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le traitement du son par les effets




Pour ce qui est de la guitare et de l'ampli, les choix ont beau être difficiles, on peut dire que les sujets ont été traités. Pour les câbles et accessoires, c'est une autre paire de manche, mais on ne peut pas "faire sans" même si ce choix va dépendre des modules qui vont être ajoutés entre la guitare et l'ampli, après l'ampli, dans la boucle de l'ampli...

En effet, si l'on choisit de jouer en direct dans l'ampli, parce que c'est un son plus brut qui est recherché (branchement "couillu"), ou bien alors c'est parce que l'ampli dispose de modules d'effets intégrés (c'est alors un cas particulier). Dans ce cas, un seul câble jack sera nécessaire. Par contre, chaque module inséré avant l'ampli nécessitera un câble de raccordement en plus de celui qui permet de raccorder la guitare (3 pédales = 4 câbles). Et dans le cas où l'on joue avec les inserts de la boucle d'effets, ce sera pareil de l'autre côté.

Mais le choix des effets n'est pas seulement contraint par la multiplicité des câbles. Même si cet argument prend de l'importance lorsque l'on cherche à obtenir le "gros son", puisque, plus il y a de câble (connectique et longueur, c'est pareil, plus il y en a), plus il y a de perte de signal, et donc plus le son est altéré, plus il y a d'interférences, et de bruits de fond.

Arrive alors l'argument sur la nécessité de jouer avec des effets. C'est vrai, ça devient assez stérile de jouer l'intro de "Voodoo Chile" sans wah-wah ou celle de "Another Brick In The Wall" sans compresseur. Donc, certains effets seront dans certains cas indispensables. D'autres, comme les réverbérations et delay se rajoutent très bien en table de mixage ou d'enregistrement, et donc semblent moins essentiels... Enfin, certains effets dont on ne perçoit pas bien le rendu sonore, peuvent sembler complètement inutiles jusqu'à ce que le besoin naisse, et le groupe (souvent de reprise) attend soudain un "son" que le set du guitariste est incapable de reproduire.

Là, les constructeurs et distributeurs ont bien travaillé et joué sur une faible éventualité pour rendre indispensable ce qui ne l'est pas. Et le marketing a travaillé main dans la main avec les évolutions technologiques pour produire des modules "tout-en-un" qui savent gérer une centaine (oui 100 !) d'effets... impossible d'être pris au dépourvu ! Et puis tout est dans un seul module, donc, plus de problèmes de câbles !

Evidemment, si le côté pratique est évident, le rendu sonore mérite quelques améliorations (mais a-t-on toujours besoin de la qualité ?), il a suffit d'un magnifique travail sur les chaînes de production pour aboutir un produit un module au prix excessivement bas, utilisant des technologies numériques de haut vol (produits hi-tech) pour finir par révolutionner le marché.

Le guitariste peu exigeant en matière sonore, le débutant, peut disposer d'une palette inutilisable d'effets pour moins de 150 € (produit neuf), ce qui le conforte et le rassure dans sa capacité à répondre à tous les besoins de son groupe, de son style musical de prédilection, de ... jeu. Et c'est vrai que si les sonorités de base que l'on attend plutôt du couple ampli-guitare (les sons clairs et distordus) sont souvent en retrait, la palette d'effets numériques basée sur les retards (delay, chorus, flanger) ou la hauteur des notes (harmoniseur et octaveur) est plutôt avantageuse et répondra à de nombreux besoins.

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Donc, une guitare, un ampli, un module numérique pour les retards et la hauteur des notes... C'est déjà beaucoup, et les besoins couverts sont proches de 100%, la qualité passant en seconde place, la variété et l'improbable besoin d'un "son" particulier est à présent rassasié.

Le guitariste repus va jouer avec les presets, va se risquer à programmer son module pour que les sons correspondent aux enchaînements dans la set-list et avancer (oui réellement avancer) dans sa progression musicale.

S'il est alors généralement satisfait de sa configuration, les constructeurs et leur service marketing ont bel et bien perdu leur affaire ! Mais ils disposent d'une arme de poids : l'innovation. Comme pour un ordinateur qui est archi-dépassé deux mois après son acquisition, un module multi-effet subit la même décote puisqu'il est basé sur les mêmes technologies que l'informatique.

