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Pourquoi brancher sa guitare ?

La question est assez bête pour une guitare sèche qui ne nécessite pas (toujours) d'amplification. En effet, s'il suffit juste de travailler l'instrument, il est normal de ne pas brancher systématiquement sa guitare acoustique. Cependant, pour travailler le son, et dès que l'on joue en groupe ou que l'on enregistre, il faudra brancher son acoustique, ou la "repiquer", mais c'est un autre débat. Il s'agit là de faire la guerre à ceux qui ont "la flemme" de brancher leur guitare dans un ampli, un module de jeu (au casque), ou n'importe quoi d'autre...

Pour une guitare électrique, le rendu sonore de l'instrument non branché (non raccordé) n'a pas une réelle incidence. S'il est utile de mesurer le son produit "à vide" ou "à sec" lors de l'achat de l'instrument ou de sa comparaison à d'autres modèles, le son s'avère désastreux pour une session qui dépasse la minute. Même pour vérifier si un "plan peut passer" ou pas, la guitare solidbody ne donne rien à vide. Et pourtant, on est nombreux à l'utiliser quelques fois comme ça, en général pour un "essai" de courte durée.

Il existe des guitares à demi-caisse (hollowbody) qui procurent des sensations acoustiques plus agréables mais les évents ou ouïes ne sont pas là pour autre chose que permettre de véhiculer la vibration de la caisse jusqu'au son des micros, donc dans le cadre d'une utilisation amplifiée. Ces guitares ne sont pas conçues pour pouvoir jouer à la fois électrique ET acoustique ! Les basses si rondes lorsque la guitare est amplifiée manquent cruellement. Il n'y a qu'à en brancher une pour comprendre qu'elle n'est pas faite pour être jouée à vide, au regard des sonorités électriques très riches qui procurent ces guitares.

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Il vaut mieux porter à nos oreilles le son électrique de la guitare, et c'est le propos de la section. La question aurait donc dû être "Pourquoi brancher sa guitare électrique ?", et là, la réponse la plus évidente est "tout simplement parce qu'elle est construite pour". Mais alors existe-t-il des raisons de "jouer à vide" ?

Raison n° 1 : se retrouver dans une situation de besoin de jeu

Une idée fulgurante traverse la tête ou démange les mains (c'est commun) et on rencontre de nombreux guitaristes (habituellement bien équipés) allant se vautrer rapidement sur un lit ou un canapé pour transcrire les "blinc-blink-blonk" ou jouer le dernier riff du Guitar Part.

Une guitare électrique non branchée, c'est comme monter dans une voiture qui ne roule pas ! Ça va certes dépanner (s'il pleut, notamment), mais ça ne conduit rarement à grand-chose de durable.

Raison n° 2 : la paresse de se brancher

Logiquement, il n'y a pas besoin de toute l'artillerie, de l'ampli et/ou des effets pour 15 minutes sur Guitar Part... Il faut juste une guitare, câble et un ampli ... si tout est accessible...

Mais de nombreuses raisons non valables existent :

... et ce sera encore une fois avachi sur le lit avec une guitare qui fait "blinc-blink-blonk" pour passer trois accords, se défouler ¼ d'heure sans avoir à tout chercher.

Le rapprochement entre le guitariste organisé et le musicien peu soigneux est facile. Le matériel peut ne pas être là pour des raisons "plus" valables comme budgétaires, de dépannage, ....

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Raison n° 3 : juste la guitare électrique, ... ça ne suffit pas !

De toute façon, chez un guitariste aussi "prévoyant" ou organisé qu'il soit, il reste encore un bout de chemin comme :

Restent des solutions assez radicales :

Si la guitare électrique (ou la basse) est très souvent utilisée sans ampli ou système de diffusion sonore, c'est parce qu'à côté de tout autre instrument, elle nécessite tellement de matériels à côté que l'on ne peut pas aller au plus pressé sans envisager la piste de la seconde guitare, acoustique celle-là. Mais le budget est nécessairement remis en question car l'achat + l'entretien nécessitent quand même un peu d'attention.

Et comme toujours la règle d'or, c'est la mesure du budget consacré en fonction du besoin, et d'une solide estimation de la nécessité d'investir remise en cause au travers d'une analyse fine de son niveau... Un débutant disposant de 15 grattes, c'est chouette, mais est-ce bien raisonnable ? Dans quelles situations est-il raisonnable d'investir ?

Alors, partons du constat que toute personne qui lit ces lignes dispose à minima d'une guitare électrique... et que notamment lorsqu'on ne dispose que de la guitare électrique et que l'on lit ces fastidieuses lignes, on est aussi motivé pour développer son niveau de jeu, définissons alors ce qui peut nous aider à mieux vivre tout ces contextes complexes de branchement.

Quelles sont les situations ?

Avant d'évoquer ce qui se branche dans quoi, évoquons ce qui se branche pour quoi (et non pourquoi). Et c'est, comme bien souvent, le besoin qui suscite de s'équiper. Décomposons une vie "normale" riche des multiples activités logiquement pratiquées par un guitariste passionné de ce début de siècle :

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Effectivement, au-delà, il faut reconnaître que personne ne lira mes conseils !

Ces différentes situations de jeu, listées graduellement en fonction du niveau du guitariste et des besoins en équipement, présentent une évolution croissante, une progression dans la constitution de son set de matériel.

