Accueil Battle's guitar
s'accorder autrement




Qu'est-ce que l'accordage standard

Toute la théorie musicale appliquée à la pratique de la guitare repose sur l'utilisation de l'accordage standard. Tous les diagrammes de gamme, les diagrammes d'accords et la notation en tablature sont représentés dans la majorité des cas en accordage classique (c'est le cas pour la plupart des sections de cette page).

Cependant, vous avez probablement rencontré le cas si vous pratiquez la guitare depuis un petit bout de temps, mais il existe d'autres manières de s'accorder. Cette autre manière a été développée :

Dans tous les cas, développer cette liberté dans son jeu est forcément un atout qui amène à pratiquer un jeu moins conventionnel et travailler sur des sons plus personnels, différents, originaux.

Il faut avoir conscience que toutes les guitares ne sont pas conçues pour pratiquer simplement un réglage en open-tuning. Généralement, à la sortie d'usine, les guitares sont faites pour compenser une certaine tension générée par les cordes tendues d'une certaine manière. Je n'irai pas jusqu'à dire que pour jouer en accordage alternatif, il faut modifier sa guitare, mais généralement, il s'agit :

Je ne recommande pas spécifiquement d'utiliser des guitares équipées d'un système de bloque-cordes pour changer fréquemment d'accordage, dans la mesure où les vibratos flottants de type Floyd Rose © sont peu adaptés à l'utilisation de gros tirants de cordes et que le réglage intempestif de ces pièces entraîne beaucoup de fragilité.

Il existe de nombreux arrangements musicaux nécessitant d'utiliser un accordage différent, pour des raisons d'originalité de jeu, de confort, ... tout un tas d'éléments divers et variés évoqués plus haut.

L'incidence de l'accordage standard

D'où vient cet accordage standard, dans la mesure ù il n'est ni intuitif, ni réellement en respect des accordages retenus sur les instruments à cordes pincées, qui est réalisé sur la base des écarts de quarte entre les cordes ?

L'accordage du violon en Sol-Ré-La-Mi par exemple, a engendré l'accordage des violes de Gambe, des luths et des instruments dérivés du violon comme le violoncelle, la contrebasse, mais en ce qui concerne la guitare, l'histoire nous amène des éléments divers quant au respect de cet accordage dit standard...

En fait, ce sont plutôt les frettes et la pratique qui en sont venus au Mi-La-Ré-Sol-Si-Mi. L'histoire sur les caractéristiques des premières cordes en boyaux de chat n'est pour rien, l'accordage, en tout cas les écarts entre les cordes ont amené à des positionnements de doigts standardisés, devenus la base de positions académiques. C'était manifestement plus évident de retenir ce standard là pour couvrir un spectre important de fréquences et faciliter le jeu sur l'ensemble du manche.

La guitare est donc accordée de manière standard selon une dénomination que l'on pourrait appeler un "open-tuning de Sol 6/9", afin de faire référence à la deuxième partie de cette page.

Il faut avoir conscience que les notes retenues dans l'accordage standard sont indexées sur une fréquence de base, uniformément appelée fréquence de référence qui est le La 440 Hz. C'est la note obtenue en 5ième case sur la corde la plus aigue de Mi en accordage standard.

Ce nombre de 440 est le nombre de vibration dans l'air par seconde produit par la note. Les accordeurs électroniques proposent une variation autour de la fréquence 440 Hz qui en fait reflète la tendance de "perception" du La de référence en fonction des époques, car par exemple, les orchestres classiques du XVIIième siècle s"accordaient un poil plus bas (435 Hz soit un 8ième de coma) pour conserver de la brillance au niveau des violons, mais soulager le jeu des musicien et ménager les instruments très sollicités... En période Baroque, le La de référence était 415 Hz, soit pratiquement un demi-ton au dessous, comme les Guns "n Roses période Slash !

En rapport à cette note de référence, des écarts existent, et sont identifiés en fonction d'écarts en Hertz (unité mesurant le nombre de vibrations par seconde définissant une fréquence).

