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reprises et compositions ?




Les nutritionnistes affirment que "nous sommes ce que nous mangeons", et ça ne semble réellement gêner personne... je ne suis pas suffisamment expert en matière d'analyse du comportement musical, mais je me permets juste de porter un avis que je pense construit autour d'une analogie personnelle (conscient que beaucoup s'accorderont, comme moi, sur le fait que) : "nous jouons ce que nous écoutons".

Pourtant, sommes nous de simples victimes ? Les plus créatifs seraient donc, sur la base de cette affirmation, des personnes qui n'aient jamais trop écouté grand chose, alors ? Conneries ! Si nous "somme ce que nous mangeons", il n'est pas si évident que l'on retrouve dans notre jeu autant de "copiages" de morceaux influents que de "pompages" de plans... Certes, un "métalleux" ne puise sa science dans la musique country, mais je pense fort heureusement que les plus grands esprits ont eu aussi raison de développer, décliner ou conjuguer à d'autres temps et d'autres modes, les meilleurs plans et gimmicks que leurs oreilles ont bien pu retenir et retranscrire. Il y a donc un HIC !

Ça jette inévitablement un pavé dans la marre (aux canards... et autres fausses notes ;-) car les surdoués de la musique, non pas les héros du conservatoire du quartier mais les Grands Guitaristes et autres Super Guitar Heroes, eux, ont bien su construire leur identité musicale, se faire un son avant de se faire un nom... et pourtant, ils ont probablement inventé, créé, composé sur la base d'une culture musicale souvent aux antipodes de leur créations originales.

Oui, mais non. L'inspiration et l'originalité s'est probablement bien développée chez eux, en tout cas plus que chez beaucoup d'autres moins connus, mais ils ont tous admis et reconnu des références musicales évidentes : personne n'est parti de rien. Et si l'on perçoit très bien l'influence de certains dans le style d'autres, il est souvent difficile de savoir ce qui a bien pu inspirer untel dans l'œuvre d'un autre...

D'un autre côté, bon nombre des Supers Stars de la guitare ont évolué de près ou de loin dans un milieu artistique : peinture, musique, cinéma ou même littérature, les plus doués des "transformateurs d'influences" ont bien souvent bénéficié d'un milieu familial ou d'un entourage propice à la création et au délirium musical, et ont eu plus de facilité à développer quelque chose de nouveau.

Ah, oui, ... parce que je l'ai pas dit, mais arriver à trouver un son qui lui correspond, c'est de la création, du travail et beaucoup, beaucoup de remises en question. Je ne pense pas qu'il existe une seule personne ayant juste touché un instrument pour la première fois et l'avoir derechef transformé en un merveilleux ustensile d'expression. Si certains ont des prédispositions ou même des dons, tous ont travaillé et travaillé encore pour obtenir un résultat.

Le talent de certains se réveille sur le tard, et beaucoup ont connu une carrière dans un autre domaine avant de devenir le ou la guitariste de génie que l'on connaît. Beaucoup ont hésité entre peinture et poésie avant de poser des notes pour illustrer leur œuvre... D'autres ont affirmé ces prédispositions très tôt, évoluant dans un milieu musical favorable, et ont formé des groupes déjà très appréciés dès leur plus jeune âge.

Les anecdotes ne manquent pas, de Clapton qui "volait" la guitare sèche de sa sœur ainée à Eddie Van Halen que se destinait plus jeune à la batterie alors que son frère Alex rêvait de devenir guitariste... Les plus impressionnants des récits concernant les individus venus de nulle part, issus de milieux modestes et tirant quand même leur épingle du jeu : les parcours à la Gus-G, le grec métalleux provenant d'une partie peu connue pour ce style, font le bonheur des magazines spécialisés.

Mais si les prédispositions et les influences ont été mises en avant, le travail n'a pas non plus épargné ces surdoués célèbres. Malgré des conditions de vie assez difficiles parfois (environnement familial absent, enfance maltraitée, mère alcoolique) ainsi que des débuts de carrière qui vont avec (drogue, délits, ...). C'est justement ces existences mouvementées qui font les choux-gras de la presse people et des tweets, mais qui nous intéressent peu.

En effet, je suis plus préoccupé par les résultats obtenus par ces acharnés, capables de travailler leur instrument huit heures par jour des mois durant : leur volonté de développer à l'extrême une technique, un son, un toucher : une identité musicale. Le déclic, l'idée de départ ou la progression tendancielle vers ce qui a constitué leur marque de fabrique.

