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le "son dans les doigts" du guitariste




"Le son est dans les doigts". Peut-être bien, mais pas que dans les doigts non plus : une petite partie viendrait probablement du feeling du guitariste, de sa pratique, son expérience et globalement de son approche. La terminologie le "son dans les doigts" engloberait donc tout ÇA.

Mais le son provient très certainement aussi, dans une moindre mesure, du matériel utilisé, de la manière dont il est repiqué, mixé et retranscrit vers nos oreilles. On parle bien d'un instrument, d'un outil à retranscrire le jeu du musicien. L'incidence du matériel est donc bien réelle.

Il y a bien deux grands groupes de composantes du son :

Je pense qu'il existe une dimension complémentaire, encore plus abstraite, c'est la manière dont on perçoit le son, qui varie en fonction des humeurs, du moment, de certaines périodes, des modes, des références auxquelles on compare qu'un son est plus ressemblant à "quelque chose" plutôt qu'à une "autre chose".

C'est encore très subjectif, mais un son que je pensais abouti encore hier soir me déçoit aujourd'hui... mon environnement, mes sensations sont différentes depuis hier, et je ne perçois pas ce son dans le même état d'esprit. Pourtant le toucher et le matos sont les mêmes... ou alors complètement différents...

Dans l'ensemble, des considérations énumérées dans les quelques lignes qui précèdent, il apparaît que le son est en proportion plus importante "dans les doigts" que "dans le matériel". De très bons guitaristes ont d'autant plus réussi ce tour de force de conserver leur identité sonore quelque soit le matériel utilisé, et dans divers contextes de jeu. C'est le cas du virtuose qui fait sonner un matériel bas de gamme avec talent...

Hendrix sur une Strat ou une FlyingV faisait du Hendrix, la "patte" de SRV, le phrasé de Bryan May, le toucher très "propre" et précis de Clapton, l'attaque de Van Halen, le phrasé de Malmsteen,... ces traits de caractères sonores bien identifiables sont certes magnifiés par le matériel et le traitement du son qui ont permis de retranscrire la séquence, mais cette expressivité unique, elle est bien relative au guitariste en question.

Ces traits, ils les ont développés, ils font leur signature sonore, ils permettent d'identifier la séquence ADN du son, ... ces traits leurs sont propres. Le son vient de là (là-dedans, les tripes), des doigts, des pressions, de la maîtrise, de l'expérience, du travail... Dans des cas aussi caractéristiques, rien n'est laissé au hasard. Les instrumentistes ont bien une aptitude à contribuer à, mais le travail de cette aptitude est indéniablement bien présent là derrière, après des années passées à jouer et jouer encore.

Il y a aussi le feeling qui confère au jeu certaines textures permettant d'accentuer certaines expressions. Le côté animal dans "Wild Thing" repris par Hendrix, le côté mélodieux et suave de la rythmique dans "The Wind Cries Mary", l'appel sexy de "Foxy Lady" et la tendance roots et tribal de "Voodoo Chile", toutes ces nuances sont bien interprétées par la même personne.

Il y a la magie de l'instant, le fait d'habiter le morceau avec un instrument (et pour Jimi Hendrix, par la voix très habilement posée, du moins je trouve) et ce feeling là, est autant lié au don du jeune homme (mort à 27 ans) qu'à sa sensibilité hors du commun ainsi qu'à son toucher exceptionnel.

Evidemment, dans ce cas, ces considérations subjectives semblent indissociables du couple Stratocaster Marshall, voire même d'une touche de génie d'Eddie Kramer l'ingénieur du son à qui, il est convenu, on reconnaît incontestablement beaucoup de qualités. Fut-ce un concours de circonstances en 1967 lors de l'enregistrement des premières pistes ? Comment autant de bonnes conditions ont-elles été réunies ?

Ce n'est un secret pour personne, Kramer n'aurait jamais signé Hendrix si Chas Chandler n'avait pas été un manager crédible (bassiste du groupe The Animals) et qu'il n'avait pas cru dans ce feu sacré qui caractérisait Hendrix, alors considéré comme caractériel et incontrôlable.

Il fallait donc nécessairement réunir les meilleures conditions pour laisser s'exprimer en lui ce feu maîtrisé : le meilleur ingé son, les meilleurs musiciens, le bon studio, le bon matos... le reste n'était que magie, et elle semble avoir opéré.

