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les gammes pentatoniques et blues




La gamme pentatonique majeure

La gamme pentatonique majeure, si la traduction anglo-saxonne avait été correcte, devrait être appelée gamme "pentasonique" majeure.

Extraite de la gamme majeure, elle ne comporte que 5 sons (et non 5 tons), se voyant retirer la quarte (sous-dominante) et la septième (sensible).

1 (T) tonique  
2 seconde 1 ton au-dessus de la tonique
3 tierce majeure 2 tons au-dessus de la tonique
5 quinte 3 tons et ½ au-dessus de la tonique
6 sixte 1 ton et ½ en dessous de la tonique

Elle obéit donc à la structure suivante :

T 1 1 1+½ 1 1+½

Le chiffrage suivant permet de mieux identifier chaque note de la gamme pentatonique majeure :

T 2 3 5 6

Comparons les gammes pentatoniques majeures et majeures "classiques" :

Majeure T 1 1 ½ 1 1 1 ½
Pentatonique majeure T 1 1 - 1+½ 1 - 1+½

Apparaît alors un intervalle "diatonique" de 1 ton et demi, qui donne ce caractère si exceptionnel à cette gamme.

D'autant plus que l'utilisation harmonique de la gamme pentatonique majeure n'est pas trop éloignée de celle de la gamme majeure classique. En effet, "qui peut le plus" pour 7 notes, "peut le moins" pour 5 !

Toutefois, la gamme pentatonique majeure offre des possibilités d'improvisation beaucoup plus vastes que la gamme majeure pour plusieurs raisons :

La gamme pentatonique mineure

Une gamme pentatonique mineure est une gamme pentatonique majeure dont la tonique est placée une tierce mineure au-dessus (une sixte majeure en dessous).

Les notes relatives dans une gamme pentatonique majeure T-2-3-5-6 se voient donc décalés en 6-1-2-3-5 soit T-3m-4-5-7 dans une tonalité placée une tierce mineure au-dessus.

1 tonique  
3m tierce mineure 1 ton et ½ au-dessus de la tonique
4 quarte 2 tons et ½ au-dessus de la tonique
5 quinte 3 tons et ½ au-dessus de la tonique
7 septième 1 ton en dessous de la tonique

Elle obéit donc à la structure suivante :

T 1+½ 1 1 1 1+½

Le chiffrage suivant permet de mieux identifier chaque note de la gamme pentatonique mineure :

T 3m 4 5 7

D'ailleurs, le 5ième mode de la gamme pentatonique majeure est représenté par un diagramme identique (en position et non en tonalité) au 1er mode de la pentatonique mineure (cf. gammes).

Il y a donc un rapport évident entre les deux gammes, plus faciles à mixer au sein d'une même progression d'accords. Il existe également un rapport entre la gamme pentatonique mineure et la gamme mineure naturelle, mais à mon sens, puisque leur utilisation n'est pas réellement comparable, le décalage tonal ne mérite pas réellement d'explication.

À mon sens, le rapport entre la gamme majeure et la gamme pentatonique mineure est plus évident à cerner lorsqu'il est expliqué par le décalage d'une tierce mineure au-dessus entre les deux gammes !

La gamme blues

Issue d'une "extrapolation "chromatique, la gamme blues est une gamme hexasonique composée d'une gamme pentatonique majeure complétée de la tierce mineure ("blue note").

1 tonique  
2 seconde 1 ton au-dessus de la tonique
3m tierce mineure 1 ton et ½ au-dessus de la tonique
3 tierce majeure 2 tons au-dessus de la tonique
5 quinte 3 tons et ½ au-dessus de la tonique
6 sixte 1 ton et ½ en dessous de la tonique

Elle obéit donc à la structure suivante :

T 1 ½ ½ 1+½ 1 1+½

Le chiffrage suivant permet de mieux identifier chaque note de la gamme blues :

T 2 3m 3 5 6

Les arpèges

Toutes les subtilités de jeu énoncées ci-dessus permettent à l'improvisation de s'éloigner du côté "ascension ou descente de gamme". Des sauts de notes aux démanchés basés sur des intervalles toujours plus spectaculaires, l'improvisation peut aussi être construite autour de la déclinaison de l'harmonie : les arpèges.

Domaine aussi vaste et riche que celui des gammes, les arpèges constituent une solide base d'improvisation. Par principe, la sonorité d'un arpège sera très proche de celle d'un accord, apportant à la fois richesse et couleur sonore.

Mais le point fort de l'arpège réside dans ce complément mélodique ne dépareillant pas de l'harmonie du morceau. À titre d'exemple, une composition écrite en SOL emploiera des arpèges construits autour des accords GM7, Am7, Bm7, CM7, D7, Em7 et/ou F#m7b5.

De même, on ne se contentera pas de 4 notes enchaînées en tierces, mais d'un travail efficace sur des positions couvrant plusieurs octaves. D'où la richesse de mémorisation, construite sur des positions d'accords, qui parfois est plus complexe et plus diversifiée que les schémas utilisés pour définir les gammes.

Et de la manière dont les gammes diatoniques ont été brisées, les arpèges seront joués sans réel arrangement des notes qui les composent. La force d'une improvisation réside dans l'utilisation combinée des gammes et des arpèges.