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par où je commence ?




Problème de débutant

Le problème pour le débutant, c'est de ne pas vraiment savoir comment ni par quoi démarrer. Bien souvent, ils ont vu des copains jouer, des "plus grands" faire de très jolis sons avec une guitare, et même s'ils ont essayé, avec de mauvais barrés, des arpèges à la "Nothing Else Matters" de Metallica, ils n'ont pas pour autant l'assurance nécessaire à une prise en main efficace de l'instrument.

En plus, le débutant a craqué, et a acheté un pack de départ composé d'une guitare mal réglée et mal accordée, d'un cordon jack et d'un ampli... Il a repéré un accord de ré et de la, voire de mi pour les moins téméraires, quand il n'a pas essayé de s'y mettre comme ça, en se "jetant dans le vide", par amour des sons produits par la guitare.

Alors cette section est plutôt destinée à ceux qui n'osent pas, ceux qui se demandent si, ceux qui veulent, mais... tous ceux qui craquent pour la guitare, mais ne savant même pas par où commencer, d'un point de vue de la pratique de l'instrument.

On va considérer qu'ont été acquis, une guitare, un cordon jack, une sangle, un ampli et un médiator. Je me souviens avoir possédé, avant de démarrer la guitare électrique, un médiator donné par un copain (très généreux) gardé précieusement, comme un trésor, dans le tiroir de mes objets fétiches.

Brancher l'ampli

Bien souvent, avant même de régler et accorder l'instrument, on a envie de brancher, pour voir le bruit que ça fait... Alors le plus courageux aura mal fixé et réglé la sangle, et couru chercher au garage la multiprise permettant de relier l'ampli au réseau électrique en même temps que le radio-réveil.

BRANCHER LA PRISE ELECTRIQUE DE L'AMPLI ALORS QUE CE DERNIER EST ETEINT.

J'insiste sur un point particulier destiné aux gauchers, mais j'ai rencontré le cas : la guitare pour gaucher est inversée, le manche est à droite lorsqu'on la tient...

Le jack enfoncé dans les deux bons trous, ne rigolez pas, mais à l'age auquel débute un futur guitariste, l'hermétique annotation INPUT sur l'ampli génère de sérieux troubles pour les non anglophiles... Donc, un jack, ça se raccorde sur l'entrée (INPUT de l'ampli) et sur la prise de la guitare, soit sur la table (en façade) soit sur la tranche...

NE CONNECTER LE CORDON JACK DANS L'AMPLI QUE SI CELUI-CI EST ETEINT.

Bien, le branchement est fait, la guitare n'est pas réglée, mais on s'en fout ! On allume l'ampli, et souvent, le volume n'est pas réglé, l'égalisation non plus, le canal mal sélectionné...

L'ampli d'étude possède généralement deux canaux, un clair (CLEAN) et un saturé (OVERDRIVE) qu'il s'agit de manier avec précaution. Se référer à la documentation de l'ampli est un plus pour la compréhension des réglages suivants. Il dispose également d'une égalisation de fréquences sur 3 bandes BASS, MIDLE et HI et d'une REVERB.

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Comment fonctionnent les canaux : Un sélecteur permet de passer d'un canal à l'autre : c'est généralement un interrupteur qui s'enfonce dans la façade de l'ampli, et qui lorsqu'il dépasse, indique le canal clair et commute le canal saturé lorsqu'il est enfoncé.

Il y a alors deux possibilités de réglages :

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Alors il faut régler l'ampli :

  1. on baisse complètement le VOLUME à 0
  2. on choisit, pour démarrer le canal CLEAN
  3. l'égalisation BASS, MIDLE, TREBLE doit être à mi-course (boutons en position centrale, à 0 pour les égaliseurs actifs, à 5 pour l'égalisation passive, voir la documentation de l'ampli).
  4. peu importe la réverbération (bouton REVERB), mais il est préférable de la positionner à 0 pour démarrer

Raccorder la guitare

Avant de monter le volume, il s'agit de trouver le fonctionnement de la guitare... même si elle n'est pas accordée. Dans la majorité des cas, la guitare est équipée d'un sélecteur de micros et de potentiomètres.