Pour l'accordage standard d'une guitare 6 cordes, on retrouve les écarts suivants, mesurés de la corde la plus grave à la plus aigue :

Mi 1ère octave 82,41 Hz
La 2ème octave 110 Hz
Ré 2ème octave 146,83 Hz
Sol 2ème octave 196 Hz
Si 3ème octave 246,94 Hz
Mi 3ème octave 329,63 Hz

Pour information, l'accordage standard d'une basse à 4 cordes propose des fréquences qui dans le spectre sont complémentaires :

Mi octave grave 41,2 Hz
La octave grave 55 Hz
Ré octave grave 73,42 Hz
Sol octave grave 98 Hz

L'obtention de ces fréquences suppose une tension bien définie entre le sillet de tête et les pontets. Ces réglages dépendent du réglage du manche et de l'intonation (longueur exacte vibrante de la corde) et bien sûr de la tension qui doit être homogène entre les cordes pour répartir convenablement les forces et pressions (considérables) exprimées en kilogrammes sur les parties de la guitare.

Pour information, un jeu de corde standard Super Light en 0,009-0,042 en accordage standard fait état des tensions suivantes :

Note Diamètre de la corde en pouces Diamètre de la corde en mm Tension sur la corde en kg
E 0.009 0.23 5.94
B 0.011 0.28 4.99
G 0.016 0.41 6.67
D 0.024 0.61 7.17
A 0.032 0.81 7.17
E 0.042 1.07 6.71

En comparaison, un jeu de corde de type jazz ou Heavy en 0,012-0,054 en accordage standard fait état des tensions suivantes :

Note Diamètre de la corde en pouces Diamètre de la corde en mm Tension sur la corde en kg
E 0.012 0.3 10.57
B 0.016 0.41 10.57
G 0.020 0.51 10.39
D 0.032 0.81 12.74
A 0.042 1.07 11.93
E 0.054 1.37 11.16

Allez faire un bend sur une corde qui offre une tension de plus de 10 kg sur une longueur d'à peine 63 centimètres (longueur vibrante standard d'une guitare en 25,5 pouces) ! C'est assez difficile...

Alors pourquoi existe-t-il des tirants plus forts que d'autres ? Autrement dit, quand utiliser des cordes qui sont injouables avec un accordage standard ?

Les principales raisons sont :

Cependant, il existe des inconvénients :

En accordage standard, lorsqu'il y a plus de cordes

12 cordes

C'est plus qu'un phénomène de mode, mais il faut le savoir : les guitares n'ont plus toutes six cordes depuis longtemps. En effet, dans les années 60 et 70, les guitares 12 cordes popularisées par les musiciens de folk, Led Zeppelin, The Beatles, et autres ont apporté un complément non négligeable aux enregistrements.

La guitare 12 cordes propose un accordage plus complexe qu'une guitare standard. En effet, les 3 cordes basses sont doublées par une corde fine accordée sur la même note à l'octave au dessus, et les 3 cordes aigues sont purement et simplement doublées.

À noter que Rickenbecker a été le premier à créer la guitare électrique 12 cordes et avait respecté le guitariste en positionnant les 3 cordes filées (les grosses) au-dessus des cordes doublant la note à l'octave, ce qui facilitait l'attaque des cordes, à la manière d'un guitariste électrique qui utilise le médiator vers le bas. Les sillets étaient donc adaptés à ce montage particulier qui différait des modèles folk et standards 12 cordes qui positionnaient les cordes filées en dessous...

Jimmy Page utilisait avec Led Zeppelin, un montage de cordes comparable à celui d'une guitare folk 12 cordes sur sa célèbre Gibson SG double manche.

Pour information, un jeu de corde standard Light en 0,010-0,047 pour folk en accordage standard fait état des tensions suivantes :

Note Diamètre de la corde en pouces Diamètre de la corde en mm Tension sur la corde en kg
E 0.010 0.25 7.35
E 0.010 0.25 7.35
B 0.014 0.36 8.07
B 0.014 0.36 8.07
G 0.023 0.58 12.34
G 0.008 0.20 6.67
D 0.030 0.76 11.88
D 0.012 0.30 8.39
A 0.039 0.99 11.11
A 0.018 0.46 10.61
E 0.047 1.19 9.03
E 0.027 0.69 11.93

Il existe certains modèles 9 cordes, rares, qui sur le même principe doublent seulement les cordes basses (les 3 cordes filées), dont un célèbre utilisé par Metallica.

