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le coin du bricoleur




Avant propos du bricolage

En termes de matériel, je ne suis pas de ceux qui pensent que le DIY (Do It Yourself) est préférable aux produits manufacturés. Même si c'est évident, le matériel est très cher, je considère qu'il faut une bonne pratique, être sacrément bricoleur, électronicien et disposer d'un outillage adapté pour ne pas "tomber" dans le piège de cette pratique : investir dans des composants pour un résultat inexploitable.

Je nuance le propos en précisant que les risques à prendre sont à envisager, et à contrebalancer avec le plaisir pris à confectionner soi-même. En effet, si fabriquer sa disto constitue un challenge personnel intéressant, il ne faut pas pour autant ne "miser" que sur le produit fini, car bien souvent, pour deux fabrications comparables (même schéma du Dr Boost, mêmes composants, ...) on a des résultats diamétralement opposés. Ils dépendent évidemment de la technique d'assemblage, des soudures, des composants achetés à l'unité et assemblés différemment, ...

Par contre, je conçois qu'il puisse être un plaisir de réaliser soi-même un des maillons de sa chaine du son, d'autant qu'il est unique, personnel et qu'il constitue (s'il est exploitable) un maillon indispensable dans la composante du son (comme une disto bien personnelle qui est immédiatement reconnaissable).

Il existe également des interventions de bricoleurs qu'il est intéressant de pratiquer sur du matériel déjà fabriqué, et que l'on identifie comme des modifications de matériels existant. Déjà, dans le cadre de l'entretien de certains équipements, comme les amplis à lampes, il est parfois nécessaire de remplacer une lampe qui a grillé, et profiter de ce remplacement pour monter un modèle et rechercher quelques caractéristiques sonores complémentaires, comme le fait que la lampe de préampli 12AX7 EH d'Electro Harmonics présente un taux d'écrêtage plus bas et donc sature plus rapidement et avec plus de chaleur qu'un modèle Chinois, par exemple.

Attention à ces modifications qui sont présentes sur beaucoup de forums sur Internet, et que l'on peut réaliser en général de manière réversible. Dès qu'il s'agit d'ouvrir le boîtier d'un instrument, la garantie applicable sur ce matériel n'est plus assurée, donc il vaut mieux être sûr de son coup ou attendre que la couverture constructeur/revendeur soit passée. Ensuite, il ne suffit pas de disposer d'un fer à souder pour se lancer : il faut être conscient des risques encourus (chocs électriques sur les amplificateurs par exemple) ainsi que de l'impact de la modification sur un matériel souvent investi coûteusement.

Si la modification est réussie et pratiquée par ou selon les conseils d'un électronicien renommé (modification d'une Boss DS-1 par Keeley), le matériel peut prendre une plus value. Mais lorsqu'elle est faite par n'importe qui, on peut s'attendre à des surprises (le son n'est même plus aussi bon qu'avant la modif) et c'est souvent des matériels que l'on retrouve vendus par correspondance sur des sites d'enchères en ligne (eBay) et qui n'ont de réelle valeur que pour les pièces et composants qu'ils contiennent (cas innombrables de Tubes Screamer TS-9 mal modifiées en TS-808).

La règle générale que je m'impose est d'essayer le matériel avant d'acheter (même si après, j'achète en ligne), si possible sur un set guitare/ampli qui se rapproche du sien (et ce n'est pas toujours possible). Ensuite, même si des modifications sont connues, elles ne changent pas radicalement le son du matériel, mais contribuent à modifier un des maillons de la chaîne de composition du son. Enfin, il est assez ridicule de s'entêter à modifier sa disto si l'on continue à jouer sur une guitare dont l'électronique reste à parfaire (craquements, blindage, ...).

De la même manière, il semble très décalé de chercher à fabriquer une distorsion soi-même à des fins d'économie, dans la mesure où le calcul de rentabilité est assez rapide : une distorsion toute prête d'occasion peut coûter dans les 30 €, ce qui est généralement moins cher que ce que l'on risque de payer en composants, circuits et boîtiers... pour une finition et une exploitabilité probablement moins bonnes.

Il existe cependant des pratiques qu'il est bon de risquer, comme le remplacement des lampes, la construction d'un baffle additionnel ou d'un retour amplifié, le remplacement d'un potentiomètre, d'un interrupteur, d'une A/B Box, la création de ses câbles jack, le changement d'un sélecteur ou d'un micro sur une guitare, ... Je vais vous proposer les principales réalisations qui sont assez simples et pour lesquelles vous n'investissez pas énormément de temps et d'argent (prise de risque mini).

Dans tous les cas, je m'appuie sur des réalisations "glanées" sur Internet et que j'ai pu tester ou trouver faciles, ou particulièrement réussies. Je communiquerai les sources parfois, pour rendre à Caesar ce qui est à Caesar, mais aussi pour vous permettre de ne pas "figer" cette liste qui correspond, à un instant donné, à des besoins qui m'ont été propres. Il existe bien évidemment bien d'autres réalisations, à vous de résoudre l'équation à 3 inconnues : besoin, budget et risque encouru.

