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les styles musicaux et le matériel qui va avec




Il s'agit là de bien définir le périmétre de l'article, le contexte qui de l'analyse, la portée du propos qui est restreint à la guitare électrique principalement solidbody. On va donc évoquer la majorité (et non l'exhaustivité) des configurations guitares, amplis et effets afférentes aux genres et styles musicaux dans lesquels la guitare électrique entre en compte. Les jeux électro-acoustiques et la guitare sèche amplifiée ne sont pas pris en compte ici, au même titre que les genres musicaux ne sont pas cités de manière exhaustive (pas de rap, électro, ...) dans la mesure où ils n'appellent pas directement (sampling ?) de sonorités de guitare électrique.

Genres, styles et courants musicaux

La guitare électrique est utilisée dans de nombreux styles musicaux dont les principaux sont le Rock, Heavy Métal, Blues et Jazz. De nombreuses déclinaisons de ces courants donnent lieu à des variantes dans des proportions quasi-exagérées : il doit se développer un courant, une déclinaison, une tendance plus ou moins marquée à chaque naissance d'un groupe !

Aussi, afin de faciliter le choix d'équipements d'un néophyte, et sans rentrer dans un comparatif des styles, il est assez difficile de ne pas évoquer les principales caractéristiques de ces styles et des déclinaisons courant par courant.

Attention, il s'agit là d'une mise en garde contre toute règle établie, car le fait de privilégier une configuration pour "jouer" un style musical ou un autre n'est en fait qu'un simple constat de ce qui se fait ou qui s'est produit par la majorité des représentants célèbres du style abordé...

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Toute transgression créative de ces règles n'atteste que des phénomènes adaptatifs auxquels sont assujettis les guitaristes, souvent par manque de moyens financiers, ou dans une avancée de proche en proche à obtenir le son de... ou encore à créer le sien. Pourquoi ne pas disposer d'une Supradistortion dans le reggae ou encore d'un arpégiateur dans le blues ? ... après tout !

De même, tous les courants (et ils sont nombreux) dérivés des Musiques du Monde sont souvent empreints de sons traditionnels qu'il est à la fois difficile de reproduire dans leur majorité avec un set commercialisé dans nos contrées... Les configurations requises pour ces styles là, dans un registre de guitare électrique, ne seront donc pas abordées dans cette page.

Le Blues

Le Blues est probablement aussi ancien que le Jazz dans l'histoire de l'électrification de la guitare... Bien que le blues soit un prédécesseur historique du jazz (chronologiquement parlant) il en résulte deux philosophies assez différentes notamment provenant du fait que la guitare ait probablement eu besoin de s'électrifier pour le jazz. Le blues électrique est donc probablement survenu par la suite...

Cependant, c'est dans l'approche et dans l'émotion que le blues est "vécu" plus tôt dans la vie d'un guitariste électrique : en effet, il est à la base du rock et de tous ses dérivés, il est aussi à la base du jazz, musique longtemps primaire, jouée sur une guitare acoustique par les esclaves noirs lors des rares moments de repos. C'est la musique de la rage, de la colère, de l'espoir, de la complainte...

Tous les guitaristes électriques connaissent la sempiternelle progression de 3 accords, les 12 mesures et le tempo caractéristique maintes fois déclinés pour comprendre les fondements des règles harmoniques de notre culture musicale occidentale. C'est aussi sur ces mêmes grilles d'accords que nous avons tous improvisé sur les mêmes pentatoniques, et que nous avons accéléré le tempo, l'avons rendu ternaire, avons rajouté une tonalité en accord 7ième mineure, ...

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La configuration idéale : Fender Deluxe Reverb + Gibson Lucille Modèle BB. King

Le blues, aussi "primaire" soit-il, reste une machine qu'il est difficile de bien interpréter, et c'est pourtant le style privilégié dans les sessions improvisées entre musiciens qui ne se connaissent pas... Cette difficulté vient du fait qu'il réside quelque chose de mystique autour du genre, les protagonistes ayant tous vécu un destin des plus tragiques. C'est bien plus qu'un style musical, c'est une histoire à laquelle chaque guitariste voue un profond respect.

