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bien essayer le matériel




Pourquoi essayer

Qu'il s'agisse d'une guitare, d'un ampli ou d'un effet, des conseils permettant de BIEN essayer le matériel sont toujours bons à prendre, et ce, que vous soyez débutant néophyte ou guitariste confirmé. Ils peuvent même être pris avec beaucoup de recul sans pour autant être partagés, juste pour étoffer votre propre jugement.

D'abord parce que la pratique de la guitare électrique, même à des fins de loisir, nécessite un lourd investissement financier et pédagogique. Ensuite parce que les modalités de distribution, le cours du dollar (monnaie des échanges internationaux), ... entrainent de fortes variation des prix. De plus les phénomènes de mode suscitent un engouement cyclique tellement important, qu'une grande masse de matériel s'achète neuf et se retrouve bradé sur le marché de l'occasion seulement quelques semaines après.

De ce fait, il en résulte une "base" de prix assez déroutante, dont les fluctuations sont liées à la fois à une grande compétition entre les magasins, les grossistes et même les points de vente par correspondance, mais également aux stockages de volumes de plus en plus importants, à la centralisation massive des stocks par les distributeurs et les importateurs et, surtout, par la production externalisée de beaucoup de matériel dans des pays où la main d'œuvre et les matières premières sont bradés.

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À cela, il s'agit de rajouter le marché de l'occasion (leboncoin, cashconverters) et de la vente aux enchères (eBay), et plus personne ne peut avoir en tête un simple prix sans aucune hésitation sur la provenance, ou la qualité de fabrication, voire l'état du bien convoité. Pire, les multiples moyens d'acheter combinés aux forums d'avis et d'essai de matériel compliquent considérablement l'existence de l'acheteur potentiel qui trouve des variations de prix allant très couramment du simple au triple.

Du haut des années, je ne peux que constater aujourd'hui combien mes premiers choix étaient dénués de réflexion, et particulièrement pour un ampli. Je me souviens avoir débuté sur un 30 watts à transistors (pas mal) avec un hp de 10 pouces, disposant de deux canaux et d'une seule égalisation commune et relativement peu efficace. Le modèle était beau, en bois (sans tollex) et le son était de plus très "plat", le clair étant particulièrement exploité avec une surprenante pédale d'overdrive dans un style blues rock (DOD Calssic Tube FX53).

Je recherchais alors la neutralité du son, sans réelle coloration, et très rapidement cet ampli d'entrée de gamme fut poussé à fond pour jouer avec un batteur, ce qui le fit saturer et conduit à la déception. Il fallut alors le remplacer par un plus puissant, de marque renommée dans le rock, un Marshall Valvestate 8080. Je ne me doutais pas que le canal saturé de ce Marshall apporterait alors une coloration qui m'orienterait vers un rock plus musclé : le bouton contour permettait de réellement creuser les fréquences médiums et de donner un son typé années 1980.

A cette époque (1989) je découvrais le hard-rock et le métal, et mon Marshall associé à mes deux copies japonaises (une copie Les Paul Studio et une Strat Blonde) permettait réellement de prendre une réelle orientation musicale bien ancrée aujourd'hui dans mes choix. Je ne sais pas, avec le recul, si, en optant pour une autre marque, un son moins "coloré" Marshall (énormément copié à l'époque), comme un ampli Peavey avec un canal clair qui ne saturait pas d'avantage par exemple, je n'aurais pas sombré dans une utilisation démesurée des pédales Boss et des effets émergeants (j'avais une wha, le reste était pour les friqués).

C'est, je pense, grâce à cet ampli pourtant copiant le son des modèles haut de gamme de la marque (JCM Marshall à l'époque), que j'ai pu contrôler des sonorités de Hendrix et de Page, et "rester" résolument rock, au lieu de sombrer dans l'excès Metallica et Megadeath vers lesquels tendaient les copains, en disposant d'amplis plus puissants et plus neutres boostés par les premières Boss DS-1 vendues dans la région (pas de VPC, pas d'Internet, pas de magasin de musique).

Mon set de matériel m'apportait alors complètement satisfaction, la configuration que j'entrevoyais donc idéale pour mon besoin de l'époque était composée d'une des deux guitares (pas d'A/B Box ! j'avais bricolé un Y qui ne fonctionnait pas bien) branchée en direct dans l'ampli Marshall hybride, et une wah Dunlop. Une vraie polyvalence, pas une toute numérique que l'on croit obtenir aujourd'hui, 2 guitares et un ampli : 1000 sons ! Tant le grain de ce Valvestate m'apportait une bonne réponse à mes problématiques de son... Des deux guitares, des deux canaux, du contour et de ma réverb, je commençais à écumer les petites scènes locales sans artifice ni fioriture, juste avec un son très brut et satisfaisant, ma foi !

Et quelle erreur je n'ai alors pas fait, influencé par les magazines, les nouveautés et autres effets de mode. J'ai revendu mes deux guitares (copies strat et lespaul) pour une bonne superstrat Aria qui n'a jamais pu offrir les sonorités aussi marquées que celles des deux copies. Si l'ampli avait constitué un super premier choix (chanceux ?), l'Aria montrait plus de puissance, un vibrato Floyd et une configuration de micros SSH polyvalente sans pour autant offrir le mordant de la copie strat et le moelleux de la copie lespaul... l'ampli offrant alors un son très (trop ?) root pour cette super guitare, je décidais de revendre mon ampli pour une seconde connerie : un tout premier module multi-effets Zoom qui, sur le papier, devait parfaitement s'allier à mon Aria.

Je me souviens même d'un choix d'un boîtier plastique japonais de 10 à 12 cm de côté conçu par Zoom, qui s'accrochait à la sangle de la guitare et pouvait être branché en console de mixage sans passer par un ampli, sans passer par un micro... J'en jouais au casque, je jouais avec un son ultra compressé et type "nid d'abeille" en façade de la sono, mais pour ce qui était d'identité sonore, les sons reproduits (on ne disait pas émulés à l'époque) ne ressortaient flatteusement qu'au casque. Je fus déçu de ces investissements.

Je décidais alors brutalement de revendre le tout et de miser sur une guitare d'occasion haut de gamme, l'actuelle Jem dont les micros PAF Pro de DiMarzio reprennaient les sononrités de la copie LesPaul et dont la lutherie de superstrat donnait des sons typés Fender. Puis, je craquais rapidement pour un bon 50 Watts à lampes de chez Laney chez qui je retrouvais le grain Marshall pour un peu moins cher qu'un JCM, et surtout qui donnait une dynamique que les tubes magnifiaient. J'ai donc fait l'erreur de tout revendre pour du moderne, car les copies des modèles d'anthologie sonnaient vraiment bien dans le Valvestate. Par la suite, du Laney trop puissant, j'ai basculé vers des amplis robustes en deux corps pour la scène et de petits amplis à lampes pour le studio... qui m'entourent depuis plusieurs années maintenant que j'ai "trouvé".

Je me suis aussi planté lorsque je suis passé de la rythmique/chant au solo (je jouais seul guitariste dans un groupe avec batterie, clavier, basse et chanteur). Pour plus de présence et parce que j'avais laissé le chant, je me retrouvais un peu sec avec le set Jem + Laney et j'investis dans un pedalboard Boss composé de compresseur, disto, chorus, delay, reverb et une modulation phaser ou flanger, je ne sais plus. Puis, encore attiré par les évolutions technologiques et les publicités, j'ai revendu les pédales pour un module Boss numérique GX700 qui n'a pas rempli son rôle, offrant de trop nombreuses sonorités mais un rendu bien plus approximatif, et impersonnel (je n'avais plus mon son).

J'ai donc revendu mon rack Boss Numérique pour investir dans des modules individuels, des pédales assez anciennes mais qui me permettaient de développer un son identitaire bien plus satisfaisant, même s'il semblait plus difficile à manier pour reproduire les sons des morceaux utilisés pour les reprises du groupe. Pourtant, j'y arrivais, et mes échanges avec d'autres guitaristes ont toujours attesté de mon souci pour le son, certains avouant même que j'avais un bon gros son à moi. Si ce n'est pour les amplis puissants devenus inutiles avec le temps, le set est resté dans la philosophie le même depuis plus de 10 ans maintenant, évoluant avec des nouveautés mais gravitant autour de préoccupations identiques (et saines) : la qualité du son.

C'est finalement sans trop d'adjonction d'effets, mais avec pas mal de modules de distorsions que j'ai mené ma quête du Saint Graal, dans de petits comme de gros amplis, sur de belles scènes comme dans le plus petit des confinements. Pour avoir trouvé un idéal dans la guitare, mes pérégrinations sonores restent tournées vers un son UK médium, dynamique en aigus, riche en basses et pouvant être délivré à bas volume (impossible d'obtenir d'un JCM 800 de sonner correctement ou plutôt musicalement sans le pousser au trois quarts de la course).

Je sais déjà qu'une bonne Strat HSS et qu'un bon Marshall combiné à un delay analogique seraient des alliés définitifs si je reprenais la scène, mais je sais aussi qu'aujourd'hui, le couple Jem + Classe A 5 watts semble suffisant pour mon besoin (je sais le mesurer et ne plus succomber aux sirénes de la nouveaté). Resteraient une wah et un Floyd pour compléter la panoplie de Zorro, et me satisfaire dans la pluralité des cas. Je constate que mes pairs retiendraient plus vraisemblablement des guitares avec de gros micros à fort niveau de sortie, des amplificateurs plus neutres pour y brancher leur POD, et que les fioritures ou effets ne posent pas de problème puisqu'ils sont intégrés, ... et que leur set de rêve ne me fait pas du tout envie !

