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tenue de la guitare




La problématique

La tenue de la guitare est un problème majeur. En fonction du type de pratique (apprentissage, enregistrement, entraînement, jeu en groupe, jeu sur scène), la "tenue de la guitare" est primordiale.

Il faut à la fois considérer l'exercice intimiste, seul ou face à un auditoire réduit (son professeur, un autre musicien, ...) qui incite à une position plus posée et généralement assise, et le jeu démonstratif, en public, qui est plutôt debout.

Mais il faut également savoir que la pratique de l'instrument comme certains accessoires, diffère selon le fait que l'on joue debout ou assis :

En fonction de ces critères, des différences notoires apparaissent, et il est bon de distinguer quelques cas de pratique.

Tenue de l'instrument

Lors des séances de travail, l'élève travaille ses morceaux généralement assis (ce qui est un tort), la guitare posée sur ses genoux. La position haute de la guitare sur l'abdomen modifie la position des mains, aussi bien sur le manche (position de barrés "académiques", le pouce sur le milieu du dos du manche) qu'au niveau du corps (bras plié avantageant la faible "cassure" du poignet qui reste alors dans le prolongement de l'avant bras pour le frotté des cordes).

Le médiator aussi est tenu de manière sensiblement moins ferme. La pression à exercer est moindre et les doigts sont aussi parfois plus détendu, car la paume ou l'annulaire et l'auriculaire sont en contact avec la table, ce qui rend le toucher moins crispé, mais aussi parfois moins précis.

Le dos est moins sollicité assis, sauf si le pupitre improvisé ou plus généralement les coins d'une table, d'un bureau ou d'un lit poussent à la contorsion. Le poids de la guitare, en équilibre et appui sur le genou, est mieux réparti, à tel point qu'il est même difficile de revenir à la position debout, tans le confort de jeu est grand.

Et c'est justement là que le problème se pose vraiment. Il faut tenir compte du fait de devoir parfois jouer "droit", et favoriser cet exercice pour qu'un entraînement ne consiste pas à seulement "jouer" les bonnes notes, mais aussi à pratiquer la position du jeu définitive.

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D'autant plus que le fait d'être contraint de jouer à faible volume, dans des conditions d'entraînement, pousse à se focaliser uniquement sur les aspects techniques du jeu. Et c'est une erreur capitale qui conduit à ne plus même brancher le set d'effet qui devrait pourtant être utilisé. Il en résulte un fort décalage entre les deux positions qu'il sera difficile de réduire par la suite.

La position classique assise, consiste à utiliser un "repose pied", et positionner la guitare à la quasi verticale, afin de "redresser" le dos. Peu intuitive et plutôt empreinte de son côté classique, cette position tend à positionner le manche dans un état proche de la tenue debout (le pouce tend à se relever, et les barrés exigent moins de pression car la cassure du coude favorise la pression des doigts).

Cette position n'est cependant pas toujours possible avec une guitare électrique branchée car elle obture logiquement l'entrée jack dans l'instrument.

Le jeu debout nécessitant le jeu avec la guitare en bandoulière, implique une plus grande décontraction dans la position des mains, qui est compensée par un effort plus important sur les lombaires.

La pratique debout reste néanmoins indispensable, universellement le moyen de progresser en prenant de bonnes habitudes. Elle nécessite également une bonne dispersion sonore, car elle devient rapidement fatigante et gênante pour l'écoute si l'ampli ou le pupitre ne sont pas disposés correctement.

Le positionnement

L'agencement dans l'espace de son matériel est aussi à prendre en compte, pour que la pratique de l'instrument puisse avoir lieu dans les meilleures conditions.

Le premier conseil mis en avant consistant à jouer debout, trois accessoires s'imposent d'eux-mêmes :

Reste un accessoire souvent négligé qu'est le stand de guitare qui permet d'interrompre toute session de jeu, procéder aux réglages et laisser son "installation" en place sans toucher aux branchements, ni risque d'endommager l'instrument.

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L'éloignement de l'ampli est un critère important dans l'agencement du matériel. En effet, en fonction du lieu (chez soi, en salle de concert, en extérieur, ...) les règles de l'acoustique sont différentes.

La répartition sonore du volume est fonction du nombre de haut-parleurs, de leur diamètre mais aussi du volume de sortie. Plus ce dernier sera faible, moins les fréquences basses seront audibles, surtout si l'ampli est posé à même le sol, et de surcroît, sur la moquette...

Les haut-parleurs ont aussi leur rôle à jouer. Leur diamètre conditionne le "corps" du son, riche équilibre entre les basses, médium et aiguës. Plus il est important, mieux se fera la répartition du spectre musical. Toutefois, le volume aussi favorise cette répartition sonore, et un haut-parleur de 12 pouces (12") demandera plus de poussée en sortie, qu'un haut-parleur de 10", plutôt dédié au travail de l'instrument qu'à la pratique en groupe.

On notera qu'un haut-parleur 10" est plutôt destiné au travail dans des lieux où le volume sonore ne peut être celui d'une salle de répétition en groupe, ou une salle de concert.

Le nombre des hauts parleurs est fonction de l'effet de stéréo et de la poussée en volume. Un ampli 2 corps comportant un baffle (ou plusieurs) de 4 haut-parleurs 12" sera plus adapté au jeu en groupe qu'un ampli de type combo de 10 watts. Ceci sera développé dans le chapitre sur l'amplification.