Pour "attaquer" le blues, qu'il soit Texan ou en provenance de Chicago, il s'agit avant tout de s'équiper d'une grande âme et d'une forte sensibilité. La technique de jeu la plus subtile va permettre de mettre en avant la plus subtile des sensibilités, bends, glissés, attaques, jeu au bottleneck.

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La configuration économique : Fender Frontman 15 R + Epiphone Lucille + Ibanez TS9

Les sons sont assez fins aussi, clairs et chauds, crémeux et légèrement saturés, souvent produits sur des amplis à lampes auxquels une simple réverb fait ressortir le sustain, la nuance. Le jeu se veut expressif, montant, du plus "sec" au plus dévastateur, parce que chaque morceau relate une petite histoire qui vient étoffer la formidable histoire du Blues.

Pour le set, référons nous aux références du style, dans un registre électrique, il va de soit : on ne peut aborder le Blues sans parler du son des Kings (BB King ou Albert King) qui ont donné les lettres de noblesse au genre avec une Gibson et un bon ampli Fender. On trouve Steve Ray Vaughn pour le Texas, dans ses escapades bluesies avec un son de strat boostée (TubeScreamer) et une wha-wha dans un Fender Bassman, ou encore Hendrix ou Clapton qui ont repris le Blues avec une Stratocaster et un Marshall.

Le Jazz

Il est né lorsque le blues a swingué... J'avais entendu ça précédemment, et même si d'aucun lui prête des origines africaines, orientales, il résulte essentiellement des musiques exprimées par les noirs américains, et ... je reste convaincu qu'il véhicule la même émotion que le blues, à des nuances près dans l'expressivité d'une musique trop souvent intellectualisée...

Oui, il faut être érudit musicalement pour l'apprécier, et disposer d'une maitrise certaine de l'instrument pour le pratiquer, mais le jazz se veut avant tout accessible, arrêtons avec les clichés ! Sortons juste des routes pop où musicalité rime avec simplicité et écoutons avant de juger.

Le jazz s'est certes électrifié : c'est à l'origine pour sonoriser une guitare acoustique (demi-caisse avec ouïes en f) que le micro pour guitare est né. Par la suite, la maitrise du larsen a conduit Rickenbacker à l'installer sur des guitares solidbody, et notre guitare électrique est alors née. Mais au tout début, il s'agissait d'amplifier un instrument acoustique pour qu'il ressorte du mix au milieu des sections cuivre, trompettes et autres trombones.

C'est aussi grâce à cette sonorisation que la guitare est sortie de son rôle d'instrument rythmique ou d'accompagnement pour devenir un instrument de soliste. Dans le blues, même si certains licks et voicings étayaient les enregistrements acoustiques de Robert Johnson, le chant tenait le haut du pavé. Le phrasé était réservé au classique, au flamenco, mais était rarement sonorisé pour un instrumentiste soliste du devant de la scène.

C'est Charlie Christian qui a développé ces incursions solistes jazz en dehors des sentiers blues ou classiques. Par la suite, la partie électrique qui nous intéresse nous, minables férus d'amplification, a donné ses beaux jours avec des virtuoses comme Joe Pass, John McLaugthlin ou John Scofield par exemple, tous les trois dans des styles assez différents et différentes tendances du jazz.

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La configuration idéale : Gibson ES-175 demi-caisse + Roland JazzChorus 120

On nomme souvent d'autres virtuoses comme Django Reinhardt qui n'ont pas eu le succès électrique mérité, trop fidèle aux sonorités tziganes des guitares acoustiques. Mais globalement, même les guitaristes aux sonorités plus modernes comme Al Di Meola, Birelli Lagrène ou Pat Methenny sont restés fidèles à leurs sonorités très variées, avec un équipement relativement complet, favorisant l'expressivité au travers de sons clairs ou très très légèrement saturés, des chorus et delay pour grossir encore d'avantage le signal, une redoutable égalisation et compression, mais avant tout le son riche d'une guitare demi caisse.

Les amplis ne sont pas, comme dans d'autres styles poussés dans leur retranchement, mais les sons principalement clairs délivrés doivent rester assez puissants et homogènes quelque soient les subtiles nuances de jeu dans lesquelles ces guitaristes excellent. Des amplificateurs à transistors sont alors privilégiés pour leur robustesse et leur constance sonore, avec de fins réglages d'égalisation (Roland Jazz Chorus de 120 watts tout de même, Fender Deluxe Reverb aux sons clairs et bien définis).