Ma folie sonore a donc été "mesurée" ou plutôt "tempérée" par de multiples essais et déceptions, mais dans un objectif constant, but ultime même, celui de disposer d'une bonne guitare polyvalente (avec un simple côté manche ou centre et un humbucker en position bridge), disposer d'un bon boost/overdrive et d'un ampli respectant la dynamique et la bosse médium d'un Marshall. Le reste n'est que littérature...

Certains préamplis à lampes m'ont donné même satisfaction dans des petits amplis à transistors (les seuls qui m'aient permis de travailler en appartement avant l'avènement des 5 watts à lampes) et ma fascination pour le grain du son de guitare n'a semblé ne plus avoir de limite. J'aurais très tôt pris le virage numérique (Korg, Boss, Digitech et Zoom furent les premiers dans les années 1990), je n'aurai sûrement pas développé cet amour sans borne pour le grain des saturations analogiques.

C'est donc par de multiples déceptions que j'ai su clairement identifier ce que je recherche et ce que je ne cherche pas. En évoluant encore d'avantage, j'ai retenu ces équipements qui me permettaient de disposer de beaucoup de grain, de ce son médium, et de cette dynamique. Et rapidement, les boîtiers d'émulations se sont montrés très limités sur la reproduction de ces sonorités particulières jusqu'à la fin des années 2000 où les multiples évolutions de PODs et de V-Amp ont permis d'approcher de manière réaliste les sons recherchés d'origine (j'ai possédé ces multi-effets et j'ai heureusement revendu tous ces boîtiers numériques pour lesquels je ne peux que constater ma surprise dans le rendu sonore, mais pour lesquels il faut beaucoup programmer. A l'exception de deux gadgets Korg, je n'ai plus ce type de matériel chez moi).

Même après plusieurs années de pratique et de nombreux essais pour me conforter dans le son qui me correspond, je fais le constat que j'ai particulièrement été influençable, j'ai souvent été étonné par les progrès réalisés par les constructeurs, le rendu sonore des matériels de plus en plus performants, mais je sais aussi de ne pas avoir besoin du dernier cri pour obtenir un son, et que je n'arrive vraiment à trouver satisfaction que dans d'anciens réglages, de vieux traitements, ... le module le plus moderne en ma possession est un Korg AX3000G que je trouve dans l'esprit d'un cumul de pédales, ou un Korg Pandora Mini qui ne sert que pour le jeu nomade, ou pour donner un son tout prêt tel que je l'entends.

En préservant le bon vieil adage selon lequel "les conseilleurs ne sont pas les payeurs", il devient difficile de se référer au bon son de cloche lorsqu'on n'y connaît pas grand-chose, et de se méfier des aprioris qui hantent beaucoup d'esprits susceptibles de conseiller sans être constructif : j'exagère volontiers d'un abus de langage en proposant un autre bon mot, adage parallèle selon lequel "les connaisseurs ne sont pas les conseilleurs".

Si j'avais pu écouter quelqu'un dans des conseils analogues, je ne sais pas si j'aurais été attentif à son propos. Je crois que j'aurais attendu poliment qu'il termine son histoire en pensant que tous ces changements ne me seraient jamais arrivés. Pourtant, j'en ai laissé du pognon à revendre du matos pour en avoir d'autre (mieux ou moins bien). Je reste convaincu que ces "mouvements", qui ont un impact financier certain, sont aussi autant d'expériences qu'il faut avoir vécues pour "comprendre" dans la douleur que les choix sont bien trop souvent trop impulsifs et trop irréfléchis. J'aurais pu revenir à deux bonnes guitares et un seul ampli, mais les erreurs m'ont amené à trouver des solutions différentes mais non dénuées de sens. Vous verrez, vous qui me lisez : vous aussi passerez par là avec plus ou moins de succès, de violences et de regrets.

Premier achat

Je ne fais pas de grand distinguo entre le premier achat et l'achat orienté qui vient juste après, dans les mois qui suivent le premier achat. En effet, au début, on s'oriente par mimétisme : c'est la même guitare que celle de mon guitariste préféré, le même ampli que celui de mon prof de musique, l'effet que blop77 a recommandé dans forum.guitarshmurtz.fr !

Six mois plus tard, c'est plus le "néo-punk-californien" mais le "ska-ragga-métal" qui inspire la même personne, avec un énorme besoin d'un gros et puissant double bobinage en position chevalet (notez que le besoin est quand même d'une autre nature, même s'il n'est pas nécessairement adapté au style pressenti).

Des demandes de ce type, j'en ai des dizaines par mail, et le constat est le même, que mon conseil soit écouté ou non par mon interlocuteur, c'est autant difficile pour moi que pour lui de cerner le besoin (ou l'envie) que de le "tempérer" par des arguments sur la nécessité et la sacro-sainte polyvalence ! On se rabat bien souvent sur les limites de l'enveloppe budgétaire, en privilégiant difficilement une solution par rapport à une autre.

Pour un premier achat, on ne demande pas grand-chose à sa guitare :

Pour un premier achat, je recommanderais plusieurs choses, évidemment à contre-courant des préoccupations normales d'un néophyte. Tout d'abord le look ravageur de l'instrument qui doit impérativement plaire car il est très désagréable de jouer un instrument que l'on n'apprécie pas visuellement, ou même dans ses mains, au toucher.

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Cependant j'alerte sur les formes qui sortent du standard, car elles ne permettent pas de trouver un instrument bien équilibré. Les formes de Stratocaster ou de LesPaul (qui sont les plus courantes) sont éprouvées, et même si elles ne donnent pas de réelle personnalité ou plutôt forcent à faire un rapprochement avec des guitaristes aux styles si éloignés du style recherché... elles permettent de jouer assis (ce qui est le plus souvent la position de l'apprenant et du néophyte).

Pensez avant tout aux détails qui semblent insignifiants :

D'une manière générale, les kits destinés aux débutants sont bien faits à quelques détails près... Ils proposent des instruments d'entrée de gamme (pas forcément des premiers prix d'ailleurs) avec un bon équipement et un packaging qui accompagne bien le débutant. En plus ils sont vraiment orientés polyvalence et permettent de coller à plusieurs styles musicaux (évidemment pas tous !) dans un contexte d'étude ou d'apprentissage de l'instrument. Si les amplis sont faiblards, ils sont très pratiques, et suffisants, même s'ils ne comportent aucun effet.

À contrario, je déconseille ces kits aux musiciens expérimentés qui souhaitent par exemple acquérir un kit de basse en complément de leur set guitare électrique (constitué au bout de 8 ans) alors qu'ils ont été frottés à l'instrument de 4 cordes lorsqu'ils étaient un peu plus jeunes... La déception se fera sentir, car le niveau d'exigence des kits satisfera les débutants mais en aucun cas quelqu'un qui attendra de la rondeur ou de la définition dans le son.

À ne pas faire :

Pour les achats suivants ...

On se rend compte que c'est déjà plus complet que les simples éléments liés au look et au coût. On est très loin des préoccupations qui seraient essentielles si l'on avait quelques mois de pratique supplémentaire : on recherche alors bien souvent le son, la puissance, le confort de jeu, ... Par contre, même si l'on sait un peu mieux ce que l'on veut, on ne sait pas toujours le trouver là où il le faut.

En effet, après le premier achat, les critères sont différents, les styles plus "affirmés" et l'assurance dans le fait de doubler l'investissement parce que cette nouvelle passion plait particulièrement ont fait qu'on attend d'avantage d'un modèle dont on a fixé par avance les limites budgétaires (au lieu de "la moins chère"...) et pour lequel on a encore plus d'a priori sonores.

Il subsiste une "variante" consistant, en se plantant lamentablement, à acheter un micro qui apporterait meilleure satisfaction, du moins sur le papier... Équiper sa toute première guitare premier prix d'un micro plus puissant ou destiné à un style de son particulier, peut engendrer une forte déception... Les micros ne se remplacent en général qu'en cas de casse, puisqu'il ne font que retranscrire un signal issu d'un champ magnétique.

Leur rendu dépend directement des bois de la guitare, du manche et de la vibration de la note... Autant dire qu'une bonne lutherie donnera de bons résultats avec de nouveaux micros (ce qui explique que de bonnes Telecaster, guitares pourtant typées blues et rock, puissent sonner très bien avec des micros typés métal, comme pour John 5), mais que ce ne sera pas le cas avec un instrument premier prix à 200 € équipé d'un excellent micro DiMarzio ou Seymour Duncan.

Déjà parce que les spécifications techniques sont assez relatives : Basses 6 - Médiums 5 - Aigus 5, ce n'est QUE pour comparer avec Basses 4 - Médiums 5 - Aigus 6, c'est tout, et il faudrait réellement connaître les caractéristiques de l'ancien micro pour espérer avoir un élément de comparaison. Ensuite, les rendus des nouveaux sont des arguments de vente, et les constructeurs comme les commerçants savent très bien qu'il faut faire une opération de bricolage assez délicate (abordable, tout de même !) pour remplacer un micro, et que le retour arrière ne sera quasiment jamais envisagé.

