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mon matos




Donner des conseils et parler de soi n'est pas incompatible, autant que ce soit cohérent ! Cette page présente donc une partie de la configuration matérielle pour laquelle j'ai opté par choix, dans le respect de mes moyens financiers raisonnables et mesurés.

Comme je l'ai expliqué juste ci-dessus, cette configuration a été déclinée autour d'un instrument typé rock (voire gros rock), pour répondre à un goût tout personnel pour ce style dans le quel je retrouve virtuosité et travail du son. La configuration se veut complète mais aussi polyvalente, permettant de "balayer" les sonorités souvent très riches utilisées par les shredders et les Guitar Heroes de ce courant. Toutefois, bien qu'ils soient complexes, les sons n'en méritent pas moins un traitement simplifié par l'utilisation exclusive de pédales (pas de programmation) et de petits amplis disposant d'une égalisation active pour jouer dedans et enregistrer.

Globalement, je suis assez fidèle à une même série d'une même marque : il faut reconnaître que si l'on est satisfait, il n'y a pas de raison de changer, et sur la base de ce principe, je me suis construit de superbes sets de matériels assez complets et surtout polyvalents. Ensuite, je dois vous avouer qu'une distorsion et une overdrive d'une même marque et d'une même série seront nécessairement complémentaires d'un point de vue sonore. Enfin, pour le raccordement et l'alimentation de plusieurs modules, le fait de rester homogène dans ses choix contribue à simplifier considérablement les choses... pourvu que le son soit là !

C'est pourquoi on va peut-être penser que je fais de la publicité gratuite, que c'est un choix délibéré, mais non... j'ai retenu des équipements pour leur qualité et leur fiabilité, l'homogénéité du rendu sonore avant tout. Si les amplis sont de la même marque que la guitare, c'est parce que le constructeur Ibanez a été pionnier dans la fabrication des "petits" amplificateurs à lampes par exemple, ou bien à combiner sur un modèle transistors une préamplification analogique, une égalisation active et des presets d'effets numériques qui facilitent le travail. Le tout est construit dans une optique économique, chaque élément restant de fabrication asiatique, alliant qualité et petit prix. Si les accessoires ont aussi été achetés dans la même marque, c'est par fidélité !

Enfin, et c'est pour justifier davantage mes investissements, j'ai retenu des équipements qui me permettaient de reproduire les sons des guitaristes qui me séduisent le plus. Je n'ai pas la possibilité technique (ni le budget) de jouer sur un deux corps anglais de 100 watts à lampes (et je le regrette !), donc j'ai cherché à adapter mon set avec des pédales et autres modules qui reproduisent certains sons sans altérer la dynamique de mon jeu (donc sans trop de multi-effets numériques), et j'ai aussi fait mes choix en fonction de configurations versatiles et de goûts "personnels".

J'insiste sur le fait que de ne retenir finalement que peu de modules ou un seul instrument, contraint à pousser le matériel dans ses possibilités, à fabriquer un son qui reste assez personnel et ce minimalisme a du bon pour développer une identité sonore, un toucher qui m'est propre, que je pense reconnaissable en tout cas.

Mon Matos

La guitare électrique est une guitare Ibanez Jem 7RB de 1988, de numéro de série 890831 mais qui n'a plus de valeur marchande ou argus car je l'ai modifiée (câblage, électronique, vibrato, ...). Elle fait partie des "Grandes Guitares" avec lesquelles on joue toute une vie, haut de gamme de la marque lors de mon acquisition, je l'ai modifiée depuis pour qu'elle corresponde à mes souhaits sonores. Je dois avouer que je marque un petit temps d'hésitation pour m'adapter au manche d'une autre guitare que celui de cette Ibanez Jem exceptionnelle, tant le confort est avant tout lié au savoir faire d'Ibanez. En plus, RB, ce sont des initiales qui ... me parlent !

Comme beaucoup de guitaristes qui ont touché aux manches larges et plats de la marque Ibanez, je dois avouer que c'est aux antipodes de ceux trouvés sur les modèles standards, et qu'on y développe assez facilement de fâcheuses tendances à s'habituer à cette forme, y prendre ses aises et rencontrer un inconfort particulier au contact d'un simple manche de Stratocaster ou de LesPaul... Et puis j'ai aussi la chance de posséder un manche construit d'une seule pièce d'érable, ce qui est rare de nos jours. Si le manche est en théorie plus fragile, il n'en reste pas moins meilleur de conception, favorisant la conduction du son au travers d'un unique "bout" de bois normalement minutieusement sélectionné (comme sur les premières Fender).

J'ai affaire à une guitare "haut de gamme" qui se comporte de manière magnifique en solo, et qui offre une relative polyvalence sur les rythmiques. Les sons clairs y sont présents et puissants, riches en basses, et moins acides que les sons Ibanez originaux. Les positions intermédiaires (stratoïdes) se retrouvent également mais c'est principalement pour les riffs, voicings et le solo que la guitare apporte toute sa valeur. On est loin d'une Telecaster ou d'une hollowbody (évidemment !), mais il faut plusieurs guitares pour avoir plusieurs sons (tout comme le fait que l'on approche des Strat et LesPaul sans égaler les sonorités, mais en conservant beaucoup plus de personnalité).

La guitare est un modèle de série Jem, qui plus est Signature Steve Vai, en tilleul de finition brute dénommée RootBeer (RB) par Ibanez, équipée de la poignée de forme ovale tels les modèles construits par Joe Despagni. On a pu voir ces Jem particulières être jouées encore il y a quelques années, comme par Mike Keneally sur quelques vidéos. Mais cette guitare fabriquée à peu d'exemplaires et peu ou pas distribuée (en tout cas en Europe à l'époque de sa commercialisation) ne jouit pas d'une bonne notoriété chez les guitaristes comme le furent d'autres modèles de type superstrats, justement pour son positionnement "root" et non rock moderne ... un "retour aux sources" mais innovant, bref, un paradoxe.

Battle's guitar

Aux antipodes des souhaits des shredders naissants à l'époque, elle fut construite pour Steve Vai afin de répondre à des "besoins d'ouverture" sonores suite à ses escapades chez Franck Zappa. Un manche vissé, des frettes jumbo, 24 cases et une touche palissandre raccordé à un corps en bois léger (tilleul) et un "gros vibrato" sous licence Floyd Rose sont les principales caractéristiques de la lutherie. Pour l'électronique, le choix des micros PAF Pro constituait à l'époque une alternative de qualité plus puissante que les PAF originaux en plus musical que les surpuissants DiMarzio Super Distortion au moment de leur sortie (et surtout le Super Distortion n'était alors pas splittable) : le son attendu était celui dérivé de celui d'une Gibson Les Paul, ce qui destinait la guitare au rock, blues-rock et hard FM en vogue, mais surtout avec un look plus flashy (le rose fluo ridicule mais très fun typique de la fin des eighties).

C'est justement ce qui me dérangeait un peu chez elle : ce paradoxe entre son vintage et couleur démodée flashy des micros (même si le fluo s'est délavé avec le temps) ; sur un modèle pour lequel on ne peut avoir que des aprioris (bons ou mauvais), elle permet de jouir de contre-pieds remarquables. Contrairement aux Jem classiques, elle comporte de repères de touche constitués des traditionnelles incrustations en forme de point (Dot Inlays) dans le manche, qui sont discrètes comparées aux pyramides des Jem ou Universe ou autre arbre de vie caractéristique des modèles Ibanez.

Elle dispose comme les Jem, d'une entrée jack inversée qui permet d'orienter le câble vers la sangle afin de le maintenir et ne pas l'arracher pendant le jeu debout, et puis elle permet aussi de jouer assis sans forcer sur la connectique ou les câbles. Sa plaque de protection 3 plis aux découpes caractéristiques des modèles RG de la marque, sert au maintien de l'électronique et permet de fignoler l'isolation et le blindage. Deux trappes (jack et vibrato) présentes à l'arriére du corps, complètent les parties "plastiques". Je conserve la plaque de protection des ressorts du vibrato avant tout pour ne pas y coincer un T-shirt (c'est du vécu !) mais aussi, même si elle ne tient plus trop que par des vis complétées de morceaux de curre-dents qui servent de "chevilles" à bois, pour de simples raisons esthétiques...

Côté sustain, c'est pas mal pour une guitare dont le manche est vissé et qui dispose d'un bloc de type Floyd Rose. Les bois lui donnent un son assez chaud et mat qui lui permet d'approcher des sonorités Gibson ou PRS. La masse de métal que constitue le bloc de vibrato ajoute un poids non négligeable (déséquilibre) à la base de la partie vibrante, ce qui tend, en toute logique, à ne pas favoriser les vibrations ; pourtant, elle présente un véritable sustain. J'ai pourtant joué de nombreuses guitares qui affichaient un meilleur sustain, comme des demi-caisses, d'autres dont les cordes traversent le corps, ... toutes avec le manche collé ou trversant, mais je reconnais sans exagérer que le sustain de cette Jem est bien présent, et que la guitare "sonne" bien "à vide".

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La jonction corps-manche "à l'ancienne" n'est plus en vigueur chez Ibanez qui visse le manche sur une surface de contact avec le corps directement plus large. C'est sûrement plus solide et devrait donner plus de sustain. Ma Jem dispose d'un talon de type Fender, avec une plaque en fer comportant un numéro de série gravé qui s'oxyde et s'efface avec les annés. Je n'ai aucun regret de cette particularité, la jonction, si elle est inesthétique, n'a aucune incidence sur la solidité et le sustain. Elle donne plutôt un côté "vintage" (comme le Porto !) que j'aime bien pour son look. Je n'y touche jamais, resserrant une fois par an (tout au plus) les 4 grosses vis qui maintiennent le manche.