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La configuration économique : Ibanez AG-75 + Roland Cube 80 avec effets intégrés

Ils utilisent donc des guitares aux sonorités profondes, au sustain assez élevé et permettant de monter des tirants assez forts (0.013 - 0.056), proches de ceux joués en guitare acoustique folk. Les micros sont souvent des doubles bobinages pas nécessairement puissants mais assez riches sur la totalité du spectre sonore. Le jeu assis ou la guitare portée très haute est caractéristique du style.

Les guitaristes de jazz innovent donc à la fois par le toucher très subtil, leurs capacités d'improvisation et leurs connaissances musicales. Ils fleurtent avec les retranchements musicaux harmoniques mais expérimentent évidemment des configurations matérielles de plus ou moins bon goût : la vague de synthé guitare n'a pas été la période à mes yeux la plus riche de la jazz-guitare.

Le Rock'n Roll

Le Rock entendu au sens large est lui-même dérivé du Blues. Apparu dans les années 50 aux USA, il dérive lui-même de musiques tirées du blues, du rhythm and blues, de la country, du gospel... Il est difficile de "remonter" aux origines du rock sans développer une page à part entière.

Il est cependant assez facile d'identifier le Rock'n Roll, genre qui a favorisé l'évolution de la guitare électrique et qui s'est développé en marge des artistes blancs qui, à l'époque (milieu des années 50), étaient en pleine vague jazz, big band et swing assez dansant. La musique noire a donc développé des alternatives dansantes au blues, fortement inspirées du jazz, des boggies et autres swings en vogue...

La naissance du rock est souvent associée aux premières guitares saturées, et l'anecdote de l'ampli d'Ike Turner qui dysfonctionnait, des lampes poussées obligatoirement dans leurs retranchements (qui disposait d'un ampli de plus de 10 ou 15 watts à l'époque ?) par Chuck Berry, des riffs de Bill Haley ou Little Richard...

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La configuration idéale : Fender Telecaster 59' + Fender Twin Reverb 65'

Le matériel est assez fidèle pour le rock'n roll et ses déclinaisons rockabilly ou country : une guitare vintage soit demi-caisse comme la Gibson ES335, soit solidbody, avec la Telecaster. Les sons doivent alors être assez tranchants, favorisant les rythmiques rapides et saccadées, même si au tout début il suffisait de "couvrir" une contrebasse (la batterie semblait si loin dans les mix d'Elvis Presley...). Les amplis sont des amplis claquants, puissants comme les Fender. Les effets n'existent pratiquement pas, même si certaines réverbérations et écho à bandes sont principalement utilisés.

Aujourd'hui, la country qui reste le seul courant ayant conservé l'âme dansante du rock'n roll, va favoriser l'utilisation d'autres équipements, dont un bon delay (slap back echo), un bottleneck emprunté au blues d'origine, et de longs et "moelleux" chorus. Le son de l'ampli n'est pas d'avantage saturé, sinon par un très léger overdrive, tout au plus tiré d'un Blues Driver de Boss.

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La configuration économique : Squier Telecaster Classic + Marshall MG15 avec effets

Les guitares interviennent souvent seules, en complément d'un piano, mais dans les dérives plus récentes, elles mettent en avant le solo, la rythmique étant complétée par des guitares folk ou des banjos, et les contrechants par le violon ou lapsteel ou pedalsteel.

Le Rock

Le rock tout court a suivi le rock'n roll. On lui prête des influences bien plus liées au blues, surtout sur la base des progressions d'accords. Il a surtout donné suite à l'un des courants majeurs dans la pratique de la guitare électrique : le hard-rock. Il correspond en fait à une évolution moins dansante du rock'n roll, notamment dans les années 60, et à une ouverture musicale constructive d'où émergent les premier "guitar heroes" comme Jimmy Page, Jimi Hendrix, Jeff Beck et Eric Clapton.

Le rock a également été construit autour de moyens musicaux naissant, comme le développement d'amplis de plus en plus puissants, l'avènement de la basse électrique longtemps décriée. Cette évolution souvent liée à des power trios qui ont marqué l'histoire (Jimi Hendrix Experience, Cream, ...) va donner naissance aux groupes mythiques anglais de l'histoire du rock des années 70 (Rolling Stones, Led Zeppelin, The Who, Queen, ...).