Enfin, parce que de manière très relative, l'investissement de prés de 80 € pour modifier (attention, c'est un souhait, pas une réalité) le son d'un guitare qui en vallait (elle est d'occasion maintenant) 200 € lors de son acquisition, c'est de la "PURE FOLIE" quand on y repense bien calmement... Combien pensent sérieusement ressembler à un acteur célèbre juste en achetant la même veste ?

Ce type d'opération est en définitive assez décevante, et si l'on s'est fait un petit plaisir en montant le micro dont notre guitare heroe préféré, il faut aussi bien "s'avouer" intérieurement que le remplacement n'a servi à pas grand chose, et que le résultat escompté n'est pas au rendez-vous ! On remplace un micro parce qu'il a cassé, c'est normal, mais sur une guitare à moins de 600 € on apprend à tempérer son propos, à moins d'avoir les oreilles bouchées, ce qui peut être con pour un musicien en herbe... (là, normalement, tous les constructeurs de micros et les distributeurs me plantent chacun un couteau dans le dos).

Revenons au second achat qui consiste à acheter une autre guitare, mieux, elle aussi, et en tout point, sur le papier du moins... Faut-il conserver sa toute première guitare sachant qu'on lui préfèrera la nouvelle ? Beaucoup par nostalgie conservent cette toute première guitare et l'utilisent comme "seconde guitare" ou guitare de secours (chez mémé, en cas de besoin, pour prêt, ...). Si vous n'avez aucun scrupule à la revendre, qui plus est auprès de l'enseigne qui vous a vendu la toute première (achat en magasin), n'hésitez pas à négocier une bonne valeur de reprise, ça permet de réinjecter le montant de la reprise dans la facture globale...

C'est là que les choses sérieuses qu'on ne pouvait pas soupçonner au tout début, commencent... Mais d'ailleurs, essaie-t-on un instrument avec pour finalité de l'acheter ? Si la réponse ne fait aucune ambiguïté pour les vendeurs dès que la porte de la boutique a été poussée, ça n'est pas moins une évidence : personnellement, je vais essayer du matériel par plaisir... et ça crée quelques déconvenues dans les boutiques qui ne le soupçonnent pas.

Et d'abord, faut-il impérativement essayer un instrument ? La réponse est OUI pour un instrument, même si personnellement, dans la majorité des cas j'essaie autre chose qu'un instrument dans des boutiques pour, par la suite, acheter au meilleur prix, soit ailleurs, soit par correspondance. Pour tout ce qui est accessoire, effet ou électronique, Internet propose de loin les meilleurs stocks et les meilleurs prix. Pour ce qui est guitare ou ampli (surtout à lampes), je préfère repartir avec sous le bras pour une simple raison : deux guitares fabriquées dans une même série, une même année, ne sonneront pas vraiment de manière identique. Comme s'il fallait "sentir" l'instrument avant de l'adopter.

Ensuite, pour une guitare ou un ampli, c'est la fragilité du matériel acheté et la qualité du conditionnement qui me donnent quelque a priori, mais là encore c'est très discutable et la qualité du conditionnement et du transport, voire les délais de livraison se sont considérablement améliorés.

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Une fois ces questions matérielles posées, l'essai d'un instrument est vraiment caractéristique selon les lieux et la relation de confiance que l'on a avec son revendeur... J'ai rencontré des contextes de vente où le vendeur, par peur ou consigne du responsable du magasin, ne laissait pas toucher la moindre partie de l'instrument à l'acheteur (potentiel...) : globalement, c'est comme pour acheter une bagnole, vous ne partez pas l'essayer si vous n'inspirez pas confiance au concessionnaire...

Je me demande, dans un cas pareil, comment l'acheteur peut repartir convaincu par un instrument joué par un autre... Si c'est le cas, je change de boutique ou je fais part de mon souhait de pouvoir essayer l'instrument que je compte acheter (mais peut-être pas là...). C'est comme si je me procurais par Internet du matériel que je n'ai pu essayer, juste parce que les mérites m'ont été vantés par une pub, un billet dans un blog, un forum ou même un artiste.

Je répète que par contre, c'est tout à fait possible pour une housse, un accordeur ou des cordes. Mais je ne vais pas quand même pour autant acheter les yeux fermés la première pédale d'effet venue. Je veux me contenter de l'entendre sonner live, parce qu'elle est jouée par un copain, ou parce qu'elle a présenté quelques caractéristiques en boutique...

Comment essaye-t-on une guitare ?

La chose essentielle dans l'essai d'une guitare électrique solidbody, c'est le rendu sonore. De par sa conception et par sa lutherie, 60% de ce rendu provient du manche. C'est donc logiquement par là que je recommande mon observation et que j'aiguise mes critères sélectifs avant de démarrer concrètement l'essai de la guitare...

D'abord et avant toute autres chose, un manche doit être agréable au toucher, bien fini, et si possible bien réglé ... c'est sur ces éléments qu'il va donner ou non l'envie de jouer. Je connais un temps pas si lointain où les Fender sortaient d'usine avec un réglage à parfaire qui déroutait considérablement les acheteurs potentiels. À l'époque (90'), dans un marché inondé de guitares aux manches plats, les Strato et Tele présentaient un profil rond et au radius plus prononcé, assez épais en définitive, et beaucoup ont abandonné la quête du Graal pour ces simples "détails". Pour ce qui est de Gibson, le confort est différent, c'est surtout le son et la sensation qui prédomine, et l'on tombe vite "amoureux" de ces guitares pourtant hors de prix, mais si exceptionnelles.

Beaucoup en "reviennent", dans le sens où leur première guitare était une Strat ou plutôt une bonne copie de Strat et que vers 40 balais, ils vont rechercher le son précis de cet instrument de légende en craquant pour une belle de la marque originale (Mexicaine ou Américaine). Ou alors, ils ont aimé la chaleur d'un manche collé, la rondeur et le velouté des micros doubles et le sustain est un élément qui leur "parle"... et ils "craquent" 2000 € (au bas mot) pour la marque des géants.

C'est justement les spécificités de ces manches qu'il est bon d'observer, pour ces raisons en particulier :

Tous ces points vont être pris en compte, en ajoutant des critères plus personnels comme :

Enfin, il est bon de noter, pour ceux qui ne passent pas volontairement par l'étape essai en magasin auront des indications assez peu précises sur le profil du "dos" du manche, puisqu'elles sont subjectivement mises en rapport avec une lettre de l'alphabet. Imaginez le manche détaché du corps, en coupe verticale, mesuré au niveau de la 1ère frette :

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Scale/Length 648mm/25.5" a: Width at Nut 43mm b: Width Last Fret 56mm c: Thickness 1st Fret 19mm d: Thickness 12th Fret 21mm Radius 430

Les autres points venant après la qualité du manche sont souvent en concurrence sur l'échelle des préférences : faut-il regarder l'électronique, le corps ou l'accastillage avec les mêmes niveaux d'exigence ?

Je pense que les conseils sur les formes du corps importent peu : d'abord parce que beaucoup de guitares s'inspirent à présent des formes standards et que toutes les originalités rencontrées feront l'objet d'une prise de décision avec un tout autre niveau d'importance lors d'un second ou 3ième achat...

Un guitariste qui va opter pour une forme de type Flying V sait qu'il est condamné :

Cependant, dans les critères d'attention sur le corps, il faut examiner plusieurs points, dont notamment :

L'accastillage vient ensuite, à mon sens, dans la mesure où l'électronique est interchangeable facilement. Les points à vérifier impérativement sont les suivants :

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L'électronique est bien souvent un critère de choix dans une guitare : elle conditionne la manière dont le son est retransmis, mais en contrepartie, on trouve encore :

Avant, il fallait pratiquer des défonces dans le corps et la table pour y loger un double bobinage, aller chez un luthier pour loger un compartiment de pile dans le montage de micros actifs, ... maintenant, on trouve même de respectables lutheries (typiquement Epiphones) et des kits électroniques de remplacement qui sont pratiquement dédiés, comme s'il était devenu tellement courant de procéder à une modification de l'électronique sur les modèles (des copies) guitares standards. Les distributeurs (Thomann en tête) n'hésitent pas à conseiller un achat combiné d'un kit de micro de remplacement proposé en promotion pour tout achat d'un instrument neuf, copie d'une guitare de légende. Un comble !

Le test des micros passe par l'utilisation de l'instrument dans différents contextes :

Lors d'un essai, il faut tester les switches et potentiomètres :

J'ai des détails insignifiants qu'il m'amuse de mettre en avant pour évoquer mon refus d'acheter le matériel essayé :

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Tous ces points de détail sont pourtant importants dès lors qu'il s'agisse de l'investissement d'une somme assez lourde dans un instrument qui va vous suivre plusieurs années... Il est dommage de savoir que la guitare est à re-câbler juste après l'achat juste parce que l'isolation des parties électroniques semble inexistante ou à améliorer, ce qui me permet de négocier une éventuelle remise (impossible à argumenter lors d'un achat en ligne).

