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faut-il prendre des cours pour démarrer ?




A quel âge démarrer

Avant de s'y mettre, de se jeter corps et bien dans l'apprentissage de la musique, il faut "valider" sa motivation : savoir si l'on a vraiment envie d'y aller, quelle sera la pérennité de l'investissement de soi (ou de ses enfants lorsqu'il s'agit d'initier les plus jeunes...).

Pour ce qui est de la guitare, le démarrage est facilité par l'apprentissage des bases très jeunes. Les gestuelles et pratiques peuvent ainsi être inculquées. Malheureusement la théorie nécessite quelques bases scolaires mathématiques qui impliquent un démarrage digne de ce nom dès 7 ans. Avant, c'est plus l'éduction musicale, la formation de l'oreille et l'apprentissage des sons plus que de la pratique qui va révéler les plus doués...

Il ne faut cependant pas décourager les élèves de moins de 7 ans les plus motivés. Cela n'engage encore une fois que moi, mais le fait de disposer d'instruments à leur taille, dans des environnements plus ludiques qu'éducatifs, va pousser les plus jeunes à continuer par l'apprentissage. De plus, soit par émulation (papa ou maman est disponible et passe du temps avec l'élève), soit par des cours se voulant plutôt collectifs (... et orientés guitare classique, lorsqu'ils existent dans les associations près de chez vous, donc dans les grandes agglomérations uniquement), un enfant de 5 ans peut évidemment apprendre.

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Et il ne faut pas relâcher la pression dévastatrice du besoin de s'exprimer, de jouer ! Démarrer et progresser, même à son rythme, c'est important, même pour les plus petits. La motivation en découle et par là-même ses orientations musicales, ses choix, son intérêt artistique, pratique et théorique. Il n'est jamais trop tard ni trop tôt pour révéler son identité, son moi profond musical.

Tout est question de motivation, et on la rencontre majoritairement à l'adolescence ou quelques années après la "stabilisation", période correspondant à l'entrée dans un mécanisme de vie routinier, une fois marié(e), logé(e) et embauché(e)... Ce sont ces années "tâtonnes" où l'être humain se cherche et prend le temps de s'intéresser à ce qui le titille.

On retrouve là deux populations motivées, l'une jeune et fougueuse, souvent fauchée, accompagnée d'une énorme envie de changement et d'un réseau d'influences très efficace, l'autre plus fortunée (mais loin d'être riche et dépensière, crise oblige !) qui souhaite aller très vite mais sans détermination.

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L'apprentissage est donc différent, l'accès aux médias et matériel également. L'implication d'un lycéen et d'un actif a beau être soutenue par une forte motivation, on n'en retrouve pas moins des différences dans la disponibilité et le temps accordé à la pratique de l'instrument : il est facile de consacrer 5 heures par semaine pour un étudiant, ce qui est plus délicat pour quelqu'un qui partage sa vie avec ses collègues de travail, sa famille et ses enfants et les automobilistes et autres transports.

Commencer seul

Sans parler d'apprentissage complet en autodidacte, on peut considérer qu'il n'est pas simple de s'y mettre tout seul : le manque de ressources et la principale cause des abandons et autres appels au secours. Dans le milieu étudiant, la cohésion fait qu'on n'est jamais seul bien longtemps. En contrepartie, on ne fait plus preuve de discernement sur ses choix et "intensions" musicales, on suit le phénomène de groupe, l'influence de celui qui parle le plus fort en quelque sorte.

Et des sources d'apprentissage, je peux affirmer qu'elles sont rares et mal conçues. Quelques ouvrages (livres) arrivent à synthétiser certaines bases, mais se voulant généralistes (conditions liées au nombre d'exemplaires vendus) ces livres se veulent aussi incomplets... et l'on arrive vite à en avoir fait le tour.

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Il y a bien des DVD, où là, l'écœurement concourt avec l'inintérêt... Au début, le niveau est trop élevé, et l'image, bien qu'étant un excellent support pédagogique une fois les bases correctement posées, va trop vite et finit par ne montrer que le grand décalage qui puisse exister entre un bon et un qui débute vraiment. Plus tard, lorsque l'on a acquis ces bases, les exercices paraissent niais et l'on a alors besoin d'aller plus vite à l'essentiel : la méthode perd son intérêt.

Les CD/DVD-ROM, sur PC, qui sont parfois en mesure de valider une progression par le biais d'un exercice et de mécanismes intelligents de comparaison avec la piste originale sont souvent très rigolos, mais dans le fond peu instructifs... C'est plus un jeu qui valide un acquis technique, d'un point de vue musical, guerre plus élaboré qu'un jeu Simon, et auquel s'apparente des jeux de type Guitar Hero, Rock Band et autres dérivés... rien de bien pédagogique.