Les deux principaux constructeurs de guitare des 60' que sont Gibson et Fender construisent et démocratisent les deux modèles phares, modèles d'anthologie s'il en est : La Fender Stratocaster (la guitare la plus copiée) et la Gibson LesPaul. Associées aux constructeurs d'amplis anglais Marshall et Vox ainsi qu'aux premières wha-wha (Dunlop ou Vox), on voit également émerger les premiers effets de sol (auparavant, on gérait ça en studio) comme la Fuzz, l'Echoplex et l'Univibe.

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La configuration idéale : Marshall JCM 800 + Fender Stratocaster

Le rock inscrit là ses lettres de noblesse, les concerts se tiennent alors à guichet fermés dans de petits clubs très à la mode avant de n'inonder l'Amérique dans les premières tournées organisées en stades. C'est à ce moment que le rock est qualifié de "Musique du diable", que le jeu de scène prend une toute autre importance. Le musicien ne vient plus seulement accompagner mais aussi faire un show.

La démesure des musiciens, des tournées, des sommes d'argent qui gravitent autour de ce style, va le attirer nécessairement dans des dérives (drogues, alcool, ...) entrainant de nombreux incidents, changements de line-up voire interdiction de se produire, ce qui accentuera encore d'avantage le fait que le rock soit jugé par les plus puritains et conservateurs et donc appréciés des mouvements contestataires et autres révoltes de l'époque.

Le rock devient la musique de la révolution, et ose devenir une musique engagée, parlant des réelles préoccupations des jeunes comme l'amour, le sexe et la drogue (Sex, Drugs and Rock'n Roll !) mais aussi des valeurs universelles de l'injustice comme la guerre, l'argent et le pouvoir, ... Le genre musical, sur des bases contestataires, donnera lieu à des mouvements parallèles très populaires comme le Reggae (Bob Marley & The Wailers) ou le Punk (The Clash, Sex Pistols) qui sont tant des courants musicaux que des états d'esprits.

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La configuration économique : Yamaha Pacifica + Dunlop CryBaby + Marshall MG15 avec effets

Aujourd'hui, des groupes comme Red Hot Chili Pepers, The Foo Fighters, The Queen of The Stone Edge, Pearl Jam ou Nirvana sont issus directement de la mouvance rock pure. L'idée maîtresse contestataire et l'esprit de révolte, de rébellion est bien présent et perceptible au travers de l'œuvre...

Pour rejouer le rock, il faut conserver l'esprit minimaliste du set qui est principalement construit autour d'un son puissant. Le rock se joue fort, sur la base d'accords tirés du blues la plupart du temps. Un ampli lampes deux corps puissant (100 watts) et une Strat ou LesPaul vont constituer le set minimal. Une wha, une Fuzz et un bon Echo pour les solos et le tour est joué.

Les Dérivés Pop

Au départ, la musique populaire telle que nous l'entendons en France vient plutôt du style Folk (folklorique) qui est né aux Etats-Unis, inspirée des ballades Irlandaises, mais remises au goût du jour, à la sauce Country ou Blues. La terminologie Pop ou Pop Rock, c'est dans nos mœurs contemporaines ce qui est identifié comme "Variétés Internationales", provenant de la mixture radiophonique à orientation populaire des années 80'. U2, REM, Dire Straits, Genesis, The Police ou Toto sont aujourd'hui des groupes Pop.

La pop est directement issue des arrangements du rock, notamment "à l'anglaise" avec les groupes comme The Beatles. C'est notamment l'évolution de musiciens multi-instrumentistes qui a donné lieu aux premiers groupes rock produisant des titres plus populaires. Elle n'est pas orientée par le courant de révolte, et suit par contre l'évolution technologique du matériel et se veut bien souvent expérimentale. Beaucoup de groupes étiquetés "Pop" sont pourtant issus de courants du rock assez marqués (Genesis et le rock progressif par exemple) qui ont probablement délaissé un genre peu populaire pour exploser les ventes d'un genre plus commercial (ce qui ne veut pas dire plus accessible techniquement, musicalement parlant, la Pop regorge de musiciens virtuoses).