On va commencer par les potentiomètres. Généralement, la guitare est au moins munie d'un réglage du volume (parfois deux, un par micro). Ce volume correspond au réglage de la puissance du signal de sortie de l'instrument. Le bouton est celui directement accessible sous le cordier ou le vibrato (partie métallique sur la table de la guitare), car il s'agit de le rapprocher le plus possible de la main qui frotte.

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Pour les guitares disposant d'une plaque de protection en plastique sur la table, pour des copies et des déclinaisons de modèles de type Stratocaster, le potentiomètre est généralement fixé à la plaque et marqué VOLUME et gradué de 0 à 10. De la même manière, le bouton de tonalité, marqué TONE sur ce type de guitare, est aussi positionné sur la plaque. Il peut y avoir plusieurs boutons TONE qui commanderont différents micros.

Le bouton de volume, parfois, ne comporte aucune graduation, et n'est pas repéré par une inscription. Il s'agit alors de visser pour augmenter l'action du potentiomètre et dévisser pour la diminuer.

Pour régler la tonalité, il s'agit de mettre tous les réglages à fond, ou à 10. Là encore, peu de finesse pour tester, mais c'est juste un ressenti qu'il faut avoir.

Pour le sélecteur de micros, on va voir après.

Sur la guitare :

  1. le ou les boutons VOLUME à 10 ou à fond
  2. le ou les boutons de tonalité (TONE) à 10 ou à fond

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Réglage de l'ampli

L'ampli est maintenant allumé, mais le bouton VOLUME est à 0 alors que sur la guitare, il est à 10... Aucun son ne sort (normalement) puisque l'ampli ne délivre pas de puissance. Il s'agit alors de monter sensiblement le bouton VOLUME. Sur un ampli d'étude 10 ou 15 watts, monter le volume à 3 suffit dans une petite pièce, et en fonction de la puissance des micros...

Frottez les cordes (avec ou sans le médiator, pour l'instant, on s'en fout !) et normalement, ça sonne... Magique ! C'est certainement faux et peu encourageant, mais de bas à haut comme de haut en bas, ça sonne...

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D'une manière générale, l'ampli restera en son clair pour parfaire les réglages de la guitare. Aussi, l'action sur les potentiomètres peut s'avérer ludique, mais n'est pas recommandée à cette étape là.

Comme je ne suis pas conventionnel dans ma démarche, je vous recommande de toucher les réglages d'égalisation dès à présent pour sentir et entendre l'incidence des actions sur les boutons BASS, MIDLE et TREBLE.

Et comme je sais que vous ne résistez pas longtemps, essayez le canal saturé de l'ampli :

  1. le bouton GAIN et le bouton VOLUME du second canal doivent être à 0
  2. commuter pour le canal 2 ou son saturé ou OVERDRIVE
  3. monter le GAIN à mi-course 4.monter le VOLUME à 3 pour obtenir un son correct (qui devrait être plus fort que le son obtenu avec un réglage à 3 sur le canal CLEAN)

Là, on imagine plus les possibilités offertes avec cette nouvelle acquisition...

Utilisation des micros de la guitare

On va scinder arbitrairement les guitares en deux catégories :

  1. les guitares de type Stratocaster : elles disposent de 3, 4 ou 5 "micros" (barre composée de 6 plots), d'un sélecteur 5 positions, de deux ou trois potentiomètres et souvent d'une plaque de protection plastique
  2. les guitares de type Les Paul : elles disposent de 4 " micros" (deux micros double bobinage), d'un sélecteur 3 positions et de 2 ou 4 potentiomètres

Les micros simple barrette sont appelés "micros à simple bobinage" ou Single. Les micros à double barrette ou double bobinage sont appelés "humbucker".

