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la pédale de disto ou d'overdrive




On a beau dire, ce n'est vraiment pas évident de choisir une disto ! Quand on est débutant et qu'on a bien été conseillé, c'est très souvent l'investissement qui va suivre le couple guitare ampli. Avec la wah-wah, c'est le second "effet" le plus identifiable, et souvent celui qui permet de pallier au manque de gros son de l'ampli. Quand on est plus chevronné, on se penche souvent sur l'investissement d'une distorsion analogique parce qu'on s'est fait piéger à acheter un multi-effets boîte à tout faire, mais que les distorsions ne sont pas convaincantes.

Notez que la différence entre overdrive et distorsion est assez floue, surtout pour les débutants. Je vais tenter de donner une définition : l'overdrive est le son obtenu par la saturation naturelle d'un ampli poussé à fond, alors que la distorsion est obtenue par une saturation du signal d'entrée d'un ampli lui aussi poussé au maximum. On trouve des médiums à l'overdrive, et des basses et des aiguës à la distorsion. L'overdrive vient donc ajouter un drive naturel et expressif, propre aux musiques comme le blues, le rock et hard-rock, alors que la distorsion, plus artificielle, est d'avantage chargée en "grain", et donc s'apparente aux styles heavy-rock et métal.

Bien sûr, dans les deux cas, ce sont des critères assez différents qui vont conditionner le choix. Ajouter une seule pédale au prix parfois d'un multi, c'est un choix difficile pour un débutant, tenté par les sirènes marketing des haricots et autres pédaliers en plastique. Pour le guitariste expérimenté, c'est rajouter une boîte en fer de couleur moche à côté de son pédalier, l'alimenter, la raccorder, ... ça fait cher payer pour avoir un son potable (non pas en termes de coût, mais de petits compléments comme le patch câble, l'alim, la petite valise de transport que l'investissement suscite).

Au travers de ces deux cas, on établit le constat suivant :

On va bien sûr commenter ces trois points, en partant par la fin, si vous le voulez bien (si vous ne voulez pas, vous n'avez qu'à lire à l'envers !). L'ajout d'une disto, bien souvent d'une première pédale, est un petit "événement" car en plus du prix de la pédale, il faudra anticiper un transfo ou un budget pile, au moins un câble supplémentaire et savoir comment trimballer le tout (une seule pédale, ça va encore, ça se glisse facile dans une housse ou un étui, on n'a pas besoin de constituer un pedalboard...).

Alors oui, ça ne se branche pas n'importe où, généralement après la guitare ou même après la wah-wah, la disto se position toujours en début de chaîne. Pas question de la mettre en insert dans la boucle d'effet de l'ampli ! Par contre, des multi-effets comme ceux de Digitech, ont prévu une boucle de préamplification permettant l'insert d'un module de distorsion (ce qui est à moitié un aveu de la non performance des distorsions intégrées à l'effet).

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Ensuite, ce type de module, ça s'alimente, et bien souvent pas n'importe comment. On a beau chercher un transfo pour la guirlande du sapin de Noël, celui du Bontempi de la petite sœur ou encore un universel acheté en magasin, l'alimentation non adaptée engendre bien souvent une ronflette qu'il est bon d'éliminer. Il faut une alim stabilisée, si possible de la marque de la pédale parce qu'elle est conçue pour. Si jamais on ne trouve pas ça, on a les piles qui doivent donner un rendu silencieux, du moins en théorie.

Ensuite, il faut aussi se rendre à l'évidence, l'ajout d'un module complémentaire, ça va être brancher un câble de plus, et là, je recommande une longueur adaptée, la plus courte possible, soit un patch câble si le module est raccordé à un autre, soit un câble équivalent à celui utilisé jusqu'ici entre l'ampli et la guitare.

Enfin, il faut s'attendre à une "nouveauté" en termes de transparence du son : monter un module analogique au milieu d'un complexe tout numérique, ce n'est sûrement pas si transparent, ça colore le son de la guitare, même by-passée, car le problème des effets analogiques, c'est la transparence pas toujours respectée du signal à vide : le ture bypass quasi inexistant sur les premiers prix ou les effets les plus célèbres.