Je pense que des guitares comme les Musicman Axis ou Vigier Excalibur ont un son bien plus vibrant ou "vivant" que les Ibanez ou Jackson lorsqu'elles ne sont pas branchées (épaisseur du manche ???). La résonnance du bois n'est pas le point fort de ces guitares solid body asiatiques (Jackson produit en Asie), mais cette vieille Ibanez donne pourtant un bon son "à vide". Peut-être l'âge du bois, son séchage, ... va savoir ! Cette vibration se retrouve par la suite une fois branchée et je reste convaincu qu'une guitare qui "sonne" doit s'essayer unplugged pour donner satisfaction. Elle sonne donc, même si à vide, c'est plus mat qu'une Vigier ; une fois l'instrument branché, là encore, c'est un peu plus mat qu'une Musiman mais le manche ultrat plat ne doit pas aussi bien favoriser la conduction de sonorités aigues. Petite déception.

Une guitare "vivante à vide" transmet logiquement plus d'éléments "organiques" du son. Même si les micros transforment cette vibration, encore faut-il qu'il y ait une bonne vibration à la base ! Et que les micros soient aussi de bonne qualité ... et enfin que le guitariste aussi. C'est la même chose que de faire un bon plat avec de bons produits frais, à la base, tout vient des ingrédients de départ, puis des ustensiles et enfin du cuistot. Les micros colorent donc par leurs caractéristiques, leurs natures ou "couleurs" intrinsèques, ce qui vient de la vibration naturelle ("à vide") de la guitare. L'expressivité du jeu, toutes les nuances conférées par le guitariste ressortent alors de manière magnifiée.

Pour les micros, il fallait changer les vieux PAF Pro d'origine, la couleur rose fluo fané me "sortait par les yeux" et le micro chevallet ne me donnait pas assez satisfaction. J'ai longtemps regretté ce changement, car un PAF Pro donne une expressivité rare que l'on ne retrouve que sur le PAF Master par exemple, mais si le manque de "patate" fait parfois défaut (on compense par une augmentation du volume), on arrive aussi par se lasser de ce son trop "middle".

J'ai fini par penser qu'un bon micro était un bon micro, et qu'en changeant les deux humbuckers pour des raisons de goût et d'esthétique, une combinaison standard Dimarzio conviendrait : j'ai retenu Air Norton (en manche) et Tone Zone (en chevallet) car ce couple est monté sur de nombreuses Ibanez RG plus récentes, parce que la configuration a été un temps approuvée par Paul Gilbert (avec qui je ne tiens aucunement la comparaison, un peu d'humilité tout de même !), et mes préférences musicales, mon jeu mais aussi parce que le tilleul du corps et le manche érable une pièce affichait une parfaite compatibilité sur le site du constructeur dans son application DiMarzio Pickup Picker.

Côté électronique, j'ai opté pour de nombreux changements, à la fois par respect pour l'instrument qui mérite d'excellents micros, mais aussi pour la polyvalence sonore. Je me demande parfois si je n'en ai pas trop fait, mais j'ai longtemps cherché le "meilleur des deux mondes", quête du Saint Graal du son, obtenir à la fois les combinaisons caractéristiques de divers modèles Fender et Gibson. En définitive, j'ai fait du splits de humbucker, du dual sound, du phase/hors phase, ... tout ce qui semblait possible, mais inexploitable dans le jeu. Je suis donc revenu à une config plus standard et d'origine avec HSH, les humbuckers en série en positions 1 et 5, les classiques 2 et 4 qui combinent le split d'un humbucker et le micro central, et enfin, une hésitation, le micro simple central seul en position 3 (là où j'aime aussi les deux doubles splittés combinés comme sur Vigier).

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C'est donc avec un sélecteur 5 position copie du megaswitch Fender US ou megaswitch DiMarzio (j'ai remplacé l'excellent Dimarzio 5 way switch ou le VLX91 monté en standard sur bon nombre de guitares Ibanez), que tout fonctionne. Rien ne peut rivaliser avec ces sélecteurs ! Il faut y mettre le prix (30 €), mais leur qualité de fabrication japonaise garantit un bon changement d'une position à l'autre, sans bruit, avec un bon raccordement à la masse, sans que ce soit ni trop dur, ni trop souple, et c'est fiable au moins 10 ans sans craquement. C'est "ouvert" (non serti dans du plastoc) et simple dans le montage pour des positions basiques qui suffisent amplement sur 24 broches et sans PCB électronique aux contacts direct sur la plaque et aux dimensions assez "dinosauriques" qui ont compliqué ma vie et mon jeu durant plusieurs années.

Les nombreuses évolutions apportées à ma JEM sont :

Je n'ai conservé que le micro simple d'origine, un DiMarzio Single Model dont le cache-micro rose a été changé par un noir. C'est un classique qui sonne vraiment plus puissant qu'un micro central de Strat, avec beaucoup plus de basses aussi, ce qui permet de beaux arpèges en sons clairs et des crunches présents sur quelques voicings. C'est, comme sur toutes les guitares dérivées de la strat, la position 2 la plus utilisée en sons clairs, pour sa rondeur et sa présence, sa réponse aux attaques, ... le simple central combiné au humbucker grave splitté reste une position très prisée. Ce simple claque bien, et donne un son mordant qui est souvent complété par des parasites forcément problématiques, mais il rend vraiment comme sur une position 3 de strat, ce qui est assez prisé dans le style de musique que je pratique.

Les deux excellents micros doubles DiMarzio PAF Pro roses m'ont apporté un réel bonheur durant des années, mais leur originalité résidant dans la fameuse bosse caractéristique dans les médiums a fini par me lasser. L'expressivité s'en voyait prononcée fortement, ajoutant au jeu (si peu qu'il soit expressif) une touche personnelle assez identifiable dans un mix. Mais ces micros ont fini par manquer, à la longue, de mordant, notamment en position chevalet, et je trouvais également les sons parfois trop puissants en position manche. Bien que dénaturée par rapport au modèle d'origine, cette guitare ressemble à une Jem, sonne comme une Ibanez, et conserve les caractéristiques du modèle sans l'acidité des sons clairs qui est due aux micros DiMarzio Evolution montés en standard.

J'ai aussi pris l'habitude de baisser les micros très près de la plaque de protection (donc très loin des cordes), car le sustain s'en voit favorisé, les basses sont moins brouillonnes, et si l'on perd en volume de sortie et un tout petit peu en attaque, la dynamique et les nuances de jeu s'en retrouvent complètement respectées, et l'équilibre entre humbucker et single coil me semble meilleur. On mise d'avantage sur les caractéristiques techniques intrinsèques des micros (spécifications des aigus, médiums et basses) pour faire la différence, et c'est vraiment dans cette configuration que les micros me semblent à leur meilleur rendement. L'ampli reçoit un signal d'entrée assez propre, comportant moins de parasites, ce qui permet de pousser un peu le volume : dans tous les cas, il faut bien "compenser" la perte de volume.

Loin de moi l'idée de dénaturer le rendu d'origine en retenant autre chose que des DiMarzio. D'abord parce que je suis fidèle, mais surtout parce que je n'étais pas réellement déçu par les deux humbuckers PAF Pro, ensuite parce que tenais à conserver le rendu des aimants AlNiCo, de conception plus vintage que les micros à aimants céramique vraiment taillés pour le gros son riche en basses et en aigus. Je voulais des micros vintages, loin des niveaux de sortie hors normes, loin aussi du son des céramiques (surtout les aigus), mais avec un plus de patate sur le bridge, et une bonne rondeur en position neck, assez puissants sur des basses rondes et présentes, des médiums équilibrés et des aigus moins synthétiques que les trop puissants céramiques, donc il me fallait de l'AlNiCo 5... Des sons pour le hard-rock et non pour le métal en définitive !

Le micro humbucker (série Medium Power) retenu en position manche est un DiMarzio Air Norton DP193F Spaced, noir, de sonorités TRES chaleureuses : sans offrir la puissance, la couleur rose, et la bosse dans les médiums du PAF Pro, il propose une valeur de sortie de 270 mV (Basses 6,5 / Médiums 7 / Aigus 5) pour un meilleur sustain (technologie Air) ce qui est spécifique à ce modèle DiMarzio et qui confère de jolis graves et médiums et des sonorités subtiles voire vintage en sons clairs qui réagissent sensiblement à l'attaque et aux variations sur le bouton de volume.

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Je ne retrouvais pas cette sensibilité avec les micros d'origine, et si le Air Norton est un "passe-partout" des sonorités Humbucker modernes, il lui faut cependant un peu de puissance (amplification) pour sonner en solo, mais il ajoute (selon moi), la qualité d'un bon équilibre tonal dans la configuration. Il procure bien plus d'harmoniques qu'un PAF Pro avec un jeu de corde .009 - .042 avec lequel je suis le plus souvent contraint de jouer, mais il est fait pour du .010 - .046 avec lequel les harmoniques sortent mieux !

En position chevalet, en lieu et place du PAF Pro originel, j'ai préféré des sons plus boostés, riches en basses, puissants (série High Power) et pleins d'harmoniques qui fusent, en montant le connu DiMarzio Tone Zone DP155F qui délivre 375 mV (Basses 8.5 / Médiums 8.5 / Aigus 5). Ce micro chevalet est parfois qualifié de "brouillon" : je n'ai pas vraiment pu le constater, même en accords francs et puissants avec des sons très distordus (du moins sur ma guitare), par contre, pour un riff à la Van Halen (premiers albums) qui joue ces parties sur un micro bridge, il est plus que bon, il est parfait !

Ce micro est en fait bien défini en riff et solo avec des distorsions analogiques ou direct dans l'ampli. En jouant sur le bouton de volume, on travaille facilement son caractère affirmé. En double, ses sons riches en basses grossissent le jeu, et splitté en association avec le DiMarzio Single Model, c'est une arme efficace pour les sons claquants et les rythmiques funk en sons clairs. Comme il délivre des niveaux de sortie élevés, puissants et assez "pleins", on peut aussi jouer sur le volume pour varier et retomber sur des sons proches d'un PAF et il réagit alors superbement sans perdre d'aigus et en conservant les belles et rondes basses. Enfin, les harmoniques et le détachement des notes lié à sa précision et la fidèle retranscription des vibrations des cordes par l'AlNiCo, le positionnent dans les meilleurs micros à fort niveau de sortie de chez DiMarzio, je confirme !