L'essai d'une guitare, c'est à minima 15 minutes avec une sangle et un médiator sur un ampli standard avec une égalisation neutre. Ça commence par le jeu à vide qui indique si la guitare est susceptible de donner de bonnes harmoniques une fois branchée. Le son doit être brillant (même si ça dépend de l'état des cordes) et puissant, ce qui est un bon signe. Mais des guitares peuvent sonner à vide et ne rien donner une fois branchées... ou inversement.

Ensuite, il est bon de se balader un peu partout sur le manche, éprouver quelques "tirés" pour vérifier la tenue de l'accordage et surtout constater l'écart entre la guitare proposée en magasin et le temps de réglage nécessaire pour avoir sous les doigts un instrument jouable. N'hésitez pas à produire quelques "démanchés" spectaculaires, on va vous prendre pour un frimeur, mais il est impératif que le manche ne laisse aucune écharde dans vos fragiles mimine, ni même qu'il se mette à fumer dès que vous jouez au-delà de 90 bpm à la noire !

Demandez éventuellement une clé allen pour proposer de vous lancer dans un ajustement d'intonation, juste là, pour voir : les usines à gaz sont assez vite repérées, en général ! En fonction de la tête du vendeur, vous pourrez également aviser de vous lancer là-dedans ou de confier le moindre réglage à un luthier. S'il refuse, prétextez justement que vous ne souhaitez pas d'un instrument qui parte "au garage" ou "chez le docteur" après chaque répétition et évidemment juste après être sorti de la boutique !

Sur un canal clair, observez le comportement de l'électronique sur toutes les positions du switch, en accords simples (ouverts ou barrés) et dans toutes les combinaisons offertes par les 2 ou 3 potentiomètres. Aucun manquement de retranscription de certaines fréquences ne doit manquer de puissance, de définition. Aucun micro ne doit se montrer trop faiblard dans une position plus que dans une autre, sans en contrepartie apporter un petit plus au son. Quelques phrasés "veloutés" et jazzy (micro manche et potard de tonalité à 0) seront bienvenus en milieu de manche.

Pensez que même si un micro se règle en hauteur et que les plots doivent être ajustés, la présence de film plastique de protection sur un modèle neuf va vous contraindre à ne pas envisager de modification... insistez, vous ne risquez rien ! De même demandez un jack sur lequel personne n'a marché, que le chien n'a pas mordillé ou qui n'est pas resté prisonnier entre le stand et le claviers durant tout un week-end !

Evidemment, si c'est possible, essayez sur un ampli se rapprochant du votre : technologie, puissance, diamètre et nombre de haut-parleurs, égalisation, étage de préamplification conçu sur les mêmes philosophies d'étage de niveaux de gain). Le tout est de retrouver un réglage qui vous est cher, à des fins de comparaison du comportement de la guitare.

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Si possible, n'insérez pas d'autre effet entre la guitare et l'ampli. Parfois, la connexion se fait au travers de branchements complexes qui pourraient dénaturer le son. En contrepartie, en fonction des niveaux de sortie, le rendu de certaines distorsions ou wha-wha est radicalement différent. Gardez à l'esprit qu'il est souvent préférable sur un nouvel instrument de disposer d'une meilleure définition sur une plus grande plage de fréquences du spectre sonore, que d'une puissance accrue en niveau de sortie (pouvant être obtenue par une préamplification un peu plus soutenue).

Le fait de trouver l'instrument agréable (au jeu, pas à la vue, je considère que l'évolution de l'appréciation visuelle de l'instrument est sujette à de multiples variations en fonction des époques...) est primordial : il faut se projeter en train de jouer cet instrument dans de nombreuses situations de travail de l'instrument, de répétition et même de scène...

Je ne sais pas si j'aurais pu oser la Frankenstrat de Van Halen avec des fils qui pendent de partout et du ruban adhésif pour masquer les défonces et ... donner un semblant de style au tout ! A l'époque, il n'existait peut-être pas les mêmes alternatives qui sont rencontrées aujourd'hui. On arrive même à décliner des modèles jusqu'à se rapprocher très fortement d'un modèle opposé pour conserver une "signature" (la Strat Richie Sambora ressemblait vraiment à une Jackson) ... cependant, le fait de "tomber" dans ces excès est particulièrement peu courant...

Attention cependant au piège du modèle signature : s'il en existe de parfaitement "jouables" dans des contextes éloignés de celui du Guitar Heroe qui a parafé, d'autres instruments sont assez singuliers : la signature Jeff Beck des années 90' était une excellente guitare du Custom Shop de chez Fender qui présente la particularité d'un manche assez large qu'il est difficile d'apprivoiser...

De même, quelques guitares comme des demi-caisses ou des Telecaster qui ont fait l'objet de "revisites" par des punks plus ou moins célèbres conservent leur particularisme sonore qui est finalement assez éloigné du modèle de base et vont conduire à des sonorités bien particulières, inexploitables en dehors du contexte sonore de l'artiste signataire...

D'une manière générale et notamment pour les matériels récents, les magazines, les forums regorgent d'informations, de banc d'essai qui vont proposer des avis plus ou moins constructifs sur les instruments, avis qu'il est toujours intéressant de lire pour compléter le sien. Attention, une guitare trop "encensée", peut rapidement être le fruit d'un "gros chèque" d'un distributeur qui a conduit à ce que l'avis ou l'essai manque d'objectivité !

Il n'y a pas si longtemps, tout le monde criait que Line6 révolutionnait la guitare à coup de pub et de bancs d'essais massifs dans tous les médias, parce que le distributeur européen faisait super-bien son boulot... au même moment Behringer faisait aussi bien pour moins cher sans rencontrer la même "révolution", tout simplement parce que leur communication n'était pas aussi financée.

Dans le cas d'un achat d'instrument il faut rester vigilant : ce n'est pas parce qu'un instrument est neuf qu'il est garanti, le service après vente peut très bien laisser à désirer, bien au contraire. Mais il faut également imaginer que l'instrument acheté n'est pas systématiquement un instrument neuf mais qu'il peut aussi être d'occasion : là, pour le coup, les avis sur les forums des différents utilisateurs et possesseurs des instruments (la section User's Review de Harmony Central est une mine d'information) vont mettre en avant la faiblesse d'une partie de la guitare, les avantages d'un réglage en particulier...

Dans tous les cas, exigez le maximum d'un instrument d'occasion dont le prix est souvent mal apprécié par son revendeur parce que comparé au même instrument mais neuf, pour lequel s'applique une dépréciation (ou une inflation) construite sur des règles approximatives. Pour des modèles vintage haut de gamme, les conseils d'achats s'appliquant à une Fender Strat série L ou une Gibson E335 des années 60 ou 70 sont encore différent, mais je doute que les futurs acquéreurs ne trainent sur cette page...

Essai d'un ampli

Pour ce qui est d'un ampli, les choses sont déjà bien moins intimes que pour une guitare. Déjà parce qu'il n'est pas tenu en main mais posé près du musicien, il n'existe pas de problématique de "confort de jeu". Cependant, il y a des signes qui ne trompent pas, c'est la réaction de l'ampli au signal que vous lui injectez, ... et là, c'est un domaine qui n'est concevable qu'en mesurant le comportement de l'ampli avec votre propre guitare gentiment transportée chez le marchand...

En effet, comment imaginer pouvoir mesurer l'adéquation d'un tel appareil sans l'essayer avec sa propre guitare, en jouant son propre coup de médiator... On peut certes faire avec un modèle équivalent, ou qui s'en rapproche, et disponible en magasin, mais c'est un sacré coup de pot que de trouver une telle opportunité... Et puis un ampli à cette même caractéristique qu'une guitare : deux matériels d'une même série peuvent avoir des comportements assez différents, un peu comme si les lampes étaient "capricieuses"... Il faut cependant chercher la petite bête, mais des différences existent.

S'il est possible et assez courant d'essayer de nombreuses guitares, il apparaît moins évident (en tout cas pour un néophyte) d'essayer plusieurs amplis : le changement d'ampli est intimement lié au besoin de puissance pour le débutant qui ne possède en général que d'un 10 ou 15 watts... Et c'est bien là l'erreur, le remplacement va s'opérer comme pour le choix de la première guitare, avec juste un critère supplémentaire à celui du prix : la puissance.

Mais il existe aussi le changement instigué par le désir de posséder un "tout-en-un" intégrant dans un ampli multi-effets et émulations en plus d'un dispositif d'amplification du signal assez banal (équivalent à une amplification pour autoradio) dans un piètre haut-parleur, au prétexte d'une grande polyvalence et d'une jouabilité multi-styles, multi-contextes (dans sa chambre comme au Stade de France) et en fait "multi-tout". Méfiez vous des amplis qui intègrent accordeur, effets et carte son, au même titre qu'un téléphone qui ferait baladeur, GPS et navigateur web : être spécialisé en tout ressemble à un piège bien orchestré...

La polyvalence est un piège commercial qui voudrait qu'une combinaison de propriétés apporterait un plus, alors que d'un point de vue commercial, il semble tout de même plus normal de vendre séparément un ampli, un accordeur et 5 pédales d'effets... mais les "petits budgets" tombent facilement dans ce type d'embuscades car les arguments sont séduisants, et que de toute façon le "con-sommateur" ne pourra que revenir pour remplacer le multi-effets interne par un module externe, acheter un accordeur séparé et miser un peu plus tard sur un "vrai" ampli digne de ce nom...