C'est évident et humain, le meilleur des guitaristes se produisant sur scène ou en studio disposera normalement des même "outils" que le prof de guitare. Ce sera bien souvent, et à peu de choses près, les mêmes outils que ce dernier utilisait lorsqu'il prenait des cours... Tout ça pour dire que les situations et les besoins sont régis par deux règles :

En effet, il est assez facile d'imaginer qu'un musicien qui dispose de 4 amplis 100 watts deux corps pour sa tournée internationale pourra se payer un petit 15 watts pour jouer entre copains. Par contre, il faut prendre conscience de l'erreur suivante : se mettre à la guitare électrique et décider (bien souvent à cause de l'état des finances) et de n'investir que dans la guitare en se rabattant sur le fait que des softs gratuits permettront de donner un bon set d'effet minimal et l'ampli sera constitué des baffles et de la carte son du PC.

Si l'analyse financière est judicieuse, elle ne tient pas compte pour autant des premiers paragraphes sur les besoins, les raisons et les situations... Pour ce qui est de disposer d'un instrument à portée de main, rien ne remplacera une vieille guitare acoustique sur un stand rapidement accessible...

Les premières années

Lorsqu'on débute, on se dit que pour l'instant, le fun ne nécessite pas d'investissements énormes. C'est vrai et faux.

Quelque soit son niveau, on souhaite dans tous les cas continuer à prendre autant de plaisir en jouant. Mais prendre du plaisir sur un instrument bas de gamme, mal réglé (parce que ça coûte aussi) et "à vide" c'est-à-dire sans au moins un câble et un ampli... c'est rapidement limite. D'expérience, ça ne durera qu'un temps (très court) ! Tout au plus 2 ou trois mois sans être réellement assidu.

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Alors la solution rentable, c'est le pack par marque qui comprend au moins une guitare, sa housse de protection, sa sangle, des médiators, un jack, un accordeur et un ampli. La guitare est un modèle très simple (un bas de gamme généralement) mais à un prix record puisque seule elle vaut le prix du pack (ah, les marges !!!). L'ampli ne vaut guerre plus mais permet de débuter et de jouer dans un environnement d'étude.

Pour un débutant, jouer pour le fun sans être contraint de jouer à vide, c'est disposer au minimum et pour une même fourchette budgétaire, des éléments suivants :

Activité

Set 1

Set 2

Set 3

Set 4

Set de base guitare Guitare électrique Cordes / Entretien Housse Câble Stand Guitare électrique Cordes / Entretien Housse Câble Stand Guitare électrique Cordes / Entretien Housse Câble Stand Guitare électrique Cordes / Entretien Housse Câble Stand
Etude Ampli étude 15w Ampli étude 15w Ordinateur Hi-fi
Solution pour le fun Ampli piles Acoustique    
Autres   Cordes / entretien pour l'acoustique Interface Audiocâble USB Type Mini PODConnectique AUX

Ce sont les 4 sets usuellement rencontrés (considérons, la chaine hi-fi ou l'ordi comme des matériels usuels que l'on retrouve dans tous les foyers, et si ce n'est pas la chaîne hi-fi, c'est au moins un dispositif externe de baffles ou dans le pire des cas un casque audio).

Par contre, pour compenser l'avantage offert par les dispositifs audio existant (hi-fi ou PC), considérons que les deux premiers sets comprendront un ampli (c'est souvent le cas des packs guitare) et que les deux autres sets seront composés d'une guitare seule (peut-être vendue plus cher qu'en Pack, mais de même qualité).

De plus, un ampli d'étude ne se négocie jamais neuf lorsqu'il est vendu seul : il serait dommage de se priver du phénomène de "dépôt / vente" qui fait que les magasins de reprise d'article Cash-machin-chose regorgent de petits amplis de 10 ou 15 watts à transistor revendus généralement par les guitaristes désireux d'investir dans un ampli plus puissant ou de meilleure qualité. On en trouve de très bien pour moins de 40 € !

Avec le recul, il semble que le guitariste qui va investir dans un ampli intègre très fréquemment la valeur de reprise de son ancien petit ampli, alors jugé inutile. Mais il est bon de rappeler qu'un ampli de 100 watts n'a pas la même fonction qu'un ampli de 15 watts ! Très rapidement le guitariste sera contraint d'acheter un ampli secondaire ou de trouver une solution de travail (hi-fi ou PC) pour lui permettre de jouer à la maison...

Je considère le set de base électrique identique pour l'ensemble des configurations, et je propose un comparatif des différents sets :

Set 1

300 € + 40 € ampli piles

Les Plus

  • Autonomie : indépendance du PC / chaîne hi-fi
  • Fun garanti avec ampli à piles
  • Même instrument pour toutes les utilisations
  • Jeu au casque

Les Moins

  • Pas d'effets
  • Pas d'outil d'enregistrement
  • Investissement léger sur l'ampli à piles

Set 2

300 € + 80 € acoustique

Les Plus

  • Autonomie : indépendance du PC / chaîne hi-fi
  • Accès immédiat à la guitare acoustique
  • Ouverture sonore à un second instrument

Les Moins

  • Coût d'acquisition et de maintenance de deux instruments
  • Pas d'effets
  • Pas d'outil d'enregistrement
  • Pas de jeu au casque en acoustique

Set 3

300 € + 200 € interface

Les Plus

  • Jeu avec effets et procédés d'enregistrement
  • Ouverture du monde informatique
  • Jeu au casque

Les Moins

  • Coût d'acquisition
  • Dépendance totale au PC (maintenance, pannes, démarrage, ...)
  • Pas de son typique de guitare
  • Mobilité réduite

Set 4

300 € + 100 € mini POD

Les Plus

  • Jeu avec effets
  • Possibilité de jouer sur piles
  • Jeu direct au casque

Les Moins

  • Coût d'acquisition
  • Pas de son typique de la guitare
  • Mobilité réduite du système d'amplification

En résultat, on se rend compte que pour un besoin de jeu standard (sans répétition, enregistrement, club ou mini- concert), avec un pack mini, le rapport coût / nombre de matériels est bien meilleur sur un set dédié.