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La configuration idéale : Vox AC-30 + Rickenbacker 360

La pop va voir naître le mélange de cultures musicales, de cultures tout court et s'inspirer fortement de wold music. Basée sur des ambiances, elle intègre également des claviers, sections de cuivre et instruments à cordes pour varier le genre. Les années 70 vont voir apparaître les premiers effets tournants de type Flanger ou Phaser, des tout premiers claviers numériques qui donneront naissance à des styles électroniques sans plus aucune guitare électrique, à renfort de boîtes à rythmes qui ont fait exploser les charts dans les années 80'.

On trouve par contre dans les délires expérimentaux des musiciens, des écarts assez intéressants, proches de ceux rencontrés à la même époque côté jazz, dans des styles comme le rock progressif, le jazz rock ou en contre partie des styles plus adaptés aux modes, comme le funk, voire l'électro ou l'indus qui flirtent parfois avec le jazz ou le heavy metal.

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La configuration économique : Yamaha Pacifica + Boss DD-3 + Vox DA5 avec effets et modélisations

D'un point de vu musicien, c'est l'éclectisme avec des influences aussi diverses que variées, tous provenant du studio ou de la ... variété. Les groupes s'étoffent, beaucoup composés d'au moins 4 membres, le rôle scénique du chanteur, la nécessité de créer des videoclips à des fins de promotions, l'avènement des chaines musicales ont conduit la musique pop à passer sur les ondes plus que tout autre genre musical.

L'évolution matérielle n'a pas suivi l'engouement pour ce genre musical, c'est la musique pop qui est à l'origine de besoins nouveaux, notamment en matière d'effets : les racks multi-effets, les pédaliers interminables, la compression à outrance des sons parfois trop produits ont donné lieu à des tournées se déplaçant sur convoi de semi-remorques, de studios s'équipant à outrance, ... un pied dans le vintage et l'autre dans le numérique ! C'est ainsi que le set du guitariste pop se voit le plus complet mais également le plus typé, les plus polyvalent mais aussi le plus "passe partout". La guitare est une "superstrat", l'ampli, un bon combo de scène et au milieu un multi-effets richement étoffé.

Le Hard Rock

Genre s'il en est, il s'est développé aux contours du Rock, dans le même esprit de rébellion, mais dans un retranchement non plus contestataire mais plus violent. Il a mis en avant les guitares et les distorsions bien plus que le chant qui tient dans tous les dérivés du rock le devant de la scène.

Dès la fin des 60' et le début des années 70', des groupes marquent leur identité rock en débordant énormément sur les territoires blues, mais sortent également le rock de ses retranchements en pratiquant une musique plus musclée et plus dure. Les riffs s'alourdissent de distorsions plus ravageuses, le chant perché dans les aigus, inquiète et noircit encore le tableau, et le volume sonore devient encore plus impressionnant. Les guitares sont portées "très bas" au bout de sangles pour renforcer le visuel de ces musiciens bottés jouant souvent torses nus.

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La configuration idéale : Marshall double stack Plexi 1959 + Gibson LesPaul 1959

Inspiré du rock (et de tout ce qui l'a inspiré), le hard rock véhicule l'image du mauvais garçon, cuir noir, maquillages, cheveux longs, boots, ... mais le côté tape à l'œil est complété par de nombreuses références intellectuelles et artistiques : beaucoup d'inspiration de musiques classiques, la sortie d'albums concepts sur des thématiques ou des histoires et non pas un florilège de tubes radiophoniques potentiels, ... et des références littéraires, obscures et chocs !

Le hard rock a perduré dans les années 80' et le tout début des années 90' avec une dominance Hard FM qui était produite, au même titre que la pop, à des fins de ventes de disques. Des groupes comme Scorpions, Bon Jovi, Van Halen, Guns'n Roses, Mr Big ou Extreme ont envahit les ondes et les chaines musicales à grands coup de distorsions déchirantes et de permanentes. Les ballades et slows sont alors très prisées par un public qui se familiarise avec les riffs de guitare et continue à apprécier cet instrument dans une période où les synthétiseurs dominaient le marché.