7 cordes

Les guitares 7 cordes ont été plus populaires plus récemment, bien qu'inventée il y a bien longtemps. Elles sont généralement livrées en sortie d'usine avec un accordage assez proche de l'accordage standard, dans la mesure où il s'agit de l'ajout d'un Si grave en guise de 7ième corde (comme pour l'ajout d'un Si grave pour les basses 5 cordes).

Note Diamètre de la corde en pouces Diamètre de la corde en mm Tension sur la corde en kg
E 0.010 0.25 7.35
B 0.013 0.33 6.98
G 0.017 0.43 7.53
D 0.026 0.66 8.34
A 0.036 0.91 8.84
E 0.046 1.17 7.94
B 0.056 1.42 6.71

Les utilisations par Steve Vai dans un premier temps, puis des groupes orientés métal, comme Korn notamment, ont conduit à la popularisation des modèles 7 cordes. Le problème réside dans un jeu considérablement différent, dans la mesure où la nouvelle corde basse apporte certes des possibilités rythmiques assez intéressantes mais complique les positions d'accords et bouleverse quelque peu les diagrammes de gammes.

Malgré un manche plus large assez déroutant, ces modèles ont un franc succès, car ils permettent d'obtenir 5 notes plus basses qu'une guitare standard (voire plus si l'on accorde le Si grave en La, ce qui est couramment pratiqué) et la tessiture de l'instrument s'approche réellement de celle assez large d'un piano. Vai a été l'un des rares à utiliser ces possibilités, la majorité des autres 7-cordistes n'utilisant que le côté rythmique de la réalisation.

Les accordages "dérivés" de l'accordage standard

½ ton en dessous

Sans parler d'open-tuning, on retrouve de nombreux artistes et groupes qui ont choisi de changer la tonalité de l'instrument sans pour autant changer radicalement les positions d'origine, utilisées en accordage standard.

De même, ils utilisent un tirant équivalent, voire sensiblement plus fort afin de retrouver une tension et une attaque convenable lors du jeu, tout en ajoutant plus de rondeur et plus de basses à leur jeu.

Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan, Eddie Van Halen, Nuno Bettencourt et Extreme, Slash et les Guns "n Roses, ... tous ces grands guitaristes ont utilisé un accordage différent en descendant d'un demi ton l'ensemble des cordes pour jouer en Mib-Lab-Réb-Solb-Sib-Mib de la corde basse à l'aigue.

Un décalage plus important

D'autres ont eu même recours à baisser d'un ton complet l'ensemble des cordes, juste pour assombrir le son et proposer des tonalités rythmiques plus lourdes, plus basses, plus percutantes et originales, notamment dans le métal, mais aussi dans le flamenco, et essentiellement pour des raisons rythmiques. Ainsi, la déclinaison en Ré-Sol-Do-Fa-La-Ré est souvent prisée.

Autre originalité, c'est d'augmenter la tension des cordes comme pour le groupe Placebo qui joue quelques morceaux en Fa-La#-Ré#-Sol#-Do-Fa ! Probablement une configuration qui les démarque des autres, apporte peut-être plus de brillance et de "tranchant", et surtout s'adapte à la voix du chanteur ?

Les guitares de type Baryton sont des guitares à mi chemin entre la basse électrique et la guitare électrique. Fender a sorti un modèle à la fin des années 60 basé sur une Jazzmaster, mais de nombreux constructeurs ont présenté des copies. Enio Morricone, réputé pour ces productions de musiques de film de Western, affectionnait ces sonorités à mi chemin entre guitare et basse. Dans le style métal, ces accordages sont aussi prisés pour le côté lourd et noir des sons produits.

Voici un exemple de jeu de cordes adapté à ce type de guitare, avec un respect des tensions qui à peine plus lourd que celui utilisé avec un jeu "normal" en accordage standard :

Note Diamètre de la corde en pouces Diamètre de la corde en mm Tension sur la corde en kg
B 0.013 0.33 9.49
F# 0.017 0.43 9.08
D 0.026 0.66 11.35
A 0.036 0.91 12.03
E 0.046 1.17 10.81
B 0.062 1.57 11.17

Ces guitares, comme les modèles Drop 6 de Yamaha, ont un manche généralement adapté, rallongé de 20 mm environ, afin de conserver les mêmes tensions de corde, et proposer une intonation juste sur l'ensemble des cases. En effet, une guitare standard sur laquelle de gros tirants seront montés ne pourra se substituer à une guitare baryton, dans la mesure où son réglage et sa justesse seront assez délicats à approcher.