De manière générale, on souhaite obtenir le meilleur son de ses micros. Aussi, la puissance de sortie de l'instrument doit rester réglée à 10 en permanence, et l'augmentation et la diminution du volume sonore se fait depuis l'ampli. L'action permettra de couper le signal à 0 (lorsqu'on pose l'instrument) ou lorsqu'on souhaite un certain effet masquant l'attaque de la corde (on verra plus tard, quand on sera plus expérimenté). Généralement, un bouton de volume laissé à mi- course génère une perte des fréquences aigues et médium qui viennent enrichir le son naturel de la guitare. Jouer sur le bouton de volume, c'est s'exposer à des pertes de sons...

Pour la tonalité, il est vrai que cela répond aux mêmes règles. La majorité des sons entendus ne sont pas graves ou mats. En tout cas, ce n'est pas le réglage sur la guitare qui détermine ces caractéristiques sonores. La faculté du bouton de tonalité, c'est d'assombrir le son, donc de proposer un son moins brillant, ne présentant pas toutes les fréquences destinées à être amplifiées. Le réglage est généralement laissé à 10 en permanence à moins de rechercher cet effet particulier (mais en s'exposant à des pertes de qualité).

JE VOUS RECOMMANDE, POUR COMMENCER, DE POSITIONNER LES BOUTONS DE VOLUME ET DE TONALITE DE LA GUITARE A FOND (A 10) PENDANT LE JEU. AVEC L'EXPÉRIENCE, LE GUITARISTE POURRA MODULER LE VOLUME POUR AUGMENTER SON EXPRESSIVITÉ

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À quoi servent-ils alors, puisqu'il faut tout laisser à 10 ? Il s'agit là de questions existentielles de guitaristes, auxquelles j'aurais tendance à répondre simplement et rapidement en disant qu'ils permettent d'obtenir des nuances. Le bouton de tonalité ayant disparu sur un nombre croissant de modèles, je m'interroge. Le potentiomètre de volume devrait-il subir le même sort ? Peut-être pas de manière si radicale dans la mesure où il est utilisé pour couper complètement le signal, cependant, dans bien des cas, un poussoir plutôt qu'un variateur serait le bienvenu.

Type Stratocaster

Pour les guitares de type Stratocaster, souvent, on trouve une combinaison de micros sur 3 positions :

  1. près du manche un ou deux "micros" : soit un micro simple bobinage, soit un micro double bobinage
  2. au centre, un micro simple bobinage
  3. près du cordier / vibrato, un micro simple bobinage, mais bien souvent un micro double bobinage dans la majeure partie des cas

Au total 3, 4 ou 5 barrettes, qui donnent les appellations suivantes :

L'action sur le sélecteur permet de choisir quelle section près du manche, du centre ou des aigus (près du cordier / vibrato) est retenue. On parle alors de "micro manche" de " micro central" ou de "micro aigu". Un sélecteur 5 positions généralement rencontré sur les guitares de type Stratocaster, et les positions ont identifiées de 1 à 5 en partant du manche et en allant vers le cordier / vibrato :

  1. micro manche (les deux bobines du micro dans le cas d'un double bobinage)
  2. micro manche + micro central (une seule bobine du micro manche est activée dans le cas d'un micro double bobinage)
  3. micro central seul
  4. micro central + micro aigu (une seule bobine du micro aigu est activée dans le cas d'un micro double bobinage)
  5. micro aigu (les deux bobines du micro dans le cas d'un double bobinage)

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Les sons obtenus vont du grave à l'aigu, avec les caractéristiques suivantes (qui n'engagent que moi, c'est juste pour donner un repère, les plus expérimentés me comprendront) :

  1. son grave et puissant, idéal en rythmique et riffs en son clair comme saturé
  2. son intermédiaire grave, position caractéristique du son clair et rond typique au blues
  3. son médium, claquant et léger, idéal en rythmique et sons clairs
  4. son intermédiaire aigu idéal pour les soli rock et blues
  5. son aigu puissant, pour les soli demandant beaucoup de présence et de puissance

Des guitares hybrides ne disposent pas de micro central, mais obéissent à des résultats sonores équivalents, avec en position intermédiaire (position 3) une combinaison d'une seule bobine de chacun des deux doubles micros).