La distance de l'ampli est également un critère important ; dans un lieu confiné, un éloignement de 3 bons mètres du haut-parleur (à condition que celui-ci soit positionné à la bonne hauteur).

Pour le jeu sur scène, la distance varie entre 3 et 6 mètres, en fonction de la position des moniteurs de "retour de scène". Mais elle reste assez proche de la distance évoquée ci-dessus.

En fait, il s'agit plus d'un confort auditif et d'un bon niveau de rendement... Sur scène, le bruit ambiant est plus important que dans une chambre. Le volume sonore y est aussi généralement plus élevé également, ce qui est logique en termes de compensation... Mais l'oreille, ne change pas vraiment... Mis à part que l'utilisation n'est plus la même, puisque sur scène, c'est généralement un micro ou un système de direct qui fait office d'instrument auditif, et c'est le public qui va écouter, alors que vous ne devez simplement qu'entendre.

Restent les accessoires d'effet qu'il s'agit d'avoir à portée s'il s'agit d'intervenir en cours de jeu (concrètement, pour les pédales, pédaliers et autres footswitches). Il n'y a alors plus vraiment de règle d'agencement, même si la logique exige qu'ils soient placés au même endroit.

Il est cependant important d'en comprendre le fonctionnement avant toute suggestion d'agencement, ce qui est proposé plus loin dans cet ouvrage.

En pratique

Après avoir évoqué comment ? tenir l'instrument et où ? se positionner dans l'espace, il s'agit de considérer la question quand ?.

La motivation et la finalité de jeu sont les moteurs de la pratique. Il est évident que pratiquer pour son plaisir n'est pas comparable à la pratique rendue indispensable par un contexte professionnel par exemple.

Dans le contexte du débutant qui lit cet ouvrage, la pratique est à assimiler à un besoin de progrès. La fréquence des séances de pratique est fonction de la motivation de l'intéressé. Cependant, il est bon d'accorder son importance au postulat selon lequel la pratique d'exercices réguliers, même sur de courtes séances, permet de constater de meilleurs progrès qu'une pratique occasionnelle, de surcroît rallongée jusqu'à l'écoeurement !

L'apprentissage de l'écoute doit être considéré comme une règle principale de la construction d'un programme de progression. Que l'on ait ou non l'oreille musicale, le problème reste le même, et ceux qui en sont doués doivent travailler autant que les autres.

L'écoute musicale, son apprentissage, le travail de l'oreille et le repérage de tonalités constituent les bases de ce travail (pour un débutant, selon une proportion de 50% des exercices dans les premiers temps).

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Apprendre à écouter, c'est diversifier son approche musicale en se "forçant" à comprendre plusieurs styles musicaux (du classique au jazz en passant par le blues, le rock, et même, si possible, des musiques du monde, plus exotiques et sans guitare forcément).

L'écoute au casque est bien, car elle isole des bruits ambiants sans forcer le volume, ce qui est bon pour les oreilles du voisin et de son entourage. Noter qu'il est souvent difficile d'écouter attentivement de la musique sur un cumul de 2 heures par semaine ! Attention, écouter exige l'attention, et il ne faut pas tenir compte des instants à entendre la radio ou un fond musical sur CD, cassette ou MP3.

L'approche des règles théoriques est essentielle, et fait également partie des éléments importants à considérer. Il est assez stérile de jouer sans but précis ! A l'inverse, par la lecture et si possible l'écoute, la compréhension de l'harmonie et de la mélodie vont pouvoir se développer.

Nous considérons alors dans ce cas précis l'équilibre entre théorie et pratique. Considérer les explications théoriques sans pour autant tenir sa guitare à la main, c'est le moyen de retenir les bases, et peut être éviter les mauvaises positions, les mauvais réflexes. Mais la mémorisation sonore, visuelle et tactile est indispensable pour que la pratique soit efficace.

Théorie et pratique constituant les 50% restant (50% de l'apprentissage étant réservés à l'écoute musicale) devront donc tenir compte d'une répartition équilibrée entre théorie et pratique. Cette pratique doit se dérouler selon un découpage en séances dont la durée doit être de 60 à 90 minutes.

Cette mise en application de règles théoriques nécessite le support de partitions s'y reportant. C'est cette phase qui va permettre de développer tout ce qui n'est pas transcrit sur le papier, et qui est difficilement compréhensible sans la pratique. Il s'agit de concepts comme l'agilité, la synchronisation, la rythmique.

Il est alors recommandé de respecter une totale neutralité sonore dans ce type d'exercice, quitte à ne pas du tout brancher sa guitare. Cette astuce permet au débutant de dissocier la pratique réelle et efficace de la recherche de sons souvent fastidieuse et qui n'apporte rien à la dextérité et autres positionnements de mains.

Il est indispensable de débuter cette séance par 15 minutes d'échauffements et d'exercices de synchronisation main droite/main gauche, afin d'éviter tout incident d'étirement musculaire mais également gagner confiance selon la formule : "bien sentir le manche sous les doigts".

Le travail du son doit également faire partie du programme de travail. Souvent négligé par les manuels d'instruction, le son est au guitariste ce que la palette est au peintre, et l'évolution des technologies et des budgets rend cette approche plus délicate. Cependant, même avec peu de matériel, il y a toujours matière à parfaire et enrichir sa palette de couleurs.

Dans certains cas, le travail du jeu en groupe doit être intégré au programme, consistant à travailler les positionnements rythmiques et mélodiques en fonction d'autres instruments.