Le manche de diapason de 25,5" (648 mm) comporte 24 cases et rapproche l'instrument des spécificités de Fender. Vissé au corps par 4 vis maintenues par un plaque métal comportant l'inscription Jem et le numéro de série, le manche a la particularité d'être en érable d'une seule pièce (et non 5, comme les manches Ibanez Prestige plus récents qui sont aussi plus solides et font la renommée de la marque). Il se règle par une truss-rod commandée par une clé à pipe Ibanez particulière. La touche en palissandre héberge 24 cases séparées par des frettes jumbo.

Les dernières touches sont scaloppées depuis la 17ième case, c'est à dire creusées pour faciliter la pression exercée par le doigt sur la corde, ce qui est agréable pour le jeu dans les extra-aigus. Ça n'a jamais constitué un avantage pour moi (il aurait fallu faire ça sur tout le manche !). Le manche fut construit en marge de la série Prestige qui naissait au moment de la sortie de l'instrument sur le marché. C'est cependant un modèle haut de gamme de la marque qui n'a rien à envier quant à la qualité de fabrication aux modèles plus récents, hormis le renforcement à la jonction tête / manche, au niveau des deux vis de fixation du sillet bloque-cordes : le fait qu'il soit d'une seule pièce a probablement contraint à abandonner ce renfort.

Le radius est de 430 mm ce qui correspond à un manche particulièrement plat (vibrato de type Floyd oblige) et fin (19 mm au sillet, 21 mm à la 12ième frette) pour un positionnement confortable et pour favoriser les déplacements rapides de la main gauche. La touche d'une largeur de 43 mm au sillet et 56 mm à la 24ième frette en palissandre accentue le confort de jeu, ce manche est communément nommé " autoroute" : c'est un manche fin et dont la touche est assez large pour un positionnement confortable des doigts, ce qui favorise le jeu rapide.

J'ai remplacé en 2000 le bloc vibrato Edge Original par un Lo-Pro Edge Cosmo Black assorti au reste de l'accastillage qui apporte un net confort de réglage ainsi qu'une meilleure répartition de la tension des cordes. Il est encore possible (jusqu'à quand ?) de trouver les pièces de l'ensemble de cette Tremolo Unit qui semble bien plus solide que les modèles récents Edge Pro III, notamment au niveau du serrage des taquets sur les pontets qui sont actuellement différents et plus fragiles. Ce vibrato exige de couper la boule de rétention des cordes, mais je suis confiant, cela fait des années que ça marche ainsi.

Je déplore parfois de ne pas disposer d'un chevalet fixe, car les possibilités d'accordage s'en voient accrues, mais le vibrato de type Floyd Rose est un sérieux atout lorsqu'il est utilisé en solo : de nombreux effets de jeu sont possibles et même si je le sollicite finalement peu, en tout cas spontanément ; je joue régulièrement d'avant en arrière pour baisser et tirer les notes, les harmoniques, ... De manière générale, la stabilité de l'accordage est un plus lors d'une répétition ou d'une soirée, et aucun autre type de mécanisme n'est aussi fiable que ce vibrato, à moins de monter des tirants très "musclés". Il lui manque un accessoire introuvable à ce jour, le BackStop qui permet de faciliter le retour arrière par le placement de petits ressorts en butée du bloc, sous la plaque arrière de protection.

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Les cordes montées sont des 0.009 - 0.042 pour un accordage standard de préférence de filet rond avec âme hexagonale pour un son bright ou plus de chaleur avec un centre rond, comme les Tite-Fit de la marque DR String qui sont faites à la main sans couche anti-rust. Je coupe la boule de rétention pour fixer une extrémité au pontet avec le taquet. Au niveau des mécaniques d'origine, les cordes sont enroulées sur 5 cm en moyenne, ce qui donne une bonne répartition de la tension. Les mécaniques à bain d'huile ont été revissées maintes fois, mais ne semblent pas faillir. La pression qu'elles supportent est relativement faible, elle est amoindrie par la barre de rétention des cordes qui les "plaque" vers le bois de la tête.

Le sillet bloque corde fait également office de conducteur du son et est resté d'origine, bien qu'il serre un tirant relativement léger pour jouer un demi ton en dessous de l'accordage standard, et qui me permet de ne pas trop souffrir en pratiquant souvent. Ce modèle est particulièrement puissant et donne des sons bien définis et riches en aigus.

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Dès que possible, la Jem est posée dans un endroit sec, à l'air libre. Elle est ainsi accessible à tout moment, mais réside malheureusement sans protection (poussière, coups, ...) en dehors du confinement de l'étui, pour pouvoir "sécher" encore d'avantage et surtout ne pas être enfermée dans un habitacle qui contiendrait de l'air enfumé et plus ou moins humide des salles de répétitions. La Jem est en général transportée dans un étui rigide moulé sur les dimensions des guitares RG Ibanez, le M100C. Ce flight case permet de s'adapter parfaitement aux contours des guitares de type RG ou Jem pour droitiers, ce qui est une sécurité. Il dispose de logements pour quelques médiators, la tige du vibrato, une sangle, une clé Allen de réglage, un accordeur et un chiffon.

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Pour la marche, une simple housse de transport et non de protection (sinon de la poussière) acquise pour 5€ d'occasion, permet de simplifier les déplacements pour un poids minimal. Elle complète le flight-case, sans pour autant se montrer indispensable, c'est le "gadget" peu coûteux que je vous recommande si vous bougez avec votre instrument, même si je conseille plus épais pour une meilleure protection dans les bus, trains, trams et autres métros... La large poche avant permet de porter une sangle, deux médiators, un accordeur et un cordon jack, mais pas plus que le strict minimum.

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J'ai acquis un Multi-tool d'Ibanez qui permet les réglages rapides et précis de l'instrument en toute situation. Son faible encombrement permet tous les ajustements de dernière minute avec beaucoup d'efficacité.

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Le multitool noir reste dans le flightcase, mais le rouge, tout aussi efficace, me sert sur mon lieu de travail de l'instrument. C'est moins direct que les clés Allen, mais aussi efficace et rapide pour un ajustement de dernière minute.

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Pour ajuster l'intonation d'un vibrato flottant Lo-Pro Edge, c'est une vraie galère. il faut absolument le E-Jack d'Ibanez, ou bien c'est un réglage de proche en proche assez long et imprécis. Le petit outil permet de maintenir en position le pontet alors que la vis de serrage est dévissée. La molette rouge donne la possibilité d'avancer ou reculer le pontet et ainsi ajuster la guitare sur toute la longueur de la corde, et la guitare est juste de la première à la 22ième case, ... après, c'est compliqué.

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Les enrouleurs de cordes (peg winder) sont toujours mal fichus. La mécanique "flotte" dedans, ils sont prévus pour les basses et les acoustiques (avec le retire-cheville), ... il y a toujours un truc qui merde. Celui d'Ibanez est rouge (un bon point, on le trouve facilement) et s'adapte aux mécaniques en ligne des guitares de forme RG, JEM, ... c'est un soulagement. Si techniquement, rien n'est différent, ce sont de petits détails qui facilitent le montage des cordes.

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J'utilise chez moi ou en cours un stand pliable Ibanez PT32. Pratique, il se loge dans mes valises de rangement mais ne garantit pas une grande stabilité au sol comme le ferait un stand standard. De plus, il ne permet pas de laisser l'instrument branché car la fiche jack en contact avec le sol perturbe l'équilibre de la guitare. Mais il permet d'éviter de laisser l'instrument n'importe où (contre une chaise, sur un lit, ...) ce qui est un facteur de choc évident. Comme les lieux où je joue sont équipés de stands, je ne m'encombre pas d'avantage et j'utilise en général ceux sur place.

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J'ai un accordeur pince Ibanez PU-20 qui propose un affichage avec aiguille et une précision toute relative mais suffisante. Il est assez léger, en "plastoc" et doit être déclipsé après chaque utilisation car il est assez volumineux et ne tiendrait pas fixé à la tête de l'instrument. Cependant, l'affichage digital large et avec aiguille est pratique et sa fonction rétro-éclairage (peu convaincante) permettra l'accordage en milieux semi-obscurs. Il gère les accordages "flat" un demi ton en dessous et est chromatique. On peut dire qu'il "fait le job", et reste dans le flight-case pour cette raison.

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J'ai également un accordeur standard dit "de table" qui vient lui encore de chez Ibanez, le GU-1SL, qui permet un double affichage : aiguille ou stromboscopique. L'avantage, c'est surtout qu'il est très lumineux et assez précis. Il permet aussi l'accordage plusieurs demi-tons en dessous de l'accordage standard. S'il reste basique dans son utilisation, il n'intègre pas de sons ou de fonction métronome, mais propose un large affichage et une entrée instrument, ce qui permet des réglages précis de la guitare.

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Je joue dès que possible debout, pour pouvoir être à l'aise le cas échéant pour des démanchés acrobatiques, mais aussi pour le maintien du dos et l'accès aux pédales. Les attaches courroies ne sont plus celles d'origine, mais des copies de straplocks que je ne trouve pas vraiment bien, pour les avoir essayées : inesthétiques (la sangle avance et ne "plaque" pas à la "corne" de la guitare), je les juge inefficaces car elles se "grippent" ou font un peu de bruit durant le jeu, puis à la longue elles ne permettent pas de retirer normalement la sangle sans forcer ou tirer un peu sur l'attache ou la vis de serrage dans le bois. Mais je n'ai pas trouvé plus rassurant pour maintenir une sangle standard avec les attaches en cuir.