Convenez-en, la musicalité d'un ampli est, comme pour une guitare, un critère à observer en fonction du style de jeu, de ses besoins, de sa technique, ... Chacun sait qu'un Fender ou un Marshall appartiennent à deux "écoles" d'amplification pour guitare (même si tout le monde a oublié que Jim Marshall a conçu ses modèles sur la base d'ampli Fender...). Mais lors d'un second achat, lorsqu'on n'a que seulement quelques mois de pratique (une paire d'années maxi), on a plus tendance à imaginer qu'un ampli se doit d'être polyvalent voire neutre en son clair et que les effets, distorsions et émulations feront le reste.

Battle's guitar

Pour ne pas acheter un ampli de la même manière qu'une mini-sono dédiée aux répétitions, il s'agit d'identifier ses besoins et ses moyens en fonction d'autres critères que la puissance et le prix... Et pour ça, il faut essayer plusieurs technologies (lampes, transistors, hybrides, émulation) et plusieurs niveaux de sortie : essayer plusieurs amplis.

S'il est un élément de la chaîne composant et transformant le son qu'il est commun de sous estimer, c'est bien l'ampli : en effet, les possibilités sonores se sont démocratisées depuis quelques années avec l'apparition des "sons tout faits" des multi-effets et boîtiers à émulation... et la tendance voudrait (certains constructeurs l'ont fait, d'autres s'en servent comme argument de vente) qu'un ampli soit neutre, plat et sans couleur : un ampli de puissance en fait. Pourtant, combien de guitares low cost seraient magnifiées par un ampli haut de gamme (au même titre que de trouver qu'un petit ampli sonne bien avec une super guitare).

C'est juste pour enfoncer le clou, et bien insister sur le fait qu'un bon ampli constitue un lourd investissement, mais pourrait bien engendrer un VRAI changement dans les sons produits par son instrument (qui était jusqu'alors sous-estimé à tort). Il arrive aux détours des essais, que sa vieille guitare prenne soudain un autre qualificatif lorsqu'elle est jouée dans un bon ampli. Et si c'est moins vrai lorsqu'on joue une bonne guitare dans son vieil ampli (parce qu'on a l'habitude depuis plusieurs temps de la tenir entre les mains, de jouer avec régulièrement), je peux vous affirmer qu'un bon ampli, ça change la perception que l'on a de son instrument.

Donc un ampli, c'est pas juste pour amplifier de manière neutre. Si c'est valable pour un logiciel de production sonore, un boîtier d'émulation, un périphérique de modélisation avec sortie mixée, de simples baffles d'ordinateur, une chaine hi-fi, une petite sono constitue le meilleur ampli... Pas besoin d'autre chose qu'une stéréo et d'un réglage du volume... Le haut-parleur peut même être sous 4 Ω, comme celui d'un autoradio, pas de "gros problème"... Mais pour une guitare électrique, c'est une grossière erreur !

Le choix d'un ampli est primordial : une guitare bas de gamme que j'ai qualifiée "low cost" dans le début de la page, mais qui ne présente pas de caractère la mettant à son avantage dans un ampli de 10 ou 15 watts risque de présenter un tout autre attrait dans un bon ampli de 50 watts à lampe. C'est une évidence, un ampli de guitare est construit pour magnifier le son de cet instrument, mettre en valeur certaines fréquences, et il présentera un énorme avantage à affirmer le caractère de l'instrument.

Déjà, essayer un ampli, c'est faire en sorte qu'il réponde à un besoin, généralement d'amélioration de la restitution sonore et de puissance. En effet, le simple fait de prendre un ampli plus puissant comme passer de 15 à 60 watts dans une même gamme d'un même constructeur va permettre :

Attention, cependant, aux idées reçues sur les watts et l'amplification ! 5 watts à lampes, c'est parfois trop en appartement, et c'est juste suffisant pour jouer en groupe. Ça dépend des amplificateurs, des marques, du fait que le constructeur souhaite faire-valoir la puissance ou la jouabilité. Un Vox de 1 watt (AC4 TV) suffit pour l'étude (et le jeu en groupe en switchant sur 4 watts), et la même marque en 30 watts suffit pour la scène. A mon sens, un 5/15 watts tout lampes (Ibanez TSA15) semble le compromis idéal pour le jeu à la maison (5 watts) comme en répétitions (15 watts), mais on parle finalement peu de ces amplis pour le coup adaptés aux deux contextes, car commercialement, ils contraignent à n'acheter qu'un ampli là où le musicien en avait besoin de deux...

À ça, il faut ajouter le fait que de plus en plus d'amplificateurs guitare à lampes n'intègrent plus de réverb, se voulant de plus en plus "vintage" dans leur conception. Les chanceux trouvant une bonne égalisation et une bonne boucle d'effets seront satisfaits, les autres seront sur leur faim, avec des réglages de tonalité minimalistes (un seul bouton pour l'égalisation) et un constat accablant : comme les tout premiers amplis, ils ne supportent pas d'être précédés par n'importe quelle pédale de disto ou de delay... Les combinaisons de préamplifications (préamp à lampes, pédales de disto analogiques) doivent être testées et validées avant le moindre achat, au risque de fortes déceptions d'un achat fait "à l'aveugle". Les modules de préamplification à émulations ou numériques feront grise mine dans un ampli vintage !

Il faut donc considérer les amplis de conception "vintage" comme des modules de transformation devant s'interfacer avec les autres (pédales d'overdrive, de disto ou d'effets dans la boucle associée). Non seulement ils sont exploitables en complément de modules externes (au sol, en rack, ...) mais en plus ils répondent aux besoins essentiels des principaux exercices de travail, sans avoir à brancher autre chose. Le travail à la maison, en répétition, contraint à brancher moins d'équipements et donc à aller à l'essentiel : le jeu. Les "artifices" sont inutiles dans ce type d'ampli tant la restitution sonore sublime déjà le signal.

Battle's guitar

A contrario, les évolutions logiques de la restitution sonore au format transistor vont s'accroitre avec un paramètre supplémentaire qu'est l'adjonction d'effets intégrés à l'ampli, ou du moins d'une réverbération, qui vont magnifier le son sans génération de bruits supplémentaires. Aujourd'hui, autant je trouve compliqué le côté paramétrable ou "programmable" des modules d'effet numériques, autant ceux intégrés aux amplis proposent des réglages minimalistes (juste l'essentiel : réverb, chorus, delay et trémolo que l'on trouve sur un seul bouton de commande) des principaux amplis modernes sont extrêmement exploitables y compris dans le besoin de jeu très direct, comme le travail de l'instrument. Le son organique de l'ampli reste mauvais, mais l'indispensable embellissement par des effets compense cette perte de qualité.

Pour parfaire le comparatif lampes (son brut mais de qualité) versus transistors (+ émulations + effets), à ces ajouts de boutons, on associe également un changement de dimension : ce n'est plus le volume sonore mais le volume dans l'espace qui est pris en compte car vos bras ou ceux de vos roadies, vous disent "Merci !"... mais cette contrainte de rangement et de transport ne présente pas que des désavantages, elle peut être associée à un changement de technologie (les lampes nécessitent une électronique composée de transformateurs assez lourds et volumineux) ou de projection sonore (passage à un combo 2x12") qui n'est que bénéfique pour votre son.

Aussi, il faut essayer plusieurs modèles et surtout essayer dans divers contextes : s'il n'est pas destiné à fonctionner avec le master volume en dessous de 4, un ampli mérite d'être testé au-delà pour constater si le traitement de la transformation sonore rend bien ou non à un volume souhaité... De même, il faut essayer la connectique de sortie et le comportement de l'ampli avec un baffle additionnel, la sortie line out, la FX loop, ... qu'est ce qu'il pourrait bien nous coûter que de demander au vendeur de tester cette connectique car de nombreuses surprises peuvent arriver avec des branchements atypiques (surtout avec des marques récentes comme Bugera par exemple qui propose d'excellents amplis mais souffrant quelque peu de ses rendus médiocres lorsque l'on exploite les connectiques à l'arrière de l'appareil...).

La méthode d'essai consiste à "balayer" canal par canal les réglages proposés par chacun des switches et potentiomètres, d'abord à sec (sans réverb ou effets) puis par la suite en reprenant des presets types, comme le "metal solo" où le canal saturé présente un drive aux ¾ de course, l'égalisation est le classique Low à 14h, Mid à 7h et Hi à 11h, et un delay est fixé à 330 ms...

Les références sonores doivent ressortir dans la limite des possibilités de l'ampli : inutile de demander à un Fender Bassman de saturer comme un Mesa Boggie, par correction, on le cantonnera au blues-rock pour lequel on s'est rendu compte qu'il allait bien (il n'était même pas destiné à ça lors de sa conception...). Si par besoin d'autres éléments de votre jeu importent sur la restitution sonore (stackage systématique du canal saturé avec un boost ou une Tube Screamer, utilisation immodérée d'une Whammy), il faut également observer le comportement de l'ampli dans ses retranchements avec ces compléments en les demandant au vendeur.

