductions asiatiques où les économies sont réalisées à tous les niveaux sur les chaînes de production, y compris sur les frettes souvent thin ou medium à la sortie d'usine.

Le réglage des deux types de manches et aussi identique, et si Fender a proposé sur ses séries des manches érable à la touche érable qui se règlent par une truss-rod accessible après démontage du talon, il en est de même sur les manches avec la touche en palissandre des modèles de la marque. Chez Gibson, on rencontrera plus fréquemment des manches collés dont la truss-rod n'est uniquement accessible par la tête, et des touches palissandre ou ébène qui collent mieux avec le côté chaleureux des sons de la marque.

Battle's guitar

Enfin, côté fragilité, on dira que les touches rapportées sont aussi solides qu'elles soient érable ou palissandre. Toutefois, les manches érable d'une pièce sans touche rapportée sont d'excellents éléments conducteurs, et s'ils ont rares, doivent faire l'objet d'une attention particulière : leur son puissant donne des résultats assez caractéristiques en clair comme en saturé.

Sans privilégier l'un par rapport à l'autre, je peux ajouter que j'ai une préférence pour ces manches blancs, notamment pour le côté assez direct de la transmission des vibrations et des nuances de jeu. Pourtant, je joue un excellent manche rosewood depuis des années, mais si je privilégiais une matière, ce serait celle là.

Housse ou flight case ?

Encore une fois, la question ne se pose pas puisque les deux produits sont pour moi complémentaires. Le transport d'une housse est facilité : elle va sur le dos, n'ajoute pas un poids considérable à l'ensemble, ce qui permet de l'utiliser dans les transports en commun. Cependant, elle protège évidemment moins qu'un étui en cas de choc, et c'est bien là le plus de l'étui qui reste le moyen de protection à privilégier dès que l'on entrepose sa guitare dans un coffre de voiture ou dans un camion de tournée.

La housse facilite le transport, l'étui favorise la protection. Tous les avis convergeront vers ce point. Mais attention, il existe des critères de choix dans les deux cas, notamment celui de trouver un accessoire adapté à l'instrument. Si pour l'étui il n'existe pas de doute sur le fait qu'il doive impérativement épouser la forme de l'instrument, il reste des cas où la housse est un peu "tordue" ou "tirée" pour être adaptée à la guitare aux formes peu standard.

C'est s'exposer à un choc parfois fatal pour le manche : une housse mal adaptée risque de ne protéger que de la poussière, et c'est vraiment la tuile en cas d'un simple léger coup... D'autant que là encore, l'épaisseur de la mousse de protection ou son étanchéité n'ont de critères de comparaison équivalents que la qualité des sangles de portage et la solidité des fermetures éclair.

C'est donc sur ces critères de fabrication que le choix se portera, pour tomber sur un prix moyen d'une bonne housse compris entre 20 et 50 €, là où les premiers flight cases sont importés à 70 € ! Là encore, pour les housses et les étuis, le nombre de poches ou de compartiments importe peu, il faut une protection de l'écrasement pour l'étui, une bonne protection des intempéries pour une housse...

Battle's guitar

Comme pour les câbles, mises sur la qualité, la différence sera plus significative entre un produit premier prix et un milieu de gamme. Misez aussi sur des matières éprouvées : la housse en nylon (le sky, les cuirs augmentent inutilement le prix pour une protection équivalente). Le bois façon flight-case avec coins de renfort des étuis est vraiment bien, le thermo moulé des modèles plus côtés n'ont que peu d'avantage sinon celui d'être indéformable, même si une malle de 40 kilo est posée dessus.

Pour la housse comme pour l'étui, la protection intérieure est toute aussi importante. Pour la housse, le manche doit être maintenu et soutenu lorsque l'instrument est à plat sur le dos du corps (lorsqu'on couche la guitare sur le siège arrière de la voiture). Une fois les mécaniques soulevées par un morceau de mousse, l'accord reste maintenu. Dans un flight, il peut épouser parfaitement les formes les plus standard des guitares, il faut veiller à ce que le manche soit pris en étau à la fermeture, entre la valise et le couvercle, afin d'immobiliser au maximum la guitare dans son écrin. Le fait qu'elle soit mobile n'augure rien de bon, et pour cela, il ne faut pas opter pour un flight de basse qui conduirait à laisser la guitare en mouvement à l'intérieur.

Souvent les étuis sont finis de peluche assez protectrice. Certaines mousses plus dures offrent un toucher bien plus agréable et restent moins salissantes. Dans le cas des flights comme des housses, utilisez les compartiments annexes pour les câbles, les médiators, la tige de vibrato ou l'accordeur, voire la sangle, tous ces accessoires peuvent, en bougeant lors du transport altérer les cordes ou l'accastillage, rayer les vernis de votre instrument préféré voire endommager l'électronique...