Et c'est la "course à l'armement", avec la revente inévitable du module d'occasion (à la moitié de son prix d'achat, via Internet) pour réinvestir dans le module v1.2, présentant telle et telle évolution technologique (un looper, une boîte à rythme, une interface audio, l'émulation des amplis californiens produits entre 1928 et 1972, ...).

Disposer d'un module dépassé technologiquement est également la "méga-honte" du pauvre guitariste geek ou fashion victim. D'autant qu'en termes de marketing, c'est assez fort de créer le besoin sur des fonctionnalités qui, à la base, n'étaient même pas requises par l'utilisateur. Qui avait besoin d'un looper en 1990 ? Surtout dans un groupe avec 2 guitaristes ! Pourquoi avoir tout cassé juste pour une fonctionnalité, la boîte à rythmes que l'on utilisera seul, pour bosser, et qui, si elle était achetée séparément, aurait coûté aussi cher et aurait été de meilleure qualité ?

Ce n'est plus le besoin qui donne lieu à l'achat, mais le développement d'une fonctionnalité nouvelle qui va conduire l'acheteur potentiel à investir dans un nouveau module... Comme pour Windows ou l'iPhone !

Dans ce jeu de guerre marketing et course technologique, un argument sérieux n'est pas pris en compte. Comme un multi-effets sur une belle affiche de publicité sonne forcément mieux qu'un multi-effets sans propagande commerciale, les guitaristes les moins fortunés ont eu raison d'un argument jusque là avancé par les anarchistes pro du vintage : le son !

Plus d'autre influence que celle de l'impact de la reproduction sonore par les os de l'oreille que sont l'enclume et l'étrier, plus rien ne compte que la retransmission du tympan. Et là, les politiques commerciales des constructeurs et distributeurs ont dû s'adapter : la conception numérique de nos machines est ce qu'il y a de mieux sur la planète, mais le son prime sur le reste...

Et de développer un argumentaire sur ce qui est du son ou des sons prisés par la majorité des guitaristes connus qui n'utilisent pas les modules bon marché et amateurs qui en sont les principaux acquéreurs. Les ingénieurs se sont même accordés sur ce qui est un "bon son" qu'il est donc bien d'arriver à reproduire parce qu'il est recherché par beaucoup, opposé à ce qui est un "mauvais son" qui peut être bien pourri, mais tout aussi créatif et original, mais forcément peu prisé...

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Et c'est l'industrie du disque qui s'en est enfin mêlé, avec des contrats d'exclusivité, l'utilisation du nom de, l'allusion à une marque ou une autre, ... tout ce qui régit le monde industriel de la copie et de la propriété, car le son de Lennon sur ce morceau est privé, il appartient à Lennon, à Vox, à Gibson, à la maison de disque, ... peu importe, mais il n'est plus aussi simple d'appeler un chat un chat sans se faire taper sur les doigts... donc le coût des modules s'est vu augmenter des droits d'utilisation, de reproduction des marques et des grands noms de l'industrie de la musique (fabricants, titre d'un morceau, maison d'édition, ...).

Le pire, à mon sens, c'est que le nerf de la guerre n'a pas été de savoir si l'on pouvait ou non dire qu'on émulait un Marshall JTM45, mais plutôt si le rendu y ressemblait. Et dans l'affaire, il y a tant de combinatoires de réglages et d'utilisation de ce foutu ampli que pour certain (le guitariste geek ou fashion victim) la simple évocation suffit à dire : "je l'ai celui-là !", mais que pour d'autre, le Marshall proposé là ressemble plutôt à un Laney, et de dire :"pas très réaliste".

La qualité du rendu des ces multi-tout a sérieusement remué le marché, au point que des constructeurs poussent le vice à appeler leurs modèles HD (comme les télés) faute de mieux, même si dedans, le processeur ne sait pas faire mieux qu'un Marshall qui ressemble à un Laney ou un Vox... Et de la pluralité des effets produits par la machine, a été oubliée (alors qu'elle constituait jusqu'alors le principal argument qui me semblait intéressant), et ce bien sûr au détriment de la qualité sonore (lorsqu'on parle de pluralité, on parle des surnuméraires possibilités de combinaisons d'effets et non du rendu).