J'ai aussi abandonné les luxueuses sangles en cuir au profit des sangles en nylon, moins chères, plus souples (ne teintent pas les T-shirts !) et plus résistantes : j'utilise un modèle solide, la GS601LG-SL qui présente une large et confortable bande de nylon surpiquée d'une doublure en tissus noir affichant le logo argenté (bling-bling) de la marque sur toute la longueur. En termes de qualité, on est au niveau des sangles des grands constructeurs, et pour la solidité des attaches, un cuir durci et "goudronné" assure un maintien efficace pour un bon bout de temps. Assez longue, elle garantit un réglage par boucle assez résistant qui ne permet pas d'être modifié facilement entre deux morceaux ; une position de jeu, et c'est tout ! Si vous enfilez un pull, la guitare sera juste plus haute !

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Je reviens souvent vers la pratique sangle ClipLock noire de DiMarzio en nylon souple, pour la fiabilité qu'elle représente à mes yeux. C'est certainement psychologique, mais elle me satisfait, et si je lui trouve un look trop "guitar heroe", elle me donne la garantie de tenir. Juste un coup de tournevis de temps en temps sur les attaches qui sont remplacées par des liens en nylon, ... et c'est efficace, simple et pratique. Par contre, leur look est trop "frime" et elles "scient" l'épaule sur un simple T-shirt (je vis dans le sud !). Leur montage est aussi un point un frein, il faut tout dévisser; et le bois en souffre.

J'utilise des médiators de moins d'1 mm très standards : pour les solos et les distorsions, j'aime ceux qui sont plus courts que les modèles standards (la référence, c'est Dunlop) : j'affectionne les Paul Gilbert Signature par exemple comme les 1000PG-PW qui permettent une attaque par la tranche, légèrement en biais, donnant de bons harmoniques naturels. Avec ses 1 mm d'épaisseur, sa texture lisse et uniforme et sa tranche qui atténue ou accentue l'attaque en fonction du biseau, c'est pour moi le médiator idéal. Plus fin (0,66 mm), c'est bien, et je peux attaquer encore plus, mais je ne me sens pas vraiment à l'aise et puis je retombe dans la forme standard qui est pour moi trop longue.

J'ai des modèles avec du sable collé ou du grip antidérappant qui sont de la même forme que le Paul Gilbert, mais qui se positionnent moins bien entre les doigts, et s'ils ne glissent pas malencontreusement, j'aime les glisser dans la main pour du picking, et avec, je n'y arrive pas facilement ! Par contre, leur tenue et leur prise sont idéales et ... il n'y a pas de risque de les tomber pendant le jeu. De taille Heavy (les bleus), ils sont aussi de 1 mm et offrent, avec la couche de sable, une épaisseur proche des Paul Gilbert pour une forme plus courte équivalente.

Battle's guitar Battle's guitar

Pour ne pas être pris au dépourvu lors des manipulations de médiator, j'ai choisi une petite bandelette repositionnable en caoutchouc qui se fixe à même le corps ou la tête de la guitare, le pick horlder PH1 d'Ibanez. Il y a un côté "frime" dans cette utilisation bien que l'accessoire présente en définitive un très bel avantage, celui de mettre à dispo ses plectres à tout moment.

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Lorsque je joue direct dans l'ampli, je privilégie le câble du constructeur pour le raccordement direct des effets vers l'ampli. Ce câble PSC10 d'Ibanez est à la fois bien blindé et de construction robuste. Pour une longueur suffisante chez moi de 3 m, je pense qu'il constitue une alternative de qualité aux luxueux et très chers câbles qu'il serait dommage de ne pas utiliser...

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Pour le câblage des pédales, j'utilise quelques câbles Ibanez Série DS dont la fiche est plaquée or. Ces câbles assez courts permettent d'interconnecter plusieurs pédales de séries différentes, qui n'ont pas les entrées et sorties à la même hauteur (différences de niveau).

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Pour le câblage d'autres modules additionnels, j'utilise un câble de chez Ibanez un peu moins bien qu'un PSC-10, le DSC-15 qui reste de la même gamme que les patches présentés ci-dessus. C'est un câble instrument (donc blindé) assez souple de qualité standard, qui permet de connecter une sortie de l'ampli (LINE OUT ou plutôt REC OUT en mono, mais surtout SEND, RETURN) sans aucun problème (on manque toujours de câbles !).

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Dans le cas de raccordements particuliers, notamment de l'ampli transistors vers un baffle additionnel, j'utilise un câble spécial qui n'est pas blindé pour éviter la surchauffe du transfo de l'ampli qui peut "claquer" si la résistance du câble est trop élevée ou que le câble n'est pas adapté. J'ai investi dans un speakercable Ibanez SPCPP6 de 1.83 m de long qui me permet aussi d'interconnecter les deux amplis entre eux (SEND du ValBee dans INPUT du TB15D).

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Pour l'amplification du son, j'ai la chance de disposer de 2 petits amplificateurs me permettant de bénéficier de sons assez différents à la maison, en cours, en répétitions et en enregistrement. Les critères de sélection ont été simples : une même marque pour la cohérence de l'ensemble, une égalisation active pour aller au plus près des sons entendus et une faible puissance de sortie (toute relative, le Valbee "crache" pas mal pour un 5 watts). Les deux amplis ont été choisis de conceptions technologiques différentes (l'un à lampe, l'autre à transistors) et dans un souci de complémentarité sonore et de restitution d'une vraie stéréo. Ils sont tous les deux à peine légers pour jouer avec un groupe (sinon en répétition, en les poussant vraiment, c'est bon) mais je privilégie plusieurs astuces :

En effet, un ampli 100 watts deux corps à lampes présente de grands avantages, mais il est trop puissant pour jouer à la maison, voire pour les répétitions. Il perd complètement de son intérêt s'il n'est pas poussé, car le son n'atteint pas le rendement attendu si l'ampli est en-deçà de 5 en master volume : perte de dynamique, fréquences aigues faiblardes, feedback, haut-parleurs "mous" et aplatissement du signal.

Le fait d'utiliser des atténuateurs de puissance dénature un peu le son, il faut privilégier les systèmes permettant de switcher entre 25 watts et 5 watts... mais ces amplis-là sont onéreux. Et puis, en plus du budget, il faut avoir la place à la fois à la maison pour stocker, dans la voiture pour les déplacements, et les bras suffisamment solides pour le transport. Enfin, ils nécessitent lorsqu'ils sont à lampes un certain budget d'entretien, à tel point que l'investissement n'en vaut pas le coup pour la majorité des amateurs).

L'égalisation des deux modèles est active, et c'est très important pour un ampli de faible puissance que de disposer de corrections assez efficaces. Les Hi, Low et Middle n'interagissent pas spécifiquement entre-elles, ce qui permet d'atténuer ou de gonfler une large bande du spectre sans dénaturer le rendu final ni agir sur les extrêmes. Ainsi, le son même à faible puissance, conserve quelques caractéristiques du son que l'on cherche à égaler... ce qui reste délicat avec des amplis dotés d'égalisations passives (Marshall, Fender, Vox, ...).

Battle's guitar Battle's guitar

Pour travailler l'instrument, j'ai investi dans un petit Ibanez TB15D peu puissant avec ses 15 watts tout transistors, il compte un canal clair et un saturé partageant la même égalisation active sans possibilité native de switcher d'un canal à l'autre. Cette égalisation active en fait sa force, car pour un ampli à transistor, il peut creuser ou accentuer efficacement les fréquences et s'approcher de pas mal de sons, des plus clairs aux plus de grosses distorsions.

Le canal overdrive propose des sonorités assez synthétiques, compressées et "froides" caractéristiques des sons à transistors. Il subvient à de nombreuses problématiques sonores et se montre même performant si l'on ajoute un préampli ou une bonne disto (en studio, en club, en répet, ...). Dans tous les cas, les sons suffisent amplement pour travailler l'instrument. Il devient plus intéressant lorsque l'on exploite la fiche arrière External Speaker puisqu'il délivre alors quelques 40 watts. Séduisant et moderne avec des effets intégrés il se démarque par une égalisation active convaincante en sons clair malgré les 8 pouces du haut parleur interne.

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Il est idéal pour travailler l'instrument dans un registre rock avec des sons simples à obtenir puisqu'il n'y a qu'à sortir sa guitare et trouver un jack. Il dispose d'une sortie casque, et avec l'entrée mixée (lecteur CD, MP3). Les 15 effets non paramétrables mais quasiment tous exploitables sont suffisants pour approcher les principaux sons sans préamp ou effets additionnels. Cette égalisation active typique des modèles ToneBlaster d'Ibanez agit de manière efficace. À fort comme à faible volume, elle permet réellement beaucoup de possibilités et se règle avec beaucoup de précision.

En complément, j'ai aussi souhaité à la fois élargir la palette sonore ainsi que la spatialisation du son. En effet, je recherchais un ampli complémentaire radicalement opposé au TB15D, dont la dynamique de préamp et l'amplification soient à lampes, et proposer ensuite de passer d'un son mono vers une vraie stéréo via la projection sonore depuis 2 sources séparées. Je souhaitais également retrouver la qualité stéréo du chorus et du delay, et jouer sur des répétitions et effet de ping-pong live autres qu'au casque ou sur sono (difficile à la maison).

J'ai donc investi dans un ampli de Classe A à lampes mais de conception hybride, le ValBee (ou VBG pour ValBee Guitar) d'Ibanez. J'explique immédiatement mon abus de langage car un ampli hybride dispose généralement d'une amplification transistor pour une pré amplification à lampes. Le VBG, c'est le contraire : il dispose d'une pré-amplification mixte à lampes et transistors (ceux des premières Tube Screamer d'Ibanez qui ne s'enclenchent que lors d'un certain seuil de boost) et amplification à lampe de type Classe A. J'ai modifié l'électronique interne en dé-soudant les deux diodes de clipping et le canal boost n'est plus typé hi-gain, mais tube "presque" vintage, avec un niveau de sortie permettant de jouer avec un batteur.