Pourtant, les Fender Stratocaster n'étaient pas les meilleures productions du constructeur alors chapeauté par CBS. Les effets naissaient et balbutiaient entre deux dysfonctionnements. On ne peut pas dire que la technologie ait aidé l'artiste, et pourtant, il tira le meilleur de la pédale wah-wah, de l'octaver ou de la fuzz, des sonorités UK et des positions intermédiaires de la strat.

On voit bien, au travers de cette histoire que les composantes du son de Jimi Hendrix sont multiples. Pourtant, le même homme rendit colérique Eric Clapton qui l'a aperçu juste après son arrivée sur le sol britannique, lorsqu'il joua live sur une scène ouverte (donc dans un contexte où toutes les conditions évoquées n'étaient pas réunies, en gros, pas le même matos, le même mixage, les mêmes musiciens, la même guitare, ...).

"He had this enormous gift and a fantastic technique, like that of someone who spent all day playing and practicing, yet he didn't seem that aware of it. I also got to see the playboy in him. He loved to spend all night hanging out, getting drunk or stoned, and when he did pick up the guitar, it was very throwaway to him, as if he didn't take himself too seriously."

Le son caractéristique de l'énigmatique Jimi Hendrix venait bien de ses doigts, de l'intensité avec laquelle il animait son jeu, et si les réglages techniques furent approximatifs en regard de ce qu'il souhaitait faire en studio, le son était bien là, vivant au travers d'autres artifices que son simple matos ou de ses musiciens.

Le matériel, le mix, les musiciens ne seraient en fait que des artifices, alors ! Probablement que non, mais ils ne reflètent qu'une moindre partie du son d'Hendrix, et une partie occasionnellement très en retrait, sachant l'intérêt qu'il portait à ses guitares et ses amplis parfois détruits ou brûlés en plein concert.

Clapton parle aussi d'un acharnement de Jimi Hendrix à jouer, des nuits entières durant lesquelles il ne lâchait pas sa guitare, tout en buvant et se défonçant. Certes, les addictions sont contestables, même si, elles aussi, sont en partie composantes des émotions et du feeling du Maître. Mais le travail, la pratique, le son se construisaient aussi par les séances d'exercices intensifs auxquels il s'adonnait régulièrement.

On décrit dans beaucoup de témoignages, qu'il ne se levait que pour jouer ou faire l'amour, et qu'il n'avait absolument pas conscience de son talent ni de ce que son ses productions pouvaient exercer sur les gens. Il ne se préoccupait que de son jeu de guitare et de ses morceaux, construits comme des expérimentations, des sessions où le talent se mêlait au feeling à la spontanéité et l'improvisation.

En analysant le cas Hendrix, on est à même d'analyser de nombreux autres cas, peut-être moins populaires et moins légendaires. Mais dans chacun de ces cas, on trouvera un musicien acharné de travail, faisant souvent corps plusieurs heures par jour avec son instrument.

Ces sons caractéristiques sont d'ailleurs souvent liés à des individus plutôt doués animés par une obstination "constructive" et créatrice de la pratique de leur instrument. Il est fort à parier qu'un guitariste doué techniquement et passant des heures à déballer des gammes nécessite aussi une once de créativité pour réellement faire exploser son talent : le jeu stérile et technique ne suffit pas à constituer un son qui sorte de l'ordinaire, il va de soit.

Il manquerait donc un petit truc, lui aussi très subjectif (qui dépend des sujets) dans la composante immatérielle du son : en plus de l'identité sonore du guitariste (son toucher) et de la pratique intensive de l'instrument (le travail), il faut concéder également une sacrée dose d'inspiration et de créativité. Effectivement, ces trois combinaisons réunies, on a déjà affaire à profil assez exceptionnel.

Je ne vais pas lister les meilleurs guitaristes de la planète selon moi. Le classement n'a aucune finalité. Par contre amusez-vous à identifier à l'oreille les sons immédiatement reconnaissables sans pour autant chercher à ce qu'ils vous touchent musicalement. Vous aurez affaire à des fortes personnalités et des acharnés de travail dans bon nombre des cas.