On en est arrivé à ce que les benches et bancs d'essais des magazines hyper corrompus par le monde de la distribution des instruments de musique comme celui de l'industrie du disque, distinguent un module d'un autre (ils adorent les classements !) par un critère d'exploitabilité tout autant subjectif que partial, puisque ce sont les oreilles de toute une rédaction qui jugent pour l'ensemble. Relayés par les forums où les caïds, à coups de langage sms, dissuadent d'acheter un module trop typé "jaz" parce que "l'autr cé tro dla bal" !

Comment s'y retrouver ?

Revenons-en, dans la démarche, aux fondamentaux sur deux questions : "de quoi a-t-on besoin ?" et "quel est mon seuil de tolérance ?" sous entendu budgétaire, qualitatif et surtout pas quantitatif.

Pour un débutant, mais aussi un guitariste qui sait ce qu'il veut, la réponse à la première question est simple. Le débutant se contentera d'un bon effet pour commencer, celui qui sait se dirigera vers des choix de manière orientée. Le besoin est généralement cerné. Cependant, si vous appartenez à l'une des deux catégories, faites l'exercice de lister la set-list des 15 morceaux que vous jouez le plus souvent en mettant en face les effets que vous pensez ou savez utiliser.

L'exercice risque de faire pleurer ceux qui sont tombés dans le piège des multi-effets à 100 sonorités distinctes, car dans 80 % des cas (les 15 morceaux résument bien cette proportion), des sonorités assez similaires se dégagent entre les morceaux : le besoin est finalement bien simple à formuler :

Un set de 10 effets tout au plus couvre 80% de vos besoins. Soit 1/10ième de ce que proposent les modules hyper sophistiqués.

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Autre test, le nombre de fois où le réglage du chorus est réutilisable dans un autre contexte : les utilisateurs de pédales sont nombreux et tous ne sont pas fous ! Régler un chorus pour un morceau ne rend pas nécessairement le chorus inexploitable pour un autre.

Et cet argument est d'autant meilleur que s'il faut entrer dans 4 menus pour obtenir la sauvegarde d'un effet disposant de 10 paramètres, alors qu'on veut juste lui demander de faire la même chose que celui du preset 38, ça fait cher le réglage, autant avoir une simple pédale. Surtout qu'il faudra réajuster les profondeurs d'un effet comme le chorus lorsqu'on jouera sur celui de l'autre gratteux, du clavier ou de la basse !

Enfin, reste la qualité. En numérique, le son clair est assez froid et le crunch ou la distorsion manque de dynamique. On a beau redresser à coups de compression et d'égalisation, on perd nécessairement en attaque, en sustain et en harmoniques, ce qui est très gênant. C'est le point faible des modules "tout-en-un" le traitement du grain du signal, et même si des progrès ont été réalisés, même si les fabricants ont bien voulu nous faire croire qu'un Marcshall sonnait comme ça (et puis c'est tout !), la reproduction est peu convaincante.

On lit et on entend des trucs : la disto reproduisant le Vox AC-30 en furie est pas mal au casque, mais dans mon ampli Frontman de Fender, ça ne sonne plus du tout pareil ! ... et je doute qu'en répétition, sur la sono, ça rende vraiment mieux (je n'ai pas pu tester dans ma chambre)...

D'autant que bien souvent, on est amené à adapter le gain au contexte (puissance des micros, larsen, type de guitare, ...) et que le réglage standard proposé en preset 19 ne convient forcément pas à la guitare, au guitariste, à l'ampli, à la disposition du groupe, ...

Cet élément vital dans le son qu'est la préamplification du signal (clair ou saturé) mérite de manière assez systématique, un module exploitable et séparé. À y mettre le prix, des modules dédiés à la préamplification existent et sont aussi critiques voire plus qu'un bon module de réverbération ou de delay.