Ensuite, c'est surtout sur la dynamique que le changement va surprendre, mais là, c'est que du bon : la tendance à trouver un équilibre entre le son clair et celui généré par le module va permettre aux moins chauves de s'arracher les cheveux, car on est en face de la panoplie de réglages consistant à avoir un rendu sonore homogène, et je ne saurai trop rappeler l'incidence d'une égalisation ou du taux de DRIVE sur le rendu final.

En effet, le module de disto est un maillon essentiel sur la dynamique et le rendu final du signal. Beaucoup de puristes travaillent avec le son de l'ampli comme son de référence : c'est l'ampli s'il est poussé qui donnera la meilleure disto (ils en ont de la chance de pousser l'ampli), et les éventuelles adjonctions de disto ne feront que modifier le signal entrant dans l'ampli pour "colorer" leur son de référence. Cette saturation là, la plus musicale, elle est très souvent souhaitée à faible volume par les débutants...

Combien, parmi les musiciens renommés, utilisent un module analogique dans un gros ampli (souvent à lampes) pour grossir leur signal :

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La Boss DS-1 pour le son standard de distortion et l'Ibanez TS-9 pour celui de l'overdrive, les pédales standards qui constituent un "must have" selon moi.

Combien de gros sons sont générés par des overdrives qui viennent booster un canal déjà saturé d'un ampli, et combien de guitaristes poussent ce dernier dans ses retranchements ? Pas facile de reproduire ça avec un ampli à transistors dans sa piaule, ni même avec une émulation qui va compresser le son et transformer en bouillie la distorsion dès que l'on va trop dans les aigus...

Il est donc indispensable de jouer artificiellement sur la grosseur du son, et d'entrer en son clair dans un petit ampli, afin de conserver la dynamique et de ne pas rajouter de compression. C'est le principal défaut de l'ampli d'étude : pour simuler les gros sons saturés, les constructeurs proposent un piètre canal drive partageant son égalisation avec le canal clair, et compressent le son pour que le grain ne soit pas trop dégueulasse dans un haut parleur de 8 pouces. C'est aussi ce procédé qui "dégoûte" un peu le débutant qui souhaite avoir du gros son à bas volume.

Pour un utilisateur de multi-effets, jouer sur le canal clair, il connaît, il branche même parfois son équipement dans l'entrée RETURN de la boucle d'effet pour n'exploiter de son ampli que la section de puissance. Autant dire que la coloration de l'ampli, il n'en joue pas et qu'il se sert de ce dernier comme d'une alternative au casque ou aux baffles pour home cinéma ou PC. L'apport de l'analogique va amener une dynamique qu'il ne soupçonne alors pas (ou plus, les sirènes chantent vraiment très fort ...).

La disto viendra donc combler ces manques en dynamique, faire en sorte de retrouver dans les cordes un "répondant" que la compression masquait jusqu'alors. Aussi, dans le choix d'une bonne disto, je ne saurai vous conseiller qu'un choix judicieux, parmi les distorsions les plus connues, en commençant par les effets les plus simples à utiliser.

Et là commence un vrai dilemme : le simple fait d'ajouter un module entre la guitare et l'ampli ou l'effet est aussi bien compliqué. Certes, des modules de disto venant en complément d'un préampli, c'est réellement un ajout de dynamique, et afin de tomber dans un extrême que je ne souhaiterai pas favoriser, force est de reconnaître que des modules de disto "à tout faire" feront très bien l'affaire : les émulateurs.

Si les distorsions les mieux faites, à mon sens, ne sont pas ces émulateurs numériques qui distillent le son d'une pédale et/ou d'un ampli, on retrouve tout de même une exploitabilité dans les modèles comme la Distortion Factory de Digitech, ou les Boss FDR1 ou FBM1 qui reprennent respectivement les sons d'un Delux Reverb et Bassman. On a aussi le devenu rare Line6 DM4 qui va émuler les sons de pédales les plus connues du marché.

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Digitech Distortion Factory DF-7, la pédale à tout faire... ou presque !

Quels sont les sons copiés ? Quel est l'avantage de ces modules ? Le "tout en un" est intéressant : lorsqu'on a sous le pied une Ibanez TS-808 Tube Screamer, la Boss Metal Zone, la Arbiter Fuzz Face, une Big Muff Pi ou une ProCo Rat, on est loin d'être démuni ! La palette est certes intéressante, c'est l'utilisation qui va en être compliquée, notamment pour ceux qui ont en tête un son bien particulier.