Les potentiomètres sont souvent au nombre de 2 ou 3 :

Type Les Paul

Pour les guitares de type Les Paul, on ne dispose que de deux doubles micros (les guitares de type Télécaster disposent de deux sections de micro, parfois doubles ou simples, et répondent au même schéma) :

  1. un double micro près du manche
  2. un double micro près du cordier / vibrato

Le sélecteur est généralement limité à 3 positions. Si la guitare disposait d'un sélecteur 5 positions, elle correspond à un modèle hybride de guitare de type Stratocaster.

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L'action sur le sélecteur permet de choisir quelle section près du manche ou des aigus (près du cordier / vibrato) est retenue. On parle alors de "micro manche" ou de "micro aigu".

Les positions rencontrées sont listées de haut en bas, le sélecteur (ou "toggle switch") étant de manière générale monté dans ce sens :

  1. position manche (ou grave), sélecteur vers le haut : le double bobinage côté manche est activé (souvent notée RYTHM)
  2. position intermédiaire, sélecteur au milieu, où les deux micros sont activés, mais une seule des deux bobines est retenue
  3. position aigue, sélecteur vers le bas : le double bobinage côté aigu est activé (souvent noté TREBLE)

Les guitares disposant de 4 potentiomètres (2 pour le VOLUME et 2 pour TONE) comportent des réglages dédiés à chaque micro. Ces actions séparées permettent une grande musicalité, et le changement de son par le biais du sélecteur est bien marqué. Le couple VOLUME + TONE du haut concerne le micro grave et celui du bas le micro aigu.

Les guitares disposant de 2 potentiomètres (1 pou VOLUME et 1 pour TONE) sont munies d'une commande de volume et de tonalité commue au sélecteur.

Les sons obtenus sont décrits (encore une fois, ça n'engage que moi) de la manière suivante :

  1. en position grave (en haut), le son est dédié à la rythmique et sonorités rondes blues ou jazz
  2. en position intermédiaire, les sons clairs obtenus par l'utilisation d'une seule bobine (on peut couper l'autre bobine lorsqu'on dispose de 4 potentiomètres en baissant à 0 l'un ou l'autre des boutons VOLUME)
  3. en position aigue (en bas), le son est puissant et tranchant, dédié aux soli rock et hard-rock

Je commence à frotter, pincer, ... à jouer, quoi !

On y va toujours très franchement au début, avec une attaque de bûcheron... doucement, surtout si c'est votre première fois avec le médiator. N'oubliez pas, vous êtes amplifié, et la puissance est dégagée par l'ampli. Même si l'attaque de la corde lui confère beaucoup d'intensité, n'y allez pas trop fort, d'abord parce que vous n'êtes pas accordé et que ça dérange tout le monde, et puis parce qu'il ne s'agit pas de s'énerver...

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C'est un peu comme lorsqu'on demande à un enfant en bas age de parler vite... il crie inévitablement, parce qu'il confond vitesse et intensité sonore. Ne faites pas la même erreur : ne donnez pas d'intensité si vous manquez de précision.

À ce stade de la "découverte", vous devez apprendre à contrôler :

  1. entraînez-vous à jouer chacune des cordes distinctement, aux doigts, puis au médiator
  2. jouez une note en pressant une corde sur le manche entre deux barrettes et en faisant vibrer la corde avec une autre main
  3. explorez le manche, corde après corde, case après case, de bas en haut et de haut en bas...
  4. variez : jouez une note sur une corde à une case donnée et jouez une seconde note sur une autre corde à une autre case
  5. placez votre main gauche (pour les droitiers) convenablement sur le manche.