Le coût freinera plus d'un, le format achèvera le travail de dissuasion des autres... le placement dans la chaîne du son deviendra une contrainte et remettra souvent en cause le reste de l'équipement. Et quand on y réfléchit bien, ces sons préamplifiés sont natifs sur les bons amplis... On aurait bien dû se méfier avant de faire un choix.

D'autant que disposer d'un module permettant de compléter et d'élargir le panel de sons offerts par l'ampli n'est pas une mince affaire. Le plus courant est de disposer de 2 canaux sur l'ampli (un boost serait opportun en utilisation live), et ces deux canaux peuvent déjà couvrir un grand et large choix de préamplification (finalement, il n'est pas si mal cet ampli !).

Il courant de disposer des deux canaux de la manière suivante : un clair et ... un saturé puisque distinctement les constructeurs offrent ça en standard depuis les années 1970. Mais dans clair et saturé, on y trouve pléthore de nuances qui sont à la fois liées au style abordé et aux sons à utiliser. Pour une bonne variété dans un contexte basique et standard de rock contemporain, sont souvent identifiés 3 catégories de son : le clair, l'overdrive et la distorsion.

Peu d'amplificateurs offrent un fuzz ou un métal grind d'entrée de jeu. C'est grâce aux autres paramètres, notamment l'égalisation, que ces approximations sont réalisées. Cependant, si la majorité des amplis disposent de 2 canaux et que le spectre sonore est réparti en 3 grandes catégories de sons, il manque nécessairement quelque chose.

Il est d'usage de laisser un canal pour les sons clairs qui seront éventuellement agrémentés d'un module complémentaire pour faire un léger crunch, par exemple avec une pédale d'overdrive au son doux et musical, comme la TubeScreamer. L'autre canal sera alors indépendamment réservé aux saturations, qui pourront être boostées avec la même pédale d'overdrive. Un ampli, deux canaux, une pédale overdrive et basta !

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Dans un autre contexte, on conserve toujours les deux canaux avec un clean et un drive, mais on complète avec une distorsion qui peut amener une ouverture vers plusieurs styles, notamment les plus saturés. Cependant, il est aussi bien d'utiliser une distorsion sur un canal saturé de l'ampli que sur un canal clair pour lequel elle a souvent été conçue.

Enfin, la combinatoire idéale OD + DIST entre la guitare et l'ampli semble permettre la couverture du riche éventail sonore du rock moderne... Et finalement satisfaire de nombreux guitaristes depuis des décennies, que ce soit sur 15 watts à transistors que sur un 100 watts à lampes ! Et si la configuration se veut efficace et polyvalente, les combinaisons obtenues se veulent bien plus exploitables que les émulations certes plus précises des multi-effets, et sans perdre ladite dynamique ni le sustain ou les harmoniques et tout ce qui constitue le côté positif du signal ainsi traité.

Alors il est marrant, le type nous dit qu'il faut un multi, qu'en direct dans l'ampli, c'est tout aussi bien (presque) et que disposer de deux pédales complémentaires, c'est encore mieux... Trente pages pour nous expliquer que plus on en a, mieux c'est !

Mais ce qui est vrai, c'est que si deux delays peuvent sonner de manière similaire, deux modèles de distorsion ou d'overdrive risquent fort de contraster en fonction des mêmes réglages. Si elles sont de technologie similaires (c'est vrai juste pour l'analogique, mais les pédales de disto le sont en grande majorité), deux pédales de distorsions de marques différentes (voire d'années de production différentes pour les plus pointilleux) peuvent proposer des résultats différents.

Même si les réglages (en général DRIVE, TONE et LEVEL) sont identiques, les seuils d'écrêtage, la course du seul filtre d'égalisation vont nécessairement différer. Le niveau de sortie également, d'un constructeur à l'autre, ce qui a pour impact son placement et son utilisation combinée à un canal plus ou moins "sale" de l'amplificateur.

Donc, oui, plus on en a plus on aura la variété, mais en dehors de ces considérations pléonasmiques et autres évidences à enfoncer les portes ouvertes, il faut surtout orienter son choix de manière à répondre au besoin. Ça peut être la complémentarité ou au contraire la continuité des sons de l'ampli, la variété des sons obtenus ou au contraire le fait de rester dans un même registre en accentuant certaines nuances, ...