Le set 1 est bien souvent le plus rencontré chez les débutants. Et heureusement, car il suit l'évolution logique de l'apprentissage. Souvent, lorsque le pack est à disposition, le guitariste est tenté de s'orienter vers des pistes d'évolution de son set, et non une transformation : il peut changer de guitare ou d'ampli mais s'orientera vers l'investissement dans un système d'effet qui s'insèrera entre la guitare et l'ampli dans 90% des cas... Il est bien trop heureux d'être mobile et indépendant (la liberté est une constante chère aux guitaristes).

Je fais un aparté sur l'ampli à piles, trop souvent ignoré ou délaissé. Ce petit équipement pas cher est tombé en désuétude... il est même devenu presque introuvable, et ne fait plus plaisir qu'aux collectionneurs ou aux enfants. Pourtant, il permet de brancher son instrument sur le canapé ou le lit, de se glisser dans la housse ou l'étui (voyage ?) et de jouer au casque pour s'isoler dans ces moments (à l'arrière dans la bagnole...). Sa qualité de fabrication s'est améliorée ces dernières années et les sons sont plus que suffisants pour le jeu dans ces conditions. Il répond selon moi à une excellente alternative à l'ampli "principal" (qui à l'occurrence est un 15 watts d'étude) accessible financièrement, pour jouer réellement pour le fun.

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Le set 2 résulte souvent d'un empilement de circonstances. Une première guitare acoustique a été offerte, et a fait place au set de débutant. Cette étape préalable ne présentait plus d'avantage à la réception du pack. Mais la réhabilitation de la "bonne vieille guinde" des débuts (invendable parce que cheap, poussiéreuse, ...) à eu raison de toutes les circonstances... À la plage, entre amis, sur le lit comme devant Guitar Part, elle permet de palier à ces besoins immédiats, comme de travailler un autre type de toucher (jeu aux doigts) ou de sonorités. Le seul désavantage, c'est son entretien : des cordes nylon comme bronze coûtent assez cher.

Petite astuce, veille de Noël les grandes enseignes vendent des modèles acoustiques de très mauvaise qualité mais pas trop chers. Ces modèles peuvent suffire pour subvenir à certains besoins, mais ne comptez pas obtenir une tenue de l'accord ou un son corrects avec de tels instruments...

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Le set 3 est à la base celui des mordus de l'informatique ou des étudiants... On peut tout faire avec son ordi, OK, mais dans des limites raisonnables. Bien souvent, eux-mêmes débutants et passionnés d'autre chose, se heurtent à de nombreuses difficultés : on ne branche pas sa guitare direct dans un ordi... il faut une interface adaptée au milieu. Et puis ensuite il faut connaître (comme pour tout dans l'informatique) en plus de la terminologie musicale et du jargon du guitariste, celui obscur et compliqué de l'informaticien. Quand ce travail est fait, on arrive enfin par jouer et exploiter seulement 10% des possibilités offertes par tout cet environnement (parfois au bout de 3 ans) sans avoir rêvé de jouer sur un Vox !!!

Mon côté vieille école ne m'incite pas à jouer devant un écran qui inhibe toute spontanéité (boot, mises à jour, risques de virus, branchements complexes, ...). Par contre, il se développe tellement de choses autour des interfaces audio (enregistrement, virtual bands, DSP, effets, ...) qu'il est intéressant de creuser d'avantage cette piste. Je dois admettre que la frustration de ne pas sentir vibrer un ampli (si petit soit-il) et de ne jouer que virtuellement ne m'a pas vraiment incité à m'y plonger comme il se doit.

Aujourd'hui, il existe deux mondes dans les interfaces audio : des cartes son externes qui permettent une restitution de qualité à des logiciels et des effets ou multi-effets qui intègrent un port USB à destination d'un ordinateur, mais qui peuvent aussi être joués sur ampli, au casque ou chaine hi-fi.

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Par une interface audio, d'un côté, le signal brut de la guitare va être traité par un préamp (comme sur tout set de guitariste avec un réglages de compression, clean/overdrive/distorsion, égalisation) puis des effets de modulation (chorus, flanger, phaser, ...), et enfin des effets d'ambiance (delay / reverb), ... et de l'autre, du matériel de production (virtuel) comme des séquenceurs, loopers, boîtes à rythmes virtuelles sont disponibles et doivent bien sûr être paramétrés et réglés... mais ouvrent un réel champ d'application à la production et la composition. Le matériel (virtuel) offre des possibilités énormes.

Le set 4 enfin est celui "du pauvre" dans la mesure où il est souvent le fruit d'une considération budgétaire... La guitare d'abord, puis ensuite on investira dans un dispositif (le plus complet qui soit) que l'on branchera dans la chaine hi-fi (ou dans le PC) voire au casque. C'est une lente progression, liée aux ressources financières, mais qui ouvre l'avantage de disposer à chaque fois du temps pour comparer convenablement les produits et trouver la juste adéquation à ses besoins... Un bon petit boîtier proposant simulations d'ampli + effets et permettant de jouer soit sur un ampli, soit au casque, soit sur hi-fi ou PC, c'est nécessairement un bon investissement (rentable en tout cas).