Sans être accordé, c'est vraiment insupportable... Et puis, vous commencez, pour certains d'entre vous, ceux qui ont l'oreille musicale, à repérer des sons et associer une position de doigts... Il faut absolument passer à l'accordage.

L'accordage de la guitare

Maintenant que les combinaisons sonores sont expliquées, sur la guitare comme sur l'ampli, il s'agit de s'accorder avant de commencer à jouer quoique ce soit. Ce sera plus agréable pour les oreilles des voisins comme les vôtres.

Je vous recommande d'utiliser dans l'ordre les outils suivants :

Le référentiel est un son de base : un diapason est un instrument qui vibre et qui transmet une note de base le LA 440 Hz qui correspond, en accordage standard, à la note obtenue en 5ième case sur la plus petite corde...

Cette note peut être obtenue depuis un autre instrument (si on sait où elle se trouve et comment elle se joue), un son sur le PC (de nombreux accordeurs freeware sont disponibles) ou même en décrochant simplement le téléphone, puisque c'est un La 440 Hz qui a été retenu pour signal de tonalité par les PTT à l'époque...

À ce moment là, l'oreille, le second outil, va travailler, en retenant le son produit et en contrôlant l'approche du son que l'on a en tournant la mécanique (bitoniau qui correspond à chacune des cordes sur la tête du manche). Si les cordes sont bien montées, plus on dévisse, plus la corde se tend.

Il s'agit alors de reproduire le son du référentiel, et d'approcher de ce son en réglant la mécanique de la 6ième corde, doigt posé en 5ième case.

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La technique proposée sur cette page permettra d'accorder sa guitare simplement, n'y revenons pas, mais retenez une méthodologie. L'accordage est un phénomène d'ajustement de proche en proche du signal de la guitare vers un référentiel.

On accorde généralement en remontant, c'est-à-dire de la corde aigue à la plus grave. Puis on redescend pour affiner et corriger, puisque la tension des cordes graves à une incidence notoire sur les cordes plus fines... Surtout si l'on dispose d'un vibrato. Ne revenons pas sur le cas particulier du vibrato flottant où 5 cordes d'un coup, sont systématiquement triturées dès qu'on touche à l'une d'entre elles.

L'accordeur, qui est complémentaire, donnera un réglage plus précis et plus fin. Il nécessite (je le recommande dans la mesure du possible) de déconnecter la guitare de l'ampli et de la brancher directement à l'accordeur. Il est préférable d'utiliser la guitare en direct dans l'entrée de l'accordeur, connectée simplement pas un jack. On peut aussi intercaler l'accordeur entre la guitare et l'ampli, dans la mesure où ce dernier dispose de deux fiches IN (entrée de la guitare) et OUT (sortie vers l'ampli), mais il faut alors deux cordons jack !

Et là, je fais quoi ?

Alors à ce stade, c'est là que ça commence à se compliquer sérieusement. Quel style ? Aux doigts ou au médiator ? Debout ou assis ? Par-dessus le disque ou avec les partitions ? Prof ou méthode ?

Toutes ces questions, évidemment, on regrette de ne pas les avoir creusées avant... c'est un peu gênant, mais on ne se doutait pas, à regarder jouer les copains, que ce serait si compliqué...

Le style importe peu au démarrage. Evidemment, il vaut mieux jouer ce que l'on aime, mais il ne faut pas faire le difficile, et commencer par des morceaux techniquement abordables. Les bases et l'apprentissage ne font pas de discrimination, et parfois, il est difficile de ne pas " toucher" à des morceaux ou des plans que l'on trouve ringard. Je pense même que c'est l'opportunité d'écouter tout ce qui peut exister comme style dans cette approche... ça enrichit l'écoute, le son, le vocabulaire, et aide à "se trouver" d'un point de vue guitaristique.