Evidemment, le toucher, ça se travaille, c'est comme la technique. Le seul point positif, c'est que ça se travaille indépendamment de l'outil, donc pas nécessairement dans une Gibson et un Soldano. Les instruments (au sens étymologique) sont biens les outils parfois lavés ou même jetés après chaque opération ???

Il en va de votre approche et votre construction de votre toucher que de développer à la fois votre identité sonore ou votre expérience pratique : "le son se travaille autant que la technique". Une autre grande figure de la guitare, Steve Vai a écrit de multiples articles pour Guitar Player Magazine, dont un notamment en février 1989 "Martian love secrets".

Il y explique l'essence même de la musique, notamment une "approche [...] plus mentale, émotionnelle et imaginative que théorique. Notre objectif est de développer l'individualité dans votre jeu de guitare. Et comme dans toute étude, l'attitude est l'élément le plus important."

"Je crois que c'est une loi de la nature que chaque personne soit différente, avec une capacité unique d'expression de soi. En conséquence, nous avons tous la capacité d'être unique dans la façon de nous exprimer musicalement. Beaucoup de gens ne croient pas cela, et se trouvent en copiant et en ressemblant à quelqu'un d'autre. Ils finissent frustrés par eux-mêmes parce qu'ils sentent qu'ils ne peuvent pas rivaliser avec la concurrence."

"Mais comment pouvez-vous en rivaliser avec l'individualité ? Le seul avec qui vous êtes en concurrence est vous-même. Lorsque vous pouvez vous identifier avec votre individualité, l'accepter, et la respecter, la paix de l'esprit entrent en jeu. Le premier mensonge à abattre, c'est la peur ou la croyance que vous n'avez pas l'unicité."

"Plus vous serez capable d'identifier et d'exprimer votre personnalité intérieure, plus vous ferez preuve de respect envers votre instrument d'expression - votre guitare. Si vous commencez à mieux vous identifier à vos différents états d'esprit, vous développerez votre intuition dans votre jeu. Votre musique prendra différents aspects : espiègle, triste, illogique, pure, ou autre. Jouer de la guitare est, au demeurant, une chose très personnelle."

"Si vous jamais vous sentez que vous ne faîtes que vous égarer sur votre guitare, ou que vous vous enlisez, voici un exercice qui améliorera le rapport à votre instrument. Pensez à quelques journées récentes, et décomposez-les en une série d'évènements distincts. Choisissez un de ces évènements et re-visionnez-le quelques fois. Vos émotions vont probablement changer au fur et à mesure que vous revivrez cet état d'esprit. Maintenant construisez une situation musicale qui reflète cet état d'esprit. Cela peut être un accord, une progression, un plan, une mélodie, un effet sonore, une sonate complète, ou une simple note."

"Si vous êtes totalement imprégné de cet état d'esprit, votre jeu s'en ressentira. C'est là que le que le pouvoir magique de la musique intervient. Prenez, par exemple, un simple accord : un assemblage de notes percutées, grattées, égrainées, ou hachées d'une certaine façon, peut représenter un état d'esprit. Commencez par imaginer le type d'accord qui pour vous représente le mieux cet état d'esprit dans lequel vous vous êtes auto-hypnotisé."

"Une fois que vous entendez cet accord dans votre tête, essayez de le construire sur votre guitare. Si vous sentez que vous perdez de vue votre objectif, repassez-vous la situation en tête et imaginez de nouveau la sonorité de cet accord. Lorsque vous pensez avoir la structure harmonique qui représente votre état d'esprit, jouez-la encore et encore, en fixant votre esprit sur cet évènement que vous êtes en train de représenter. Votre façon de jouer, et peut-être aussi l'accord lui-même, risquent de changer pour coller plus précisément à cet environnement mental."

Je n'aurai pas su mieux dire sinon que le son est dans le guitariste et qu'il faut que le son soit la retranscription de l'image personnelle que chacun ressent à un instant donné. Ne visualisez-vous de manière unique ?

Zakk Wylde donne dans le "gros son". Cependant, le style dans lequel il officie semble assez éloigné des environnements que vous côtoyez habituellement (sauf si vous vivez en milieu hostile en permanence ...). Bon, on peut aimer ou pas, mais c'est assez difficile de l'imaginer en pyjama, ce brave type ! Cependant, est-ce que cette sensation de puissance ne ressort pas de l'image qu'il véhicule comme du son qu'il distille ?