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Les magazines apportent de l'eau au moulin et demandent souvent d'être "provisionnés" quelques mois pour être ressortis plus tard, lorsque la partition ou le CD/DVD sembleront abordables... Cependant, il faut se méfier des conseils anti-pédagogiques des productions financées par la publicité : l'excellent Guitar Part n'hésitera malheureusement pas à proposer des essais de matériel en fonction des salons ou sorties des grandes marques internationales, oubliant qu'une distorsion pour débutant, ça doit remplir son office dans les grandes lignes pour moins de 80 €... et non 250 !

Enfin, il y a Internet qui permet là encore de trouver des informations introuvables ailleurs, mais je le vois plus comme un outil de collecte qu'un outil de soutien. La règle est la même sur la toile : si tu parles, on t'écoute, mais ne compte pas sur moi pour te financer, t'aider, te réconforter... Aussi, on trouve beaucoup de pseudo-guitaristes qui pensent mais ne jouent pas, qui donnent leur avis et qui bricolent beaucoup.

De toute façon, apprendre par soi-même est inévitablement composé de "butinages" sur ces différents médias, c'est aussi savoir faire un distinguo efficace entre ce qui est utile ou non, savoir mettre de côté pour être travaillé plus tard, et surtout, se fixer des objectifs réalistes et se remettre en question fréquemment. L'exercice demande une certaine maturité, notamment dans l'exercice de remise en cause perpétuelle, qui tient plus d'un soutien psychotechnique que d'une bonne méthode.

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Ce type de soutien à la progression, c'est ce que j'attends de l'autre dans l'apprentissage. Je ne reprends pas le mot prof, car ce soutien peut être de nature diverse. Un (bon) prof va justement aider à trouver sa voie plutôt que déballer techniquement des exercices sans but affirmé. Il va aussi, en plus d'orienter, permettre de corriger certains mécanismes moteurs (mauvaises positions des mains), travailler l'accélération, l'oreille, la perception théorique des gammes.

Mais à l'évidence, un prof particulier peut tout autant apporter qu'un groupe de quelques séances en cours collectifs, ou la participation à des réunions avec d'autres instrumentistes (sans pour autant s'impliquer dans la formation d'un groupe). C'est le partage des expériences qui enrichit considérablement sa progression dans l'apprentissage de la musique.

Enfin, sachez que dans tous les cas, développer par soi-même son apprentissage par l'écoute de nombreux morceaux et de nouveaux styles sera inévitable. De même que de travailler à la fois les parties indiquées par le prof, depuis un programme particulier donné, comme depuis une partition libre qui vous serait accessible (magazines, Internet, song books, ...). À vous d'organiser votre progression, vos approfondissements, valider certains acquis, perfectionner vos points forts, améliorer vos points faibles et augmenter votre niveau de jeu, de découverte et de ... vocabulaire théorique et technique.

Prendre des cours avec un prof particulier

Depuis l'entrée en vigueur du CESU pour Chèque Emploi Service Universel, le 1er janvier 2006, il est devenu très facile de rémunérer son professeur particulier. Pour autant, si le CESU facilite et simplifie les démarches liées à l'emploi à domicile d'un prof, il n'en est pas moins difficile de sélectionner le bon. En effet, comment savoir avec certitude que le professeur est suffisamment qualifié ou que ses compétences pédagogiques vont porter leurs fruits ?

D'autant qu'il est difficile de mesurer à la fois son attente et l'impact d'un programme proposé si tant est qu'il soit tenu, égrené dans le temps sur une vingtaine de leçons à 20 € de l'heure ! C'est comme acheter le bon matériel répondant en adéquation à son besoin : on se "loupe" deux ou trois fois avant de trouver le bon. Et pour les profs, c'est pareil ! Méfiez-vous du trop pédagogue, de ceux qui courent après le nombre d'heures nécessaires, et des philanthropes qui partagent inefficacement leur savoir en déballant plus qu'il ne faut.

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La perle rare, à mon avis, existe plus dans ses connaissances, par le bouche-à-oreille et chez les amateurs que chez les pros qui restent efficaces mais toujours intéressés. Et dites-vous que les plus belles anecdotes relatant de la reconnaissance envers son professeur ne sont pas nécessairement fondées sur une longue période d'apprentissage, mais sur des échanges, des rencontres, des expériences...

