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la prise de son




Le micro de "repique"

Le micro est une oreille un peu spéciale, qui selon le modèle et l'emplacement, peut donner à entendre des choses très différentes à partir d'une même source sonore. L'art du preneur de son réside justement dans ce choix et dans sa réalisation: que doit-on entendre et que ne doit-on pas entendre ? Pour le choix des micros, il n'y a pas de règles, il y a autant de solutions que de "bulles dans un verre de bière". Tout dépend de l'oreille de l'ingénieur du son, tout ceci n'est que pure subjectivité.

Toutefois, il existe tout de même quelques règles : il doit rejeter le "Feed-Back", il doit seulement prendre l'instrument ou la voix pour lequel il est destiné, et il doit bien sonner à l'oreille et être très résistant. C'est pourquoi, on préfère en général choisir des micros dynamiques avec capsules cardioïdes ou super cardioïdes.

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En outre certains micros se sont rendus célèbres pour la prise de son en sonorisation. En effet, les méthodes de placement des micros varient beaucoup, les micros décris dans les lignes suivantes sont ceux que l'on a l'habitude de rencontrer sur les scènes de spectacle quelque soit le genre de musique présenté.

Battle's guitar Battle's guitar

On retrouve généralement deux types de micros : les micros dynamiques et les micros à membranes (ou à condensateurs).

Si l'on utilise un système différent tous les soirs, avec pas ou peu de temps pour répéter, on sait qu'elle sera la réponse avec un micro courant, comme le Shure SM 58 dans la main du chanteur, par exemple. Certains ingénieurs du son lui préfèrent le M 88 de chez Beyerdynamic, notamment pour des choristes qui tiennent des notes au milieu d'une chanson. Les autres modèles les plus souvent rencontrés sont les BETA 58 (un peu plus d'aigus que le SM58, mais surtout plus cher), le ND 757 et PL80 de chez Electrovoice, le 441 de chez Sennheiser, le Shure SM 57 ou BETA 57. Toutefois, une chose importante est à retenir, lors d'une utilisation simultanée de plusieurs micros (choeurs à l'unisson), il vaut mieux utiliser les mêmes modèles pour toutes les voix, quelque soit le choix des micros, ceci pour une meilleure homogénéité au niveau des réglages.

Battle's guitar Battle's guitar

Les deux micros les plus utilisés pour repiquer les amplis de guitare et basse : à gauche, le Shure SM57 et à droite le Neumann M147

Pour la prise de son de l'ampli, on utilise soit un Shure SM 57 (ou dérivé économique le PG 57) qui accepte des taux de compression assez élevés, soit un Neumann M147 qui sont les deux micros amis des ingénieurs du son. Comme alternative, on retrouve plus rarement Electrovoice PL20 ou Sennheiser MD 421 que l'on placera indifféremment devant ou derrière le haut-parleur (nous traiterons de la prise de son ultérieurement).

On peut également prendre une boîte de direct (DI) pour la reprise du son de l'ampli par sa sortie directe. La référence en matière de récupération du son de guitares et basses électriques est la Hugues&Kettner RedBox. Quand on amplifie beaucoup d'instruments. Son rôle est de convertir un signal de haute impédance (instrument) en un signal de basse impédance que puisse supporter la voix d'entrée de la console. En bref, il s'agit d'un boîtier permettant de réaliser une adaptation de niveau, d'impédance, et de connectique entre un instrument électrique et une entrée de console.

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Avec l'avènement des home studios, de plus en plus de guitaristes ont eu recours à des préamplis et d'autres appareils produisant de gros sons de guitare sans déranger les voisins, donc sans HP. Oui mais voilà, le lascif mouvement de la membrane déplaçant l'air vint à manquer. D'où l'arrivée des simulateurs de haut-parleurs dont le travail consiste d'une part, à éliminer les fréquences qu'un HP guitare ne reproduirait pas (les suraiguës par exemple), et d'autre part à simuler audiblement le déplacement de la membrane.

La plus simple expression du genre se présente comme une boîte de direct, sans aucun réglage. Ensuite sont apparus des appareils plus sophistiqués sur lesquels on peut choisir son type de baffle (ouvert/fermé), le placement des micros de prise de son etc... Ces simulateurs se trouvent parfois intégrés aux préamplis, à des amplis ou à des multi-effets.