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La configuration économique : Marshall MD100 avec effets + Dunlop CryBaby + Epiphone SG

Sans toutefois ajouter d'avantage au set rock d'origine, les Gibson et les Marshall sont poussés dans leurs retranchements : Black Sabbath, Led Zeppelin, Deep Purple ou AC/DC vont engendrer un style encore plus puissant basés sur une distorsion omni présente. Le fait de disposer d'un micro puissant avec double bobinages et d'une bonne distorsion permettra de couvrir amplement le besoin. La virtuosité du guitariste n'a d'égale que le talent des batteurs qui composent ces groupes, le côté "solide" des sections rythmiques étant là pour mettre en avant des solos assez techniques.

Le Heavy Metal

Du Hard Rock au Heavy Metal, il n'y a qu'un tout petit step de franchi, mais qui fait toute la différence : en plus de se revendiquer courant directement issu du rock (et non du Blues), en plus des sonorités dures et des riffs lourds, le heavy s'inspire d'avantage du style Classique, et est empreint de plus de violence, noirceur et parfois même destruction. Il se distingue du hard en s'éloignant des racines blues et rock. Les groupes jouent encore plus sur la mise en avant scénique des guitares et des batteries, et développent un côté obscur encore plus marqué : depuis les tatouages, piercings, cheveux longs et cuir jusqu'à des tendances gothiques ou satanistes.

C'est le style de prédilection de nombreux guitaristes électriques débutants qui ont commencé par fantasmer sur les gros sons distordus. C'est par contre un style où le son provient d'une guitare avec micros double bobinages, parfois en accordage abaissé, puis d'un préam ou distorsion de type pédale et le tout très souvent branché dans une tête d'ampli 100 watts et baffle(s) additionnel(s) 4x12" dont l'égalisation est très creusée dans les médiums (mid à 0 et bass et hi à fond). Dimebag Darrell utilisait principalement de puissants amplis à transistors, mais majoritairement, les guitaristes de métal recherchent la chaleur des lampes pour les solos qu'ils ponctuent fréquemment d'une wha et d'un delay.

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La configuration idéale : Ibanez RG + Peavey 5150 120 Watts

Les rythmiques sont ainsi alourdies, la guitare basse (5 cordes) est bien présente, le tout plus rarement complété de claviers (nappes). Le style est de toute façon construit autour de cette puissance extrême du rythme, cette distorsion excessive et très lourde et un chant mélodique, (pouvant aller vers un chant crié ou hurlé), dont les paroles sont inspirées de noirceur, et ce sont les thématiques de la mort, de l'enfer, de l'extrême violence qui sont très présentes. Les ambiances sont construites autour de mythes et légendes, inspirées de musique classique, de thèmes médiévaux et débouchent même dans certains courants sur l'invocation du mal.

Les guitares sont souvent liées à de puissantes distorsions (celles d'un ampli standard poussé à fond suffit rarement) et font appel à de réels talents d'interprètes lorsqu'elles sont mises en avant sur de longs solos. Les rythmiques sont souvent syncopées et les changements et variations au cours d'un même morceau sont caractéristiques du style. Les guitaristes sont de véritables virtuoses et disposent d'outils techniques aussi démesurés qu'inimitables. Ils sont un point d'attraction à eux seuls et font régulièrement la couverture des magazines spécialisés ou sont les représentants des grandes marques de matériel ayant chacun un ou plusieurs modèles signatures d'ampli, de guitare ou d'effet.

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La configuration économique : Ibanez GIO + Zoom G2.1u + Marshall MD100 avec effets

Le matériel est également un des points importants du genre, et après être passé par une période assez démesurée où de gros racks d'effets au format 19" ornaient le fond de la scène, on revient vers une utilisation plus modérée et des sonorités basiques obtenues au travers de quelques pédales et multi-effets. Souvent dotés de plusieurs amplis les musiciens déclinent deux ou trois circuits commutables (un Fender pour les sons clairs, un Marshall pour les rythmiques et un Mesa Boogie pour les solos) pour chacun desquels un dispositif d'effets dédié va permettre de disposer d'une énorme palette sonore souvent commutable au pied au travers de pédaliers fabriqués sur mesure.