Il existe donc de nombreux circuits, depuis celui des annonces dans magasins de musique ou Internet. Mais les vielles recettes fonctionnent encore : bouche-à-oreille, annonces affichées dans les quartiers ou dans les lieux scolaires (université...), notamment pour retenir ceux qui n'entrent pas dans le carcan des diplômes mais qui peuvent proposer des prix tout aussi intéressants que le contenu dispensé.

Quelle que soit la façon dont on procède, il faudra nécessairement voir plusieurs profils de professeurs avant de déterminer une première sélection, celle-ci étant préalable au choix définitif, ce qui n'est pas facile pour tout le monde (manque de temps, de perspicacité...).

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Plusieurs critères sont alors à prendre en compte :

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Prendre des cours collectifs

De tout enseignement collectif résulte une information qu'il est nécessaire d'approfondir individuellement. De la même manière qu'un cours de math qui sera acquis rapidement par les uns et engendrera plusieurs heures de travail pour les autres, un cours collectif de guitare suscite un travail individuel complémentaire.

Cependant, la formule, en plus d'apporter un attrait économique (les cours sont généralement moins chers), regroupe une thématique variée (souvent pour plaire au plus grand nombre) et implique surtout l'échange avec d'autres musiciens (souvent de même niveau).

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C'est sur ces apports qu'il est bon de focaliser car bien souvent, on y rencontre des personnes qu'il nous est amené de retrouver par la suite soit pour des exercices et travaux de duos, soit incidemment au détour d'une boisson pour parler de projets communs. Bien des formations ont commencé par cet échange intuitif, souvent concrétisé par des projets de reprise ou de composition.

Les milieux scolaires (même à 50 ans dans un cours collectif, vous êtes en classe) sont riches en rencontres. Et l'apport de l'autre permet de varier (différences de styles, d'approche) comme de découvrir. Dans tout les cas, ce rapport engendre émulation, compétition et crée de la motivation. Le rapprochement est bénéfique, à l'excès.

Cet exutoire est exploité ou non, au travers d'un parcours de groupe, mais aussi seul, pour bien des individus dont le caractère les pousse à rester solitaire, qui vont jusqu'à travailler un autre instrument et s'orientent plus facilement vers la création personnelle.

La formule a beau être séduisante, il n'en reste pas moins que lorsque des difficultés sont rencontrées, la progression ou le fait de surmonter ces difficultés exige un investissement personnel bien plus important que lors des séances individuelles qui permettent du "sur-mesure".

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Je dirai que l'esprit de cette formule est le meilleur, mais qu'elle atteint ses limites si tout ne se passe pas idéalement. La démarche, si vous en avez le temps et les moyens, consisterait à coupler aux cours collectifs des cours individuels, même ponctuels, en complément sur quelques séances uniquement, juste pour un tuning personnalisé... et en complément de l'inévitable apprentissage par soi-même que l'on rencontre chez tout guitariste débutant comme confirmé, sous peine qu'il soit curieux et intéressé...

Les méthodes

Il n'est pas de méthode d'apprentissage qui soit meilleure qu'une autre. Mon expérience personnelle montre une grande insatisfaction, notamment dans le respect des objectifs à atteindre. Souvent typées ou à contrario trop généralistes, les méthodes ne m'ont jamais permis d'atteindre directement mes objectifs sans complément. D'un autre côté leur lecture est riche d'enseignements, car dans l'originalité d'une approche, dans les références citées, il y a toujours du bon à prendre et à apprendre.

Je finis même par penser que les ouvrages pour débutants conditionnent tellement l'approche que l'on a de l'instrument qu'il s'agit essentiellement pour moi (qui, je pense, ai fini de débuter, ... encore qu'on n'en sait jamais assez !) de collecter les différents éléments qui seraient déclencheur de motivation ou de choix.

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En effet, le problème que je rencontre au travers de mes échanges avec d'autres guitaristes, c'est celui de la remise en cause et de la motivation. Tous sont passés par des phases dramatiques de remise en cause, comme si entre deux niveaux (ça correspond à quoi le niveau débutant par rapport à confirmé ? un débutant en jazz ne peut-il pas être confirmé en rock ?) d'apprentissage un cap ne se franchissait pas de manière simple.

Pour certains, un élève qui maîtrise les gammes, c'est un élève qui sait les distinguer, les jouer partout sur le manche "à fond la caisse". Mais pour d'autres, c'est celui qui sait les utiliser à des fins d'improvisation par exemple. Pour d'autres, c'est dans le but de les utiliser dans des compositions originales... La technique et la manière dont elle est utilisée crée des "dépressions" : quel guitariste n'a jamais ressenti de frustration de connaître par cœur le solo d'un morceau (même très technique) et ne pas pouvoir exploiter ce savoir ailleurs que sur le playback de cette reprise.