Construction d'un baffle additionnel

Il est souvent utile, pour des raisons d'extension, de profondeur de son, de dispatcher le son sur un baffle additionnel, ne serait-ce que pour disposer d'un "retour" bricolé pour le batteur ou encore permettre d'entendre le son de sa guitare près de soi, alors que l'ampli est repiqué bien plus loin (longueur du câble) dans un environnement propice à la prise de son par un micro placé devant le haut-parleur de son petit combo.

Pourquoi construire soi-même ce baffle ? Pour deux raisons, la principale étant le coût de fabrication, et la seconde la simplicité. En effet, les baffles d'extension sont particulièrement chers pour un coffrage de contre-plaqué (d'aggloméré), un haut-parleur, une grille et une fiche jack femelle... De plus, même si c'est le caisson qui reste le plus difficile à assembler (colle + vis), on reste à de la menuiserie assez standard, et la prise de risque est somme toute minimale.

Attention, il faut savoir que c'est plus compliqué si l'empli n'est pas doté d'une sortie baffle externe, car il faudra s'investir dans l'électronique et "toucher" à l'ampli, comme on peut le voir dans le point suivant... Là, pour un caisson extérieur, c'est assez simple. Le plus compliqué, ce sont les dimensions qui vont être calculées en fonction des caractéristiques particulières du haut-parleur. Ici, pour un baffle clos de forme parallélépipède rectangle (non utilisable pour un "bain de pied" qui est généralement incliné) plus facile à caser avec son combo dans le coffre de la voiture.

La compression naturelle d'un baffle clos produit un son assez différent de celui d'un baffle ouvert, mais en termes de dynamique, le son puissant et riche en basse complète souvent celui d'un ampli de moindre puissance disposant d'un HP de diamètre plus faible et d'une sortie 8 Ω. L'avantage de ce modèle, c'est de constituer un compromis intéressant, pouvant éventuellement contenir un kit d'amplification pour un baffle actif (kit Ermes 2x30w 4 Ω que l'on ponte + transformateur + interrupteur de mise sous tension + connectique 60 €).

J'ai retenu un bon site qui proposait une méthodologie de fabrication (http://f.defaut.free.fr/?q=node/69), mais il en existe évidemment d'autres. Dimensions extérieures retenues : Largeur : 470 mm x Hauteur : 380 mm x Profondeur : 300 mm

Matériaux et fournitures nécessaires (175 à 200 € en fonction des possibilités de récupération contre 200 € un premier prix sur Internet sans le HP Celestion. Il est possible d'interchanger avec n'importe quel boomer 12 pouces, y compris investir dans un haut-parleur d'occasion, voire la récupération d'un HP sur un ampli acheté pour pièces en dépôt-vente (ça arrive parfois).

Taille des planches utilisées :

Je vais passer largement sur la méthode d'assemblage du contre-plaqué, reposant essentiellement sur la fixation de tasseaux pour maintenir le coffret. On visse, on colle, on visse également les côtés dans les tasseaux...

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Les tasseaux servent d'angles droit sur les cotés (normalement le tasseau fait office d'équerre). Comme le bois utilisé alourdit considérablement le caisson, il est souhaité de renforcer la structure par des chevilles à bois au niveau des angles.

Un petit conseil sur les évents qui auraient pu être de simples trous, mais pour lesquels on a utilisé des tubes de plomberie en PVC qui permettent de ne pas "récupérer" du mouvement lié à la compression acoustique et à la dynamique du HP. Les évents sont mis en place puis collés avec de la colle spéciale PVC, qui tient très bien sur le bois également.

La phase la plus délicate consiste à découper la planche avant pour laisser un trou de 30 cm ! L'ouverture du HP peut être découpée avec une scie sauteuse, puis poncé pour les finitions, mais la découpe est plus nette si l'on utilise une défonceuse qui possède un guide se fixant dans l'axe central du point de perçage.

Un caisson fermé doit être parfaitement étanche. Donc toutes les jointures doivent être recouvertes par de la silicone qui une fois séchée sera poncée pour une finition plus nette. Un autre type de finition consiste en un simple coût de peinture + vissage de la grille de protection du HP, voire laisser le HP à l'état brut.

Néanmoins, je recommande le ponçage et l'application d'un enduit spécial bois (sintobois) qui durcit très vite, et devient très dur. Ensuite il ne reste plus qu'a poncer jusqu'a obtenir une surface bien lisse et régulière. Pour la finition des arrêtes soit la râpe a bois et le papier de verre (fastidieux), soit l'utilisation d'une défonceuse, avec une sorte de toupie arrondie (genre Dremel) : en un passage l'arrondi est parfait. Ensuite un petit coup de papier de verre sur la totalité du baffle, et c'est fini.