Lors du transport, n'hésitez pas à renforcer la protection des parties fragiles, la tête par exemple, en utilisant un chiffon propre et sec. Il sera également utilisé pour nettoyer vos cordes après le jeu, ou recouvrir la tête de l'instrument au retour.

Misez également sur des motifs discrets et non ostentatoires dans les transports en commun. Les voleurs aiment les housses en cuir ou celles avec des logos de marques de guitares prestigieuses. Ils piqueront plus facilement un flight Gibson qu'une housse Thomann. Pourtant, à l'intérieur, tout peut être inversé ! Mais c'est la vie...

Accordeur pince ou accordeur pédale ?

C'est pas réellement un vrai dilemme celui-là, même si le budget engagé est significatif. Déjà, la question suppose le fait qu'on ait envisagé de se servir d'un accessoire dédié, et non de ces merdiques accordeurs à LED intégrés aux multi-effets et aux amplis numériques... Si ça peut dépanner, pour réajuster sa guitare ou donner un peu de précision entre deux morceaux, ces accordeurs peu précis, visuellement peu recommandables et difficiles à manipuler sont à proscrire pour régler précisément son instrument (intonation notamment, ...).

Le choix d'un module externe n'est pas aisé, car ils sont assez nombreux en concurrence sur le marché. On peut trouver, en gros, trois types d'accordeurs, en plus des autres diapasons et sifflets, qui, s'ils sont pratiques et immédiats, n'apporteront qu'une indication sonore :

Battle's guitar

Je ne saurais recommander autre chose que de disposer de plusieurs accordeurs, déjà pour subvenir aux problèmes d'alimentation, et puis parce que leur prix (entre 20 et 50 €) le permet, mais aussi car ils correspondent à plusieurs types d'utilisation. Pensez que ce qui compte surtout, c'est la conception visuelle facilitant la lecture du réglage ainsi que la luminosité de l'affichage. Des gadgets amusants permettent d'intégrer un métronome et/ou un dictionnaire d'accord. C'est pratique, mais pas indispensable.

Câbles jacks home-made ou hors de prix ?

Le débat peut faire rage, car il y en a marre de se faire rouler avec des câbles jacks du marché ! Ils sont souvent hors de prix et de qualité inférieure à celle qu'on peut obtenir en les fabriquant soi-même... OK, un câble de 30 à 50 € comportera des caractéristiques qui ont un impact important sur le son, mais quand on sait qu'on peut réaliser avec un fer à souder un équivalent pour 15 €, tout pousse à disposer de câbles home-made !

D'autant qu'avec un câble du commerce à moins de 25 €, il ne faut pas s'attendre à un miracle... leur qualité laisse à désirer, ils "craquent" rapidement après une dizaine de manipulations, et s'ils sont parfois garantis à vie, ils sont souvent plus lourds et moins efficaces qu'un câble bricolé tout seul soi-même... Reste donc à préparer votre fil d'étain et fer à souder et laisser 10 à 15 € au magasin de composants électronique du coin...

L'incidence sur le son n'est pas anodine en fonction de la longueur, de la qualité du câble, des connectiques, ... Les prix varient beaucoup, et sans justification. Enfin, hormis dans le cas des jacks haut-parleurs qui sont soumis à de fortes tension et qu'il est dangereux d'utiliser un câble blindé, le reste des câbles devant être utilisés doivent aussi être retenus en fonction du blindage, très important en audio...

Un câble est composé de un ou plusieurs conducteurs composés de un ou plusieurs brins métalliques entourés par un isolant. Une tresse métallique ou une feuille d'aluminium entoure les différents conducteurs, permettant une protection du signal utile par rapport aux interférences : le câble est donc blindé.

Battle's guitar

Jusque là, c'est relativement simple, des fils isolés et blindés. Mais chaque type de fil conducteur présente des propriétés différentes : de la matière ou nature du matériau utilisé pour composer le fil conducteur dépend une valeur de résistance (effet résistif). La quantité de matériau est calculé en fonction de son épaisseur et surtout sa longueur : donc plus un câble est long, plus il est résistif. Il y a aussi un effet lié à la température, la résistance diminue en fonction de la chaleur (l'été, la valeur est moindre) et aussi du fait que le conducteur contienne ou non de l'oxygène (OFC = sans oxygène ou oxygen free).