La combinaison guitare et ampli donnant des résultats assez disparates, le fait de rajouter deux autres modules accroît en général ces possibilités. Ce qui est à double tranchant : certains réfractaires n'y voient pas là une richesse mais un obstacle ! En effet, ceux qui veulent un son qui sort des sentiers battus vont chercher l'opposé, le soleil ne brillant pas pour tout le monde de la même façon.

Je ne saurai vous conseiller d'essayer avant d'acheter, d'essayer dans les différentes configurations de jeu auxquelles vous faites habituellement face (travail, scène, répétition, concert, ...), ce qui est plus facile à dire qu'à faire. Toujours utiliser votre matos pour essayer, jamais un autre pour éviter les déconvenues (t'essaie sur Gibson/Marshall, et tu rentres retrouver Cort et Stagg). On peut commander par correspondance et retourner l'objet sous 7 jours, mais ce n'est pas hyper pratique (ni évident de rencontrer toutes ces conditions dans une période de 7 jours).

Vous pouvez aussi acheter instinctivement (et à l'aveuglette) et miser sur le fait qu'un constructeur sérieux proposera dans une même gamme des modules complémentaires... et essuyer les problématiques de raccordement dans un pedalboard comme l'emplacement des connexions d'entrée et de sortie, le format de la fiche d'alimentation sur câble secteur, la hauteur des stomp switches (important en utilisation live).

Enfin, le choix, s'il se porte sur deux modules, est déjà bien étoffé, car au-delà, c'est vous confronter à jouer des castagnettes lors de votre utilisation (activation / désactivation, ...). Par contre, rien ne vous interdit de constituer plusieurs sets et de jouer avec des A/B box...

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L'alternative serait donc bien de disposer du pendant des multi-effets pour les préamplifications, c'est-à-dire un module programmable et dédié permettant d'enregistrer et d'appeler plusieurs réglages de sons, comme le permet le Marshall JMP1, le Triaxis de Mesa Boogie ou d'autres modules moins connus de Rocktron par exemple. C'est la solution ultime intégrant un section de préamplification analogique (souvent à lampes) digne de ce nom, avec égalisation et réglage indépendant de plusieurs canaux virtuels. Ces modules coûteux (1500 à 2000 €) sont de plus pilotés par Midi avec un pédalier optionnel complémentaire et trouvent leur place chez les professionnels qui requièrent variété et efficacité.

Le choix moins coûteux de préampli indépendants comme le SansAmp Tri-AC, Hugues & Kettner Tubeman ou V-Twin de Mesa est rarement décevant même si l'investissement (500 €) reste assez élevé comparé aux simples pédales.

Pour définir le comportement et le choix des autres effets, il est bien de passer par la technique description du traitement de l'effet, comme le propose une section de ce site. Par contre, l'énoncé du rendu sonore (exercice difficile s'il en est) est tout aussi important.

Si l'on s'en réfère aux descriptions techniques que l'on trouve dans les documentations et autres manuels d'utilisation des constructeurs, les aléas de traduction ainsi que la précision des termes est bien souvent source d'embrouille que de clarté. On peut tout de même y trouver les deux "effets" que l'on vient d'évoquer (overdrive et distorsion) si tant est vous acceptez le fait de les considérer comme tels...

Wah : automatique ou manuelle, c'est une variation d'un filtre passe bande qui permet d'accentuer la bande de fréquence localisée (au pied ou via des réglages) juste avant de restituer le signal. L'effet de voyellisation Ou-A a donné son nom.

Overdrive : est entendu par ce terme le son de faible saturation assez classique que l'on trouve sur les premiers amplis à lampes lorsqu'ils sont poussés en volume. Cependant, la plage peut s'étendre d'un overdrive subtil et léger crunch jusqu'au type high gain pour des solos hurlants.

Distortion : la nature de la distortion, comparée à l'overdrive, est plus grasse et agressive avec légèrement moins de définition tonale et moins de dynamique. Elle permet de jouer des accords pleins et massifs et permet des solos fluides et compressés.