Pour continuer, il faut les matériaux suivants :

Lorsque vous réalisez cette façade, pensez bien a prendre en compte dans le calcul de la taille l'épaisseur du tolex, celle du grillcloth (très épais, et très rigide). Sur les angles, des coins de protection peuvent être rajoutés au même titre que la poignée et les pieds caoutchouc. Si vous souhaitez incliner le modèle, il sera difficile de prévoir autre chose qu'un pied ou une cale.

Autrement, les dimensions du caisson auraient pu être prises sur ce schéma de Celestion.

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Reste à monter à l'arrière la fiche jack et la plaque associée pour l'enficher solidement (des prises existent avec une découpe spécifique, permettant de maintenir solidement l'embase du jack en retrait (ce qui facilite le transport). Pour la connectique, il faut :

Veillez à placer la fiche en milieu de baffle, et si possible au dos du caisson. Cependant, si vous inclinez ou couchez votre caisson, l'emplacement aura un positionnement stratégique. N'utilisez pas de cosses à HP mais de la soudure si vous pouvez, pour éventuellement conserver les caractéristiques sonores du HP.

Sortie baffle supplémentaire + Line Out

Il existe une modification assez basique sur un ampli consistant à rajouter un câble en départ du HP jusqu'à une fiche jack supplémentaire. Il faut absolument une prise jack avec contact de coupure (se trouve dans les boutiques d'électronique réelles ou virtuelles comme Banzai ou Electronique Diffusion ...).

Comment ça marche ? Pas de jack dans la prise, le contact est fermé et c'est le HP interne qui reçoit le signal. Lorsque le jack est dans la prise, il ouvre le contact, le signal part vers le HP externe. Il ne faut pas s'amuser à mettre en série les deux HP car le transfo de sortie va être doublement sollicité et finir par claquer. Sans aucune logique, sur un gros ampli transistor, le montage en série d'un HP additionnel en plus de celui du combo est possible, mails il peut éventuellement être nécessaire de monter le volume général au-delà d'un volume de sortie conventionnel, ce qui n'est pas sans faire souffrir l'ampli.

Comment ça se branche ? Il faut dessouder les 2 conducteurs reliés au haut parleur. Une info importante au passage, le haut parleur d'origine a une impédance de 8 Ω, donc le gros haut parleur extérieur doit également et IMPERATIVEMENT avoir cette impédance. Il faut alors ressouder les 2 conducteurs sur le côté entrée du jack (là où il y a les longues lamelles de contact) et rajouter 2 autres conducteurs sur le côté sortie pour reconnecter le haut parleur interne. Ensuite il faut percer un trou pour mettre le jack en place ; le boitier de l'ampli est épais, il faut un peu le retailler à l'intérieur pour pouvoir serrer correctement l'écrou.

Attention, vu le circuit électronique des amplis à lampes (avec un gros transfo en sortie), l'ampli n'aime pas travailler sans haut parleur, sinon, le transformateur claque tout simplement. Donc il faut mieux éteindre l'ampli avant de brancher ou débrancher le haut parleur extérieur ...

Je rappelle que pour connecter un haut parleur en jack, il faut utiliser un câble jack SPÉCIAL SPEAKER, pas un jack guitare normal ou INSTRUMENT CABLE : le câble jack guitare est traversé par quelques milliampères sous quelques dizaines de millivolts alors que le câble haut parleur doit être beaucoup plus costaud, sur une tête d'ampli de 100 watts, il doit supporter plusieurs ampères sous quelques dizaines de volts... soit un million de fois plus !!!

Enfin, ne JAMAIS déconnecter le baffle additionnel en charge, mais baisser le son et éteindre l'ampli avant sous peine de risques de court-circuit très bref (destruction de l'étage de sortie) ou dans le meilleur des cas mise en sécurité (fusible), si sécurité il y a.

Beaucoup d'amplis n'ont pas de sortie LINE OUT, notamment les vintages, et il est toujours intéressant de disposer d'un boîtier pas cher pour détourner cette sortie ligne vers un simulateur de HP... Le principe consiste à intercaler un boîtier entre la sortie 8 Ω destinée à connecter un câble haut-parleur et le haut-parleur lui-même. Il faut donc disposer de 2 speaker cables. Une sortie ligne permettra de raccorder un jack vers une console... Récupérer le signal amplifié destiné au HP, et diviser sa puissance par la combinaison d'une résistance de 2,2 K et d'une autre de 270 Ω connecté à la masse.

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A/B/Y Box

La possibilité de brancher une guitare dans 2 amplis ou deux guitares dans un ampli... pour 20 € (au lieu de 60 à 100 € minimum) !