De même, c'est extrêmement déprimant pour un guitariste doué qui joue essentiellement "à l'oreille" de ne pas "savoir" ce qu'il joue, d'en parler avec un pianiste ou un bassiste. Enfin, quelqu'un qui a compris la construction harmonique ne sait pas nécessairement en exploiter ses finalités, et peut ne pas avoir pratiqué d'un seul instrument dans sa vie.

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Une bonne méthode, c'est celle qui consiste à développer les 3 axes (théorique, pratique, artistique), ce n'est sûrement pas un bon livre, un super site internet, une bonne progression avec le meilleur des professeurs, le dernier DVD à la mode ou l'implication dans un super groupe d'interprètes... une bonne méthode, c'est savoir combiner un peu de tout ça (dans la mesure du possible) au fil du temps.

Etat d'esprit

On peut se servir des comparaisons avec certains sports sur les aspects idéologiques. Le surf est empreint de technique, de nombre d'heures de pratique et d'une forme d'idéologie et de feeling qui en fait un sport à la fois accessible et élitiste. J'ai bien souvent rencontré des gens parler de la guitare dans les mêmes termes, comme si une partie des guitaristes passait sous un seuil et l'autre survolait la mêlée.

C'est un monde considéré "à part" à mi-chemin entre l'artiste (rêveur et farfelu, qui peut ne disposer de rien pour proférer son art) et la fashion victim (qui au contraire répond bien souvent à un état d'esprit dicté par des modes, des influences). La société de consommation l'a bien compris, les artistes sages dans leurs ateliers n'intéressent qu'eux et n'accèdent rarement à la notoriété de leur vivant en tout cas. Comment véhiculer une image. En contrepartie, des artistes en herbe qui regardent D&Co (à la télé, une émission présentée par Valérie Damidot sur M6), lisent Maison & Travaux et peuplent les magasins Cultura les samedis après-midi sont intéressant (figurez-vous, pour l'anecdote, que Cultura et Milonga, c'est pareil !).

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Il pourrait (pourra peut-être un jour) en être différemment, mais en fonction des tendances et des modes, de vedettes du moment et du faible regard qu'ont les gens sur la création, amalgamant trop facilement Star Ac et Aldi Meola... Les élans économiques de consommation surfent sur un phénomène d'attraction et la vente et les publications suivent... On en reviendra. L'état d'esprit, l'approche finira peut-être par changer, la créativité se développera : on préfère une boîte émulant 10 amplis qu'un seul bon ampli de la même manière qu'on préfère découvrir en direct live les 10 stars les plus prometteuses de TF1 tout en occultant les talents qui s'évertuent sur de petites scènes aux 4 coins de l'hexagone.

Pourtant, on en revient aux fondamentaux... Une Fender Strat dans un Marshall et/ou une Cort dans un Bugera (deux imitations), ...mais dans tous les cas, une identité sonore. Les magasins Décathlon servent le sportif qui va s'éclater le week-end sur les stades ou les chemins, car l'état d'esprit est différent, à quelques exceptions près et phénomènes saisonniers (tous en rollers en ligne !). Mais pour la musique, et en particulier les magasins et magazines de guitare, en ce début de siècle le verbe avoir se conjugue plus que le verbe être contrairement aux années 1960-1970.

Et c'est dommage, car si, contrairement à l'époque, l'avantage réside essentiellement dans la démocratisation des instruments bien faits à bas prix, la création et la virtuosité sont délaissés au travers des modes. Les nouveaux groupes à la mode ont beau s'évertuer à faire d'interminables tournées (le disque ne se vent plus), ils produisent à coup de millions 4 fois le même album en 5 ans avant de disparaître, car plus personne ne souhaite (à force !) leur ressembler. Comparé à un acharné qui laissait 2 mois de salaire pour gagner sa Strat originale il y a 40 ans... l'effort semble bien différent. C'est quoi un "vieux con" ? Un gars qui raisonne comme moi ?

En contrepartie, ceux qui ont révolutionné le genre figurent dans le meilleur des cas sur une compil MP3, une play-list de légende, alors qu'ils font preuve d'un réel tallent. Il ne faut donc pas s'étonner si votre fils qui se met à la musique reprenne des morceaux de Jimmy Page ou Jimi Hendrix... C'est plutôt bon signe, même si cet état d'esprit est bien difficile à cerner pour les "non-praticants" (dont les vendeurs en magasin qui continuent à vendre la pédale d'effet de John5 alors que personne ne l'a entendu !).