Mais en ayant traité comme point d'entrée cette catégorie particulière, il est, selon moi, plus simple de s'engouffrer dans cet entonnoir qui consiste à ne posséder qu'une ou deux de ces pédales maintes fois émulées pour construire un son qui vous appartienne. Voire de retenir parmi les sons qui vous plaisent une ou deux pédales qui permettraient de l'approcher de manière fiable.

Parce qu'évidemment, il y a un piège au "tout en un" et aux mérites vantés par les constructeurs à ces modules à émulation qui, s'ils répondent à un certain besoin de polyvalence sur le papier, ne sont pas extrêmement exploitables avec le matériel de monsieur tout le monde, notamment un ampli ou une guitare issues d'un pack débutant. Si l'économie est évidente, pour le prix d'une pédale on en a 7, il faut aussi tempérer ses ardeurs, sur les 7, il n'y en a vraiment 2 ou 3 qui vous "parlent" et que vous allez utiliser, et techniquement, seulement 2 qui vont "sonner" sur votre matos (et pas nécessairement les bonnes !).

Parce qu'il ne faut évidemment pas se fier aux démos sur Internet et aux sound samples figurant sur les sites de constructeurs. Même les avis donnés ici et là sur les forums (et dans ce site) sont à prendre avec un peu de recul, notamment, est-ce que ça va sonner pareil avec mon set ? Vais-je l'utiliser de la même manière ?

Eh oui, le problème de ces modules, c'est réellement l'essai, et pour ça, il y a plusieurs méthodes :

Parce qu'il faut que ça colle à vos attentes et à votre matos. N'espérez pas avoir un son de furie avec une guitare d'entrée de gamme ou même, si c'est moins important, dans un ampli de 10 watts quelconque. Ne pensez pas non plus égaler ce qu'un artiste Gibson - EMG - MXR - Marshall lampes produit avec votre kit Epiphone - MXR - Marshall transistors. Soyez réaliste, le but est de s'approcher de, pas nécessairement de reproduire parce que pour ça, il vous manquera toujours quelque chose de primordial, le toucher.

Ce n'est donc pas parce que les différences audibles sont énormes qu'il ne faut rien faire. En restant dans les références, et en fonction de votre style de prédilection, vous êtes à même de faire un choix, même judicieux, pour construire ou améliorer un son qui vous est propre. C'est un exercice que je trouve personnellement long mais aussi passionnant que de constituer une palette de son.

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Electro Harmonix Big Muff, le son vintage d'une Fuzz un peu différente mais si chaleureuse.

Et vous avez plusieurs approches, qui sont toutes autant discutables, mais valables, dans la mesure où elles vous font "travailler" des nuances et vous amener à une démarche qui n'aurait pas eu lieu d'être avec les paramètres obscurs des modules aux sons "tout prêts". Même si ces derniers sont paramétrables, je doute que la quête à la pédale analogique soit équivalente à la chasse au taux de distorsion de 66% !

Je considère sérieusement plusieurs approches de quête du son, espérant, de manière réaliste, vous donner quelques pistes sérieuses :

Il existe probablement d'autres méthodes qui peuvent orienter votre choix, et il y a probablement d'autres critères qui vont conditionner votre achat, notamment la contrainte financière : si acheter une pédale constitue un investissement souvent inférieur à 100 €, il vous est bien souvent difficile de les réunir. Heureusement, les sites de vente d'occasions sont assez bien fournis en la matière et vous avez toujours les notices accessibles en ligne.

Mais la contrainte budgétaire va également de paire avec l'étendue des besoins et la polyvalence qu'ils suscitent. Si la démarche de recherche est élégante, elle n'entraîne pas moins quelques effets de bords, notamment le fait de disposer de deux modules plutôt qu'un seul. Le coût inévitablement n'est pas le même, et la gestion du son qu'elle implique non plus : deux pédales au sol, c'est "jouer des claquettes" lors du changement de son.

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Vox Ice9 Joe Satriani signature, le son vintage et moderne d'une pédale d'overdrive vraiment polyvalente.