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Cette réalisation sert d'A/B Box, de coupe circuit avec possibilité de balancer le son vers un accordeur, de gestion de l'activation d'un groupe d'effets... De même, avec un peu d'imagination et quelques switches et châssis jack femelles supplémentaires et le même principe de résistance 1M, il peut serveur de multi-switch pour plusieurs combinaisons de pédales d'effets combinés. Le seul problème, c'est la perte de signal et le risque de ne pas disposer de true bypass lorsque l'on cumule plusieurs matériels (notamment de modulation).

Construction d'un pedalboard

S'il est un truc cher et qui n'est pas en rapport avec le besoin du guitariste, c'est bien le pedalboard. Payer 150 à 200 € minimum un boîtier de transport de pédales, c'est une vraie arnaque. D'autant que les constructeurs ne s'y sont pas trompés, qu'il s'agisse d'un modèle thermo moulé ou d'un modèle en contre-plaqué, les prix sont exorbitants et l'achat conduit toujours à un résultat décevant...

En effet, les plus d'un bon pedalboard sont liés à la fixation des pédales, leur interconnexion et leur alimentation. Donc, un pedalboard qui nécessite de raccorder 3 transformateurs différents, de fixer les pédales les plus lourdes qui n'ont pas tenu durant le transport, c'est un réel problème.

J'ai repéré des montages ici et là, comme LA référence du bricolage http://www.guitariste.com/forums/le-coin-du-bricoleur,construire-un-pedalboard-style-flig,143151.html ou encore pourquoi ne pas tester un pedalboard ikéa dans le même style http://www.tdpri.com/forum/stomp-box/153763-my-do-yourself-ikea-pedalboard-build-thread.html ?

En tout état de cause, monter et démonter son set au sol, c'est pénible. Par contre, la modularité offerte est sans comparaison avec le fait de figer son set d'effets pour toujours : hé oui, on colle du velcro sur des pédales, on coupe des câbles patch à la longueur voulue, en oubliant que l'on aura probablement besoin de plus de modularité un jour, et que c'est cher payé que de devoir disposer d'une valise complémentaire avec câbles additionnels, transformateurs, alimentations et autres multiprises.

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J'ai construit mon premier modèle au tout début des années 1990 dans une valise à ménagère (couteaux, fourchettes, ...) à laquelle j'avais renforcé les charnières. Il était constitué d'une solide grille en métal (type plaque de grill) et de quelques pédales Boss fixées avec des colliers plastique. Elles étaient reliées entre elles par des patch câbles multicolores, et une guirlande maison raccordait chaque pédale unitairement à un distributeur confectionné sur le transfo 9 volts de mon ancien train électrique, direct sur secteur. Le tout avoisinait les 10 kg pour 4 pédales Boss et une wha Morley.

Le problème venait de l'alimentation des effets, au travers d'une stabilisée pour les distorsions, d'une alimentation standard pour une cry baby et d'un embout spécial pour piles avec les pédales non munies d'un adaptateur. Aujourd'hui encore, j'exploite au maximum mes guirlandes avec mon set Ibanez, mais je rencontre quelques problèmes de raccordement, car toutes les pédales n'ont pas les jacks à la même hauteur, les prises d'alimentation au même endroit, ...

Des modèles complets existent à 450 € chez SKB, pour une dizaine de pédales (!) et dans un coffre thermo-moulé qui une fois plein avoisine les 20 kg ! Les autres sont encore mal conçus. Et je leur préfère un dispositif plus sympa comme l'octoswitch avec les pédales fixées dans un module de type étagères pour éléments rackables...

Alimentation pour pédales 9V

Il ne s'agit pas de créer sa propre alim, les transformateurs du commerce sont bien moins chers. Cependant, il s'agit de gérer les intensités (en mA) des pédales afin d'être insérées dans une même guirlande, ce qui va permettre de chainer plusieurs pédales sans qu'aucune, si tous les effets sont enclenchés, ne soit sous-alimentée.

Le plus compliqué, c'est de connaître l'intensité de chaque pédale : on trouve l'information sur les notices, les caractéristiques techniques sur le socle ou près des patins antidérapants sous la pédale elle-même sous l'intitulé "Current Consumption". Une pédale de distorsion à transistor consomme moins de 20 mA en général, pour les chorus ou delay, on est près des 100 ! Comme un transformateur standard délivre 300 mA sous 9V il suffit d'additionner.

Mais les règles de consommation étant liées à l'activation de la pédale (une pédale ne consomme par exemple 15 mA que si elle est activée), il est possible de chainer plusieurs pédales de disto en ne considérant que l'intensité la plus élevée, et à la condition que l'on ne stacke pas (utilisation simultanée de plusieurs disto).

En général, si l'on "dépasse" l'intensité délivrée par le transformateur, la dernière pédale enclenchée ne fonctionnera pas et le signal ne sera pas traité. Le problème vient donc directement des transformateurs et des guirlandes : il m'arrive de positionner 7 effets en n'utilisant qu'un seul transformateur de 300 mA (guirlande de 5 + guirlande de 3, mais une connexion de la guirlande de 5 est utilisée pour brancher en série la guirlande de 3, donc 5-1 + 3) et sans rencontrer de problème, notamment parce que je ne cumule pas de phaser avec un chorus, un delay, une wha et une distorsion...