J'ai donc le grain et la dynamique d'une 12AX7, boostée par deux ampli opérationnels JRC4558, une égalisation active (pas très vintage comme Classe A !), une boucle d'effets avant d'attaquer une sortie mixée (casque + mix) décevante puis un étage d'amplification sur une lampe 6L6, qui entre dans un excellent petit HP de 6,5".

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Il est dénué de réverb ou d'effets, mais ces artifices ne manquent en aucun cas au son. Très polyvalent, il crunche à souhait, va dans les registres blues et rock sans difficulté avec quelques escapades possibles en saturations bien senties, et autres distorsions hard les plus light... du meilleur effet. Il suffit de coupler sa guitare à une bonne pédale d'overdrive (boost type TubeScreamer) en amont de l'ampli pour décrocher les plus grosses saturations à lampe du hard rock.

Les 5 watts permettent de jouer en appartement (jusqu'à 4 ou 5 du master volume) et même de jouer avec un batteur en répétitions lorsqu'on approche les 8. Couplé au TB15D avec baffle additionnel, le jeu en répétition est tout à fait possible, la puissance ne manque pas, les amplis sont poussés à fond et donnent le meilleur d'eux-mêmes... Pour la scène, c'est assez léger, mais avec un bon micro devant, un système de retours, une amplification en façade, ... tout devient possible (mais compliqué) avec deux petits amplis.

En bon nomade, j'emporte ma guitare un peu partout avec moi, et "laisse" dans de nombreux coins des objets me permettant de jouer au casque et continuer à pratiquer et travailler l'instrument. Pour ça, évidemment les petits amplis de 1 watt constituent un investissement idéal, car ils combinent le jeu sur pile et la sortie casque. Il faut aussi combiner ça à un casque mais c'est monnaie courante, encore qu'un bon casque de type DJ reste un investissement obligatoire... Sur ces mini-amplis, il faut reconnaître que le son n'est pas terrible car le haut-parleur est souvent de qualité médiocre, et le "caisson" en plastique ne favorise vraiment pas de beaux médiums !

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J'insiste par contre, sur le bénéfice qu'apporte ces amplis miniatures qui, bien qu'ils sonnent "comme des jouets" ont un son très nasillard en sortie du mini haut-parleur de quelques cm de diamètre. J'ai un petit Ibanez Desktop Amplifier Guitar DAG1 qui fonctionne sur pile ou avec un mini-transfo de 12V. Son égalisation sommaire (juste les aigues et la "bosse" en médium) se combine à une disto assez formatée "gros son" ; il faut donc jouer sur le bouton de volume pour approcher des variations abordables (mais inutilisables au casque en overdrive !).

Ces amplis de cette catégorie sont cependant de très utiles "testeurs" de câbles ou d'électronique de la guitare car ils ne sont généralement pas ou peu blindés (coque plastique, électronique "cheap") et relatent les imperfections des montages électroniques internes de la guitare (sélecteur, micros, jacks, câblage). Comme ils ne sont pas raccordés au réseau électrique (en tout cas directement, car on trouve toute l'utilité à ce qu'ils fonctionnent à pile, mais certains tolèrent un transformateur 9V DC continus) et qu'ils ne contiennent pas de transformateur (du moins l'équivalent de ceux que l'on trouve dans le moindre ampli à lampes de 5 watts...) ils sont peu sensibles aux parasites et aux phénomènes de masse et permettent de mesure le signal ou le "bruit" rendu par l'instrument de manière neutre sur les électroniques passives...

Ok, il ne faut pas compter sur des fréquences basses bien rondes ou des distorsions très réalistes ; ces amplis sont même criards dès qu'on les pousse un peu, mais ils finissent par me satisfaire car ils proposent autre chose que le "ploc" du jeu à vide, permettent de jouer même sans le casque qui "serre" les oreilles au bout d'un petit moment et par-dessus un CD ou la télé qui crache une back-track sur DVD par exemple. En plus, ils se fixent à la ceinture, se transportent (et s'oublient) partout, et ont une autonomie de presque 10 heures sur piles (utilisation normale) ... admettez au moins qu'au casque et en son clair, c'est une déferlante de sons bien médium qui suffisent au travail des gammes, à la recherche d'un accord, à la transposition d'un morceau ou la simple lecture d'une partition...

J'ai opté pour la Tube Screamer version "économique", la TS Mini qui donne un son plutôt crunch dans un éventail moins riche que l'originale TS9 ou TS-808 sans le caractère mat ou muddy et dotée d'un true bypass, d'un switch digne de ce nom, et toujours du circuit de la TS9 classique comportant le JRC4558D. Si c'est subtilement différent d'une TS808, on s'en rapproche presque en moins chaleureux ou si peu. Le côté "mini" est sympa, sans plus, puisque j'utilise des transformateurs depuis bien longtemps. C'est la perte d'aigus qui me semble moins prononcée que sur la TS9 ou la TS9DX qui figuraient dans mon set auparavant, et, je ne sais pas si mes oreilles me trahissent ou bien si c'est, là encore psychologique, mais elle me semble moins bruyante (du fait du bypass, d'abord, mais aussi lorsqu'elle est enclenchée)... Je pousse moins le DRIVE, aussi ! Je crois que c'est la raison principale... Elle est fabuleuse en complément d'un ampli qui sature un peu, comme toutes les TS, mais s'utilise en tant que crunch sur un son clair, tant que le DRIVE n'est pas poussé à fond (là, le son déconne et n'est plus à mon goût...).

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Dans un style plus Hard Rock, le son Fuzz des années 1970 est produit par la pédale OD850 d'Ibanez rééditée en version mini. C'est une bonne disto/fuzz qui va bien remplir le spectre tant en rythmique qu'en solo, avec un grain assez constant. Le réglage SUSTAIN permet d'accroître le niveau d'overdrive et de tenue de la note de manière assez particulière pour une disto car il ne joue pas sur le gain mais sur l'injection d'un signal travaillé par des transistors. C'est vraiment typique de la fuzz, comme chez Electro Harmonix. Le son est assez riche, sale et parasité et les mini-boutons LEVEL et TONE permettent quelques ajustements. Avec un simple bobinage, c'est Jimi Hendrixien, avec un double manche Led Zeppelien et avec le double aigu un peu Acédécien... Cette petite pédale donne un son bien distordu assez loin d'une fuzz type Fuzz Face, mais assez utilisable et efficace dans des contextes Rock musclés. En solo, elle est sublime.

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Pour les grosses distorsions riches en testostérone, il y a la Super Metal Mini. J'ai eu, j'ai plus. J'ai sorti du set d'effet. D'un je jouais aux claquettes, de deux, elle se stacke mal avec une Tube Screamer par exemple, et de trois, les sons deviennent bouillie de l'énorme compression qu'elle distribue... C'est plus assez naturel ni organique, on dirait la disto de l'ampli TB15D avec l'EQ active bien ajustée... En plus, c'est une légende qui dit qu'elle intègre deux JRC4558D l'un donnant du gain à l'autre, ce que je retrouve en stackant la TS9 mini et le Valbee ! Et puis, une ultra distorsion, c'est plus que la saturation métal qui "crachotte" bien en bavant sur les basses et qui ne me séduit plus autant.

Inutile de dire qu'il faut envisager le stack de l'une par l'autre, les deux TS + FZ en même temps, c'est plus de gain et de boost, mais seulement si l'on est raisonnable avec le DRIVE des deux pédales. Je stacke aussi le Valbee en léger overdrive avec l'une et l'autre des pédales de "coloration"... Il me faut par contre jouer des claquettes pour activer une et désactiver l'autre (mais je constate que cette configuration ne se présente pas si souvent). Je joue donc en config "live" principalement sur les amplificateurs en sons clairs ou vraiment juste sur un overdrive léger, que je colore l'un indépendamment de l'autre ou l'un et l'autre en même temps, via l'une ou l'autre des deux pédales. C'est assez "basique" mais je reconnais que c'est simple et efficace. Dans mes configurations d'explorations, la TS sonne super avec l'ampli Valbee à lampes qui est en crunch, la FZ est bien dans les deux amplis, mais je la préfère dans le Valbee et qui donne aussi de bons résultats avec l'ampli à transistors en son clair (aigus en avant, mids en retrait). Tout le reste n'est qu'attaque de la main droite, position de micro et technique de jeu.

En fin de chaîne (guitare - OD Tube Screamer - FZ Fuzz), j'ai longtemps voulu entrer dans les amplis, l'un d'eux (le TB15DX) disposant de bonnes réverbérations, chorus et delays. J'ai aussi utilisé la boucle d'effets du Valbee avec des pédales de delay numériques chiantes à régler. Mais on revient parfois (souvent) aux basiques. J'ai voulu avoir un son de chorus et de delay analogique pour me permettre une commande au pied. Alors que c'est sorti très récemment, j'ai logiquement craqué pour deux effets dont je disposais avant dans mon set en version "9 serie" de chez Ibanez (celle avec le switch merdique et pas de true bypass), la CS Mini et l'AD Mini. Je ne ressens aucun besoin supplémentaire, sauf un Flanger que je poserais avant la Wha, mais pour le moment, je joue avec celui post-amp du TB15D, et je simplifie les branchements, tout en ayant un son qui ne satisfait pas complètement...

Battle's guitar Battle's guitar

L'analogique est souvent préféré au numérique... le son est souvent meilleur, avec un plus grand respect de l'instrument, des transformations trop "parfaites" et un caractère "vintage" qui donne un certain cachet. Pour ces deux effets, la différence est nette. Le gain de place n'est pas le problème pour moi, ni même l'alimentation (transfo + guirlande). Le plus, c'est le switch et le true bypass. Je ne voulais pas non plus ajouter "trop" de modules non plus... et dans une fourchette de prix bien raisonnable (moins de 100 boules pour une pédale).