Mais il y a aussi l'effet capacitif irrémédiable du fait de disposer deux conducteurs isolés placés dans une même gaine qui composent ainsi un condensateur. Dans le cas d'une liaison audio, la capacité du câble va se combiner à l'impédance de charge de l'appareil auquel il est relié ce qui génère un "filtre passe-bas" générant une atténuation du signal.

La capacité du câble est donc un paramètre important dans le cas de circuits à hautes impédances principalement, tel le raccordement entre les guitares électriques et les amplis qui dépend de la distance séparant le conducteur interne et le blindage (conception du fil jack) et de la longueur de la section de câble (plus la liaison est longue, plus la capacité est importante).

Ainsi, je vous communique par exemple les données techniques d'une bonne section de câble destinée à raccorder l'instrument, et acheté au mètre entre 2,50 € et 7,50 € :

Autre composants du câble, la soudure, qui doit être bien pratiquée et contenir dans son pourcentage de composition un peu d'argent et surtout pas de plomb. Les alliages sont complexes, pour un câble audio, le fil d'étain peut être de diamètre important (5/10e ou 7/10e), et un bon temps de chauffe du fer ainsi qu'un brasage classique permettront d'obtenir une jointure propre et brillante qui résiste plus longtemps.

Enfin, choisir des connections qui ont de qualité. Inutile de disposer d'un embout plaqué or anti-oxydation, ce n'est probablement pas le cas dans votre guitare ou dans votre ampli ou multi-effets ! Une fiche jack mono mâle 6,35mm Neutrik dans un carter métal isolé convient parfaitement, on en trouve pour moins de 5 € l'unité (il en faut 2) et c'est à peine plus cher coudé (pour un raccordement type LesPaul). Là encore, ne pas lésiner sur des fiches économiques, elles doivent être robustes et encaisser des débranchements et branchements multiples.

L'avantage de ces modèles home-made, c'est qu'on peut facilement réparer, généralement au niveau de la fiche, ce qui n'est pas possible avec un câble constructeur serti, même si le moulage dans du plastique solidifie le tout. Ensuite, tout est question de longueur et de manipulation. Pour la maison, 3 mètres suffisent pour un son meilleur. Et veillez à bien enrouler vos câbles pour les ranger, ils se bousillent généralement s'ils ne sont pas bien enroulés.

Personnellement, je reconnais que les câbles haut de gamme offrent une souplesse d'enroulage et une qualité audio qu'il est difficile de retrouver avec les câbles et connectiques pourtant au top des magasins électroniques. C'est donc un petit luxe que de disposer de ces accessoires au top. Cependant, pour une utilisation domestique, les câbles home-made apportent complètement satisfaction comparés aux modèles à 20 € dans le commerce...

Médiators ou doigts ?

Comme beaucoup de questions de cette partie de la page, le simple fait que les deux choix sont possibles ouvre la perspective que les deux utilisations ont leurs lots d'avantages et d'inconvénients et que souvent les rendus obtenus avec l'un comme avec l'autre sont radicalement différents...

Si le jeu aux doigts vient de la technique de guitare classique, où l'utilisation du médiator est délaissée au profit des ongles, le jeu électrique est souvent associé au jeu au médiator. On va rentrer là dans un débat technique ou précision et puissance d'attaque n'ont réellement pas à tenir la comparaison, il suffit de voir jouer un guitariste flamenco pour comprendre qu'il attaque avec autant de précision et de dextérité, sinon encore plus de puissance les cordes nylon de son instrument...

Tout est réellement question de goût, de culture et de ressenti. S'il est plus intuitif de jouer aux doigts, le médiator s'avère, dès les premiers instants de l'apprentissage, un outil de prolongement des doigts qui offre une bonne attaque et beaucoup plus de précision que la pulpe de nos doigts.

Pour ce qui est de hygiène et de l'entretien des ongles, je ne peux évoquer que des contraintes, de la patience et beaucoup de temps pour les soins. Le médiator est donc pour ça un ustensile qui garantit une certaine constance dans la taille et la forme que ne peuvent apporter les 5 ongles d'une main.

Cependant, s'il s'avère qu'un jeu technique tout particulier n'est possible qu'au médiator (scratching, allers-retours, ...) le jeu aux doigts offre une variété de nuances bien plus large et plus naturelle, notamment sur l'intensité de l'attaque et la modulation du volume sonore, l'obtention des harmoniques naturelles comme artificielles, ... et inévitablement le picking, chicken picking, alternate picking, ...

Toutefois, si vous n'officiez que sur des plans classic rock et que vous ne pouvez vous passer d'un plectre, ces styles et nuances vous importent peu... Jamais je n'ai vu un loisir véhiculer autour de lui autant d'accessoires que la peinture et la pratique de la guitare. C'est dingue la variété des matériels créés, et le merdier qu'il est bon de transporter. Et dans cet amas de plastique des médiators...