Compresseur : il permet de contrôler la dynamique d'un signal. Il peut être utilisé pour homogénéiser la dynamique d'un signal (pour obtenir un niveau identique sur chaque note d'un phrasé ou d'un arpège) mais aussi accroître de manière radicale et très reconnaissable certaines fréquences et enfin pour limiter la sortie sonore au-delà d'un certain seuil. Flatteur sur les sons clairs, il détache les notes d'un son saturé et augmente son sustain.

EQ : un égaliseur paramétrique à trois bandes équipe les préamplis pour apporter des corrections sur le spectre sonore de la guitare (de 20 Hz à 20 kHz avec les utilisations modernes des harmonisers).

Noise Gate : atténue le signal lorsque vous ne jouez pas. De cette façon, vous pouvez supprimer les bruits de souffle, de ronflement, que vous pourriez avoir en amont dans votre système (micros guitare, distorsion après laquelle on le place habituellement).

Phaser : l'effet de phasing électronique est créé en séparant le signal en deux voies. Une voie traite le signal avec un filtre qui préserve l'amplitude du signal d'origine mais en altère la phase. L'ampleur du changement de la phase dépend de la fréquence. Lorsque les signaux des deux voies sont mixés, les fréquences qui sont en opposition de phase vont s'annuler, créant le filtrage caractéristique d'un phaser. C'est l'effet de la sirène ou du klaxon d'un héhicule qui s'éloigne.

Tremolo : il offre une variation plus ou moins rapide du niveau de sortie du signal.

Panner : il déplace le signal dans le champ panoramique stéréo entre la gauche et la droite.

Chorus : consiste à partager en deux le trajet du signal et de moduler légèrement la hauteur de l'un des signaux, puis de les mélanger à nouveau.

Flanger : il appartient à la même "famille" d'effets de modulation que le Chorus. Le signal est divisé en deux et l'un des signaux est modulé en hauteur. Le son de "Flanger" apparaît lorsqu'une partie du signal est légèrement retardée et réinjectée (on joue alors sur la réinjection ou Feedback). C'est le bruit d'un jet au décollage.

Vibrato : il module la hauteur du signal (de la note), à la façon des chanteurs mais contrairement aux effets de Chorus ou de Flanger, le signal non traité n'est pas mélangé au signal traité.

Detune : il est un peu semblable au Chorus dans le sens où le signal source est divisé en deux et l'un de ces deux signaux est désaccordé d'une valeur réglable en portions d'un demi-ton. La différence principale entre l'effet de Detune et le Chorus réside dans le fait que le taux de désaccordage ne change pas : la hauteur de modulation est fixe par rapport à la hauteur du signal initial.

Whammy : il permet de contrôler la hauteur de la note transposée ajoutée à la note d'entrée avec une pédale d'expression.

Octaver : il ajoute une note transposée fixe d'une ou deux octaves au-dessus ou au-dessous de la note d'entrée.

Pitch Shifter : il offre un écart fixe en demi-ton par rapport à la note d'entrée. La plage maximum est de +/- une octave.

Pitch Shifter Intelligent : il comporte deux voix permettant de jouer des harmonies basées sur différentes gammes et dans n'importe quelle tonalité. Les voix peuvent se situer sur une échelle de 13 degrés de gamme plus bas à 13 degrés au dessus ce qui équivaut à plus ou moins une octave + une sixte diatonique.

Delay : il se décompose en plusieurs types :

Réverbérations : comme les delays, se décompose en plusieurs catégories :

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Les effets numériques ont pris le pas sur les analogiques beaucoup plus chers à réaliser, moins fiables mais souvent difficilement imitables. C'est vrai pour tous les effets pouvant être insérés après la préamplification, comme le chorus, le flanger, les delays et réverbs, mais faux pour le compresseur ou la wah-wah. La Whammy forcément numérique se place en début de chaîne. Le phaser comme la wah présentent pas mal d'avantages en amont de la disto, mais sont indépendamment analogiques ou numériques.

À ces exceptions près, il est commun d'insérer les effets numériques dans la FX loop de l'ampli. Produisant un simple petit souffle, leur action sera mieux maitrisée et mixée avec le signal de base. Les chorus, flanger et delays analogiques s'insèrent indépendamment dans la boucle ou entre la disto et l'ampli.