Le chorus est bien épais, crémeux sans être trop "droit" ou froid. Il n'est que mono (reste l'analogie au nom CS9 qui signifie Chorus Stéré dans la série 9 de pédales Ibanez), et ne donne pas un signal avec l'inversion de phase qui apporte tant de richesse et de profondeur lorsqu'il splitte en stéréo sur deux amplis. Mais il a un switch qui fonctionne et un réglage en plus, le LEVEL qui permet de contrôler l'intensité du signal... donc de bien "tartiner" si l'on veut. Ensuite les SPEED et DEPTH existent toujours pour mon plus grand bonheur (arpèges, sons The Police, limite Leslie ou Flanger en poussant tout à fond).

Le delay est bon (il fait le job, plus que bien), reprend les réglages de base, va plus loin que l'inspiratrice AD9 en proposant un 600ms de retard maxi alors que l'ancienne donnait dans le 450ms (et un peu plus avec le petit bouton actionnable au tournevis sous la pile), mais comme je reste sur des temps standards avoisinant les 330ms... Je retrouve la perte caractéristique des aigus sur les répétitions et un signal traité avant l'ampli (et même le préampli). Je n'ai jamais joué en live sur les variations possibles avec un effet analogique. Par contre, si l'effet reste assez satisfaisant pour donner de l'ampleur au solo, il est meilleur, à mon avis, sur un bon arpège et les petits voicings. Il complète les delays préprogrammés et numériques de l'ampli Tone Blaster.

J'ai tout posé sur un paillasson-moquette de 60 x 40 cm antidérapant sur le sol et fixé par de solides morceaux de velcro collés sous les pédales. J'ai ainsi de la place (pas tant que ça !) au sol pour y disposer mes effets et j'ai tenu à laisser un peu d'espace de part et d'autre pour éviter de laisser dépasser les fiches jacks en dehors du "pedalboard", pour plus de sécurité. C'est le mieux, et je peux modifier ma disposition bien plus qu'avec des pedalboards plus sofistiqués. J'avais autrefois fabriqué une planche trouée pour passer des colliers Colson et fixer les pédales, mais le format mini actuel restreint le passage des colliers plastique et l'emplacement des trous ne donne pas vraiment de liberté dans le placement des divers modules. J'ai aussi utilisé du double face qui n'épargnait pas la pédale (la colle était très forte !). Enfin, j'ai vissé les pédales à la planche avec des petites attaches identiques à des équerres plates, mais pour ma part, récupérées d'une chaîne à vélo (et là, ça tient !) mais le pedalboard est statique et changer l'ordre des effets est un travail de plusieurs heures. Aucune solution ne me satisfait vraiment.

J'ai pris une habitude de repérer les pédales, ou plutôt le switch avec de l'adhésif phosphorescent (et non fluo) qui se voit dans le noir. J'avais, sur les plus gros modules, écrit sur le scotch jaune clair les lettres désignant l'effet au marqueur noir (DS pour distor, OD pour overdrive, WH pour wha-wha, etc...), mais les pédales mini demandent un repérage mini, donc moins d'inscription. Encore, lorsqu'il fait sombre, j'y vois mieux ainsi. Je pensais à disposer un bandeau de leds autour du pedalboard, mais ça va faire fêtes de fin d'année ! Et comme le nombre de modules réduit avec l'âge, je pense que l'investissement n'est plus aussi rentable... Alors près de la planche, au niveau de la multi-prise (qui n'a pas de bouton on/off, je gère ça avec un vrai interrupteur sur un module électrique séparé, et j'évite un point rouge sur mon espace de jeu, sur lequel il m'est arrivé de mettre le pied ... et de tout couper !) j'ai une lampe de bureau à LED, peu puissante, sans parasite, et protégée des interférences par plusieurs blocs serre-câbles électriques avec le noyau en ferrite (j'en dispose sur tous mes câbles électriques).

Je modifie peu l'ordre des pédales. Il m'est parfois arrivé de placer la wha derrière la disto, ou une Tube Screamer, mais c'est exceptionnel. Dans tous les cas, une fois les pédales fixées, ce n'est plus possible. Alors, je "ponte" parfois une pédale pour obtenir un signal plus direct, mais c'est avec des câbles courts de 1m que je fabrique moi-même, j'opère à la déviation. J'utilise aussi le SEND du Valbee pour entrer dans le TB15 pour obtenir encore plus de GAIN. Enfin, je me confronte souvent aux problémes d'alimentation des pédales : j'utilise donc une alimentation 9 volts multiple de type "brique" et parfois des guirlandes. Pour ce qui est des prises de courants des amplis, mais aussi les transformateurs, j'ai investi dans une mega-prise avec parasurtenseur qui me permet d'éviter les grosses variations de tension et qui est BIEN raccordée à la terre (primordial). Elle est connectée à un appareil qui fait voltmètre, mesure l'intensité et la puissance requise, pour éviter les déconvenues des multiples installations électriques des multiples lieux dans lesquels je prends du plaisir...

Je trimbale à la main ma guitare dans son flight-case, mon pedalboard dans une housse de clavier et mes amplis. Puis tout le reste (tout ça !) dans diverses valises métalliques, soigneusement rangées à l'intérieur pour ménager au maximum ce qui souffre le plus, les câbles. Je ne fais plus suivre comme avant le fer à souder, mais quelques outils que j'ai en double, les principaux restent sur l'établi dédié un plan de travail de 180 cm posé sur 4 solides pieds, et qui entrepose un outillage complexe, et même un support permettant de positionner ma guitare sur le manche et remplacer les cordes, bidouiller, régler sans présenter d'instabilité et avec un éclairage spécifique et les branchements de station pour le fer à souder, la mini-meuleuse, les fils et câbles, ... tout ce qu'il faut pour entretenir (et bientôt usiner le bois ??? pourquoi pas !).

Mes réglages

Des différentes références que je retrouve, je me confronte à des réglages avec de plus en plus d'exigences, tant sur la polyvalence sonore de la guitare que des réglages de l'ampli. C'est vrai, c'est très difficile, voire impossible, avec des petits amplis et en appartement, d'obtenir le rendu d'un triple stack avec 6 baffles 4 x 12" drivé par des têtes à lampes de 120 watts chacune. Mais ce n'est pas moins difficile de l'obtenir en répétition avec juste un combo 100 watts. Et si l'on va par là, c'est pas vraiment plus simple en live, même avec une config luxe de 2 amplis 2 corps...

De fait, l'environnement de jeu de mes principaux congénères (en appart) ne me permet généralement pas de se satisfaire d'un son de guitare sans faire des concessions et mettre en place de curieux compromis. Comme tous, je compense avec des "petites combines" qu'il m'est donné de vous révéler ici, à titre d'exemple, conscient que les quelques milliers d'euros de matos que j'ai la chance de posséder ne reflètent pas la réalité des équipements (en tout cas de ceux qui se penchent sur ces pages).

Toutefois, considérant que mes recherches (perpétuelles) ne me conduisent pas, de surcroît, à un résultat "arrêté" et que je creuse en permanence le réglage d'un paramètre par rapport à un autre, je ne vais en aucun cas m'engager en affirmant que pour sonner de telle manière il faut impérativement utiliser tel ou tel réglage. Il faut donc considérer ces réglages comme indicatifs.

Je rappelle que si dans les notices comme les magasines, certains presets sont communiqués afin de faciliter les réglages, ils n'en sont pas moins indicatifs dans le sens où se fier aveuglément aux taux, pourcentages et paramétrages indiqués pour chaque variable réglable, c'est faire complètement abstraction des caractéristiques intrinsèques de l'instrument ou de l'ampli, ainsi que de la combinatoire des effets en amont comme en aval.

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Mise en garde : mes conseils n'engagent que moi !!!

Je souris, même si j'en tire de riches enseignements, à la lecture des forums où des débats vigoureux font état durant 25 pages truffées de fautes, de la nécessité d'inclure un delay réglé à 236 ms pour obtenir le son d'un morceau dont personne ne se souviendra dans un an, sur la base d'un Line6 Tone Machin Works Bidule produit entre septembre 2008 et octobre 2009 ! Je caricature, mais j'insiste aussi sur le fait de rester prudent avec l'engouement de certains, qui vivent également passionnément leur quête du son.

Je ne suis pas dupe, la légende confirme mon prudent propos : Steve Lukather faisant un jour intrusion dans le studio 5150 de son voisin et ami californien Eddie Van Halen. Il s'est alors mis à jouer sur le matos du père Eddie, et constata que le son ne donnait pas le même rendu, au matos près, au réglage près, et que tout était dans les doigts, le toucher et la manière de pousser à bout les quelques 300 k$ de matos qui étaient connectés ici !

Pour tempérer la légende, je me permets d'alerter que ce n'est qu'une croyance, et qu'à mon sens, Steve n'aurait en aucun cas empoigné la guitare d'Edward pour "sonner" comme son copain, d'abord parce qu'il sonne très bien de lui-même avec son propre matos, qu'il n'est pas enclin à copier EVH (même s'il existe pire modèle) et que si MusicMan alors endorseur des deux stars de la 6 cordes n'avait pas propagé une telle connerie à des fins promotionnelle, personne n'aurait osé la moindre comparaison.

Alors si personne n'avait osé la comparaison, pourquoi certains pensent-ils approcher le son inapprochable de SRV en jouant avec une strat pourrie, des cordes départ en 13 (ouille !), une ou deux TS808 et un Bassman ? Pourquoi certains sont persuadés que la modélisation d'un POD Line6 sait reproduire fidèlement le son d'Hendrix en live sur Spanish Castle Magic sans avancer une thèse ridicule sur le fait qu'avec l'émulation, le rêve gagne en intensité, et de se mettre à douter des pouvoirs hallucinogènes de ces haricots magiques et rouges que sont les PODs ?

Je n'ai pas un set ressemblant à celui d'untel pour jouer comme lui, loin s'en faut. Et même s'il semble plus simple d'approcher le son métal de l'album Surfin' With The Alien en s'équipant d'une Boss DS-1, ce n'est pas très convenable que de penser que la pédale va tout faire, il qu'il n'y aura qu'à bouger les doigts. Le toucher avant toute chose, mais aussi, l'ampli, la prise de son et la restitution en enregistrement sont des paramètres ayant une telle incidence sur le rendu final que la simple acquisition d'une stompbox à 60€ ne peut être considérée comme un élément déterminant dans la composante du son. Déterminant, non, essentiel, oui. C'est là tout l'enjeu marketing des marques qui sortent des modèles signature ou poussent tel Guitar Heroe à intégrer un matériel de leur cru dans leur pédalboard.