Il est d'usage de disposer de plusieurs pédales de distorsion chaînées entre elles, notamment pour disposer de plusieurs sons accessibles au pied : le clean de l'ampli, l'overdrive et la distorsion sont, à mon sens, une base qui offre une polyvalence relativement bonne. Mais certains complètent même d'une seconde distorsion, d'une fuzz, voire d'un second réglage pour disposer d'une palette sonore encore plus large.

Hormis le phénomène "claquette" évoqué plus haut, il y a aussi le réel besoin de répondre aux problématiques de rythmique et solo, de sons plus ou moins égalisés, d'harmoniques, de gain, de compression, ... C'est pourquoi, pour couvrir pleinement cet éventail de besoins, beaucoup optent pour un multi-effet qui simplifie l'accès aux sons au pied. Mais ils sont alors confrontés au fait de ne disposer que de distorsions ou overdrives numériques...

En fait, rares sont ceux qui proposent une réelle distorsion analogique commandée directement dans un module programmable (et donc numérique) : je ne connais que le TC Electronic Nova System ou Nova Drive qui offre cette fonctionnalité sur une pédale, sinon, il faut miser sur des préamplificateurs au format rack, mais dans ce cas précis, on sort du sujet.

Et ça se complique si l'on souhaite bénéficier de sonorités particulières intégrant une wah-wah ou une wahmmy, un compresseur, un égaliseur ou un booster qui vont, comme une overdrive ou une distorsion, jouer sur la dynamique du son de la guitare... Peu de multi-effets permettent de "jouer" sur l'ordre des traitements ou d'intégrer une boucle permettant de judicieusement placer une pédale (Digitch, Korg, ...). Eh oui, une disto avant une wah-wah, ce n'est pas le même son qu'une wah-wah puis après une disto !

Pour revenir aux pédales de disto, et principalement aux analogique, si la dynamique est sans pareil, il faut aussi évoquer une pratique peu répandue mais ô combien efficace, le stackage qui se traduit par empilage. Si disposer de deux pédales (idéalement, pour moi, overdrive et distorsion) permet d'offrir 3 sons au pied (clean = aucune pédale activée) il existe un quatrième son vraiment intéressant qui combine les deux pédales.

Dans le sens OD puis DS, une fois l'overdrive activée, elle va alors booster le signal d'entrée dans la disto qui sera activée derrière : le son s'en verra plus puissant, les taux de gains vont se cumuler et les harmoniques se développer de manière incongrue et enfin, le sustain sera accru. Toutefois, le sustain et les bruits parasites seront aussi de mise, attention à bien parfaire les réglages.

Dans le sens DS puis OD (ça existe) il y a un résultat plus compressé, mieux équilibré d'un point de vue égalisation et plus proche d'une fuzz d'un point de vue sonorité (un grind bien caractéristique) et surtout, une compression assez singulière. Cependant, son exploitabilité reste en-deçà des attentes, principalement car l'OD dispose généralement d'une réserve de près de 15 à 30dB, offrant une fonctionnalité de booster très efficace, alors qu'une disto classique ne travaille pas de la même façon...

Le stack de deux pédales offre donc des possibilités nouvelles, même si, en règle générale, il consiste à outrepasser les capacités sonores de l'un des deux modules. Les réglages de l'un influent évidemment sur les paramètres de l'autre, et l'obtention d'une combinatoire satisfaisante passe souvent par deux paramétrages qui, de manière isolée (une pédale ou bien l'autre, mais pas les deux simultanément) n'apportent que rarement satisfaction. A essayer, donc !

Pensez à analyser le son d'une pédale en fonction de la course du volume de votre guitare, car le rendu est aussi différent d'un module à l'autre et en fonction de l'électronique de la guitare et du traitement du signal d'entrée d'une pédale. Les micros puissants apportent certes beaucoup de puissance et favorisent les harmoniques lorsque le volume est au maximum. En baissant le potentiomètre de volume, on perd généralement de la puissance du signal et les hauts médiums et les aigus sont alors en retrait, voire absents du rendu. Certaines pédales comme la Vox Satchurator compensent cette perte par un filtre, le "Volume Pull Off", ce qui donne un rendu assez fidèle à une baisse sonore en conservant la possibilité réaliste de faire "cruncher" un son clair par l'attaque du médiator.

