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micros et vibrato




Si la forme et la couleur sont déterminantes pour l'achat de la première guitare (le look est important, on n'a pas envie de jouer un instrument qui ne plaît pas), d'autres éléments sont souvent ignorés, non pas volontairement mais par méconnaissance : les micros qui ont une incidence sur le son et le fait de disposer ou non d'un vibrato...

Simple ou Double Bobinage

Le choix du type et du nombre de micros est délicat lorsqu'on débute et que l'on n'a pas une idée bien précise de ses orientations musicales, ce qui est le cas de beaucoup de monde...

Si un piètre conseilleur dira qu'un son de micro simple est assez faible et plein de bruits parasites comparé au micro double bobinage, il omettra de dire que le "mordant" des micros simples est son principal atout, et que Jimi Hendrix (non des moindres) a assis sa réputation sur ces micros à simple bobinage.

En contrepartie, le micro à double bobinage est puissant et favorise les distorsions et les son riches, tellement que les sons clairs cristallins ne semblent pas vraiment lui être destinés. Certains diront que leur choix est fait, et pourtant, puissance et niveau de sortie ne font pas tout...

Battle's guitar

La Gibson Les Paul est l'une des guitares les plus copiées au monde, elle ne dispose pas de vibrato mais d'un cordier fixe et est munie de deux micros à double bobinages pour des sons puissants et distordus.

Dans un souci de polyvalence, l'idéal est de disposer de micros simple et double bobinage(s) sur sa guitare. Généralement, on trouve soit deux micros simple bobinage près du manche et au centre et un double (humbucker) près du chevalet, soit deux micros humbuckers en tout et pour tout.

Si je pouvais rectifier les propos du supposé piètre conseilleur, je donnerai pour contre exemple le fait que les humbuckers soient splittables, c'est-à-dire qu'il est possible de n'utiliser qu'une bobine sur les deux, ce qui revient à un simple bobinage (pratiquement, mais pas exactement pour les plus tatillons), donc ce qui permet de retrouver le "mordant" évoqué ci-dessus.

Ensuite, il faut expliquer que les deux bobines n'ont pas été montées pour avoir un son deux fois plus fort (même si dans les faits, les micros à double bobinages délivrent un plus fort niveau de sortie), mais pour chasser le "hum", grésillement caractéristique des bobines seules (d'où le nom hum-bucker).

Enfin, si ces micros sont puissants, ils ont contribué à l'évolution des styles rock jusqu'au hard-rock et métal, permettant d'atteindre des niveaux de distorsion assez élevés. Ils sont utilisés pour de nombreux sons saturés, et positionnés près du chevalet, souvent destinés au solo avec distorsion.

Il ne faut pas oublier, par contre, que ces micros humbucker n'ont pas non plus été limités à cette utilisation rock extrême : les guitaristes jazz affectionnent les guitares électriques demi-caisse dotées de micros à double bobinage pour des sons clairs pleins et riches en fréquences graves comme aigues.

Dans le choix d'une guitare, et compte tenu des possibilités offertes par les amplificateurs comme les modules d'effets, il est toujours possible d'obtenir grâce à une bonne égalisation, des sons clairs avec des humbuckers et des sons ultra-saturés avec des simples bobinages !

Mais afin de ne pas être limité dans l'utilisation des micros pour "construire" un son qui vous est cher, mieux vaut choisir la bonne configuration au moment de l'achat. Bien que les possibilités de remplacement existent (humbucker format simple bobinage, split des bobines), elles impactent une modification dont on aurait pu se passer au moment du choix.

Fixe ou mobile

Lors du premier achat, on ne sait pas vraiment. On a vu ou associé un mouvement à une variation sonore, mais globalement, on n'a pas précisément idée de la provenance particulière de ce son : vient-il des doigts, d'un effet, d'un mouvement du vibrato, d'un accessoire ?

Ah, ... oui, les guitares ont parfois une tige sur laquelle le mec appuie plus ou moins, c'est visuel, mais ça fait quoi ? Rien de plus que détendre les cordes et faire varier la hauteur d'une ou plusieurs notes. Comme s'il glissait ses doigts vers la tête du manche, alors ? Ok, mais alors, si on peut faire autrement, ce n'est pas indispensable, ça permet juste d'aller plus vite...

Telle pourrait-être animée la réflexion sur cette étrange chose qui, parfois, agrémente le corps de la guitare. Le vibrato apparait comme un accessoire relativement futile qui vient compliquer la fixation des cordes sur certaines guitares, et permettre des sons qui, pour débuter, ne semblent pas essentiels.

Battle's guitar

La Fender Stratocaster est la guitare la plus copiée au monde, elle dispose d'un vibrato et de trois micros à simple bobinage pour des sons cristallins et mordants.

Si la guitare n'en a pas, ce n'est pas plus mal ! Sauf que ça risque de limiter les possibilités si un jour j'en ai besoin. Mais après-tout, s'il y en a un, on n'est pas obligé de s'en servir... mais par contre, je risque de "galérer" pour monter de nouvelles cordes.

La présence d'un vibrato doit être considérée comme un plus pour bien des réglages, car les pontets individuels de ces dispositifs permettent un réglage en hauteur de chacune des cordes, donc apporter une précision au jeu. Et puis il y a bien l'effet produit par l'action sur la tige. En contrepartie, un vibrato standard ne ramène pas précisément la corde dans sa position d'origine et amène à un dés-accordage. Enfin, il faut gérer les ressorts à l'arrière du corps, régler des paramètres de tension et d'équilibre qui compliquent un peu le montage.

L'absence de vibrato apporte simplicité et stabilité. L'efficacité qui en ressort conduit, pour les plus doués, à tirer indépendamment sur une seule corde lors d'un bend, sans que le reste du chevalet ne soit entraîné (au pire, une seule corde se détend). En plus, la conduction directe des cordes favorise la vibration et la tenue de la note dans le temps (sustain). Enfin, des cordes plus grosses (pour un jeu plus grave) peuvent être montées sans aucune entrave.

Le choix d'une guitare avec ou sans vibrato est au début un réel dilemme. D'autant que la pose d'un bloc est une opération complexe, devant être réalisée par un spécialiste, engendrant un coût non négligeable, une défonce dans le corps de la guitare avec un fort risque de fragiliser un instrument d'entrée de gamme. Le confort d'une guitare sans vibrato devient un argument lorsque le guitariste souhaite alterner plusieurs accordages.

Aujourd'hui encore, il y a les adeptes du chevalet fixe et les inconditionnels du vibrato. Tout dépend du style de musique abordé, de la maîtrise de la technique induite par l'accessoire, ... Si l'on arrive à trouver des Stratocaster Fender sans bloc de trémolo, il est rare de trouver des Les Paul ou copies intégrant un vibrato, il faut opter pour une PRS assez différente, d'un point de vue sonore, des légendes Gibson.