Dropped D et dérivés

Il existe une confusion dans l'emploi de ce terme, dans la mesure où l'appellation commerciale Drop 6 vient en opposition au terme Dropped D où la pratique est différente : il s'agit là détendre d'un ton seulement une seule corde, le Mi grave, par rapport à l'accordage standard : Ré-La-Ré-Sol-Si-Mi !

Cette manipulation ne nécessite pas de réglage spécifique du manche, d'adaptation des tirants, et influe peu sur l'intonation de la corde. Aussi, elle est plus couramment utilisée, car elle offre une basse en Ré, assez prisée dans les tonalités classiques du rock, hard-rock et métal.

L'intérêt est d'assombrir les accords de puissance tout en les simplifiant, car un petit barré sur les trois cordes graves donne immédiatement un lourd accord composé d'une tonique (corde du milieu) et de deux quintes sur deux octaves différents... Rondeur, lourdeur, et son !

En arpège et notamment sur des positions d'accords de Ré, cette option apporte aussi une étendue non négligeable qui tranche avec ce qui est entendu naturellement. Bien sûr, cet accordage s'est décliné aux sauces "barytonnes" qui ont donné des Réb-Lab-Réb-Solb-Sib-Mib pour Van Halen et encore bien pire, comme des La-Si-La-Ré-Fa#-Si pour certains groupes de métal désireux d'approcher les possibilités des 7 cordes avec leur 6 cordes...

Cette pratique simple sur les guitares de type Gibson ou Fender nécessite cependant un accordage simple, et rendu simplifié par le fait que la corde de Mi grave à vide peut s'accorder sur sa petite sœur aigue à deux octaves près 6 cordes en dessous, et que la note Ré tant prisée est présente sur le manche à vide un octave plus haut et 3 cordes en dessous !

Malgré tout, des constructeurs ont développé des systèmes qui simplifient la tâche sur ces guitares, soit au niveau des mécaniques où l'écart dans les spires peut être défini en fonction d'une vis, et un système de levier permet de passer d'une corde à l'autre, soit au niveau du cordier ou le pontet est plus ou moins avancé.

Cependant, les constructeurs de guitares destinées au style métal, ont dû faire face à un autre problème : les joueurs de métal sont aussi ceux qui souhaitent disposer d'un vibrato de type Floyd Rose, et là, le réglage n'est plus si simple ! En effet, comme un vibrato flottant met en avant une tenue de l'accord basée sur l'équilibre de tensions des cordes, le désaccordage d'un simple ton sur la corde de Mi grave engendre le "chaos".

Il a fallu attendre l'arrivée du D-Tuner inventé par Van Halen sur les vibratos Gotho, reproduit par les constructeurs d'accastillages et pièces pour guitare, comme Shaller, et  devient maintenant copié sur d'autres modèles de vibrato (le ZR de Ibanez par exemple). Par l'action sur ce levier au niveau du pontet, la tension des ressorts reste conservée et la guitare ne se désaccorde plus.

Dans tous les cas, l'accordage standard comme ses dérivés n'est pas le plus adapté au jeu au bottleneck, même s'il est pratiqué par un bon nombre de guitaristes cherchant ce côté magique de la glisse d'une partie arrondie sur les cordes.

Les open-tunings

Les open-tunings sont infinis et sont utilisés à des fins très diverses. Ils se justifient surtout pour le jeu en Slide, mais ils ont aussi été employés pour le jeu avec certaines cordes à vide, pour un jeu simplifié dans des tonalités vraiment particulières (Keith Richards des Rollings Stones) et dans tous les cas ouvrent considérablement le spectre des possibilités sonores...

L'open-tunning de Sol

Le principe est simple, il s'agit d'accorder la guitare de telle façon qu'à vide, les cordes jouées produisent les notes composant un accord. Nous l'avons vu, l'accord ouvert standard et un Sol6/9, ce qui offre peu de possibilités d'utilisation et de déclinaison dans d'autres tonalités (sinon 6/9 !).

Prenons par exemple l'open-tuning de Sol pour expliquer comment on est arrivé à la mise au point de ce réglage particulier, afin, ensuite, de le décliner sur le même principe, à d'autres tonalités.