Par construction, ces pédales disposant d'un mécanisme de "Volume Pull Off" qui compensent donc automatiquement de la perte de fréquences aigues, ne peuvent avoir de True Bypass, mais disposent d'un système à relais qui réhausse le signal, même en baissant le volume. Leur comportement est souvent jugé assez compressé dans un ampli à lampes, et "lisse" dans un ampli à transistors, mais cette neutralité est aussi recherchée pour jouer sur un son clair, quelque soit le volume attendu (on a donc le même son sur scène et dans sa chambre). Mais c'est le choix de certains musiciens que de disposer d'un ampli puissant et très clair et de ne colorer les distorsions qu'à base de modules complémentaires, comme Satriani qui bizarrement vante les mérites des amplis deux corps célèbres pour leur "grosse" saturation (Marshall et Peavey JSX) !

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La disto signature de Joe Satriani, avec une conception inovante, des options invisibles mais audibles et un switch "More" agissant comme un booster pour "prendre" un solo ou ajouter du drive, c'est selon !

Maître Joe s'équipe alors de modules de distorsions qui sonnent trés bien sur des sons clairs, comme une Boss DS-1 ou sa fidèle reproduction chez le concurrent Vox, la Satchurator (qui est une excellente pédale au demeurant très polyvalente). À l'opposée de l'Ibanez TS-9 qui se comporte mieux comme booster sur un canal déjà saturé, la Satchurator intègre également le mécanisme "Input Clipping" qui régule le niveau d'entrée (sans compresser pour autant, mais une sorte de limiteur) afin d'encaisser et estomper les pics de niveau d'entrée, les irrégularités des coups de médiators, tout en conservant la dynamique de jeu.

Enfin, comme sur un léger overdrive d'un ampli à lampes, il est parfois utile de sous-utiliser le niveau de DRIVE d'une pédale, soit en actionnant le potard sur le module de distorsion (il faut donc bien tester ce réglage sur toute sa course) soit en baissant le niveau d'entré de la guitare (encore une fois le bouton de volume de l'instrument) et s'exposer à une perte dans les aigues. Mais certaines guitares sont équipées de "treble bleed" qui elles aussi, à l'instar de le Volume Pull Off , va conserver la dynamique de l'attaque et les aigus du signal tout en diminuant le niveau d'entrée.

En combinant Input Clipping, Volume Pull Off et Treble Bleed, il sera possible de nuancer le son obtenu d'une disto et d'étendre les possibilités, du léger crunch au son distordu extrême. Cependant, ces artifices ne sont pas standards, et les constructeurs préfèrent proposer deux pédales, overdrive ET distorsion, plutôt qu'un modèle polyvalent qui permettrait de traiter une telle palette sonore ! Il faut donc se résigner à acheter 2 pédales si besoin, ou alors s'équiper d'une bonne disto et la faire custommiser. À ma connaissance, seul Vox a réussi son pari avec le modéle Joe Satriani, la Satchurator. Mais Robert Keeley avait au préalable réalisé la modif sur des Boss DS-1 et autres Ibanez TS-9.

On n'a peut-être pas besoin des deux en même temps, et là, des solutions existent, comme le fait de disposer d'une bonne disto et d'une bonne overdrive, les standards de faits étant une TS9 et une DS1, par exemple, pour un registre allant blues rock au hard appuyé, mais à tendance compressé. Je me suis rendu compte que ces deux équipements offraient une grande polyvalence pour un coût pas toujours justifié (env. 200 € pour les deux modules et leurs alimentations) ou dans les 150 € pour un équivalent plus typé Steve Vai qu'est la Jemini (je suis surpris que le concept ne soit pas repris d'avantage).

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La ProcCo Rat, le son du british rock et des overdrives du rock et revival blues typé United Kingdom.

On peut aussi disposer d'un module double, plus adapté à proposer plusieurs gammes de son, comme le Boss OS2 qui offre Overdrive et Distrosion pour le prix d'une seule pédale (70 €), ou encore un préampli comme le SansAmp GT2 de Tech21 qui vaut dans les 200 € mais dont le rendu est excellent. J'ai testé et possède depuis la version économique très convaincante de Behringer, le GDI21 à 40 € et je me demande encore comment ils font pour réduire le coût de fabrication en offrant cette qualité de son !