Pour beaucoup d'entre les guitaristes, l'objectif s'arrête à la reproduction : obtenir le niveau et le matériel permettant de jouer approximativement (ou à la perfection) ce morceau. Dans ce cas-là, l'obtention du matériel est souvent conditionnée par les finances, et celle du niveau se solde par de longues heures de pratique. Cela peut suffire toute une vie, comme objectif ou comme pratique. D'ailleurs beaucoup d'entre nous s'en satisfont sans désirs complémentaires, même les plus secrets.

Ceux-là peuvent même vivre de la musique, ou figurer comme très bons professeurs, d'excellents musiciens de reprises, et passer à la télé, même. À ceux-là, l'imitation paraît être un art déjà bien complexe, et l'épanouissement consiste même dans certains cas à arranger, décliner différemment les morceaux originaux, ajoutant quelques touches d'improvisation, quelques revisites sonores pouvant même conduire à se produire pour ces reprises opportunes.

D'autres, très tôt, souhaitent produire leurs trucs à eux. Ils semblent aux yeux des premiers, avoir fait l'impasse sur certaines étapes, comme revisiter les classiques. Comme si en musique aussi, comme en patinage artistique, existaient des "figures imposées". Tournés très tôt vers la composition, l'improvisation, la création, ces guitaristes là font appel à une sensibilité différente, et développent en général un jeu tout particulier.

Beaucoup ont du mal à faire valoir leur création, car si "la critique est aisée, l'art est difficile", le public n'accueille pas ces nouveautés et "expérimentations" d'un ton systématiquement réceptif. D'autant que bien souvent, la nouveauté incite à la comparaison, et les rapprochements critiques sont plus ou moins fortuits, enfonçant ou cataloguant plus ou moins les artistes novateurs, ces "étiquettes" les desservent plus qu'autre chose... Rares sont ceux qui sortent gagnants de leurs excès et originalités.

Ces deux "catégories" de guitaristes répondent à des approches, des comportements et des pratiques rigoureusement identiques. Tous viennent "à bout de leurs démons" par le travail et la pratique continue de leur art, mais vis-à-vis de leurs objectifs, leurs attitudes sont ici de véritables sujets de réflexions.

Battle's guitar

Depuis plusieurs années, The Rabeats reprennent The Beatles avec talent, dans un univers assez fidèle mais aussi très décalé...

Commençons par ceux qui ont pour objectif l'atteinte d'un niveau bien délimité (celui qui veut jouer note à note le solo de Clapton ou de Satriani) : leurs écoutes et choix musicaux vont graviter autour de leur objectif. Il n'est pas rare de constater que leur lecteur MP3 contient l'intégralité des standards du genre, de l'œuvre de leur idole et des copies de qualité.

La bible du guitariste de reprises, c'est le forum Internet où l'on donne son avis sur le matos ou la technique, c'est le dernier magazine avec les critiques d'albums, les articles promotionnels des acteurs actifs de la guitare et les bancs d'essai de nombreux matériels, le tout financé par les publicités abondantes des distributeurs.

Les amateurs du genre sont même parfois complètement influencés par leurs lecteurs comme par leur entourage qui n'écoute que Steve Vai (par exemple) et ce petit monde s'auto-entretient et s'auto alimente en fonction des finances des uns et des nouveautés des autres. Une créativité à l'emporte pièce qui laisse peu de place à l'originalité : tout semble formaté sans pour autant déplaire. Les "coups de folie" de certains sont mesurés, calculés et sans gravité.

Le marché de la musique alimente considérablement ces pratiques sur la base de concepts marketings hallucinants:

Mais à côté de ça, les styles et la créativité musicale n'évolue plus vraiment : tout ce qui est standard dans la musique le plus commerciale qu'il soit, a été créé il y a 30, 40 ou 50 ans et n'a fait qu'être décliné depuis. Le rock tourne en rond et semble ne pas poser le moindre problème aux générations passées et à venir. Mieux, le cycle des modes va permettre le "réchauffé" : un revival grunge est attendu pour l'avenir, c'est certain ! Lui-même s'est alimenté d'un revival punk, à son tour alimenté de l'énergie hard-rock non virtuose des années 80 ou 90 !