Attention, certaines pédales ne supportent pas de fonctionner avec des boîtiers d'alimentation non stabilisée, sous peine de générer de gênants bruits de fond. Il faut donc investir spécifiquement dans des transformateurs adaptés ou passer sur des piles, ce qui est à la longue coûteux. Regardez les notices d'utilisation et les recommandations d'usage. Dans tous les cas, même si c'est souvent le cas des distorsions, les autres effets de modulation ou de dimension fonctionnent très bien sur des alimentations stabilisées, et je vous recommande d'acheter un transfo adapté plutôt qu'un transformateur universel, peut être à peine moins cher, mais probablement moins performant.

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Et j'ai de la chance, toutes mes pédales ont la même alimentation et la même polarité. C'est l'avantage de choisir un matériel dans une même gamme. Mais ce n'est pas le cas sur des sets hétérogènes ou l'on a à brancher des pédales de constructeurs différents, avec des embouts de guirlande différents et parfois des tensions variantes (9 volts ou 12 volts en général). On ne rencontre effectivement pas ces problèmes avec un multi-effet qui ne comprend qu'une seule alimentation, généralement dédiée, et souvent délivrant 500 mA voire 1A.

Il n'y a aucun risque à connecter un transformateur d'intensité élevée, comme 1A, pour une pédale qui ne nécessite que 15 mA. Cependant, brancher un adaptateur 12 volts dans un matériel fonctionnant en 9v est dangereux... De manière générale, les pédales de série "encaissent" une surtension mais lorsqu'elles ont été fabriquées ou modifiées, les composants risquent de ne pas supporter ! Une utilisation particulière de la pédale en question avec une tension différente peut engendrer un résultat particulier, comme une augmentation ou une perte du niveau de GAIN, mais ce n'est pas sans risque.

Pour pallier aux problèmes liés aux guirlandes et de transformateurs, notamment les phénomènes de sous-alimentation électrique des pédales, il est possible d'investir dans un transfo général délivrant 1A ou 1,5A et permettant d'alimenter 8 ou 10 pédales. Là, on est tranquille, sauf que les guirlandes ne sont plus utilisées car les intensités délivrées de manière intelligentes (environ 100 mA par connexion ou "à la demande" en fonction des modèles) ne peuvent être réparties sur plusieurs pédales susceptibles d'être activées ou non.

En théorie, oui, mais des bruits parasites viennent rapidement se dissiper dans la constitution du son si l'on ne respecte pas quelques règles d'alimentation simples, notamment 1 câble d'alimentation pour 1 pédale. Comme ces boîtiers sont assez lourds, et que les nœuds de câbles sont déjà devenus l'ennemi principal du guitariste, il va falloir adapter la longueur du câble d'alimentation en le fabricant soi-même.

Ainsi, chaque pédale en fonction du chainage retenu, disposera de son propre câble d'alimentation à la bonne longueur (autant tout fixer sur une planche ou un pedalbord) et en plus avec la bonne polarité. Ainsi, l'embout, le sens de câblage (+ au centre ou - au centre) et la tension (généralement la même, 9V pour les modèles les plus courants, mais certains permettent un réglage pour chaque câble de tension délivré) seront adapté à la pédale.

Reste à faire un repérage avec des étiquettes d'un côté avec le N° du port (sortie sur le power hub ou transformateur) et de l'autre avec la pédale impactée, ce qui va non plus conduire à une guirlande mais à un faisceau, comme le nomment les ingénieurs du son ou les techniciens de sonorisation. Ce faisceau pourra donc ainsi être agencé une fois au sol, et les câbles d'alimentation pourront être regroupés par des petits colliers plastiques d'électronique.

Remplacement des lampes

Le remplacement des lampes est une manip aussi bien liée à la maintenance d'un ampli ou d'un préampli qu'à un souhait de changement de tonalité. C'est une manipulation assez courante, simple à réaliser à condition d'être attentionné et qui, en règle générale, prend par contre pas mal de temps : en effet, les lampes sont souvent protégées, peu accessibles, dotées de carters de protection ou de refroidissement qui sont difficiles à démonter.

D'une manière générale, les lampes, de par les matériaux qui les composent sont fragiles et nécessitent un soin particulier au transport comme à la manipulation. Les mécanismes de maintien dans les appareils sont très différents d'un modèle à l'autre. Elles sont parfois tout simplement enfichées, mais l'espace qui permet de les sortir sans risque, en forçant légèrement, n'est pas suffisant, et il faut souvent démonter les parties d'un châssis d'ampli, puis remonter par la suite...