On a enfin l'alternative de références moins connues, mais plus performantes : les lampes. Si les pédales analogiques à transistors tiennent le haut du pavé lors d'un premier achat, un module séparé à lampes comme le Blackstar HT-Dist à 175 € offre un niveau sonore et une qualité toute différente : true bypass, chaleur de la lampe, égalisation digne de ce nom, raccordement direct en console... Et ces équipements qui sont alimentés en 12 ou 18 volts offrent un grain reconnaissable, et un réalisme assez convaincant, même au travers de petits amplis à transistors. L'investissement en vaut vraiment la chandelle.

Le problème de ces modules à lampes, c'est l'alimentation et l'encombrement au sol. Les modèles les plus riches (compression, égalisation d'un vrai préampli) sont aussi relativement chers et souvent moins polyvalents : on va tomber dans une excellente sonorité dans un registre plus réduit que celui d'une pédale pouvant être utilisée dans divers retranchements. Un Ibanez TubeKing 999HT va délivrer d'excellents sons hi gain, mais sera mauvais en overdirve et crunch. Idem pour son pendant TubeKing 999OD qui ne sera pas bien positionné sur les sons hard-rock, métal, ...

Enfin, on trouve des pédales plus ouvertes comme le Tubeman II de Hughes & Kettner qui propose 3 canaux commandables au pied, d'un clair chaleureux boosté par la lampe à un ultra saturé hi-gain typé métal, disposant d'un réglage de contour tout à fait efficace. Ou encore le V-Twin de Mesa qui devient un vrai produit de luxe pour des prix allant de 400 à 600 €, et qui sont réservés aux amateurs passionnés et aux professionnels.

Je recommande de revenir sur terre, si le choix de sa pédale de disto est un choix délicat, il peut impacter des budgets colossaux s'il n'est pas ben appréhendé. Le but, comme dans chaque choix, c'est de bien déterminer quel est le besoin, quel est son budget, et par-dessus tout sur des choix de distorsions, essayer, essayer et essayer encore.

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Tubeman II de Hughes & Kettner, le pédalier qui offre une polyvalence ultime pour un rendu aux petits oignons.

Il existe de gros écarts entre une copie Behringer DM1 à 25 € et le standard de Boss SD1 à 60 €, entre le TO800 de Behringer à 40 € et la TubeScreamer TS9 d'Ibanez à 130 € neuve. Des alternatives assez surprenantes permettent de trouver son bonheur, et le marché de l'occasion permet d'acquérir ces robustes modules pour pas cher en prenant des risques minimes. Il est donc assez sage de prendre son temps avant de ne crier au loup sur tous les toits du quartier.

Forgez surtout votre propre opinion, essayez au lieu croire bêtement les avis déclinés sur les bancs d'essai avec des termes pompeux : "trop compressé" ou "chaleureux", "acidité" ou "plat" sur les ressentis des guitaristes de la planète qui mettent un mot sur un son alors qu'il suffit de "prêter l'oreille".

Et envisagez surtout que cette distorsion, surtout si elle constitue la première brique de l'édifice, risque d'en amener d'autres. Je possède, à titre d'exemple, 8 à 10 modules de ce type que je n'utilise jamais en même temps, mais il m'arrive très souvent de vouloir un overdrive et une distorsion en amont de mon ampli. Je ne pense pas être un cas isolé, les modus ne contrediront pas, il vous arrivera de vouloir compléter ce début de pedalboard, y compris d'autres modules de distorsions, mais aussi d'effets complémentaires, chorus, flanger, delay par exemple...

Exemple de son clean, drive à 0 sur une TubeScreamer (boost)

Exemple de son overdrive de la TubeScreamer

Exemple de distorsion rock de la DS-1

Exemple de son distordu Hi-Gain (solo) de la Satchurator

Ces 4 exemples permettent d'avoir une idée précise des sons obtenus avec différentes pédales. La "panoplie" serait plus étendue avec un crunch ou une fuzz, mais on entre dans les nuances. Retenez que ces enregistrements sont des exemples fournis à titre indicatif.