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Par contre, les heures passées devant les enceintes 3 voies de la chaîne de la chambre (pire, celle de papa au salon) ou au casque, c'est aussi écœurant : il n'est plus question de matériel mais de rendu sonore qui est un son mixé assez éloigné d'un son brut de guitare au travers d'un ampli. Inutile d'aborder les sujets de dynamique ou d'effets pré-production et postproduction, le son est riche d'effets, varié et les possibilités de l'équipement sont infinies au regard d'un simple ampli 2 canaux... Mais il semble toujours lorsqu'on a l'habitude des amplis et que l'on revient sur ces dispositifs, qu'il manque une étape, celle du branchement dans l'ampli, du micro placé devant le baffle, du boulot de l'ingé-son et du producteur tant le son est abouti.

Par la suite la guitare

Une étape est passée dès lors qu'il s'agit de s'ouvrir au jeu en groupe ou à l'enregistrement. Mais une étape intermédiaire est rencontrée juste avant par beaucoup qui voient leur set s'étoffer jusqu'à l'extrême... En effet, rares ceux qui au sortir des bases de l'apprentissage de la guitare, vont s'orienter directement vers des amplis plus puissants et des guitares de meilleure facture.

Considérons les éléments de la chaine un à un, à commencer par la guitare. Dans un premier temps, la première guitare électrique va présenter des signes de faiblesse. Même si là encore la qualité s'est améliorée ces dernières années, les guitares constituant les packs ainsi que les modèles "premiers prix" des grandes marques sont de plus en plus respectueuses de qualité d'assemblage et de finition. L'économie n'est plus faite sur les matériaux ou la simplification des formes, mais sur les matériels composant l'accastillage (vibrato ou cordier, mécaniques) et surtout l'électronique (micros, potentiomètres et sélecteurs).

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Le remplacement des pièces défectueuses (casse, usure, ...) n'est jamais envisagé, compte tenu du prix argus de ces guitares dont la valeur sentimentale est rarement évaluée à sa juste valeur (on verra dans 30 ans !). La principale évolution apportée à ce type d'instrument, c'est éventuellement le micro.

Ce qui est souvent un tort, car le débutant hésitant sur une éventuelle affaire eBay, va certainement envisager un remplacement par un micro flambant neuf à 80 €, soit 1/3 du prix du pack débutant... pour une guitare dont (on le sait) les mécaniques sont, avec le vibrato, assez légers et l'électronique à refaire, mais surtout, le manche ne retranscrira sûrement pas de manière efficace l'apport qu'aurait pu éventuellement constituer l'investissement d'un tel micro sur une bonne guitare.

Enfin, il y a ceux qui ont trouvé leur voie, le style musical de prédilection, ont aussi peut-être un peu grandi, et ne veulent plus la guitare au look gothique pour jouer du blues rock... ceux-là sont déterminés, et franchirons tranquillement le cap du changement en n'hésitant pas à se gourer à nouveau dans l'investissement d'un modèle d'entrée de gamme d'une sous marque. Les autres changeront peut-être de marque (associant à tort notoriété et qualité) optant pour la copie du modèle de leur idole. Peu enfin trouveront réellement un instrument qui leur correspond, mais il faut passer par là avant de savoir...

Je rappelle que dans mes conseils et guides d'achat, j'évoque la difficulté de jouer assis avec certains modèles aux formes particulières qui conduisent à ne pas pouvoir simplement disposer de son instrument sur les genoux, ce qui est un peu pénible si une partition est ouverte devant soi ...

Donc, comme la guitare "ne va pas bien", on change ! Mais est-ce vraiment la guitare ? Beaucoup déchantent après avoir reçu leur modèle essayé sur ... Internet par des inconnus qui peuplent des forums pour donner leurs avis en toute subjectivité. C'est à ce moment que la passion pour l'instrument sombre dans le music business, à cet instant que l'on vit son adolescence guitaristique (on voulait bien des marques, ados, alors qu'on n'avait pas une thune ?).

Il faut savoir que Squier par exemple, la sous-marque de Fender, produit en série des guitares qui peuvent accompagner le plus exigeant des guitaristes durant toute sa "carrière". Ce constructeur en particulier fait preuve de peu de soucis de distribution et de retour atelier pour malfaçon, et fait de très bonnes guitares à bas prix qui commencent même à agacer les responsables des chaînes de production mexicaines de la grande marque...

Gibson, l'autre grande marque, a beaucoup plus de difficulté avec Epiphone, mais l'écart est énorme entre une Gibson Les Paul originale à 2000 € et une Epiphone LP qui doit rester à 400 € dans les prix du pseudo-marché d'entrée de gamme, ... les matériaux entrent énormément en ligne de compte, mais aussi la finition, le matériel, ... tant que tout compte trop dans la balance pour espérer retrouver du modèle original autre chose que la forme. Gibson vend des guitares artificiellement chères, mais Epiphone ne peut se mesurer en concurrence à Squier sur la même gamme de prix en termes de qualité. On retrouve d'ailleurs le même problème de prix entre la gamme standard Gibson et le haut de gamme Fender pour de nombreux modèles soi-disant en compétition.

On investit dans les effets

Lorsque la guitare n'est pas (pas encore ou plus du tout) remise en cause, c'est généralement le système d'effets qui est montré du doigt. En effet, si celui qui a investi sur le dispositif d'interface audio à le temps de voir venir et mettra plutôt en cause le fait de faire suivre ordi + baffles, celui qui n'a pas d'effets (sets 1 et 2) voudra en disposer : là encore, il faut "se tromper" pour savoir qu'un effet ou des effets sont attendus pour avoir un son particulier, et non le son de...

Avoir le son de, c'est jouer sur la même guitare, le même ampli, les mêmes effets, mais surtout avoir le même toucher que ... si l'on change juste un maillon de la chaine, ça ne peut pas fonctionner. Surtout si l'on a 6 mois de gratte et que l'on veut le son de Van Halen... en achetant un phaser !