Battle's guitar

Plusieurs fois le même, car ils s'usent, se perdent, se donnent, se jettent, et restent indispensables. Ensuite, parce qu'il existe des individus qui ne jouent pas le même style avec le même médiator, et là, la variété complique les choses... On a vite fait de se faire une habitude difficile à perdre, de développer un effet de "gri-gri" autour d'un objet insignifiant comme ce bout de plastique, au point, je l'ai vu, de ne pouvoir passer un plan qu'avec les rouges de cette série !

De manière générale, la durée d'utilisation favorise l'acclimatation. Pour un changement de lunettes de soleil, il faut quelques minutes tout au plus, des chaussures se "font" au bout de quelques heures au bout des pieds, mais les médiators, il semble que ça ne prenne que quelques secondes pour être drogué à vie.

Essayez, achetez (c'est très cher, mais encore possible compte tenu du pouvoir d'achat du plus pauvre des guitaristes amateurs) et utilisez la forme et l'épaisseur qui vous convient le mieux. Osez les textures particulières, antidérapantes. Entrez dans la mode des couleurs, des matières, ... les médiators sont tellement divers et variés qu'il semble impossible de ne pas trouver son bonheurs.

Personnellement, je joue avec des modèles assez courts et d'épaisseur médium sur mon instrument principal (je ne dirai pas pourquoi, c'est ainsi). Sur cette guitare et avec mon set de préamp, les trop fins manquent à mon goût de précision et les plus épais donnent trop de force à l'attaque. Par contre, sur d'autres instruments, j'utilise un autre modèle plus long, décliné en deux épaisseurs pour apporter quelques variantes de jeu.

J'ai aussi pris l'habitude d'en laisser traîner régulièrement, et de fait je suis bien moins "fétichiste" quant aux couleurs ou matières. J'ai quelques modèles avec grip qui sont assez sympas, car ils ne chutent pas lors des manipulations et acrobaties, car je permute jeu aux doigts et médiator en conservant le plectre dans le creux de ma main tout en jouant.

Suivant le style, je pince l'objet entre le pouce et l'index ou le pouce et le majeur (gain en attaque), et j'utilise des positions semi-ouverte dans la majorité des cas, lorsque je joue debout (avec la sangle). Il m'arrive d'essayer la guitare non branchée, après quelques réglages, et je retrouve là un jeu aux doigts peu pratiqué, sinon sur les guitares sèches où là, j'ai tendance à user un médiator plus léger, plus fin et souple surtout adapté au frotté d'accords...

Vibrato standard, flottant ou cordier fixe ?

L'un ne remplace pas l'autre, encore une fois. Un vibrato, c'est une vraie usine à gaz qui favorise le dés-accordage à la moindre action. Ne pas en disposer permet d'éviter les casses têtes lors des réglages et changements de cordes.

Naturellement, une guitare posée sur un stand ou entreposée dans un flight va perdre l'accordage. Il faudra donc normalement l'accorder avant (pratiquement) toutes les séances de jeu. Jusque là, tout est normal, fastidieux, mais, on n'a rien sans rien.

Ensuite, juste en exerçant la pression des doigts, en réalisant quelques bends appuyés, la guitare se désaccorde aussi après quelques morceaux. C'est pénible, il faut l'admettre, mais il en va ainsi, surtout lorsque les cordes sont un peu fatiguées et montrent quelques signes de faiblesse.

Dès qu'un vibrato est actionné, c'est la catastrophe. Un vibrato classique, celui comme le tremolo vintage d'une Stratocaster tient solidement au corps avec 6 vis, et ne permet pas une grande action sur la tension des cordes. Le retour à la position normale est hasardeux, même sur les modèles les plus au point, et le ré-accordage semble impératif après chaque sollicitation (cf. Malmsteen, Hendrix, ...).

Avec un vibrato sur deux couteaux, type Wwilkinson, ou autre mécanisme flottant, l'action sur la tension des cordes accentuée par un plus fort débattement est souvent complété par des mécaniques à blocage qui conservent le réglage de la vis comme butée de tension. Le retour à la position initiale est donc amélioré de manière efficace, sans plus. Les sollicitations extrêmes de la tige du vibrato sont alors à proscrire complètement. Le changement des cordes est sensiblement le même que pour un mécanisme standard.