L'open-tuning de Sol est l'un des plus utilisés, lors du jeu au bottleneck comme par Keith Richards des Rollings Stones, car il est l'un des plus simples à obtenir : l'accord de Sol majeur est composé des notes Sol (tonique), Ré (quinte) et Si (tierce majeure). Il s'agissait donc que l'accordage à vide de chacune des cordes s'approche d'une ou de l'autre des notes composant l'accord, sans pour autant engendrer un déséquilibre de tensions, et dans la mesure où la guitare et les cordes supporteraient ces changements.

Aussi, il a été retenu l'accordage suivant : Ré-Sol-Ré-Sol-Si-Ré qui est obtenu de la manière la plus simple possible :

On constate que seulement 3 cordes sont affectées pour ce changement, dont deux basses qui supportent généralement les tensions les plus lourdes. Je recommande de ce fait de monter un tirant de jeu un poil plus lourd pour l'utilisation de cet accordage, comme du 0.010-0.046 voire du 0.010-0.052 si vous en trouvez.

Le point positif de cet open-tuning, c'est qu'un simple barré en seconde case donne lieu à un accord aussi riche de La. Avec un capodastre les possibilités sont encore multipliées !

On peut également remarquer la richesse de cet accordage qui fait figurer deux toniques et trois quintes sur deux octaves différents et une seule fois la tierce, ce qui peut apporter un plus pour des basculements d'accords majeurs/mineurs, et également enrichir de la quarte assez simplement (très prisée dans les tonalités rock). Les apports de septièmes majeures et mineures sont aussi assez faciles à réaliser.

Les bases de l'accordage engendrent évidemment un ré-ajustage de l'intonation, et un apprentissage de positions d'accords, de diagrammes de gammes, ... Cette partie-là est abordée dans le guide (en anglais) de Bill Sethares Alternate Tuning Guide.

L'open-tuning de Ré modal

L'open-tuning de Ré modal est aussi assez prisé, dans la mesure où les notes à vide sont faciles à obtenir, et sont proches des notes à vide présente en accordage standard. Utilisé en musique traditionnelle irlandaise, dans le répertoire folk et country, l'accordage DADGAD a été aussi popularisé par Jimmy Page de Led Zeppelin qui le préférait à l'open-tuning classique de Ré : Ré-La-Fa#-Ré-La-Ré..

Aussi, il a été retenu l'accordage suivant : Ré-La-Ré-Sol-La-Ré qui est obtenu de la manière la plus simple possible :

Là encore, seules trois cordes sont affectées, et dans des tonalités proches des cordes d'origine. Un réglage de l'intonation s'impose là encore.

Bien qu'il ne soit pas réellement dédié au jeu au bottleneck ou au slide, cet accordage aux sonorités celtes a été prisé pour la simplification des positions d'accords qu'il présentait, et les rapports de quarte ou de quinte entre les 3 notes utilisées ?

Les autres open-tunings

Il en existe de nombreux, divers et variés, parfois exotiques, et qui sont sur le même principe que les deux open-tunings décrits précédemment.

Open C C  G  C  G  C  E
Open D D  A  D  F# A  D
Modal D D  A  D  G  A  D
Open D Mineur D  A  D  F  A  D
Open G D  G  D  G  B  D
Modal G D  G  D  G  C  D
Open G Mineur D  G  D  G  A# D
Open A E  A  C# E  A  E

Leur utilisation est décrite dans le guide (en anglais) de Bill Sethares Alternate Tuning Guide. Il faut savoir qu'ils sont principalement destinés au jeu avec le bottleneck, bien que souvent prisés pour des ambiances particulières et des styles de musique spécifiques.

Il ne s'agit pas, bien sûr, de se forcer à la pratique des open-tunings, car ils doivent à mon sens correspondre à un besoin et un style précis. Je vous laisse juge de leurs sonorités, vous encourage à les tester, et à développer les repères théoriques qui vont autour.

Sachez que de plus en plus de processeurs d'effets, de modulation, d'instruments, proposent, sur la base de capteurs ou de pitch shifters, d'obtenir les open-tunings les plus connus, comme vos propres délires, par un paramétrage de matériel, et sans toucher aux réglages de l'instrument :

Le paradoxe dans tout ça, c'est que la technologie se met en 4 pour développer des mécanismes qui sont très "roots" et utilisés sur des guitares depuis des siècles...