Enfin, je tempère énormément le propos en ajoutant que les paramètres recueillis lors de la prise de son peuvent changer radicalement le rendu final. Une sortie directe dans une carte son ne sera probablement pas comparable en terme de compression et d'égalisation à ce qu'une oreille percevrait à 3 mètres ou 10 mètres de l'ampli. De même, la prise par un micro, quelque en soit la nature, le coût et donc sa qualité, n'aura pas les mêmes impacts ni la même transparence qu'une prise par boîte de direct.

Et puis, comme ça a déjà été évoqué plusieurs fois, le même matériel joué par deux individus différents ne sonnera pas réellement de la même façon, fort heureusement. Les techniques, les forces appliquées aux cordes, les attaques, les tensions, les perceptions et l'expressivité de chacun font la beauté de cet instrument qui est considéré ici pour l'expression et non la copie... Les conseils donnés ne sont donc à prendre en compte qu'en tant que conseils.

Tout d'abord, au niveau de l'instrument, je peux vous aiguiller sur plusieurs trucs de réglages qui pourront éventuellement être réutilisés, déclinés et complétés par vos propres pratiques, dans vos contextes à vous, suivant vos propres habitudes d'utilisation. Et ceci se fait encore une fois sans la prétention de prodiguer LE savoir dogmatique, mais parce que j'ai pu vérifier et constater un "mieux" dans ma situation.

Je joue principalement debout pour une attaque mieux maîtrisée des cordes : assis, la position "écrasé" sur la guitare ne me donne pas la même amplitude de jeu que lorsque je suis debout. D'autant qu'assis sur une chaise ou sur un tabouret, c'est radicalement différent que d'être assis sur un lit, un pouf (voire une ...) ou carrément au sol. Prendre de l'altitude confère également une forme de hauteur d'écoute, et, si l'ampli est à même le sol, vous constaterez qu'il sonne différemment que posé sur une étagère ou un bureau à la hauteur de la taille...

L'attaque est donnée par un médiator en général fin : les modèles standards assez souples forcent à utiliser une position semi-ouverte de la main, avec une pression soutenue des doigts qui permettent un bon contrôle de l'attaque. J'aime ce type de sensation prodiguée par un médiator fermement maintenu, juste effleuré par un angle plastifié à fleur des doigts, favorisant les sons harmoniques produits artificiellement...

Le manche de la Jem est d'une pièce avec touche rapportée en bois de rose, ce qui est assez caractéristique des sonorités chaudes, manquant parfois de la brillance d'un manche tout érable, il est monté de frettes jumbo que je souhaiterai bientôt changer car elles sont marquées par le temps et les heures de jeu. Je trouve que le manche donne un son puissant, assez mat, chargé de vibrations valorisantes, qui l'enrichissent. Le corps en bois léger (tilleul) conduit bien cette puissance jusqu'aux micros. Le choix de micros puissants dénature les qualités vibrantes intrinsèques (ce sont pourtant de puissants micros de type vintage) mais contribue à l'obtention de sonorités modernes et puissantes et surtout plus riches que celles délivrées par une électronique active qui me tentait un temps...

Les cordes montées ont évidemment un impact sur l'attaque et l'expressivité. Je joue personnellement sur des cordes 9-42, en tenant compte que le vibrato est un Floyd sous licence qui facilite les bends (tout le bloc "suit") et n'est maintenu que par 3 ressorts (standard). La tension des cordes est donc relativement faible, par contre la "masse vibrante" face aux micros est importante, ce qui donne un son assez riche (en fréquences) et puissant. Pensez à remplacer votre jeu pour l'usure (je casse finalement peu) et l'oxydation, il faut garder du brillant dans le jeu.

Il n'y a pas de mystère, les cordes neuves apportent trop d'instabilité dans la tenue de l'accord (il faut qu'elles se "fassent" deux ou trois séances de jeu), mais leur brillant me séduit énormément. D'un autre côté, les cordes qui sont montées depuis plusieurs semaines perdent à la fois leur brillance et leur tension, la tenue de l'accordage s'en voit affaiblie et il est temps de les changer. Le remplcement s'effectue en moyenne tous les 30 ou 45 jours, ce qui correspond pour moi à un peu moins d'une centaine d'heures de jeu (si, si ! j'ai compté). Si je laisse la guitare une semaine pour raisons professionnelles, je joue logiquement moins longtemps sur la même période, mais les cordes perdent quand même leur tenue et il faut de toute façon les remplacer dans le même intervalle de temps.

J'utilise des cordes sans gainage (je n'aime pas celles de type Elixir), car, bien que j'adore la sensation de jeu (ça glisse tout en claquant), leur usure engendre un "pelage" type "coup de soleil" et la corde semble avoir de mini poils qui sont autant inesthétiques que perturbateurs pour le jeu. Je préfère remplacer plus fréquemment le jeu complet de cordes acier et nickel, ce qui a une incidence sur le budget et l'usure des pièces, notamment du vibrato (visserie des pontets, réglage de la tension des ressorts, ...).

J'ai pris l'habitude de jouer en .009-.042. Le son qui est le mieux défini, c'est avec du .010-.046 de manière générale, et je constate un petit déséquilibre avec du .009-.046 qui me semble hybride (et que j'ai pourtant longtemps utilisé). Mais il faut ménager les tensions de la guitare et des doigts, et donc je joue plus "fin", et .009-.042 ! Sans vraiment donner une sensation de fatigue dans les doigts, le son est brillant sans trop de puissance ; en accordage standard, ces tirants me permettent de conserver la souplesse et l'aisance des appuis et les basses ne sont pas renforcées, ce qui est pas mal pour la "présence" et l'équilibre tonal. Le son semble alors moins puissant qu'avec du .010-.046, je préfère dire moins "défini", car on peut davantage jouer sur l'attaque et le niveau de sortie, mais le son est aussi plus "équilibré" dans le sens où les aigus ressortent un peu plus (on va dire différemment), et c'est ce qui manque à cette guitare avec cette configuration DiMarzio assez matte, notamment à bas volume.

Sans choisir les cordes "premier prix" (pour moi, c'est des cordes à moins de 7€ le jeu), je passe à la gamme au-dessus. J'ai trouvé trop souvent de petits défauts aux jeux D'Addario qui sonnent pourtant très bien, alors je suis allé voir ailleurs : je recherche des cordes au filet rond, bien sûr, mais à l'âme plutôt "pleine" (et non hexagonale), ce qui apporte une meilleure tenue d'accord et évidemment une vibration plus homogène devant les plots du micro. Le fait de choisir des cordes DR Strings contrôlées manuellement est un gage de qualité que je respecte. Le son des DR Tite Fit me satisfait.

Pour simplifier les réglages, j'achète toujours la même marque et les mêmes tirants, pour avoir la garantie que les choses ne "bougent" pas entre deux montages... J'ai remarqué qu'un jeu .009-.042 composé de 6 cordes de mêmes diamètres chez deux fabricants différents engendrent systématiquement un infime réglage. Je ne sais pas si c'est psychologique, je me doute bien qu'il n'y a pas 80 usines de fabrication des cordes dans le monde ! Mais vous pourrez constater les mèmes différences. J'achète par lot (5 ou 10), comme ça, c'est plus économique, et j'ai l'assurance d'avoir toujours un jeu d'avance, au cas où... En fin de lot, je peux éventuellement me permettre de changer, de marque ou de tirant, mais il me semble que je n'ai plus opéré de changement depuis quelques années maintenant... Suis-je fidèle ? ... quand ça marche, pourquoi changer ?

Je casse peu ou plus du tout de cordes, ayant appris à les attaquer. Comme j'utilise souvent des pédales pour booster mon attaque, j'ai compris que la subtilité du jeu de la main droite est un savant mélange entre attaques appuyées et finesse du toucher. Je crois que je casse plus de cordes au montage (donc, une tous les 3 ans) que pendant le jeu ! J'essuie de manière obsessionnelle les cordes avant de remettre l'instrument dans son étui ou sur le stand. C'est une "bonne névrose" en soi, car elle élimine les dépôts de sueur et d'impuretés laissés par les doigts durant le jeu. Et le manche s'en voit plus net, ce qui me conforte dans l'idée qu'il durera plus longtemps (je suis un fou, un maniaque, le Monk de la guitare !).

Les DiMarzio ont cette caractéristique d'être très "mid and low" (les aigus en retrait), ce qui oblige de pousser le réglage au niveau des amplis. De conception vintage (AlNiCo), ils sont aussi assez puissants, et très inégaux lorsqu'ils sont splittés. Cependant, je règle les micros très bas, enfoncés dans le corps ou plutôt dans la plaque... Ce réglage permet d'éviter la bouillie de basses issue des amplis dont le baffle est clos, car la compression générale donne un rendu très mat, voire une "infâme bouillie" si le micro est proche de la corde. Il s'agit ensuite d'ajuster unitairement chaque plot pour parfaire l'équilibre tonal sur chaque corde.

Battle's guitar

Inutile de tout mettre à fond !

Pour le volume, je suis généralement à 80% de la course sur les positions intermédiaires et je ne passe à 100% que pour favoriser le larsen et les harmoniques. Non pas que l'électronique génère un bruit de fond, mais que la puissance des micros est beaucoup trop élevée pour des sons qui ne l'exigent pas...