Un ampli fonctionnant sans lampe, tout comme sans raccordement d'un haut-parleur, peut engendrer le "claquage" d'un transformateur. Ces transformateurs sont des montages électroniques et électriques complexes permettant à la lampe d'être alimenté en 300 Volts sur la base d'une alimentation continue en 9 ou 12 volts... depuis une alimentation standard. Aussi, les chocs et risques d'électrocution sont importants et les manipulations doivent être opérées par des personnes averties et conscientes des risques. Il est préférable de les confier à un professionnel. Le remplacement d'une lampe par un modèle non adapté, ou encore une mauvaise manipulation par modification des composants du matériel peuvent engendrers une détérioration définitive du matériel...

En ce qui concerne le remplacement pour dysfonctionnement (la lampe a grillé, ....) il faut connaître les règles assez simples des correspondances : pour un préampli, une 12AX7 équivaut la référence ECC83, et en puissance, on rencontre les 6L6 et les EL34 qui souvent sont appairées (vendues par deux avec un étalonnage spécifique qui garantit leur complémentarité et le bon rendement lors d'un montage par paire). Certains amplis permettent indépendamment l'utilisation de l'un ou de l'autre des modèles, selon les caractéristiques, mais les notices sont à consulter avant tout remplacement.

Le vieillissement caractéristique des tubes de pré-ampli (ex: 12AX7) se traduit par la réduction de la bande passante (perte en basse et en aigu) et l'augmentation du bruit de fond. En ce qui concerne les tubes de puissance (ex: EL34) on rencontrera un manque de dynamique, et/ou une baisse de volume, et une possible bruit de déséquilibre peut apparaître mettant en cause la dérive du bias (réglage de la polarisation des tubes, qui peut être automatique ou mécanique - lire la notice, il faut tourner la molette sans griller les lampes).

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Mondialement, les lampes sont originellement fabriquées là où les utilisations électroniques spécifiques font autorité : dans les pays disposant de grandes forces militaires, comme les USA, la Russie et la Chine. Les tubes Électro-Harmonix produits en Russie sont les meilleurs produits réservés pour la marque Sovtek et font preuve d'une qualité de fabrication constante. On trouve des lampes pas très chères, fabriquées en Chine sous les marques Golden Dragon ou Shuguang. Western Electric, fabrique des tubes de puissance aux USA et se retrouvent sur certains amplis hauts de gamme produits aux Etats Unis.

Un site formidable (http://optimisetonampli.chez-alice.fr) propose un descriptif de ces composants, les caractéristiques ainsi que les correspondances pour opter pour un changement. Il faut savoir que changer ce composant "casse" la garantie du constructeur du matériel, dans la mesure où ses composants ont été modifiés. Dans tous les cas, le remplacement doit être opéré à des fins précises de changement, mais je conçois difficilement investir dans un matériel à des fins de modification, un peu comme si vous saviez que la pédale Blackstar allait nécessiter un remplacement des composants d'origine : autant acheter un autre matériel doté de cette lampe à l'origine.

Au regard des caractéristiques techniques des lampes de pré-amplification (env 15 à 25 € au détail), l'Electro-Harmonix 12AX7EH est la lampe la moins bruyante si elle est bien triée, la 12AX7LPS (low noise) de Sovtek est un peu plus dynamique, moins riche en basse, mais d'un point de vue électronique seul l'analyseur de spectre montre une très légère différence. Il en ressort un classement qui met en avant les lampes Electro-Harmonix / Sovtek pour leur dynamique et leur faible bruit 12AX7EH, 12AU7EH et 12AT7EH.

Pour les lampes de puissance, tout dépend du voltage et de la puissance de sortie (40 à 50 € la paire). La dynamique et les basses se trouvent sur les produits JJ/Tesla JJEL34 et JJE34L et EH-Sovtek 6L6GCEH pour un son dynamique et équilibré.

Le changement restant relativement coûteux, il s'agit de provisionner à l'avance le jeu de lampes et éventuellement conserver les lampes d'origine comme pièces de rechange, en les emballant individuellement dans de la mousse de protection et un carton de transport ou du papier bulle pour ne pas souffrir des éventuels chocs dans vos valises ou trousses de transport.

Electronique de la guitare

Les modifications de l'électronique de la guitare sont des opérations relativement simples qu'il est nécessaire d'opérer au moins tous les 10 ans, du fait de l'usure de certains composants (potentiomètres qui craquent, soudures qui cassent, sélecteurs qui "fatiguent", ...) et du contrôle du blindage et des phénomènes de masse et de parasite. Elles sont partie intégrante des pratiques d'entretien de l'instrument.

Autant la connectique et l'électronique rattachée à cette connectique sur un ampli sont des parties sensibles qu'il vaut mieux confier pour entretien ou remplacement, à des personnes aguerries, autant l'électronique de la guitare s'affranchit des problèmes d'électronique pure. De plus, le coût des composants (15 € un potentiomètre, 25 ou 30 € pour un sélecteur, ...) assez faible permet de les remplacer à défaut de les "réparer" : inutile d'utiliser une soufflette ou une bombe à air pour contacts électroniques dans un potentiomètre, l'efficacité toute relative ne sera pas en rapport avec le coût de remplacement par un neuf.