De manière générale, l'utilisation des distorsions suscite de bien doser les réglages de l'ampli, la bonne utilisation de l'égalisation, et des harmoniques, souvent liées à la distorsion mais aussi au larsen qui est inexistant si l'ampli n'est pas repris par un micro mais par une boîte de direct ou un simulateur d'HP (encore moins les sorties casque ou LINE OUT en direct dans les cartes ou interfaces audio des ordinateurs... Ma préférence va vers la prise de son via micro et traitement de l'élimination des bruits parasites, compression et égalisation directement sur la console (voire ajout d'effets complémentaires, reverb, ...).

Le placement des micros

Le placement microphonique reste une science à part entière. Par exemple, on place le bon micro devant le bon ampli du bon guitariste, mais le son nous semble "sale", "baveux", saturé... Le premier réflexe est alors de penser à vérifier tous les réglages de la console, des effets, des égaliseurs, alors que le problème vient peut-être tout simplement du placement du micro sur l'ampli. Ceci pour signaler l'importance du placement d'un micro et du nombre de micros à utiliser. En effet, la solution idéale n'est pas de placer un maximum de micros, car plus on prend de microphones, moins on a de contrôle, car tous "captent" lorsqu'un tom de la batterie est frappé, par exemple. On parle alors de diaphonie. Cet effet s'avère incontrôlable si ce n'est par le choix de leur placement.

Il n'existe hélas pas de recette de "cuisine" pour le placement microphonique, et je serais tenté de dire qu'il existe autant de solutions de placement de micros qu'il y a de sonorisateurs, ou presque. Tout ce domaine n'est qu'affaire de subjectivité propre à chaque ingénieur du son. Les méthodes proposées ci-après sont celles rencontrées le plus souvent dans les salles de concert et s'avèrent être les plus judicieuses, ceci ne signifiant pas forcément qu'il s'agisse des meilleures méthodes.

Un mouvement de 5 cm modifie le niveau de 6 dB si l'on s'en tient à la loi de l'atténuation, proportionnelle à l'inverse du carré de la distance. Le placement du micro par rapport à la hauteur du haut parleur (qui est logiquement fixe) mais aussi du chanteur ainsi que son orientation est donc primordial. Pour éviter les "POPS !" (sons explosifs) et bruits de respiration, essayer de maintenir le micro au-dessus de la ligne du nez, au moins à 15 cm de distance à peu près. Pour l'instrument, et particulièrement la guitare, il existe d'autres règles, mais tout ceci reste très théorique, notamment en pratique, lorsque la source sonore bouge par rapport à son micro (coup de pied dans le support, ...), ceci entraînant de nombreux dé-timbrages.

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Une chose importante est à retenir, à savoir le placement du micro sur l'ampli. En effet, pile dans l'axe du haut-parleur, le micro aura à encaisser toute la sauvagerie du musicien, risquant ainsi de saturer le son, de le dénaturer et de le rendre impropre, et son timbre sera dépourvu de graves, émis par les bords du HP. Mieux vaut décaler légèrement le micro vers les bords du HP, ou alors l'orienter vers le haut et le placer perpendiculairement au haut-parleur.

Position Distance Nature du son Conseil d'utilisation
1 10 cm de la grille de protection, directement sur le centre du haut-parleur Son neutre, naturel Utiliser un micro sur socle (ou pied court) si le haut-parleur est posé directement sur le sol
2 2,5 cm de la grille de protection, directement sur le centre du haut-parleur Son plus grave, plus de basses Minimise le Feed-Back et les pertes sonores
3 Désaxé par rapport au cône central, à 10 cm du haut-parleur Son plus moelleux, moins agressif et plus aigu Réduit le souffle produit par l'ampli (surtout poussé à fort volume) dans une configuration scène
4 1 m du baffle, dirigé vers le cône Son plus fin, sans excès de basses Récupère le son ambiant de la pièce, à ne placer qu'en utilisation studio

Tous ces conseils ne font que retranscrire mon expérience personnelle. Je ne peux affirmer de devoir positionner un micro selon ces conseils dans toutes les conditions de prises de son. De plus, ils ne sont valables que dans un contexte scénique, mais en studio, l'enregistrement sera probablement fondé sur les mêles principes, mais dans un contexte pratique qui m'est beaucoup moins familier (sans pour autant être dénué d'intérêt).