J'ai évoqué qu'il n'y a pas de règle précise dans le chaînage des effets, cependant, les tests amènent à des résultats bien plus probants que les séquences proposées de manière immuable dans les algorithmes des multi-effets.

L'égalisation, notamment apporte beaucoup en amont comme en aval de la distorsion. Disposer d'un module complémentaire à celui de l'ampli est un plus, notamment pour mettre en avant ou au contraire creuser certaines fréquences avant le drive. Celle de l'ampli permet généralement une correction plus globale, en fonction du volume sonore développé et du rendu des haut-parleurs.

La compression, en début au milieu ou en fin de chaîne, apporte des éléments assez différents au son, mais toujours d'un grand intérêt : en début de chaîne, les variations de l'attaque du médiator sont "lissées", au milieu, on donne du sustain à un son déjà saturé, en fin de chaine, on élimine parfois le larsen et les bruits parasites en limitant le signal.

Cependant, si le compresseur permet un rendu avantageux, il dénature le signal de base et les petites nuances de jeu qui ressortent avec beaucoup de feeling s'en verront supprimées. De même, permettre de détacher les notes engendre souvent un petit bruit de fond. Enfin, cette "simplification" du signal finit par le "dégraisser" plus qu'à le flatter.

Les multi-effets à modélisation dont les algorithmes reposent sur de puissants micro-processeurs, travaillent bien souvent sur des convertisseurs analogiques/numériques qui compressent le signal, le "simplifient" pour le transformer en temps réel en 0 et en 1, et ainsi le traiter plus rapidement. C'est souvent une source de pertes sonores évidentes et de génération de bruits (souffle) parasite.

Les distorsions numériques sont ainsi moins "musicales" et faussent souvent l'idée d'un son plus organique : en effet, toute sorte de guitare semble bien sonner au travers de ces fabuleuses boîtes plastiques, et si le rendu est avantageux pour les débutants en quête d'un "gros son immédiat", il l'est certes moins dès qu'il doit passer par un peu plus de puissance, les aigus sont vraiment moins définis en enregistrement et c'est un calvaire au mix...

Aujourd'hui, je reste réellement convaincu que l'analogique (lampes ou transistor) apportera satisfaction dans bien des cas de figure. Hormis pour jouer au casque, ce type d'équipement finira vraiment par lasser.

Enfin, les sons des multi-effets sont souvent très riches en effets complémentaires (chorus + réverbération + delay en plus de compresseur + disto + EQ, ...), et là encore, ce n'est pas parce que c'est "riche" que c'est "efficace", bien au contraire, plus le signal est proche du signal brut, plus il est simple à "travailler" et à faire évoluer...

Je finis par penser qu'un signal plusieurs fois convertit d'analogique au numérique (A/N) finit par perdre de son caractère, et pour ces raisons-là, je privilégie personnellement les modules analogiques (individuels comme les pédales) entre la guitare et l'ampli et ce malgré les contraintes de câblage, d'alimentation et de perte ou détérioration (buzz et bruits de fond) du signal.

Dans la boucle de l'ampli, par contre, le son est généralement mixé avec le signal d'entrée, et le numérique est, à mon sens, mieux géré pour les effets d'ambiance basés sur les répétitions (réverbs, chorus, delay ou flanger), et plus favorable au branchement d'un module numérique (souvent produit au format rack, sinon plusieurs pédales).

Enfin, certains modules de sol notamment qui offrent un "tout-en-un" disposent d'une connectique bien intelligente permettant le branchement par 4 câbles à l'ampli, avec un raccordement direct pour tous les traitements de préamplification, et un raccordement complémentaire FX pour l'insert dans la boucle de l'ampli. Là, ce sont alors seulement les distorsions qui déçoivent, mais la compression et l'égalisation numériques peuvent complètement être précédées ou suivies, voire intercalée d'une ou plusieurs pédales externes de distorsion.