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D'abord, il faut savoir si l'on souhaite un effet particulier (démarche mature) ou plusieurs, et dans ce derniers cas si l'on va s'orienter vers des dispositifs dédiés (vous êtes allés sur guitargeek.com pour voir le matos des pros ?) ou des multi-effets. Les différences résident essentiellement dans le tableau suivant :

Set de pédales

Multi-effets

Chaque pédale dispose de son alimentation dédiée (pile ou transfo) Un système d'alimentation centralisé moins coûteux en branchement mais aussi en énergie
Chaque pédale doit être branchée via une connectique jack qui génère (inévitablement) du bruit crée des risques de parasites Le système est confiné dans un boîtier unique facile de transport
L'ordre de branchement influe sur le son L'ordre de branchement est virtuel, il influe sur l'ordre d'utilisation des algorithmes de traitement
Le changement de son consiste en une activation d'une ou plusieurs pédales et à la désactivation d'une ou plusieurs pédales : c'est donc une continuité du signal (actions cumulatives) sans coupure nécessitant une bonne synchronisation des pieds au cours du jeu Le changement de son implique obligatoirement le chargement de nouveaux paramètres, ce qui occasionne une microcoupure du signal, souvent audible et assez perturbante en live
Chaque pédale dispose de son système de traitement dédié Un gros processeur de traitement gère la complexité de l'ensemble des paramètres
Chaque pédale dispose de réglages individuels devant être gérés notamment en combinatoire avec d'autres pédales (mais offrant de nombreuses possibilités) Les paramètres de chaque effet peuvent être changés en amont de la création du son, mais pas en cours de jeu sauf avec une pédale d'expression paramétrée (programmée)
Le prix de 3 pédales équivaut à un multi-effets comportant 50 effets mais la modularité est un avantage Le boîtier ne permet pas le panachage des marques (son de disto Boss + delay Electro Harmonix + Chorus TC-Electronics)
Pas de mémorisation des paramètres Mémorisation possible de plusieurs paramétrages pour un même effet
Consommation électrique élevée (pédales de distorsion, surtout avec lampes) Consommation faible
Pas de sortie casque / mix ou PC sur les pédales (dans l'ampli ou rien) Sortie Casque / Mixée pour raccordement console de mixage / ordinateur / sono
Rangement et transport peu avantageux (un pedalboard coûte entre 200 et 300 €) Tient dans un sac à dos
Pas de possibilité de connecter à l'ordi sans interface Propose des patterns rythmiques, un accordeur intégré et une connexion PC pour paramétrage et enregistrement
Nécessite un accordeur externe Accordeur chromatique souvent inutilisable mais intégré
Facilité de paramétrage Manuel volumineux en français approximatif
Beaucoup de piles et de patch-câbles Besoin d'un câble jack supplémentaire et d'un transformateur dans le pire des cas
Bon prix de reprise "à l'argus" (certaines pédales se revendent 10 fois leur prix d'acquisition il y a 30 ans !) Perd de sa valeur au rythme des évolutions technologiques (i.e est très vite dépassé)
Du bruit (généré par les distorsions analogiques et les multiples patches câbles) Pas de bruit de fond
Un système de paramétrage visuel et lisible Un écran rétro-éclairé mais peu lisible sans "entrer" dans les paramètres

Ce n'est pas réellement un banc d'essai, mais il reste certain que les deux dispositifs présentent de nombreux avantages. Si l'argument financier dépositionne les pédales à compter de 3 effets, rien ne permet aux bourses les plus amoindries de construire son set au fur et à mesure... et d'expérience, c'est bien cette sagesse budgétaire qui engendre le fait qu'on s'équipe durablement de 3 pédales en 1 ou 2 ans alors qu'en contrepartie on change facilement 2 fois de multi-effets en 2 ans pour insatisfaction (à moins d'acheter un modèle qui coûte au bas mot 5 pédales !)

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Ne vous trompez cependant pas de cible, de nombreux effets nécessitent un format pédale ou pédalier, notamment ceux qui influent sur le volume, les fréquences et la hauteur des notes au cours du jeu, je veux parler des pédales de volume, wha-wha et autres whammy. Impossible de passer par autre chose qu'un pédalier en complément ou en pilote des interfaces comme les cartes son externes ou les PODs). Enfin, les pédaliers modernes permettent de piloter bien plus que ces paramètres, en associant la pédale d'expression (en complément ou incluse au multi-effets lorsque celui-ci est un boîtier au format pédalier de sol) la commande de variation d'un paramètre autre que volume ou wha, mais la durée de retard d'un delay ou la profondeur d'un chorus...

Je ne fais pas l'apologie des pédales séparées (encore moins des multi-effets) mais je constate que pour du matériel essayé en magasin, on se fera réellement une bonne idée d'un son en particulier avec une unique stompbox alors qu'avec un multi-effets sera plus délicat d'isoler un son particulier sans traitement annexe, et de choisir un module par rapport à un autre, car on ne peut pas être satisfait par l'ensemble des sons produits, même sur des modèles à prix élevés.

Enfin, je reconnais une certaine froideur aux multi à bas prix qui est liée aux traitements numérisés des distorsions et autres mécanismes d'émulation, de simulation et d'imitation des sons distordus d'amplis ou de pédales d'overdrive/distorsion. Cette "froideur" rendra l'équipement inutilisable dans certains styles, mais le tout numérique a du bon, car il ouvrira des horizons d'émulation de basses ou de guitares acoustiques, voire de sons midi pour les modèles les plus aboutis.