De plus, un phénomène constaté sur les grandes séries de guitare, même haut de gamme : le câblage d'origine n'est pas d'une excellente qualité... Les Fender USA (hors custom shop !!!) souffrent particulièrement de ces économies d'échelle, dotées de composants de piètre qualité, sans comparaison avec la lutherie. Pratiquement tous les instruments en provenance d'Asie (y compris Japon) méritent une électronique meilleure. Seules des marques aux faibles taux de rendement (Vigier, Music Man, ...) peuvent prétendre à un niveau de soin bien supérieur.

Alors allons-y, d'autant que le matériel est rudimentaire, une pince coupante, un fer à souder et de l'étain... Et pour ce qui est du remplacement, du bon adhésif métallique pour le blindage et l'isolation (8 € en grandes surface), un châssis jack femelle à 10 €, du bon câble monobrin blindé (un peu cher, entre 10 et 17 € le mètre dans un magasin d'électronique) et les potentiomètres 250 ou 500 k? selon les micros de la guitare (respectivement simple ou double bobinage) pour 15 à 20 € en fonction de la qualité. Et là encore, il ne faut pas lésiner, un bon câblage coûte dans les 50 € et dure 10 ans, alors qu'un choix économique à 30 € est à refaire et ne dure qu'une petite année dans le meilleur des cas...

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N'hésitez pas non plus à tester de nouvelles combinaison sur le câblage des micros, notamment les possibilités de splitter ou de mettre en phase/hors phase un micro double, ce qui conduit à des modifications intéressantes des combinaisons, qui sont réversibles (le retour arrière est possible) en général sur simple soudure. Des sélecteur de type push/pull existent greffés sur des potentiomètres, ce qui évite de faire un trou supplémentaire dans la plaque de protection ou le corps de la guitare. Ainsi, même si ces composants sont un peu plus chers, l'esthétique originale est conservée.

Il est également bon de savoir que sur des micros de qualité, notamment en électronique passive (Seymour Duncan ou DiMarzio), on va trouver un échantillon assez important de caractéristiques et de combinaisons qui conduisent à renforcer ou atténuer certaines fréquences en fonction des montages. Les schémas de câblage sont disponibles gratuitement en téléchargement dans plusieurs combinaisons. Il faut savoir que les configurations d'origine font l'objet d'une sélection, et que les micros et leur placement donnent des résultats différents en fonction des bois, de la lutherie et des montages... De même, un micro (même s'il est bon) ne délivrera pas les résultats escomptés s'il n'est pas dans un "contexte" de positionnement favorable : un Seymour Duncan à 120 € ne "donnera" rien de bien concluant sur une guitare à 250 € !!!

Pour ce qui est de l'électronique passive, plus chère mais également plus "souple" en termes d'adaptabilité y compris sur des guitares low cost, elle va donner des résultats probants pour le prix d'une "refonte" complète du câblage et d'un évidage d'une partie du corps (défonce dans le bois) pour y loger l'électronique plus conséquente (égalisation assez volumineuse mais terriblement efficace sur le bouton TONE) et surtout l'alimentation du préampli (électronique active, donc sous pile 9 volts) ! Les bruits parasites disparaissent et les sons particulièrement puissants et très riches en harmoniques sont aussi spectaculaires en saturé typés métal qu'en sons cristallins et très clairs, claquants.

Pensez en fin qu'une bonne électronique n'est compatible qu'avec un bon (voire excellent) réglage de hauteur des cordes, des plots de micro, ... Rien ne sert d'avoir le dernier DiMarzio surpuissant et très cher pour le monter sur une guitare aux réglages approximatifs. De même, chercher à optimiser l'électronique pour n'utiliser que des câbles jacks à 7 € ne sert à rien. On rencontre plus de changements en remplaçant un câble jack qu'en peaufinant les soudures de son instrument.

Modifications classiques électroniques

Il est des modifications connues, qui font autorité sur Internet, dans les forums, et pour lesquelles il est parfois intéressant de "sortir" le fer à souder. La plus connue, c'est celle de la TS9 qui peut en 2 résistances et un micro-processeur, retrouver le circuit de sa grand-mère la TS808. La manip en vaut la peine, elle est simple et engendre un changement maitrisé, connu et devenu célèbre (même si ce n'est exactement selon moi le rendu attendu !).