Effectivement, si les choses se répètent, ça facilite la couverture des besoins musicaux : les constructeurs sortent des versions 2.0 d'équipements ayant été particulièrement bien vendus 20 ans plus tôt... plus rien à inventer (on ne sait peut-être même plus !), juste de la rénovation, du "reissue", et l'esprit vintage fera le reste ...

Et c'est tant mieux, parce que pour varier ses plaisirs, le guitariste de reprise va devoir disposer de plusieurs guitares (chacune typée de manière très démarqué de l'autre) de plusieurs amplificateurs et effets... Mieux, on va lui proposer du matériel qui permettra de couvrir la totalité de ses besoins : une solidbody qui donne un son de sèche, de Les Paul, de Strat, de balalaïka et de cithare, un ampli qui imite le Marshall, le Fender et le Mesa Boogie...

Et ce matos, il va le revendre dans deux ans parce qu'il ne sera plus adapté au son du nouvel album du fameux groupe qui se reforme après 30 ans d'absence scénique... Comme le guitariste aura revendu son ancien matériel (c'est la crise ma p'tit' Dame !) il n'aura plus d'autre solution que de venir chez nous chercher les dernières nouveautés qu'on revendra à prix d'or alors qu'elle nous aura pris trois semaines de recherche et développement (j'exagère à peine) !

À côté de ça vit une population minoritaire de compositeurs qui cherchent à développer l'originalité et la création, en évitant les "pièges du système". Pour éviter les "étiquettes", ils sont volontairement boudés des médias (magazines, Internet, ...) ont du mal à se faire produire et pour les plus doués ne sortent que sous un flot de critiques. Ce choix alternatif, ils le paient bizarrement assez cher, pensant, à juste titre, depuis leurs débuts, poursuivre un bel idéal, suivre une bonne cause.

Les plus déterminés, nageant à contre-courant, arrivent parfois à exploser d'un microcosme difficile où l'originalité semble boudée : un album, une interview, une télé, un passage radio pour se faire à nouveau "massacrer". Les plus doués s'orientent vers des styles et des carrières peu prisées, dans les bas fonds (ou les baffons, c'est selon) musicaux, au point de rester discret, sans trop comprendre cette obligation, ou plutôt se refusant de comprendre par peur de s'avouer d'exister dans un monde privé de liberté.

Beaucoup de déconvenues, des prises de recul nécessaires, indispensables, pour convenir ou non de rejoindre "la matrice". Avec pourtant un matériel sortant des sentiers battus, des sons créatifs, des touchers originaux, leur difficulté étant, pour les plus célèbres, de faire évoluer un style dans des limites qu'il ne faut franchir, sous peine de l'ébranler.

Eux n'ont pas prôné la polyvalence, ils ont leur guitare (la même parfois toute leur carrière) de laquelle ils sortent toutes les nuances du jeu, tous les bons comme les mauvais côtés. Ils ont un groupe, un ampli parfois deux, et sont relativement minimalistes dans leurs choix de matos souvent à contre-courant.

Les quelques surdoués qui imposent leur style au regard du "reste", eux, arrivent à une notoriété telle qu'ils brillent encore au travers des âges. Leur statut permet de créer un mouvement, d'innover avec les constructeurs, de bouder les médias et susciter quand même la curiosité. C'est le privilège des Grands.

Sans faire de défaitisme, sans entrer dans des hypothèses déclinistes ou théories du complot, ces perles sont aussi peu nombreuses en ce bas monde qu'il est difficile même de les énumérer sans entrer dans un débat passionné : où commence et où s'arrête le génie ?

À ces mêmes questions, les magazines comme Internet essaient de trouver un sens aux phénomènes inexpliqués en proposant des classements des meilleurs solos de tous les temps ou encore des meilleurs guitaristes du siècle, en ayant conscience qu'ils vont à la fois diviser mais aussi alimenter des regroupements d'individus fédérés autour d'un courant musical, d'un guitariste, d'un style de jeu.

Ainsi, dans une vie, un pauvre "branleur de manche" a pu être jugé "génie musical" quelques dizaines d'années plus tôt. Pire, c'est souvent une gloire posthume que certains de ces méconnus sortent de l'ombre, comme s'ils présentaient une réelle menace de leur vivant. Enfin, beaucoup de ces marginaux finissent par attirer l'œil du formatage médiatique pour ses frasques dans un hôtel ou son penchant pour l'alcool ou la poudre blanche, et non pour son style musical alors qualifié avec déconvenue et facilité de "destructeur".