C'est aussi, et surtout, en fonction des réglages de niveau ultérieurs sur les pédales ou les préamplis pour lesquels j'apprécie de "pousser" un peu afin d'attaquer le niveau d'entrée de l'ampli avec un son bien défini... et puis d'expérience, la course linéaire du potentiomètre de volume permet d'en "garder sous la pédale" au besoin sans forcément dénaturer le son grâce au treble bleed qui le complète. D'autant que les lampes, de manière empirique, musicale et technique, ne donnent un résultat flagrant que si l'ampli est poussé (on y reviendra).

En sortie d'instrument, comme l'indique la publicité de DiMarzio, il semble difficile, une fois que l'on a essayé l'un de leurs câbles, de revenir à un modèle traditionnel. En effet, j'étais sceptique à l'acquisition d'un câble haut de gamme, d'abord parce que je pensais à tort "un câble est un câble" et que la différence de prix venait principalement du soutien de la marque. Je dois reconnaître qu'un câble court (à quoi servent 6 mètres si l'on est "soudé" à ses effets, au pédalier ou à la wha au moindre solo ?) et de qualité (blindage, connectique, comme les fiches Switchcraft ou Neutrik) apporte une différence radicale dans le rendu final.

Battle's guitar

Les câbles Dimarzio pour instruments sont vraiment différents !

Les compléments harmoniques des signaux délivrés par les câbles standards sont tels qu'il s'agit réellement de faire un essai pour en être convaincu : j'ai dû ramener au milieu tous les potards TONE de mes pédales... comme si j'avais opté pour une touche maple (délivrant généralement des sons moins mats qu'une touche palissandre). Il en résulte un signal d'une brillance rare qui est magnifié comme on ne pouvait le soupçonner par les électroniques de qualité. Même mes basses on gagné en présence, on "retrouve" tout ce que l'on "envoie" dans les cordes !

Restant inconditionnel de ce câble, je lui reproche tout de même sa rigidité (le blindage est tel que le câble a la souplesse d'un filin de fibre de verre !). C'est un amas de tortillons qu'il est indispensable de dérouler et enrouler méthodiquement à chaque utilisation. Mais en ce qui concerne le son, les distorsions notamment semblent attaquées par un son pré-relevé, égalisé pour faire la différence dans un mix. Un bonheur. Essayez cette marque, ces câbles si vous en avez l'occasion. Pour 20€ de plus qu'un excellent Planet Waves, vous ne regretterez en rien votre investissement.

C'est là que l'investissement temps + argent entre en ligne de compte de manière significative : en effet (sans jeu de mot), le fait d'investir dans un module de transformation du son implique d'y investir un temps de maîtrise non négligeable. Entre la guitare et l'ampli, ce sont des pédales de disto, des préamplis et quelques effets agissant sur la dynamique du signal qui sont insérés habituellement. Autant être direct, vous êtes constitué comme moi : plus il y a de paramètres, plus le temps imparti au réglage est important, c'est un rapport entre mécanique intellectuelle et modernité de conception qui exclut tout module ultra paramétrable comme les DSP qui nécessitent des heures de manipulation avant de sortir un son correct. En tout cas pour un con comme moi !

Bon, OK, il y a les gars comme Steve Lukather qui ont joué sur des racks entiers aux heures de gloire de Toto. Mais c'est plus vendeur de parler de ces racks d'effets, et s'ils restent utilisés, notamment pour ce qui est d'éliminer les bruits parasites, traiter le signal quasi-finalisé le son n'est plus traité par ces mostrueux processeurs sinon pour des intégristes comme John Petrucci qui a encore un Triaxis en préamplification... Beaucoup sont revenus depuis les annés 1990 à des sons plus bruts, des pédales ou des sons d'ampli. C'est fini une disto depuis un module 19" ou bien très rare... la tendance pour une disto, c'est direct de l'ampli dans 30% des cas et dans 30% de plus, depuis une pédale analogique, du moins de ce que je trouve dans les sites comme Guitar Geek, ou la description des pedalboards sur Internet.

Je préconise d'aller vers ces basiques, pour ce qui est des réglages, ils ne seront que plus directs et forcément très efficaces. D'ailleurs, ceux qui ont le "gros son" utilisent souvent des effets aux paramétrages simplistes (MXR) voire décalés (Electro-Harmonix). Ce qui ne signifie pas nécessairement de s'orienter vers ces deux marques, mais que parfois, on obtient plus de nuances d'un seul bouton efficace que de 5 boutons aux fonctionnements abscons et complexes.

J'ai donc principalement choisi mes composantes sonores (des pédales en grande majorité) au travers de critères simplistes :

J'utilise assez régulièrement 2 amplis en chaine, ou bien un préampli en plus d'un ampli : je ne me branche directement dans l'ampli que pour "repiquer" un plan, travailler la guitare... Lors des séances "institutionnelles", je me dotte de préamplis ou pédales pour pallier tout simplement aux faiblesses des amplificateurs. La complémentarité de deux amplis sur les fréquences ne donne pas de stéréo "pure" mais plutôt une stéréo complémentaire... par exemple, la guitare entre dans une pédale de disto avant d'attaquer le Valbee qui délivre le son brut. Ensuite je connecte la sortie SEND du Valbee à l'entrée du TB15D qui donne quelques effets sur mesure (réverb, delay).

Le son ainsi produit, amplifié par les deux sources sonores, permet un meilleur rendu (spatialisation du son qui le "grossit" considérablement), mais aussi de profiter de la préamplification directe du Valbee (ampli à lampes aux beaux overdrives) dans le ToneBlaster à transistors (plutôt métal, hi-gain). Enfin, les égalisations actives des deux dispositifs permettent une correction sonore par "complémentarité" (je baisse les Mids de l'un et les booste sur l'autre, par exemple).

Valbee :

TB15D :

J'ai aussi un faible pour les sons saturés venant de l'ampli que l'on a juste besoin "d'aider" avec un bon booster de type TubeScreamer. Ces sons typés 70's sont assez riches en harmoniques et ne méritent que quelques réverbérations ou échos d'appoint ce qui favorise l'expressivité et l'attaque : la distorsion du signal par le canal d'amplification est la distorsion la plus musicale qui existe, elle réagit en tant qu'overdrive aux moindres subtilités du toucher du guitariste et reste une constante des grands noms du son hard-rock issu de l'influence blues (Jimmy Page, Jeff Beck, AC/DC, ...).

Il m'arrive, lorsque l'ampli est poussé dans ses retranchements, de poser le combo sur un oreiller et de positionner également un second coussin contre le HP afin de ne pas aggraver mes problèmes de voisinage. Le larsen généré est également maîtrisé par plusieurs éléments : le fait d'éloigner les micros des cordes afin de produire moins de souffle, le jeu de dos à l'ampli et enfin "l'emballage" par les coussins...

Une variante de cette configuration est de revenir à des volumes plus acceptables, et d'utiliser les pédales non plus en booster de l'ampli mais en simple crunch (stack de deux préamplis, l'un en préamp, l'autre sur le canal overdrive ou boost de l'ampli). On tombe alors dans le registre blues/rock, les sons bien saturés de Jimi Hendrix ou de Steve Ray Vaughan. On perd alors le "grain" de l'étage d'amplification, qui, même sur un "petit" ampli pourtant débridé (suppression des diodes du Valbee pour un rendu moins hi-gain), donne satisfaction et haut rendement (il rivalise sans mal avec un 15 watts à lampes tant les diodes bridaient le canal boost de ce petit monstre bleu).

Battle's guitar

Dans la sélection des effets, l'un des principaux éléments de la recherche du son provient du grain du signal. J'utilise plusieurs types d'équipements pour obtenir diverses sonorités :

Pour disposer de ces différentes sonorités, il faut revenir à l'origine de l'overdrive et la distorsion. Dans les années 60, de nombreuses "erreurs" ont donné lieu aux premières sonorités distordues : des amplis auraient été dysfonctionnant et le son produit aurait saturé... Quid des réglages et de la durée de vie de l'équipement ? Autre histoire, la légende d'un groupe anglais qui aurait percé le HP de l'ampli avec une pointe pour faire claquer et cruncher le son clair alors distillé. Je me permets de juger l'exploitabilité, de ce procédé en le qualifiant de ... hum ! "hasardeux" évoquant le manque de "finesse" dans l'approche sonore et probablement de jouabilité sur de nombreuses fréquences du spectre !

La réelle avancée vient de l'utilisation de modules d'abord externes destinés à gonfler le signal avant d'entrer dans les amplificateurs classiques à lampes, qui n'étaient conçus que pour du son clair et ne saturaient alors naturellement qu'en poussant le volume. Je me permets de juger la beauté de ce son alors que l'ampli est poussé dans ses retranchements, et j'ajoute que si le son est musicalement intéressant à exploiter, les niveaux sonores requis sont quant à eux prohibitifs (pour soi-même, les voisins) et sources d'autres ennuis comme le larsen, les bruits parasites, et la difficulté à joindre au mix.

Randall Smith de Mesa Boogie a commencé par intégrer à des amplis Fender ou Marshall des étages de pré amplification qui déversaient de tels niveaux de gain à l'entrée de l'ampli que les saturations obtenues devinrent complètement exploitables dans les amplis à lampes alors très en vogue mais aussi très chers. Les constructeurs ont alors déclinés cette innovation sur leurs modèles phares en produisant des amplificateurs tout lampes assez chers, et toujours très puissants, mettant en place des niveaux de sortie élevés et générant toujours pas mal de bruits parasites.

Puis vint le transistor qui proposait à moindre coût, et pour une puissance électrique divisée par 10, une saturation pouvant aussi bien exister dans des modules externes comme les pédales que dans des amplificateurs. Et le transistor ou la diode à germanium a permis de concevoir des modules aux sons bien caractéristiques, approchant celui d'une lampe de pré amplification chauffée et poussée dans ses retranchements, sans pour autant ne pouvoir reproduire le phénomène si musical lié aux caractéristiques des tubes. Les distorsions créées sont alors plus riches en grain, plus variées (du crunch à la fuzz en passant par l'overdrive et le métal) sans pour autant égaler le son plus chaleureux et naturel des lampes de pré amplification alliées à celles d'amplification de puissance...