Il est courant de constater le manque de définition dans les aigus des amplis à modélisation et le côté synthétique des distorsions à faible volume pour ces mêmes technologies. On oublie trop souvent d'autres contraintes comme l'entretien et les restrictions d'utilisation des amplis à lampes (déplacements à froid, chauffe des lampes, remplacement des lampes, ...), ou encore les problèmes de raccordement de baffles aux têtes avec du câble adapté pour haut-parleurs...

De même, le rendu d'un ampli à lampes est particulier car il faut comprendre et accepter le fait que la distorsion s'obtienne au travers de la mesure du rendement de la lampe de préamplification qui, poussée par une suralimentation électrique (200 à 300 volts en continu, en fonction des lampes), et non par l'utilisation de diodes qui "salissent" progressivement le son ou d'algorithmes qui simulent une saturation du signal. Cette exploitation particulière des lampes conduit souvent à pousser l'ampli pour obtenir de l'overdrive (littéralement "conduit au-delà") ce qui peut présenter un problème de volume sonore (les voisins, ...) ou ne pas satisfaire en termes de grain, car on reste sur un (bel) overdrive et non une distorsion. Les sons clairs, OK, rock ou blues, oui, hard-rock, dans les extrêmes, mais surtout pas métal ou grosse distorsion...

Ne négligez aucun bruit de fond. Tous les amplis ronflent, et c'est assez rare dans un banc d'essais, de recueillir des avis du style "mon ampli est génial, mais le bruit de son le rend inexploitable". Il est difficile d'éliminer convenablement ces ronflettes dues en partie au contexte du magasin (branchements sauvages, prise de terre approximative, néons, câbles douteux, ...) alors pour s'assurer de retrouver tout ce qui peut vous mettre en confiance, emmenez au moins avec vous votre guitare dont vous connaissez les avantages et défauts.

Enfin, dans l'essai d'un ampli, il n'est pas commun, et c'est un tort, d'anticiper ses conditions d'utilisation périphériques :

N'hésitez pas à pousser un peu l'engin, même (ou surtout) si le vendeur fait un peu la gueule, car bien souvent le comportement d'un matériel neuf ou d'occase (surtout d'occasion) sera différent en fonction du niveau de sortie attendu... il ne faut pas non plus que l'ampli favorise le larsen ou accroche sur les aigus, sauf si c'est justement ce que vous attendez de ce type de matériel...

Dans la qualification d'un tel produit, il est indispensable de garder à l'esprit un principe assez peu usuel, les guitaristes sombrant facilement dans la démesure des décibels : un ampli donne un bon rendement lorsqu'il est poussé à mi-course ou un peu plus, voire lorsque le master volume est à 7 ou 8 pour encore plus de musicalité. Aussi, veillez à adapter votre choix en fonction de votre essai, nous ne vivons pas systématiquement une course effrénée à l'armement.

Et oui, un stack 100 watts à lampes s'utilise difficilement hors du contexte de la scène : il est difficile de l'utiliser à la maison, en répétition sans dégrader la performance sonore ou utiliser de coûteux artifices comme Power Soak ou Power Brake (1000 € environ) qui permettent d'atténuer le nombre de watts en sortie en les transformant en chaleur... Aussi, mieux vaut choisir un 50 watts plus raisonnable, et utiliser un dispositif de reprise du son (micro, boîte de direct, ...) pour sonoriser et amplifier le rendu d'un "petit" ampli, dans les circonstances de jeu en public.

Vous pouvez à ce compte là et en fonction de votre besoin le plus fréquent, utiliser un bon ampli d'étude sur scène ! Ce qui pousse à observer une tendance à contre-courant dans le choix d'amplis très puissants (comme vos idoles qui ne jouent plus avec des "murs d'amplis") pour jouer dans une piaule 80% du temps !!! Les grandes marques intègrent des mécanismes d'atténuation, Mesa Boggie fabrique des amplis tout lampes en 5/50 watts qui couvrent les besoins d'un guitariste standard. Rappelez-vous également qu'un Vox AC-30 de 30 watts "couvre" un Marshall JCM 900 de "100 watts" ! Il y a donc watt et watt, puissance et puissance, mais aussi mesure du besoin...

Enfin, ayez à l'esprit que l'ampli a une fonction d'amplification et de transformation du son, qu'un module d'effet doit se cantonner à son rôle de production d'effets ... Méfiez-vous des concepts tout-en-un qui sont bien pratiques, mais qui surprennent et déçoivent bien souvent par la qualité des sons délivrés... Pour le studio, l'enregistrement, la scène, ces dispositifs présentent parfois des lacunes qui sont difficiles à compenser sans investir dans du matériel complémentaire : pour obtenir un bon chorus stéréo, il faut parfois ne pas utiliser le chorus d'appoint intégré à l'ampli !

Essai d'une disto ou d'un préampli

L'essai d'un module de distorsion diffère de celui d'un simple module d'effet, car il répond à des critères qui sont bien souvent plus proches de ceux que l'on va observer sur un ampli. La disto revêt la même complexité qu'un canal saturé d'un ampli, et même si la simple pédale (le préampli du pauvre) va permettre simplement de se rapprocher des besoins en matières sonores pour un prix modique, elle mérite un essai "Live" pour éviter toute déception.

Le guitariste influe naturellement, de par son jeu, sur le rendu sonore. Le signal de sortie de l'instrument que l'on imagine en amont du module de disto va aussi avoir une incidence sur le rendu sonore : la puissance des micros, la retranscription des notes, des attaques, des harmoniques, ... L'ampli que l'on positionne en aval de ce même module de distorsion va encore, lui aussi, influer sur le rendu sonore général, de par la transformatioin qu'il applique au signal reçu. Il faut donc être conscient que le module inséré entre la guitare et l'ampli va nécessairement transformer une troisième fois le signal, et qu'il devra prendre en compte tous les éléments qui le composent en amont comme en aval. Ce module (pédale, préampli, ...) se doit d'être :

C'est pourquoi je recommande d'essayer ces modules directement sur son propre set ou dans un contexte qui s'y apparente de très près. L'achat par Internet est particulièrement adapté à ce type d'essai car généralement, après sélection d'un modèle, après une éventuelle prise de contact avec ledit module en boutique, il est assez facile de le commander en ligne et de le tester durant les 7 jours contractuels avant d'acter ou non l'acquisition (conditions générales de vente - clause de rétractation et retour du produit) conformément aux législations qui régissent les achats par correspondance. Il faut donc prendre son temps et profiter de cette "tolérance" du retour du produit par La Poste...

Je déconseille vivement d'acheter ces modules en boutique : légers et peu fragiles, les modules n'enferment que des transistors, des condensateurs et des potentiomètres soudés sur un circuit imprimé, le tout enfermé dans un solide boîtier en fer dans la plupart des cas. Parfois il intègre une lampe de préamp 12AX7, mais qui ne le rend pas plus fragile que ça (peut-être plus lourd pour le transfo de la lampe... Un tel module pourra donc être réexpédié (à vos frais) sous les 7 jours conformément à la loi pour environ 7 € le Colis posté de 500 g, ce qui vous laisse le temps de le tester tranquillement chez vous dans des conditions d'utilisation confortables (vous pouvez même en conserver une "référence" sonore de comparaison avec d'autres modules en enregistrant votre essai sur un magnétophone).

Battle's guitar

De plus, l'essai est assez particulier : essayer une disto au format préampli de sol ou module externe de préamp (même en rack) c'est essayer le module en fonction des possibilités offertes, et autant dire que c'est assez difficile de trouver un même module permettant de délivrer 2 sons exploitables avec le même set guitare + ampli. En effet, même dans le cas où les réglages, sommaires (Drive, Tone et Level dans 80% des cas) permettent la correction efficace d'une amplitude donnée, il est rare de rencontrer une pédale offrant une grande exploitabilité sur la totalité du spectre couvert par les potentiomètres.

C'est volontairement que les constructeurs jouent sur la dénomination de la pédale et la complétude des sons dans leur gamme : crunch, overdrive, fuzz, distorsion, méga-saturation métal... Ainsi le guitariste se voit obligé de disposer d'une pédale par registre sonore, voire de plusieurs (plusieurs fois la même) pour quelques variations dans un même registre, ce qui est assez lourd à exploiter en live (alimentation, chaînage, ...) mais considérablement avantageux commercialement. C'est là qu'un préampli programmable apportera une bonne couverture des différents répertoires sonores, mais à quel prix : bien souvent, un bon équipement équivaut le prix de 20 pédales !

En effet, il est rare de trouver un équipement analogique qui couvre plusieurs registres de distorsion. Pour ne citer que les meilleurs, le SansAmp est un bon équipement, l'AMT qui intègre une lampe est un excellent préampli, Hugues&Kettner n'a pas d'égal dans la gamme de prix avec son TubeMan et enfin la série TubeKing d'Ibanez offre une couverture de sons assez large. Après, on entre dans le haut de gamme, Mesa, Marshall, ... pour plus cher.

De même, il n'est pas moins rare de rencontrer des modules numériques (émulation Line6, COSM de Boss, intégration de DSP chez Zoom ou Digitech) qui offrent une large palette de sons distordus, mais sans retrouver la dynamique des boitiers analogiques. S'ils remplacent aisément quelques pédales dans un seul et même équipement, il faut garder à l'esprit que tous les sons ne sont pas exploitables et qu'ils méritent également d'être magnifiés par de bons amplis.