Je sui donc devenu favorable aux modules dédiés, où la puissance de traitement ne se dispatche pas entre un chorus et une réverbération, donc au format pédale. De même, très rapidement, j'ai choisi d'un chaîner peu, 5 au maximum, avant d'attaquer l'ampli. Et si j'ai fait l'impasse sur les vibratos et tremolos, compresseur ou égaliseurs, c'est qu'ils ne sont pas caractéristiques des styles que je privilégie.

Dans mon set principal, il y a un overdrive, un chorus, un flanger et un delay. Je complète le tout avec l'ampli et sa distorsion, ou éventuellement une disto complémentaire... mais c'est tout, minimaliste, mais suffisant pour tirer de chacun des modules le maximum de possibilités tout en conservant un rendu plutôt personnel. Mais là encore, c'est mon choix !

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Le meilleur compromis n'existe pas, et bien souvent, c'est le prix qui va commander les orientations de configuration. Cependant aucun guitariste n'a envie de perdre la dynamique de son signal ou de se retrouver sans effet complémentaire.

La section peut vous aider à orienter le choix d'un produit qui vous correspond, avec comme ligne conductrice le fait de se forger sa propre opinion, et d'éviter de tomber dans le piège marketing et/ou publicitaire. Retenez que le meilleur des modules de préamp en rack offrira une grande versatilité au détriment d'un son de caractère...

Comment ne pas tomber dans un autre piège qu'est le vintage : tout mon argumentaire semble mettre en avant la conception analogique des effets qui peut paraître d'un autre temps, alors que les progrès technologiques poussent à vivre avec son temps.

C'est de plus un phénomène vintage, un avènement que de jouer des matériels qui ont plusieurs décennies, alors qu'ils sont souvent assez "bruyants" et présentent des problèmes d'alimentation ou même de combinatoire avec d'autres modules : essayez d'insérer une vieille Fuzz dans votre set tout numérique...

En plus, le by-pass qui permet de rendre transparent le signal lorsque le module est désactivé, n'était pas réellement la préoccupation des constructeurs dans années 1970 ou 1980... et de retrouver des souffles et craquements parasites du phaser (dont le boîtier semble en plomb tellement il est lourd) alors qu'il est désactivé.

Je ne suis pas pour l'effet vintage à proprement parler, mais à l'esprit de fabrication vintage, avec les avantages et défauts des sons d'époque, mais en retrouvant des raccordements 9 volts DC standards et de vrais interrupteurs d'activation, des transistors équivalents et plus modernes pour moins de souffle et des grains proches des modèles originaux. Du "reissue" plutôt que du "old".

Evidemment, ça "cadre" aussi complètement avec les sons qu'il m'est souhaité d'obtenir. Ce n'est pas pour à nouveau enfoncer une porte ouverte, mais retrouver l'esprit de l'époque au travers d'effets qui ont fait le son de cette époque, ça semble certes évident, mais encore faut-il réellement le souligner, puisque la tendance à l'émulation pousse à faire table rase de cet état d'esprit.

Je pense cependant qu'il y a des limites à la bêtise humaine, qu'un ampli vintage nécessite un certain entretien et qu'il présente une nette fragilité face à un ampli de conception identique mais plus moderne. De même, s'acharner à jouer avec une Telecaster disposant d'une corde de sol filée, de mécaniques approximatives et d'un chevalet "mouvant" qui empêche tout ajustement, c'est certes poétique, mais ça devient, pour ma part, rapidement inexploitable.

C'est pourquoi le fait de n'utiliser que des fuzz et boosters au germanium qui craquent au moindre tour de potentiomètre et qui s'enclenchent au pied de manière aléatoire en crachottant, c'est un emmerdement de plus à gérer, et je ne suis pas convaincu qu'il apporte in fine entière satisfaction.

Un peu comme enclencher la wah en permanence, ou compresser "aux taquets" tous les sons saturés, ça finit par lasser autant que les chorus des années 80 et les sons de "mouches" obtenus par le branchement des pédales d'overdrive en direct dans la table de la sono... Le vintage est bien, c'est réservé aux amateurs collectionneurs, mais pour les tacots comme pour les pédales d'effets, ça ne facilite pas l'utilisation, à moins d'adorer amener ses gosses à l'école ou faire les courses en authentique Taxi de la Marne de 1915 !