Le jeu dépend des morceaux à aborder. Je ne saurais privilégier une technique par rapport à l'autre, sinon qu'au médiator, la dynamique est plus difficile à trouver, mais le son s'en trouvera plus précis et puissant. Aux doigts, il faut souvent amplifier le signal différemment, et les effets de " frotté" ne semblent pas si évidents.

Pour la position, je recommande... les deux : debout et assis. C'est simplement pour sentir que debout le coude de la main gauche (pour les droitiers) n'est pas à la même place, et que le jeu s'en ressent. En plus, une sangle, c'est à partir de 10,00 € et ça ne s'use pas. L'étude en position assis contribue à la concentration et la réflexion. Par contre, debout, c'est destiné à l'énergie et la puissance, et ce sont vraiment deux exercices qu'il faut travailler, que d'étudier un plan assis, et de le rejouer debout.

Jouer sur un disque ou mieux, les play-back apporté par certains magazines, c'est une des meilleures choses q'il soit. En fait, rien n'est plus favorable au placement rythmique que de jouer accompagné. L'idéal, c'est l'harmonie d'un groupe, mais on peut compenser par plein de moyens :

L'apprentissage avec un professeur est certes coûteux, mais il permet de mettre plus rapidement le pied à l'étrier. En quelques mois seulement, ou en une dizaine de leçons, on démarre avec de bons réflexes. Cependant, la lecture musicale pour guitare dans le format de tablature est très abordable, et il est très fréquent de commencer seul, faute de moyens financiers complémentaires (une guitare, un ampli, des cordes, un accordeur, ... et maintenant un prof !!!). De très bonnes méthodes permettent de démarrer simplement, et sûrement. Enfin, l'apport ô combien sous-estimé d'un copain qui est déjà passé par là, est à mon sens le moyen le plus ludique et le plus pédagogique d'aborder l'instrument, tout simplement par imitation.

Par quoi je commence ?

C'est vrai, le style devant être abordé, présente une certaine importance, mais d'un point de vue technique, les méthodes sont à mon sens très abruptes. Mélanger la connaissance du manche, les accords, les règles harmoniques, les gammes et les arpèges, l'improvisation et la composition sont autant de points qui finalement sont très obscurs pour un néo guitariste.

Je trouve aussi important d'avoir encouragé celui ou celle qui, parti de rien, est déjà arrivé à ce stade de l'apprentissage en peu de temps...

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Reste une étape essentielle dans laquelle les plus "vieux" des débutants pourront se lancer seuls (je recommande aux jeunes de ne pas s'aventurer mais de confier cette tâche à un spécialiste, un revendeur, dans un magasin de musique, ...) : le réglage de l'instrument. Un instrument sorti d'usine n'est forcément pas bien réglé : le manche n'est jamais trop droit, surtout sur les modèles pas chers où il semble toujours n'être qu'à peine séché. Le transport, l'emballage, ... font que les cordes souffrent. Enfin, la guitare n'est probablement pas " juste" dans le sens où peu de guitares d'entrée de gamme sorties fraîchement d'usine ont un cordier bien réglé.

À faire cette manipulation, munissez-vous d'un enrouleur de corde et d'un jeu de rechange, au cas où, car au début, on ne sait pas trop comment "attaquer la corde", notamment au médiator, et il y a de la casse. Je vous conseille de doubler l'investissement des 3 dernières cordes, les cordes de Sol, Si et Mi aigu, les cordes non filées qui cassent assez fréquemment au tout début.

J'aurais tendance à proposer une méthode progressive consistant à d'abord comprendre le fonctionnement du matériel que l'on vient d'acheter, avant de se lancer dans la théorie. Et de là, savoir quelle note est jouée à quel endroit sur le manche, ne fait qu'une évidence, c'est aussi une manière d'utiliser l'instrument...

Le "par cœur" commence à pointer son nez, et ça, c'est évident, ça manque de fun ! Mais faut passer un minimum par là, ou avoir une oreille absolue !