L'essai d'un module de distorsion (pédale ou module multi-sons) est donc bien particulier, et la prise en compte de quelques presets généralement communiqués sur la notice d'utilisation sera d'une grande utilité. En effet, il s'agit de matériels conçus pour délivrer un type seul de son (tout au plus deux !) et les réglages proposés sont en général là pour ajuster des niveaux et taux de distorsion, d'égalisation qui permettent de corriger et adapter le set guitare (micro) + ampli dans l'adéquation du son recherché.

Battle's guitar

L'essai d'un module de distorsion, c'est aussi de plus en plus un essai d'une "machine" à tout faire : des simulations d'amplis, de réglages de ces amplis, d'une composition assez complexe d'un ampli et d'improbables configurations de baffles additionnels (un baffle 4x10" piloté par un Vox AC-50 !!!) est des dispositifs encore plus incroyables de prise de sons par 4 micros à bandes ou deux micros à condensateur.

Bien qu'il ne faille considérer la dénomination d'un son que par l'éventuelle similitude que l'on trouve avec le son original, il est des paramètres sommes toutes assez abscons : "c'est le son d'un Marshall 1959 mais avec une Strat de quelle année ?" Souvent, le rendu dans un 15 watts transistors drivé par une Cort à 150 € est assez éloigné du duo Strato + Marshall, mais il en demeure flatteur, y compris au casque !

En plus, ces modules parfois alimentés par 4 piles standards offrent une bonne flexibilité d'utilisation et l'ergonomie archi simpliste qui permet de satisfaire rapidement les utilisateurs peu exigeants. Mais encore s'agit-il de modules délivrant des sons taillés à l'emporte-pièce, et pour lesquels la personnalisation n'a de support que l'infini panel de combinaisons possibles (Cort + émulation de Marshall + Delay + Kustom 15 watts).

Les machines à tout faire délivrent le même son pour tous les utilisateurs, probablement les mêmes qui, formatés, font un distinguo entre deux groupes clones du même néo-punk californien (qui joue sur des amplis modifiés et des grattes customisées). Elles ne contribuent pas à se forger une identité sonore, et leur simplicité d'utilisation et leur prix permettent de répondre rapidement et simplement aux besoins des moins exigeants. Oublions ces machines qui ne sont jamais en panne et ne permettent qu'une "approche" sonore.

Pour les "vrais" équipements, il est donc important et souvent surprenant de tester chaque curseur ou potentiomètre sur la totalité de la course et de manière combinée avec les autres réglages. Un équipement qui présentera l'avantage d'une grande couverture du registre sonore pour lequel il est conçu sera limité dans sa polyvalence : c'est parfois rassurant d'exploiter pleinement un matériel conçu pour ne faire qu'une seule chose, mais pour le faire bien !

C'est le principe qu'il faut retenir dans l'investissement d'un module de distorsion. C'est en tout cas le plus noble. Imaginer qu'un même module permettra de couvrir plusieurs registres musicaux, c'est aller un peu vite en besogne, et dans la recherche du son et du développement de son identité musicale, choisir un matériel ultra polyvalent, c'est vraiment aller à contre-courant de l'identité sonore du musicien !

Essayer un module de traitement du signal

Ces modules sont à distinguer des modules de traitements du son qui sont globalement orientés sur les modulations et les répétitions. En effet, le traitement du signal, si le terme est obscur pour le néophyte, c'est le traitement de paramètres en sortie de la guitare, soit (liste non exhaustive) les modules suivants :

Les modalités d'essai sont assez identiques de celles que l'on retrouve pour les distorsions ; il faut partir du principe que ces modules sont très liés au set matériel guitare + ampli (surtout guitare) mais aussi et surtout à la technique de jeu (attaque, intensité, expressivité, ...). Les matériels qui vont traiter le son au pied comme wha-wha et whammy ont en plus une particularité sur l'amplitude gérable par la pédale basculante (le débattement) qui peut aussi convenir plus ou moins bien en fonction des individus, de la personnalité des gens, de la coordination nécessaire au jeu.

Autant pour la Whammy (brevet Digitech) le choix est assez limité, autant pour les wha, le choix s'est élargi : elle est loin l'époque ou Cry Baby de Dunlop et modèles Vox voire occasionnellement Morley se partageaient le marché. D'autant que les sonorités ont été produites numériquement sur de nombreux boîtiers multi-effets et qu'à présent des paramètres complémentaires de réglage des plages de fréquences affectées par la wha sont possibles, ce qui ouvre de nouvelles possibilités sonores.

Mais là encore, la maitrise de la dynamique d'une wha analogique n'a pas de pendant côté numérique, et quand l'on sait que l'outil est principalement utilisé à des fins de renfort de l'expressivité, conserver la dynamique me semble avoir du bon. Je recommande donc d'opter pour un équipement de sol dédié exclusivement à cette utilisation. Des modèles sans potentiomètre à crémaillère (qui présente des faiblesses à l'usage pour les modèles Dunlop) remplacés par des contacteurs optiques sont même accessibles pour à peine plus cher, ce qui permet d'investir dans un modèle qui perdurera et pour lequel vous développerez une utilisation toute personnelle.

Battle's guitar

En ce qui concerne les compresseurs, boost, sustainers, octavers et égaliseurs, ce sont des modules bien souvent négligés à tort. Ils permettent de modifier le signal de guitare avant d'attaquer les modules de distorsion et de transformation du son, et ainsi de palier aux déficiences de l'instrument : une Gibson Les Paul peut ainsi avoir un son claquant de Telecaster et inversement, une Fender peut artificiellement avoir le sustain d'une PRS... Enfin, les corrections et boost vont "vitaminer" le signal de base permettant d'attaquer le préampli avec des caractéristiques que la guitare ne sait délivrer de manière intrinsèque.

Souvent associés à des effets, ces modules vont fonctionner sur la dynamique du signal. Je leur préfère un traitement dédié, pour la simple raison qu'un compresseur ou un égaliseur mis à disposition d'un multi-effets peut ne pas se positionner en début de chaîne dans le placement des traitements, mais également parce que les traitements correspondants vont partager une portion de "puissance de calcul" numérique avec un delay, un chorus et même une distorsion... Son efficacité est liée aux composants et à la puissance du module, ce qui laisser présager d'une perte de dynamique du signal sur les modèles d'entrée de gamme.

Essayer un module d'effet de traitement du son

Depuis l'avènement des multi-effets, le développement des technologies numériques a permis d'obtenir à bas prix des modules délivrant des sons de qualité. Certains puristes ne jurent que par un bon delay à bandes ou un écho analogique pour la chaleur et les imperfections dans la reproduction des répétitions. Mais les modèles numériques, plus accessibles financièrement, plus simples à produire techniquement, intègrent pour un même prix tout un tas d'effets basés sur les lignes de retard, les modulations, les ambiances...

De manière générale, les sonorités des effets sont utilisées de manière plus occasionnelle : on lit parfois qu'avec un chorus et un delay, de nombreux besoins sont couverts. Il faut cependant jongler sur différents réglages de chorus et de delay pour disposer des sonorités propres à un même morceau ! C'est là qu'un multi-effets programmable aura largement l'avantage, tant financièrement qu'au sol, pour éviter de "faire des claquettes".

Le problème est de disposer d'un module permettant d'enregistrer plusieurs presets pour des sons qui seraient en toute logique insérés dans la FX Loop de l'ampli. ... et généralement, ces mêmes multi-effets proposent à la fois des distorsions assez peu exploitables sans permettre de chaîner ces transformations entre la guitare et l'ampli !!! ... ou bien alors il faut avoir les deux types d'équipement, et c'est assez compliqué à brancher et câbler par la suite.

Pour ce qui est de l'achat, à moins de chercher des sons vraiment particuliers, je dirai qu'il est généralement préférable d'essayer avant d'acheter, mais que pour des besoins courants, tous les modules multi-effets se valent tous. Seule l'ergonomie d'utilisation et les paramétrages de chacun des équipements vont faire la différence : on retombe d'ailleurs dans un paradoxe où le numérique appelle à connecter le module multi-effet à un ordinateur pour affiner les réglages !

Je note également que les habitués d'une ergonomie vont avoir tendance à chercher un modèle plus complet, plus performant chez un même constructeur s'ils n'ont pas de déception concernant le rendu sonore. Ainsi, on trouve des Boss-addicts (idem pour Digitech ou Zoom). Line6 avait commencé à développer des modules de modulation ou de répétition qui semblaient assez simples à programmer mais qui ne proposaient que quelques presets enregistrables (MM4 et DL4), mais ces robustes stompboxes en alluminium ont rapidement été remplacées par des haricots rouges en plastique qui intègrent principalement des émulations d'amplificateurs célèbres. La modularité des traitements restait, pour moi, un vrai truc à creuser, car on supperpose rarement deux chorus ou deux delays, ... Line6 s'en est allé, à regrets, sur des terrains moins fonctionnels !

Attention à ne pas tomber dans des excès d'utilisation : un son est généralement facile à traiter (repiquer, sonoriser, enregistrer, retravailler, mixer) s'il est assez épuré. Le fait de disposer de beaucoup d'effets encourage à en "empiler" à outrance... Et les constructeurs ont bien compris que le désir de possession allait passer avant l'exploitabilité d'un son : du coup certains changent de matériel car leur ancien modèle (pourtant par ailleurs satisfaisant) ne dispose pas de Ring Modulator ou d'Arpegiator (que l'on utilise que très très peu)...