Je relate volontiers cet extrait d'interview de Bono, leader du groupe U2 qui indique avoir été "contraint" de faire des compositions à la fin des années 1970 et au début des années 1980 (période punk et synthétique s'il en est) car leurs reprises étaient jugées trop "mauvaises" et leur niveau technique insuffisant. C'est difficile à croire en regard de la période, mais cependant, ce changement de cap leur aura au moins valu une belle carrière Pop/Rock.

En contrepartie, les musiciens accompagnateurs des rares émissions télé intégrant un groupe live (Nouvelle Star, les Enfoirés, chez Ardisson sur Canal +, ...) sont peuplées de musiciens s'étant cassé les dents sur des compositions personnelles avec des groupes plus ou moins rendus, un temps, populaires, pour revenir vers la reprise, l'arrangement, ou la contribution mercenaire du sideman. Si leurs compositions subsistent discrètement, leur carrière "solo" est au point mort. On en retrouve composant des musiques pour quelques téléfilms et génériques pour émissions de télé, ou des musiques de publicités.

Alors oui, il y a deux caricatures et probablement un état intermédiaire du guitariste non pas en transition d'une catégorie à l'autre, mais tirant, selon lui le meilleur parti des deux "mondes". Celui qui reprend, mais qui cultive aussi, celui qui aime copier parce qu'il y apporte son interprétation, et celui qui aime créer en s'inspirant fortement.

Battle's guitar

Un home-studiste.

Parce que fort heureusement l'appartenance à l'une ou à l'autre des deux catégories rend hémiplégiques ceux qui ont juste pris le recul nécessaire vis-à-vis des deux systèmes. Sans devenir schizophrène, un guitariste peut appartenir humblement aux deux castes et être heureux et satisfait de faire sa musique en cadençant ses pas sur les pas du voisin.

Peut-être qualifié de guitariste sans intérêt, parce que son style n'est pas assez ou bien trop affirmé, l'intermédiaire déplait car on ne lui donne aucune étiquette : comme le guitariste créateur, il ne succombe pas à la tentation, mais comme le guitariste de reprise, il s'appuie sur les plus grands et tente de développer son style.

Il n'a souvent pas besoin de la partition, recopie, réarrange et interprète "à l'oreille", ou "à l'intuition". Il n'a souvent pas de groupe ou trouve aussi peu de partenaires qui sont peut-être plus tranchés dans leurs choix. Celui "du milieu" a une position finalement peu respectée, mais aussi plutôt intéressante. Il sort du cliché et s'inspire pourtant, en sachant que "le cul entre deux chaises", il ne mènera probablement jamais son projet à bout ni bien loin. Idéaliste, extirpant le meilleur des deux mondes, il va développer de manière unique quelque chose qui peut parfois présenter un quelconque intérêt... pour lui-seul ou seulement quelques proches. Il n'y a pas de public pour ça !

Alors pourquoi un débat pour mettre les guitaristes dans un panier plutôt qu'un autre et évoquer la troisième possibilité, panachage des deux alternatives les plus marquées, qui semble lui en aucun cas plus mesuré si tant est qu'il apparaisse modéré. Indécis plutôt, le guitariste qui va et faire des reprises, et composer... plus complet me direz-vous ? Je ne sais pas en fait.

Car s'il dispose des outils techniques à la fois pour bien copier et bien composer, il est assez évident de penser qu'il s'agisse bien d'un cas particulier, idéal s'il en est. C'est en effet rarissime d'être à la fois doué pour les deux exercices et d'avoir matière à s'exprimer au plus haut niveau sans faire un choix marqué entre les deux disciplines.

Attention, je considère qu'un arrangement d'une reprise, dans son style, en hommage à un artiste que l'on aime, n'est en aucun cas une "déviance". De même, je reste convaincu que les multiples albums "tribute" ne rendent pas tous les compositeurs indécis. Cependant, c'est un dilemme équivalent à l'album instrumental sur toute une discographie chantée, ou inversement.