En contrepartie, autant les pédales de disto ou de wha seront difficile à reproduire numériquement (rien ne semble pouvoir détroner l'analogique sur son terrain de prédilection), autant les effets de modulation et d'ambiance seront efficaces au format multi-effets (rack ou pédalier). Introduits (lorsque c'est possible) dans la boucle d'effets de l'ampli, leur action sera encore mieux maîtrisée et ils seront plus efficaces. On trouve de vieilles réverbs numériques pour 70 € d'occasion dans les magasins de DJ, sono, claviers et/ou sur Internet.

Pilotables via Midi, les effets au format rack offriront une qualité stéréo amplement suffisante pour un guitariste amateur. Ces modules numériques des années passées génèrent beaucoup de souffle, mais sont souvent "refourgués" à bas prix et sont utilisables dans la boucle d'effet, pour le mix, pour du chant, pour une basse ou tout autre instrument... Leur recyclage semble rebuter les plus pointilleux, mais il vaut mieux un bon rack Alesis pour des réverbérations et delays qu'un mauvais Zoom. Et puis, souvent, on les trouve pour la moitié du prix d'un multi-effets bas de gamme neuf !

Dans les deux mondes analogiques en pédale comme en multi-effets numériques (pédalier ou rack), Boss, la filiale de Roland (et ses synthés) qui s'est spécialisée dans les modules dédiés aux guitares, excelle depuis plusieurs années. Mais ce leader est talonné de près par un Line6 qui a tout compris : intégrer tout ces effets dans un ampli en développant l'interfaçage PC, c'est-à-dire en développant tous les points faibles de son concurrent direct Boss.

On investit dans un ampli

L'ampli n'est remplacé, pour beaucoup, que lorsqu'il atteint ses limites : c'est la forme de remplacement la plus saine. Lorsque le 15 watts ne "passe" plus, il faut plus de puissance. Pour jouer en groupe (répétitions) il faut au moins 65 watts à transistors, à moins de disposer d'une sono et d'un micro pour repiquer son ampli (très rare), le guitariste d'un groupe mise en général sur un modèle d'au moins 100 watts directement.

De toute façon le HP 8 pouces de l'ampli d'étude est un frein à la projection sonore... Il est limité même si depuis quelques années ces HP qui permettent aussi de sortir un son mixé d'une source audio externe (lecteur CD/MP3), délivrent généralement des basses correctes même à faible volume. Sa prise casque est peu exploitable (sauf en son clair) et les canaux rarement switchables via un commutateur au pied, ne permettront pas de passer rapidement d'un son clair à saturé, en tout cas sans pédale de distorsion complémentaire...

Enfin, peu proposent un Line Out, c'est-à-dire une sortie permettant un éventuel raccordement à un équipement d'enregistrement ou de mixage, voire la carte son d'un ordinateur... De même, le seul effet qui sera éventuellement proposé, c'est une réverbération sans autre réglage que son intensité. Enfin, il n'y a que rarement une sortie HP complémentaire et une boucle d'insert des effets...

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On a donc envie d'en changer, mais les finances bloquent. Mais pourquoi ne pas considérer qu'il puisse aussi être bien de sonoriser son ampli ? Pensez qu'un ampli à lampes dégage une "autre" puissance qu'un transistor, et si vos moyens sont réduits pour passer sur un 30 watts à lampes (qui suffit en groupe) et que vous ne souhaitez pas perdre de la dynamique des lampes, il faut alors trouver une alternative.

Il en existe deux, très bonnes, la plus économique étant de repiquer son ampli avec un micro pour instrument (50 €) et de le brancher à la sono qui diffuse le chant (si elle le permet). En disposant de retours autre que son ampli de 15 watts, l'investissement est faible et permet de patienter pour le 30 watts tout lampes... L'autre alternative nécessite la sono, mais passe par une boîte de direct à 50 € au lieu d'un micro, et si la boîte est un bon modèle, ça risque fortement de magnifier le son et simplifier les branchements.

Je tiens à ajouter qu'un ampli pour guitare électrique est conçu pour répondre à un cahier des charges spécifique qui respecte la restitution de fréquences particulières : le son clair et les saturations sont métalliques parce que c'est voulu. Aussi, une guitare électro-acoustique ne pourra donner un rendu sonore suffisamment brillant sur ce type d'ampli, et il lui faudra un ampli adapté (disposant d'une corne de restitution de fréquences aigues et effets de jeu rythmiques). À contrario, une guitare électrique dans un ampli pour électro-acoustique peut donner des résultats intéressants. Ce qui est à proscrire, c'est l'utilisation d'une basse dans un ampli pour guitare qui peut endommager la section de préamplification comme le haut-parleur.

Enfin, de nombreux amplis sont conçus pour les instruments actifs et passifs (modèles Laney, Peavey ou Fender) et il faut respecter les entrées High et Low en fonction de la sensibilité du niveau d'entrée. En aucun cas ce n'est fait pour connecter deux instruments sans risques de cacophonie ou de coupure de signal et certainement d'un mauvais rendu sonore ! C'est pour respecter le son de l'instrument et la variation notamment rencontrée entre un instrument passif ou actif et le fait que le son soit préamplifié ou non - au besoin, lire la doc de la guitare (c'est de l'humour, peu de guitares sont vendues avec la doc !).

Pour les guitares hybrides, connecter l'entrée électrique dans un ampli ou des effets adaptés et l'entrée électro dans un ampli dédié ou une sono qui couvrira donc la bonne plage de fréquences. Si vous souhaitez brancher deux guitares dans un même ampli ou une guitare vers un, deux ou les deux amplis, il faut passer par une A/B/Y box. De manière générale, une guitare électrique pourra être branchée dans un ampli pour électroacoustique ou même pour basse mais ne donnera de bons résultats que dans un ampli dédié aux guitares électriques.