Pour reproduire ces sonorités, il est courant de s'équiper, en fonction de ses moyens, de plusieurs effets de sol pour gérer diverses distorsions, ou de s'orienter vers des dispositifs complets de multi-effets et de simulation d'amplis. Les caractéristiques des guitares sont assez complexes également, mettant en avant les micros avec un double bobinage, soit avec un cordier fixe (dérivés Gibson) soit un vibrato flottant de type floyd rose sur des modèles superstrat.

La polyvalence

S'il est difficile de faire partie des différentes "familles", tout simplement pas accointances avec les styles évoqués, il est cependant courant qu'un guitariste généraliste souhaite aborder plusieurs styles, voire de rencontrer des multi-instrumentistes, soit guitare sèche / guitare électrique, soit des guitaristes bassistes claviéristes batteurs, ...

Dans tous les cas, il est légitime de souhaiter disposer du matériel adapté à plusieurs de ces styles, car aucune règle du type "qui peut le plus peut le moins" ne permettra d'utiliser sa pédale de distorsion métal pour jouer du blues. De même, la différence est encore plus grande entre une guitare demi-caisse typée jazz qui ne permettra pas de jouer du hard rock. Pour les amplis, c'est plutôt le besoin et la taille de la salle qui va conditionner l'achat, car dans la majorité des cas il n'excèdera 30 watts pour jouer à la maison.

Côté technologie, l'avènement des dispositifs à modélisation permet d'aborder différents styles avec un même équipement. Les amplis ainsi que les effets sont donc "ouverts" aux différents styles dans la mesure où il n'est pas utilisé à des fins d'enregistrements. Attention cependant, certains constructeurs sont "typés", comme Vox dans le rock et blues ou Line6 dans le hard rock ou le métal.

D'une manière générale, disposer de beaucoup d'effets permet de répondre aux nombreux styles, mais l'ensemble des modules multi-effets tendent à couvrir la totalité des besoins : dans tous les cas, en disposant d'un chorus, d'un flanger et d'un delay, 80% des sonorités modernes pourront être approchées avec plus ou moins de réalisme.

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Polyvalence ne signifie plus course à l'armement comme c'était le cas dans les années 80' où les musiciens de bal devaient disposer de plusieurs guitares et plusieurs amplis pour être crédibles sur l'ensemble du répertoire. Aujourd'hui on entre même dans l'ère de la modélisation des guitares, avec des guitares hybrides disposant de capteurs piezos et de micros magnétiques standards, voire des guitares possédant un simple capteur dont le signal est traité par un module d'émulation de type de caisse, micros, ... avant d'attaquer le préampli.

Cependant, la polyvalence est certes un vœu pieu mais reste une réelle préoccupation, tant pour les passionnés de matériel que ceux qui souhaitent "ouvrir" leur jeu à d'autres styles... U2 n'a-t-il pas trouvé le sien alors qu'il se destinait à la reprise ? Il est certes intéressant de s'essayer au jazz lorsqu'on est "métaleux", les fusions de style donnant souvent des résultats intéressants qu'il est bon de développer, reproduire et réutiliser dans des contextes originaux.

L'engouement pour le matériel adapté est en plus un facteur favorisant le développement de nouvelles techniques de jeu... et indirectement la montée en bourse des géants de la fabrication d'instruments de musique et d'électronique. Mais au risque de vous décevoir, la polyvalence n'est pas vraiment de ce monde. Si un dispositif multi-effets à émulations permettra de couvrir la totalité des styles évoqués dans l'article, il ne sera pas l'outils idéal pour traiter un style en particulier, car ce style là fait précisément appel à des instruments affichant plus de caractére.

Un débutant se satisfait d'un set complet guitare+ampli+multi pour aborder de manière pédagogique chacun des styles. C'est d'ailleurs une trés bonne approche que d'aborder tous ces styles pour se "forger" guitaristiquement parlant. Dès lors qu'un style sera approfondi, par choix, vocation, influence, talent, ..., le musicien spécialisera naturellement son set qui jusqu'alors s'apparentait à celui d'un bon interprète multi-styles (groupe de reprises variées), en investissant dans des matériels plus affirmés, des instruments offrant d'autres fonctionnalités et en s'orientant vers des choix techniques heureusement plus précis, qui semblent trop souvent ne pas faire la une des magazines qui, en France du moins, ne semblent destinés qu'à un public débutant.