Alors si je m'insurge encore (trop vite...) pour des sujets râlants comme le montage anarchique des cordes (non coupées, surplombant en de dangereuses spirales les mécaniques de votre guitare) ou le port de la casquette de travers (juste fait pour faire chier, susciter la réaction), je ne peux penser que les plus sages, créatifs et respectueux d'entre vous s'abaissent à "tomber" dans de tels travers épisodiques sans connaissance de cause.

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L'état d'esprit pour commencer et continuer la guitare se développe dès les premières notes, dès les premiers accords, avec des influences plus ou moins néfastes... Il est toujours temps de changer de mode ou de façon de penser. Ne pas changer, c'est mourir... Choisir son prof, son programme, son mode d'apprentissage et ses préférences, ses influences et sa manière de progresser peuvent énormément influer sur le résultat final. Tous les choix sont discutables, mais lorsqu'il s'agit de forger sa personnalité, son identité musicale, on a pas mal d'arguments lorsqu'on fait très vite les meilleurs choix sur de bons conseils...

Dans tous les cas

Essayer un cursus d'apprentissage ne dispense pas de s'intéresser de près à la pratique et aux programmes pédagogiques. Il est simple et naturel de se mettre à la guitare, seul, grâce à une méthode et un bon dictionnaire d'accords. Certaines parties de cette page peuvent vous aider à débuter, notamment aborder dans la pratique les accords les plus simples, les notions théoriques de base.

Cependant, rien n'empêche de participer à la première séance (normalement gratuite) juste pour voir. Certes, ce n'est pas au bout d'une séance que l'on va se faire une idée précise de ce qu'apportera un cours particulier ou collectif, dans la mesure où il faut réellement faire preuve de discernement. Votre statut de débutant permet d'être objectif, mais il faut bien plus que ça, habituellement, pour se dire "il faut aller plus loin".

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De même, n'attendez pas tout du prof, de la méthode, ... variez, soyez curieux, et naturellement, dans la joie et la bonne humeur (toujours !) développez les points en marges des sujets abordés. Il faut idéalement arriver à devenir boulimique dès les premières sessions pour mesurer l'ampleur de "tout ce qui reste à apprendre". Avoir de l'ambition n'est pas un défaut !

Dans votre organisation, pensez à noter dans votre calepin intime de guitariste vos sessions, les dates des prochaines séances, vos objectifs, votre progression. Tant pour le prévisionnel que pour le réalisé. Comme un grand sportif, notez que vous avez atteint tel niveau au bout de tant d'heures de travail et avec tant d'années d'expérience...

Enfin, soyez avide de tout ce qui peut se rapprocher de près ou de loin à votre passion. Même si je les décrie régulièrement, je parcours tout aussi régulièrement les différents forums pour me forger un avis. Lisez, dans la même optique, plusieurs presses, et feuilletez tout type d'ouvrage. On apprend parfois même des choses en "revenant" sur des bases pensées acquises, en relisant des méthodes pour débutant.

Essayez, testez, posez des questions et surtout, jouez, dès que possible. Mais jouez utile. C'est au prix de nombreuses heures d'efforts et d'apprentissage technique et théorique que l'on peut prétendre savoir jouer. Ne gâchez pas en laissant de longues périodes d'abstinence guitaristique se prolonger... Bien que ce soit comme le vélo, ça ne s'oublie pas, il faut une pratique régulière pour progresser efficacement, et conserver la tonicité et dynamique musculaire servant les gestes techniques des plus simples aux plus complexes...

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Rappelez-vous qu'on n'a rien sans rien, que les premiers barrés sur le large manche avec les cordes en nylon faisaient très mal, mais que c'était pour notre bien... Faites-vous plaisir dès que possible, agrémentez votre set de matériel, travaillez les sons (c'est aussi important que la technique) et la rythmique souvent délaissée (à tort) comparée aux règles mélodiques abordées dans l'apprentissage de l'harmonie. Et rencontrez d'autres musiciens. Croisez le fer avec un bassiste, un batteur, un clavier, ... peu importe pourvu que l'échange soit constructif et vous pousse à vous ouvrir à d'autres horizons.

Astreignez-vous avec régularité à suivre les conseils de vos profs, à développer les points pour lesquels il sent ou que vous sentez qu'il est nécessaire de travailler d'avantage. Utilisez-le d'ailleurs pour définir les bases de ce qu'il reste à améliorer, plutôt que tout attendre de lui ou d'un programme qui reste un fil conducteur bien peu adapté à votre cas personnel. Elargissez vos connaissances, et développez vous-même, par reformulation, votre cahier de notes sur les principes théoriques, pratiques et artistiques que vous avez acquis et qu'il reste à acquérir...