Ensuite, je positionnerais de multiples exercices avec des placements particuliers des mains, le jeu au médiator et aux doigts, le jeu note à note, puis avec plusieurs notes (on "effleure" alors la notion d'accords).

Il faut avouer que, même s'il n'est pas fait de comparaison entre guitare rythmique et guitare solo, les deux étant très complexes à très haut niveau, on va se positionner comme guitariste rythmique d'abord, par simplicité des outils qu'il s'agit d'assimiler.

Puis les accords, leur repérage et leur enchaînement, au début avec des accords ouverts et simples, pour rapidement se faire plaisir.

Les "maths" arrivent en force, et là, la guitare semble ne plus être aussi fun que ça. En plus, en démarrant tôt la pratique de l'instrument, il est assez difficile d'expliquer la transposition de tonalité d'une position d'accord. Un élève de 12 ans que s'en sort à peine avec les fractions, va inévitablement "piocher".

Pire, il semblera doué pour apprendre et interpréter les partitions par cœur, mais se montrera incapable de comprendre de qui est écrit. Je ne suis pas pour un enseignement d'un instrument aussi magique que la guitare, au travers d'une discipline équivalente, connue des élèves des classes de piano ou de violon. La pratique de l'instrument qu'est la guitare électrique est avant tout un plaisir, et je doute rencontrer parmi les lecteurs de cette page, beaucoup de néo guitaristes qui trouveraient du plaisir à démarrer à 5 ans sous la " torture" d'un académisme trop poussé.

Les accords compris, les représentations visuelles des diagrammes, les notations anglo-saxonnes (Mi = E, ...) étant assimilées, les accords plus complets peuvent être abordés. Et parallèlement, la compréhension du degré des notes et des intervalles.

Après, ça va déjà prendre quelques semaines cette histoire, les gammes ne seront qu'un jeu d'enfant, les modes, les arpèges en seront des déclinaisons évidentes. Surtout que la difficulté à ce stade de la progression pédagogique vient généralement du "façonnage" de la note : les techniques bends, liés, hammer-on, pull-off, slides, sweeping, ..., sont à parfaire, étant généralement.

Après, je suis convaincu que le guitariste qui n'est déjà plus débutant, saura se consacrer aux règles harmoniques, aux progressions, à la composition, à l'improvisation. Mais on a déjà au moins 6 à 9 mois de pratique intensive et un bon bagage musical, ou plus modestement un an à un an et demi de pratique avant d'aborder cette étape...

L'organisation du travail

Avant tout, je dois préciser que je ne suis pas prof, juste un passionné. Cependant, établir un bon programme de travail est essentiel si l'on souhaite acquérir une meilleure approche de l'instrument.

Je découpe un cycle d'apprentissage (si possible, le cycle correspond à une semaine dans le meilleur des cas) en sessions de travail. Chacune de ces sessions est composée d'un partie obligatoire, l'autre est plus variée, et permet le travail de différents aspects inhérents au jeu.

L'apprentissage de l'écoute fait partie du travail. Que l'on ait ou non l'oreille musicale, le problème reste le même. Ceux qui sont doués à la base doivent travailler autant que les autres, et l'écoute musicale, l'apprentissage de l'écoute, le repérage de tonalités fait déjà partie du travail et en constitue, selon moi, une bonne moitié.

Apprendre à écouter, c'est diversifier son approche musicale en se "forçant" à comprendre plusieurs styles musicaux (du classique au jazz en passant par le blues, le rock, et même, si possible, quelques musiques plus exotiques) mettant en œuvre aussi bien du rythme que de la mélodie, des harmonies particulières voire des symphonies. Mais les écoutes de prédilection resteront orientées guitare, dans le style privilégié, bien sûr.