Pour ce qui est des essais, je suis évidemment bien plus modéré dans mon conseil que je ne peux l'être pour les distorsions... Déjà car les principales technologies permettant de traiter le signal sont issues des mêmes usines Taïwanaises, les processeurs plus ou moins puissants sont dérivés des environnements embarqués et informatiques. En gros, tous savent très bien traiter de la même manière un signal numérique avec un ajout de temps de retard de 600 ms (difficile en analogique), par exemple...

Battle's guitar

L'élément discriminant de ces modules, c'est l'interface, l'ergonomie d'utilisation, la solidité de plus en plus discutable des boîtiers en plastique (on réduit le coût sur chacun des éléments composant le produit), jusqu'à critiquer la stabilité au sol pour utilisation de patins antidérapants défectueux... Autre problème, les pédales de contrôle (wha, volume, paramètre d'un effet) qui ont des comportements assez déroutants et loin du va-et-vient des modèles analogiques.

A contrario, les modules au format pédale se sont considérablement améliorés : certes, les boîtiers sont plus solides, l'électronique embarquée optimisée, les formats sont de plus en plus réduits et consomment de moins en moins (il y a 20 ans, un delay "explosait" une pile 9V en 5 heures d'utilisation). Les réglages sont à présent consultables sur Internet au travers des notices au format PDF, les presets proposés sont cohérents et la robustesse du matériel n'est pas à comparer avec le côté "cheap" des multi-effets.

L'économie est gérée au niveau des composants de moins en moins courants. C'est ainsi que l'on retrouve des séries "reissue" de pédales qui ne sonnent pas comme les modèles des années 80', mais qui s'en rapprochent considérablement, et intègrent en sus un "true bypass"...

En contrepartie, la fabrication DIY d'un delay n'est pas rentable : d'un point de vue financier l'électronique est aujourd'hui à des prix planchers, les fabricants sont les premiers acheteurs de gros volumes et ont droit à des prix records. Le coût unitaire des composants (il en faut une centaine pour près de 70 € au minimum) et le temps de fabrication et les erreurs possibles dans l'assemblage des 100 composants sont par contre énormes ! Il faut passer 10 heures si l'on n'est pas Roi du fer à souder ! La pédale revient donc à 150 €, au prix d'un modèle de série... sans avoir le son très précis que l'on cherche ou le côté "Boutique" escompté.

Le seul reproche possible pour ces effets assez courants (chorus, delay, flanger, phaser, reverb, ...), utilisables pour différents instruments comme, électro-acoustique, basse, voix, ... c'est essentiellement le fait qu'ils n'existent que séparément (pédales) ou seulement dans des multi-effets dédiés aux instruments (que faire d'un module pour basse ou pour guitare acoustique ?).

Là encore, les 15 minutes respectables qui me sont accordées pour essayer ce type d'équipement en boutique sont nécessairement insuffisantes. Le temps de tester les 20 premiers presets d'usine qui sont généralement "surfaits", et c'est fini. Heureusement, les problèmes ergonomiques et autres éventuelles complexités de réglage peuvent être anticipés "à tête reposée" au travers du parcours des notices trilingues (Anglais, Allemand, Japonais !) téléchargées en PDF sur Internet ... dans un document de 520 pages ! (plusieurs sont découragés). J'exagère à peine avec les 520 pages, mais les "Owner's Manuals" sont de plus en plus riches et de moins en moins exploitables, il n'y a plus de spontanéité dans la musique !

Inutile, pour un module numérique, d'essayer pendant des heures les différents paramètres ayant un impact sur le rendu sonore (comme ça doit être normalement fait pour une disto), ... je le disais les équipements sont tous les mêmes, les composants issus des mêmes usines, etc. Pourtant, la connectique, le rendu au travers d'un casque, d'un ampli, d'une chaine hi-fi peuvent différer d'un module à l'autre d'un constructeur à l'autre... Encore que ce soit trompeur, Korg et Vox Tonelabs sont en définitive la même société, comme ce fut le cas pour Ibanez et Maxon.

Veillez donc à ce que les paramètres puissent être changés simplement, et que les réglages puissant être enregistrés efficacement sur une mémoire interne. Un module qui passera par une configuration via un port USB ne sera pas aussi simple à utiliser en répétitions qu'un boîtier intégrant la totalité des commandes de paramètres.

Veillez également à consulter le marché de l'occasion pour l'ensemble de ces matériels dédiés aux effets de traitement du son, car les guitaristes se séparent parfois de pédales ou boîtiers qui sont loin d'être obsolètes, juste pour pouvoir se payer un modèle plus perfectionné, les boutiques ne reprenant plus ce type de matériel sinon dans quelques cas de dépôt-vente. Les modèles évoluent et chaque année les catalogues des principaux constructeurs voient des gammes complètes se renouveler à la vitesse de l'obsolescence que l'on constate sur les téléphones mobiles, les baladeurs MP3/4 et les ordinateurs portables...

Essai des accessoires

Ça parait "couillon", mais je préconise d'essayer une housse dès qu'elle n'est pas fabriquée sur mesure destinée au modèle de guitare identifié. Je sais qu'un étui Fender s'adaptera parfaitement à la Stratocaster, mais est-ce qu'une housse Tobago standard peut aussi bien convenir pour une Gibson SG qu'une Telecaster ? Non. Et ça peut également parfois être le cas pour certains stands convenant parfaitement à quelques types de guitares.

En contrepartie, même si je préconise les achats de médiators en volume par Internet, le fait d'en tester un (chez soi, un qu'on achète pour 50 cents et qu'on essaie à la maison) permettra de se faire une idée avant d'en commander 50 en ligne auprès d'un magasin implanté en Allemagne. Idem pour les cordes, pour une somme à peine supérieure.

Cependant, pour un accordeur, une sangle, une boîte à rythmes, un ampli d'étude ou même des câbles au format jack, il s'agit vraiment d'acheter au meilleur prix (délai et coût de livraison compris), donc bien souvent par Internet. En plus, réellement, rien ne presse vraiment pour un accessoire !

Battle's guitar

Ne succombez pas aux phénomènes de mode :

Au final, ça sert d'essayer !

D'une manière générale, essayez, même si vous n'achetez pas : cela vous permet de vous faire un avis, d'anticiper un éventuel achat, de tester les possibilités des nouveautés ou de comparer avec ce que vous possédez.

Essayez surtout si vous pouvez, car même dans les grandes villes, les magasins regorgent des mêmes instruments inintéressants, du même matériel, celui à succès qui illustre une page sur deux de chacun des magazines en kiosque, celui que l'on retrouve dans les colonages publicitaires des sites où les avis divergent, celui qui fait l'objet de grosses remises en vente sur Internet. Alors si vous tombez sur quelque chose de différent, parfois même d'occasion, demandez au vendeur de l'essayer.

Enfin, c'est complètement personnel, mais j'assume, il existe quelques boutiques où les amoureux passionnés commandent, vendent et font vivre la musique. Ils ne portent pas de gilet bleu, mais ils permettent de toucher au matos, de l'essayer, de le pousser alors qu'il y a des voisins au-dessus (ces petites boutiques sont en général loin des zones commerciales). Ils donnent des conseils utiles et des avis experts, aux antipodes de ceux rencontrés sur les forums. Eux-mêmes anciens musiciens, ils connaissent la musique et la partagent volontiers avec qui en veut. Ceux-là, trop rares, sont souvent de bons conseils, vendent pour vivre mais ne vivent pas pour vendre. Ceux-là, vous laissent essayer, privilège rare de nos jours, et ils vous laissent faire sans penser qu'il s'agit d'un abus, mais en y accordant un intérêt naturel pour votre besoin, parce qu'ils partagent simplement la même passion que vous...

Pistez ces endroits magiques, ils sont en voix d'extinction sur le territoire, mais ils imposent le respect, partageant avec moi le même souci d'offrir un bout de leur temps et de leur passion. J'aime essayer, si le temps me le permet flâner dans ces endroits où l'on ne cherche pas à définir ce qui est bien et pas bien, ce qui rapporte économiquement ou ce qui rapporte sur le plan émotif ... J'aime ces endroits qui reprennent ou acceptent le dépôt-vente d'instruments que l'on pensait relégués aux sorts des vide-greniers... J'aime entendre des pédales rouillées qui craquent sur quelques curseurs, mais qui donnent de sublimes fuzz dont je n'aurai jamais besoin ... Essayer par besoin, pour compléter ou remplcer son set, c'est l'attitude normale.

Mais essayer pour le simple plaisir d'essayer, d'entretenir son oreille, de se faire une idée du son que peut avoir le matériel, essayer par passion, ... c'est aussi un des vices de la pratique de l'instrument, de l'amour et de la passion que l'on développe pour la guitare et le matériel qui va autour. Une passion qu'on ne retrouve peut-être pas aussi forte avec une clarinette ou un piano, mais une passion certaine, une envie de se faire plaisir, le besoin de savoir le son que ça produit, une curiosité autour de la musique, autour d'une pratique. Essayer par passion et partager avec les gens le plaisir d'essayer, c'est quand même différent que de poster un billet sur son blog juste pour se faire mousser ! Non ?