Battle's guitar

Dans le cas d'un vibrato flottant à blocage de cordes, typiquement un Floyd Rose et ses dérivés, l'accordage ne bouge normalement pas lorsque le bras est sollicité. Tout au plus, la guitare mérite un ajustement au bout d'une dizaine de morceaux, parce que le métal qui compose les cordes n'est pas non plus infaillible. Cependant, hormis avec les petites vis d'ajustage de précision (fine tuner), il n'est pas possible de simplement accorder la guitare sans outil complémentaire comme la clé allen.

On entre alors dans un réglage complexe où la tension d'une corde agit sur la longueur de l'ensemble des autres, ce qui devient rapidement une contrainte nécessitant d'avoir une sacrée oreille, un bon accordeur et un sacré tour de main. Les possibilités sonores offertes par l'accessoire sont souvent oubliées du fait qu'un réglage précis et compliqué soit nécessaire pour un simple accordage. La simple casse d'une corde conduit à faire une pose d'un bon quart d'heure pour remplacement...

Toutefois, la fiabilité de ce système me ravit. Si ce n'est que le dispositif atténue le sustain de la guitare, ou au contraire favorise des larsens parfois malheureux, la contrainte d'accordage est vite levée par l'habitude, et la précision des réglages en font un outil redoutable permettant d'ajuster l'intonation de la guitare sur tout le manche en conservant une action (hauteur des cordes par rapport au manche) très basse, facilitant le confort de jeu. Dans un style classique, sans activer à l'extrême la tige de vibrato, le module apporte une très grande fiabilité et un confort de jeu sans égal. S'il ne permet pas les double bends précis, le Floyd Rose garantit une bonne tenue d'accord malgré un frottement (tensions et points de friction) qui contribue à l'usure des cordes...

Beaucoup de débutants auront un vibrato standard sur une déclinaison de Stratocaster, qu'il s'agit de visser complètement au corps de la guitare pour un maintien maximal de l'accord : on s'approche ainsi du chevalet fixe ; il est parfois permis un très faible débattement vers l'avant (si le vissage n'est pas ultime) ayant déjà un impact sur l'accordage, puis on finit par oublier d'installer la tige et l'on joue sans se soucier... Finalement, un vibrato standard, on s'en sert peu, et de manière générale, on opte pour une position assez binaire, Floyd ou fixe.

Les tirants de cordes et la qualité des cordes

Je ne sais pas où il y a débat sur les tirants de corde, de surcroît si l'on joue une guitare en accordage standard : plus c'est gros, plus ça sonne et plus c'est difficile de jouer... Mais ensuite, c'est surtout question de goût personnel : jouer avec du 11-53 sur une Stratocaster, ça claque pas mal et l'apport rythmique et dynamique est évident, mais on risque de sentir chauffer le bout des doigts.

Ensuite, on a les gens qui jouent en baissant la tonalité de la guitare. Les accordages dérivés de l'accordage standard mais quelques demi-tons en dessous. Eux doivent adapter le tirant à l'accordage retenu sinon ils perdent la tension de la corde et jouent sur des cordes trop molles qui "frisent" contre les frettes. On aura donc des utilisations possibles de tirants 11-53 sur des accordages de type CGCFAD (Drop C), et sans se détruire les doigts...

Battle's guitar

Ensuite, si Steve Ray Vaughan a montré qu'en ½ ton en dessous, l'utilisation de tirants lourds (13-56) sur une Strat avec un ampli Fender apportait une sonorité toute particulière. Mais Hendrix 20 ans avant jouait un style assez proche avec du 8-46. Eddie Van Halen triture du départ en 8 ou 9 quand les shredders jouent en départ 9 ou 10, et les dive bombing sont tout aussi extrêmes... Pour dire qu'il ne faut se fier à rien.

Pour ce qui est des traitements de la corrosion, on trouve de tout, des bains chimiques, des gaines plastiques avec plus ou moins de résultats. Si le traitement par bains est peu écolo, son efficacité contre le traitement laisse la corde vibrer de manière assez naturelle. Les gaines Gore-Tex donnent un toucher un peu particulier et protègent réellement la corde de l'oxyde laissé par les doigts et la transpiration. Le son parait tout juste moins brillant et les cordes sont réellement solides.

Personnellement, le remplacement régulier des cordes me paraît rébarbatif, et je suis séduit par les cordes gainées. Mais le coût de ces jeux et la sensation de toucher me freine quelque peu. De plus, j'ai privilégié des cordes au rendu puissant, et je ne retrouve pas cette brillance dans les modèles sélectionnés. Il faut dire que je joue ½ ton en dessous en 10-46, et que je passe souvent en DropD, ce qui constitue déjà pas mal de manipulations avec un vibrato Floyd.