On imagine donc bien là une forme d'expression assez forte et efficace, ce qui correspond à son identité sonore. Mais il semble également qu'il soit un acharné de pratique guitaristique, doublé d'un perfectionniste qui travaille avec MXR, Marshall, Gibson et EMG, le moyen de marquer d'avantage encore son identité sonore.

Le principal est que tout doit être en harmonie, et en cohérence. La violence interne est toute aussi dévastatrice : la perte d'un ami ou d'un proche, la révolte contre un système peuvent amener à noircir certains tableaux sonores, apporter du grind à la distorsion, à jouer sur les ambiances sombres, les accordages bas, les tempos rapides et les rythmiques saccadées.

Au contraire, les sentiments amoureux, le côté paisible d'un paysage peuvent également influencer votre ressenti et l'intensité sera retranscrite de manière plus aérienne, plus spatiale, et les échos et réverbérations risquent de trouver une plus grande place dans vos artifices complémentaires au son (musique instrumentale des documentaires sportifs).

Dans tous les cas, votre toucher devrait être significativement différent dans les deux situations, la subtilité du jeu étant mise en avant pour faire ressortir l'opposition des deux contextes d'expression. Mais dans les deux cas, votre identité fera que vous ressentirez les choses de façon différentes...

Pour ce qui est du matériel, il ne contribuera seulement qu'au rendu expressif. C'est le prolongement de votre état d'esprit. Si une simple disto peut convenir sur des rythmiques rapides et dans un contexte bien particulier, elle peut sembler un peu "nue" dès qu'il s'agira de contextualiser des ambiances plus spécifiques à l'élévation, la découverte, la joie, l'air, ...

De la même manière, certaines sonorité précises seront associées à des instruments à micros simple bobinage, d'autres plus larges seront plutôt destinées aux doubles bobinages. L'ampleur du signal retranscrit se retrouve dans le micro, le bois, le corps de la guitare et agissent comme composante du son.

Evidemment, l'ampli qu'il y a derrière, la musicalité des lampes en son clair, la chaleur de ces dernières sur des solos, la grosseur des haut-parleurs, la manière dont ils sont captés, ... le nombre de pistes qui sont virtuellement additionnées constituent des composantes du son connexes au toucher du guitariste.

La complémentarité du matériel et du guitariste : c'est là l'essentiel de ce concept. Il faut évidemment que le guitariste construise avec ses outils et non pas autour de ses outils. Sa touche particulière doit être magnifiée par le son qu'il génère, quelque soit l'instrument joué, il s'agit de trouver celui qui est adapté (au guitariste, à la situation).

Le guitariste doit cependant rester maître de son instrument, ne jamais le laisser prendre le dessus, montrer qu'il le contrôle (pratique) et le dompte, comme un cheval fou que l'on arrive à dresser, un feu intense que l'on arrive à maîtriser. Lorsqu'on parle de ses doigts, on parle essentiellement de tout ce qui lui est propre et qui passe par ses doigts.

L'anecdote selon laquelle Steve Lukather et Eddie Van Halen, amis et voisins (à Beverly Hills me semble-t-il), ex-collègues (ils travaillèrent tous les deux pour Mickael Jackson quelques années auparavant) et alors endorsés par le même constructeur Music Man est révélatrice : Steve se rendit soi-disant chez Eddie et il se mit à jouer sur le matos du studio d'enregistrement que Van Halen construisit dans son jardin durant la période Sammy Hagar. Il fut déçu de constater qu'il retrouvait sous les doigts les sensations de jeu qui lui étaient propres...

Officiant dans deux styles réellement différents, les deux super guitaristes (c'est indéniable) s'étonnaient de ne pas sonner pareil, ce qui est assez révélateur, et pourtant était contraire à ce que la marque aurait voulu véhiculer en termes marketing : la guitare signature ne permet pas de sonner comme son principal et premier utilisateur !

Quelle baffe, mais aussi quelle évidence : la guitare n'es qu'un outil, un instrument, qui permettra d'approcher plus facilement le "son de". Mais une guitare signature est avant tout un gage de qualité de fabrication, un engagement d'un constructeur à fournir un soin particulier dans le respect des exigences d'un artiste. Rien n'empêchera un autre musicien d'en faire autre chose !