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L'écoute au casque est bien, car elle isole des bruits ambiants sans forcer le volume, ce qui est bon pour les oreilles du voisin et de son entourage. S'il est possible d'écouter (pas d'entendre en bruit de fond) de la musique au moins 2 heures par semaine, c'est super !

L'approche des règles théoriques est essentielle, et fait également partie des éléments à considérer. Il est assez stérile de jouer sans but précis ! A l'inverse, par la lecture et si possible l'écoute, la compréhension de l'harmonie et de la mélodie vont pouvoir se développer. Des méthodes, mais aussi des magazines en kiosque, comportent de nombreux exercices et explications qui me permettent personnellement d'enrichir mon vocabulaire musical au "quotidien".

Un prof me disait que "considérer les explications théoriques sans la guitare à la main, c'est le moyen de faire entrer les bases dans la tête, et non dans les doigts." Et il n'avait pas tort, car pour un débutant, les mauvaises positions, les mauvais réflexes surviennent lorsque le jeu est pratiqué sans mise en application de technique, de méthode et de théorie. Un thème par session d'apprentissage (pas forcément 1 heure par jour... même certains pros ne jouent pas une heure par jour !) devient un maximum.

La pratique, qui selon moi, dans un but d'apprentissage, ne doit pas dépasser l'heure pour chacune des sessions, reste bien sûr l'élément déterminant le niveau de jeu. La mise en application de règles théoriques et le jeu de partitions s'y reportant va permettre de développer l'agilité, la synchronisation, la rythmique. À la limite, la guitare non branchée est pas mal puisqu'elle permet de dissocier la pratique réelle et efficace de la recherche de son souvent très gourmande en temps passé, mais qui n'apporte bien sûr rien à la dextérité et au positionnement de la main.

La pratique pure doit compter pour la moitié du temps d'une session. Elle doit être, d'après les spécialistes, débutée par des échauffements et des exercices de synchronisation main droite/main gauche, puis des exercices de sauts de cordes qui permettent de bien "sentir" le manche sous les doigts. Donc chacune des sessions démarrerait par 30 minutes de pratique pure.

Le travail du son fait partie du programme de travail, bien que sur ce point les guitaristes ne soient pas sur le même pied d'égalité, ceux qui disposent de matériel étant plus avantagés. Mais les sons les plus complexes ne sont pas les plus riches en matière d'effets et de transformation du signal. De toute façon, les branchements ou le réglage d'une simple distorsion peut prendre une vie. Ce travail du son compte pour la seconde moitié du temps consacré à une session.

Enfin, dans certains cas, le travail du jeu accompagné (pas forcément en groupe où là, c'est différent, c'est le travail du groupe), tout seul sur des enregistrements, avec une boîte à rythmes ou à la rigueur un simple métronome, doit également prendre l'équivalent d'une session de travail complète (pratique pure + travail du son). Il consiste à travailler les positionnements rythmiques, mélodiques en fonction d'autres instruments, notamment la batterie, c'est pour ça qu'une boîte à rythmes peut, dans certains cas suffire. Autant y dédier totalement une demi-session d'un cycle d'apprentissage.

Deux sessions ne sont jamais continues. La fréquence et la régularité de la pratique de l'instrument sont les clés d'une réussite de l'apprentissage. Aussi, je vous recommande, au début, de ne pas dépasser 1h30 de travail et de respecter scrupuleusement les rythmes.

Et puis, il y a des jours où l'on n'a pas envie. On se met dans l'état d'un chien qui refuse de prendre son bain... Mais c'est aussi là qu'il faut ne pas céder au bout de 20 minutes et se consacrer à n'importe quoi. C'est difficile, et la guitare doit rester un plaisir, mais un minimum de rigueur s'impose autrement, les résultats ne sont pas là... Un peu comme un "redoublement" scolaire.

Pour un cycle hebdomadaire de 3 sessions durant chacune une heure (3 heures par semaine), on aurait donc :

Si une 4ième session récapitulative pouvait avoir lieu, en guise de synthèse, ce serait fabuleux...