Enfin, avant d'acheter un ampli qui sera moins contraignant en installation, il est parfois possible de disposer sur des modèles spécifiques d'une sortie speaker out permettant le raccordement d'un baffle d'extension supplémentaire. Oui, il s'agit d'un investissement, mais qui peut aisément être mutualisé avec un autre guitariste, et surtout de permettre de profiter d'une dispersion sonore plus étendue donnant une impression d'un volume parfois suffisant pour s'entendre sans repiquer l'ampli. Mais c'est seulement si le batteur fait des efforts en répétition, ce qui est rare car c'est généralement son moment de défoulement préféré !!!

Battle's guitar

"Trêve des investissements intermédiaires !", même si une boîte de direct, un micro instrument ou un baffle d'extension ne sont pas des investissements temporaires mais pourront très bien servir par la suite... Il faut donc envisager de changer l'ampli, et changer pour un de mieux...

À y être, autant choisir un bon ampli pour ce renouvellement, et encore là, il y a deux écoles : puissance ou son... Je suis partisan d'un bon petit ampli plutôt que d'un très gros qui soit exploitable qu'en des circonstances particulières (soirées, répétitions) ce qui ne simplifie pas les réglages de votre matériel.

De nos jours c'est intéressant et peux onéreux de disposer d'un ampli de technologie lampes, même s'il suscite de l'entretien comparé à un tout transistor, car les modèles de faible puissance restent accessibles financièrement (400 € pour un tout lampes de 30 Watts fabriqué en chine, ce qui constitue un budget, certes... pareil pour un 80 watts transistor). Et cessez de penser qu'un bon 100 watts à lampes est un must, personne ne peut régler correctement le son sans couvrir l'ensemble du groupe en répet'.

Comme ce prix est exorbitant, ça implique de revendre l'ancien ampli, ... et c'est encore une erreur de penser pouvoir remplacer celui qui a amplifié votre son jusqu'ici car il sera réutilisé pour bosser à la maison, avec des copains, ...

En bref, un guitariste de groupe a au moins 2 amplis : celui pour le jeu en groupe et celui pour bosser chez lui. Pensez-vous que les grands noms de la guitare exposent leurs oreilles à du 100 watts lampes à raison de 7 à 8 heures par jour ? ... Comment ? Vous pouvez répéter ?

Si l'on suit mes conseils, le guitariste de groupe a dans son étui un mini ampli à piles, dans son bureau un bon ampli 15 watts, dans son studio un 100 watts (ou plutôt un 30 watts lampes et sur scène un stack 100 watts).

Enfin n'oubliez pas les règles d'entretien et de vie d'un ampli à lampes : la durée de chauffe des lampes avant utilisation (qui bloque le côté spontané), le refroidissement des mêmes lampes avant de déplacer l'ampli (l'ampli n'apporte plus la mobilité qu'on rencontre avec un petit ampli à transistor pour lequel on se permet d'être moins soigneux). Faut-il encore penser payer pour avoir le son de ? Vous vous rendez probablement compte que la quête du son passe autant par d'avancées que de retours arrières. Et je vais même pousser encore un peu plus loin...

Battle's guitar

Après sa période "concerts", le guitariste confirmé mais toujours amateur va revenir à des basiques. D'abord parce qu'il va travailler comme tout le monde et qu'il ne peut plus passer 2 heures par jour à jouer de la guitare (à son grand désespoir...). Mais aussi parce qu'il a besoin de place chez lui et que le gros Marshall qui prend la poussière donnera sûrement un bon prix pour le landau du petit second... Là encore de bonnes affaires pour ceux pour qui le besoin est naissant.

Et oui, ainsi va la vie, on finit par se brancher ailleurs, respecter ses voisins et prendre des orientations musicales plus mesurées, sur un bon 20 watts avec sa bonne vieille guitare, mais aussi dans un PC, un multi-effets, ... parce que le pouvoir d'achat est (ou a été) supérieur. Mais on fait toujours et encore les mêmes erreurs.

En changeant d'ampli, ne va-t-on pas penser avant tout à la puissance, et la polyvalence, et peut-être à nouveau payer le prix d'une combinaison hasardeuse d'effets et de watts, quand elle ne comprend pas en plus un étage de préamplification constitué de simulation d'amplis... En gros, un multi-effets monté sur un ampli d'autoradio de bagnole avec des baffles dessous ? Et là encore,vous pensez que ça va être bien d'avoir près de soi l'imitation d'un Fender, d'un Vox, d'un Mashall et d'un Mesa Boogie ? ... pour le prix d'un bon overdrive ? Ça ne sent pas l'arnaque, ça ?

Si le rendu sonore peut subvenir aux besoins des moins exigeants, il faut également se rendre à l'évidence que ces amplis tout-en-un sont pratiques, mais ne permettent pas de jouir d'une grande originalité question touche sonore. Du coup, essayez de jouer à deux guitaristes en groupe avec deux Spider de Line6, et vous aurez probablement du mal à savoir (à l'écoute) sur quelle guitare joue chaque guitariste, si tant est que vous ayez distingué les deux pistes de guitare...

On est face à un formatage assez éloquent qui combiné à un phénomène de mode et les contextes de crise financière, forcent les guitaristes à tous sonner pareil. Heureusement que les forums sur Internet leur permet de développer un chouïa de créativité au travers de messages SMS ou onomatopées qui peuplent les comparatifs et banc d'essai des (mêmes) matériels de musique !