Enfin, le son est dans les doigts grâce à ce qu'on apprend, la façon dont on le joue, mais le son est également façonné à partir du matériel qui est utilisé pour le produire. Il dépend (mais pas que) fortement de la guitare utilisée, du médiator (ou de son absence), de la chaîne d'effets, de l'amplificateur, du micro utilisé pour capter le son, de la personne qui va mixer la chanson en fin de chaîne, ...

Du coup, je me dis que parfois, le son n'est peut-être pas QUE dans les doigts après tout... Tout comme une voix peut-être magnifiée par un microphone particulier ou quelques effets subtils, le son du guitariste peut-être amélioré voire construit autour de l'expérimentation avec le matériel.

Evidemment, dans le cas d'une voix, il vaut mieux commencer avec une voix "potable", juste et puissante, mais elle n'intéressera par contre plus personne s'il s'agit de l'imitation de celle de Céline Dion, par exemple, puisque pour faire du Céline Dion, on ira chercher Céline Dion...

Alors au bout du compte, on se retrouve toujours à essayer de développer certaines techniques, améliorer son jeu dans un style ou un autre, à expérimenter des palettes entières de matos, pour trouver sa propre voix... et cela me semble déjà être une bonne finalité de la pratique de la guitare, à condition de ne pas tomber, pour chaque variation de style, entre chaque morceau, dans une recherche de clonage de style et de son.

Vous seriez bien ridicule de changer de jean, t-shirt ou chemise, chaussures et chapeau, bonnet, casquette ou perruque entre chaque morceau. Pourtant, beaucoup n'ont aucun scrupule à "piller" dans les sons préfabriqués pour se rendre le plus réaliste possible. Ont-ils trouvé leur voix, sinon celle de l'imitateur professionnel ?

C'est d'ailleurs pour cette raison que je suis souvent étonné de voir la plupart des guitaristes vouloir le son de "mettre-le-nom-du-guitariste-concerné" et non développer quelque chose qui leur est propre. Seraient-il tous destinés à l'imitation ? L'industrie de la musique ne va pas forcément dans le sens du développement de la créativité, il n'y a qu'à voir l'engouement pour le matos vintage (sonner comme les vieux, les morts) et celui pour les émulations numériques en tout genre. Vous vous moqueriez probablement d'un débutant qui joue sur un modèle de guitare de "luxe" ou une signature, alors qu'il a juste souhaité s'équiper du meilleur outil à son sens...

Je comprends aisément le fait que les guitares d'entrée de gamme (supposées être pour les débutants) soient forcément des clones de Stratocaster ou de Les Paul. Si dans ce cas, ça favorise fait de se prendre pour Clapton ou Slash, en contrepartie, j'explique bien que c'est sur un instrument standard (un clone de Stratocaster ou de Les Paul) que l'on apprend aussi à développer son propre caractère guitaristique, sa propre identité.

On n'apprend pas à écrire avec un Mont Blanc mais avec un simple stylo Bic, et je pense que si la considération est économique, elle a fait, depuis, ses preuves. On ne part pas dévaler les montagnes avec un vélo de piste, ni jouer au golf avec des palmes. Il vaut mieux donc développer son art sur une guitare qui a fait ses preuves.

Par contre, si la guitare standard permet de développer le toucher et par là même son identité sonore, un ampli standard contribuera inévitablement plus qu'un boîtier numérique, à développer un son bien à soi.

Evidemment, si l'ampli ou la guitare ne conviennent pas, on peut changer ; la preuve que ce sont des outils. Mais toujours dans l'esprit de remplacer par un instrument qui a une réelle identité, et non par une machine à répéter les sons des autres (Perroquet ? Coco ? Haricot rouge Coco ?) !

Fort heureusement, le son est bien dans les doigts, le jeu et la personnalité du guitariste, et non dans le matériel qui ne fait que contribuer à accentuer ces côtés si particuliers chez chacun d'entre nous. Ne prenez pas de raccourcis, ne brûlez pas d'étapes, avoir un son à soi, c'est du travail dont la meilleure base ne consiste pas à démarrer du sonde l'autre, mais à trouver celui qui vous correspond vraiment, tout au fond de soi.