D'autant qu'à un niveau amateur, de très proches connaissances exercent leurs talents en tant que compositeurs ici et arrangeurs là. Idem pour des pluridisciplinaires, multi-instrumentistes et autres artistes accomplis qui chantent jouent guitare, basse et batterie, s'essaient à la trompette et au piano/clavier dans des styles divers et variés, à des niveaux allant de la simple reprise fidèle jusqu'à la composition et l'expérimentation improvisée en live.

Ce que j'essaie de dire, c'est qu'à une période de sa vie, un guitariste va prendre une orientation, l'autre, ou les deux. Les technologies liées au recording et home studio sont accessibles et ont même révélé des vocations nouvelles. Tout un chacun est capable de s'enregistrer ! Et ce, beaucoup plus simplement que de "coucher quelques lignes sur le papier", c'est-à-dire "composer".

Cependant, ce qu'il est indispensable de saisir, c'est le climat dans lequel un guitariste va pratiquer la reprise ou la création, le moment où il va associer les deux techniques, gagner à être connu pour l'une ou l'autre, voire plus rarement les deux à la fois, et la manière dont il va puiser son inspiration, sélectionner ses morceaux.

En effet, le musicien de reprise, s'il est particulièrement aiguillé par ses écoutes, sera aussi dirigé vers la reprise qui lui est techniquement abordable, ou bien au contraire sera tenté de reprendre l'impossible morceau, en quête de la prouesse technique... Pour la composition, le genre peut se vouloir technique, complexe, la virtuosité reste un outil qui sert la composition et non l'inverse...

Chronologiquement, un musicien débutant se dirigera vers la guitare parce qu'il est tenté de reproduire des sonorités qui lui plaisent, alors qu'un musicien déjà engagé auprès d'un autre instrument (un batteur, un claviériste, un bassiste, ...) souhaitera probablement élargir son champ d'action, mais aussi utiliser une guitare à des fins d'arrangements en home-studio, voire probablement de compositions.

Au premier, un set débutant guitare-câble-ampli suffirait dans un premier temps, avant de ne se tourner naturellement vers la modélisation pour obtenir une palette polyvalente de sonorités à moindre coût. Plus tard, dans certains cas extrêmes, il s'équipera des modèles signatures de ses idoles, et veillera même à travailler leurs techniques, leurs sons sur des bases identiques, souvent fort coûteuses, généralement remises au goût du jour régulièrement.

Le second, plutôt orienté composition, ne s'attardera pas nécessairement sur "le son de" mais sur une identité musicale plus affirmée, et s'il se dirige lui aussi vers la modélisation pour des raisons économiques, il se satisfera de modules complets de bonne qualité mais pas nécessairement up-to-date. Souvent il variera pour ses besoins entre une ou deux guitares électriques maximum, une guitare folk ou classique et une basse en complément...

On dénote alors que le marché s'est adapté à la population de guitaristes en quête de reprises : c'est une manne pour les constructeurs de matériel d'entrée de gamme que de crédibiliser une guitare, un effet ou un ampli avec l'aide d'artistes réputés. Ces méthodes marketing font gonfler les ventes, et même si des modèles signature de guitare se trouvent à près de 3000 €, une déclinaison asiatique du même modèle à moindre coût n'est jamais très loin...

Le haut du marché est rarement appuyé par les idoles, sinon plus "discrètement", sans qu'une signature ou un preset ne soit affiché, on trouve un même matériel souvent utilisé par 2 ou 3 grands noms, quelques références publicitaires éventuellement, une simple indication dans les crédits et remerciements d'un album ou au détour d'une interview. Comme si seuls les connaisseurs pouvaient s'intéresser à ce type de matos haut de gamme inaccessible financièrement.

Regardez les parcours des musiciens autour de vous, ceux qui tentent de percer en écumant les salles de fêtes des quartiers, ceux qui arrivent avec leur récital original, et ceux qui "font un peu plus de blé" avec les reprises des stones et des dernières nouveautés variété. Plus proche de vous, discutez avec votre prof de guitare, et les musiciens que vous côtoyez dans les groupes, en sessions de travail (parce que la musique, c'est comme l'amour, c'est mieux à plusieurs).

Analysez leurs parcours et aidez-vous, en prenant le recul nécessaire, à orienter vos choix : sans pour autant vouloir vivre de votre musique (même si c'est le rêve caché de beaucoup de jeunes musiciens amateurs de tout âge), êtes-vous satisfait de votre mini-home studio, voulez-vous étoffer votre set pour "sonner comme", ou bien les deux ?