On s'enregistre

La solution la plus immédiate de nos jours, c'est l'ordinateur. Elle est accessible (une interface audio à 200 € donne d'excellents résultats), répandue et évolutive (firmwares et patches à outrance, même en changeant l'ordi). C'est donc naturellement que le guitariste va se tourner vers ce média, entraînant avec lui les bassistes et même les chanteurs qui passent par un simple micro chant dans la même interface (les claviers sont déjà dans l'informatique depuis les cartes perforées, ...).

Les choses se compliquent dès que la prise de son est un peu plus compliquée que celle du chant : en effet, une guitare sèche, un ampli, un saxophone, et, ... le cauchemar, une batterie et les 7 ou 10 micros qu'il s'agit de bien placer...

Devons-nous rester aux productions simples et numériques avec samples et séquences de clavier et de BAR (boîte à rythmes) ? Pour des compositions personnelles et les pistes simples dans la prise de son, je réponds oui sans hésiter. Accessibles au bout de quelques heures (jours) de pratique, les logiciels informatiques intègrent des notions de multipiste avancées plus qu'intéressantes à exploiter et des effets pour les arrangements très efficaces. En plus l'encodage se fait aux formats les plus portables qu'il soit, l'ordi permettant les conversions en MP3 et autres pistes audio.

Battle's guitar

Veillez à produire un contenu accessible sur un lecteur MP3 (au casque), une platine de salon, un autoradio, ... L'équipement reste donc minimaliste, composé de deux ou trois bons micros, d'un pied, d'une interface et de ses logiciels... Cependant il faudra penser aussi à rajouter les pistes de batterie en enregistrant "à l'ancienne" sur un dispositif de mixage et la foultitude de micros qui pourront être loués dans toutes les bonnes échoppes de matériel de musique.

Mais il est un point sur lequel je pense qu'il est bon d'insister : c'est la possibilité d'utiliser une partie de cet équipement à des fins détournées... Notamment les pieds et les micros. En effet, je pense qu'il existe une étape intermédiaire qui s'intercale entre le démarrage du jeu sur scène ou en répétitions et l'investissement d'un nouvel ampli. Les moyens ne sont pas présents à ces débuts, et la priorité est donnée à une sono et des retours plutôt qu'à un ampli 100 watts.

Battle's guitar

Du coup, le set de micro peut repiquer un ampli même de 15 watts, notamment si le son convient parfaitement ou bien s'il est issu d'un modèle d'amplification à lampes nécessitant que le volume de sortie soit suffisamment monté pour bien sonner. Ce qui veut dire (encore que) que ça sonnera aussi à fort volume avec un 30 watts lampes en club sans être repiqué, et 100 watts pour faire des salles...

On évolue

Si l'on souhaite souvent toucher à tout (enregistrement, scène, groupe, studio, ...) parce que les guitaristes restent de grands enfants, c'est bien connu, en grandissant dans sa maturité guitaristique, on ne s'assagit réellement que sur un seul point : un investissement à long terme coûte plus à l'entretien qu'à l'achat.

C'est comme pour une voiture : le coût de maintenance (pneus, vidanges, lavage, essence) est rapidement plus élevé que le coût d'acquisition. Et c'est lorsque l'on fait les frais de sa négligence que l'on s'en rend bien compte (donc souvent trop tard). Alors en prenant de l'âge, on anticipe, on devient prévoyant, on plie ses câbles, on change proprement et régulièrement ses cordes, on n'expose plus sa guitare à la poussière et aux chocs, on éteint proprement son ampli et ses effets (en baissant le master volume avant de débrancher, ...).

Les plus soigneux institutionnalisent l'entretien en s'équipant des meilleurs outils et pratiquant un soin particulier sur les réglages. Les garçons plus que les filles sont forts pour ce côté bricolage... ça fait partie des marottes persistantes prononcée chez la gent masculine.

En grandissant, on écoute et on s'écoute. À la maternelle, les gosses apprennent à respecter la prise de parole de l'un d'entre eux. En répétition, c'est souvent celui qui joue le plus fort qui a raison, au tout début. Dans un magasin, c'est celui qui a la meilleure politique de marketing qui sera préconisé par le vendeur. À croire que la discipline n'existe pas en musique. Du coup, on agit très vite avec deux seuls principes : "toujours plus fort" et "au moins pareil que". C'est très rock'n'roll mais ça présente des limites de sociabilité et d'intelligence.

Plutôt que de pousser toutes les limites, autant fixer de sages étapes... c'est le premier conseil qui pousse à réfléchir sur le but à atteindre, souvent confus, rarement déduit de préceptes révélant une grande maturité. Ensuite, il ne faut pas oublier que la musique, c'est un mode d'expression et que l'originalité finira par prendre le pas sur l'uniformité... Il s'agit donc de développer son expressivité plutôt que sa collection.

Enfin, en grandissant, c'est son opinion qui prime. Fini les magazines, les publicités, les vendeurs, ... Même si les forums font l'apologie d'une guitare, il faut l'essayer avant de juger et adhérer ou non aux avis sur l'instrument. Le goût se développe peut-être avant la réflexion, mais il est souvent utile de revenir aux goûts de base.

La guitare McDo existe, et j'ai le sentiment de la côtoyer et la fuir continuellement. Je ne suis pas le José Bové intégriste et puriste de la guitare (loin de là !) qui branche sa vieille Gibson Les Paul en direct dans le Vox AC30 (j'aimerais pourtant parfois, ça paraît pas trop mal, ...), car je ne donne pas de conseil destructeur (comparé aux comparses en boutique ou sur Internet...) mais j'appelle à prendre du recul sur les choses avant d'y laisser des plumes. Je suis passé par là, et je dois avouer qu'il m'en reste de moins en moins à mon joli plumage. Pourtant, je continue à faire des erreurs (comme tout le monde), mais à mon grand âge, je regarde peut-être différemment les choses.