Cependant, cette modification opportune serait en toute logique autant opportune que le fait de disposer d'un vrai Bypass sur ce modèle, ce qui permettrait de remplacer le switch activé pied par un modèle de type stomp switch plus performant... la modif est moins célèbre, mais elle me fait préférer la pédale Maxon d'origine au modèle hybride d'Ibanez... La modif pour ajout d'un vrai bypass est une constante dans le milieu puriste des passionnés d'effets analogiques... le cas le plus flagrant, c'est la pédale Dunlop Cry Baby originale qui dispose de deux défauts (seulement) le fait de ne pas présenter de LED témoin de son activation, et le circuit de désactivation de l'effet qui n'est vraiment pas neutre et colore considérablement le son "à vide".

De plus, on peut trouver deux améliorations possibles sur les modèles récents : l'absence d'un potentiomètre à crémaillère solide et fiable, et la faible course que propose le composant d'origine.

Dunlop a démocratisé son patch pour Cry Baby, en proposant un potentiomètre de substitution dont les caractéristiques sont assez différentes de celles rencontrées sur le modèle à la sortie d'usine. De même, le switch d'enclenchement on-off de l'effet est assez fragile, et reste victime de la lourdeur du guitariste qui l'enclenche une fois la pédale basculante arrivée en fin de course... le remplacement du switch par un modèle recommandé par Dunlop (là encore, ils admettent leurs erreurs) permet également de modifier le circuit de bypass... reste la bidouille trouvée sur le net pour insérer une LED, mais après les différents remplacements documentés par la marque, c'est de la rigolade !!!

Il est des effets qui subissent énormément de modifications, comme la DS-1 de Boss qui a été victime de la délocalisation et des phénomènes de production de masse liée à son succès. Passée d'une production honorable faite au Japon, à celle moins respectueuse du cahier des charges que l'on retrouve à Taïwan, la DS-1 est un standard de la modif. Aujourd'hui acquise pour près de 50 €, elle peut être modifiée pour 20 € de plus et présenter des caractéristiques radicalement différentes et intéressantes, même si le son reste loin de ce que propose le modèle original, le rendu reste intéressant et exploitable...

Battle's guitar

On retrouve les mêmes types de modifications qui modifient radicalement certains équipements, comme par exemple l'ampli Valbee (de conception et de réalisation très simple) pour lequel on rencontre des modifications assez courantes comme l'ajout d'une prise d'extension de haut-parleur, et la modification de la prise d'entrée pour recevoir une guitare électro-acoustique.

Ce type de réalisation simple ouvre la porte aux bidouilleurs qui vont s'engouffrer dans la brèche et oser des expérimentations assez faciles, proposant des rendus sonores intéressants et souvent réversibles. Cet ampli "tout lampes" par exemple est bridé en puissance par deux diodes qui fonctionnent sur le canal boost (saturé) en plus de la lampe de pré-amplification. Si ces deux diodes sont retirées, l'ampli originellement produisant 5 watts en produit quasiment le double et propose une distorsion moins riche en grain, mais plus bluesy, complètement générée par la triode de pré-amplification 12AX7.

Les modifications sont nombreuses et les bidouilles et schémas de montage sont légions sur Internet. En règle générale, les matériels les plus simples en termes de facture sont "touchés" en premier... les bricoleurs s'acharnent avant tout sur les modèles répandus et de conception accessible, pour toucher un large public. C'est comme un faux billet dont le retour sur investissement n'est réellement mesurable que si le coût de la contrefaçon est inférieur au coût du billet ! Les modifs se devant simples et pratiquées par des débutants en électronique, on retombe toujours sur les mêmes standards...

Les risques par contre sont énormes. Les possibilités d'endommager l'appareil de manière irréversible existent en grand nombre, et les constructeur jouent aussi là-dessus, en refusant de dépanner un matériel modifié même s'il est sous garantie et en lassant quelques "fuites" sur les schémas et diagrammes d'assemblage électronique et mesurer ainsi la popularité off d'un matériel qui présente des qualités limitées mais pas trop ! C'est aussi un critère de vente, le fait qu'il soit modifiable !

Assemblage d'une guitare

La possibilité de monter soi-même un kit de guitare est une expérience très enrichissante. En effet, disposer d'une guitare en kit permet de "rentrer" complètement dans les problématiques de paramètres, de réglages et d'entretien, et d'être confronté directement aux réalités d'assemblage et de construction.

Le kit, c'est avant tout une combinaison manche corps qui laisse peu de liberté. Les associations sont définies en amont, et il est peu possible de monter un manche de type Les Paul sur un corps de Telecaster ou Stratocaster, car les côtes et les diapasons des pièces composants les kits sont prédéfinies.

Par contre, une fois ces deux composants majeurs retenus, vous avez presque totalement le libre choix de l'électronique et des accessoires. La configuration de micros, les mécaniques et le vibrato vont pouvoir être sélectionnés parmi les différents constructeurs, dans des couleurs et des matières originales, et surtout dans le respect de vos exigences sonores.

Les associations, si on les trouve originales, ne sont pas nécessairement opportunes. On retombe souvent sur des standards de configuration qui existent de série, et les résultats sont bien souvent proches des Frankenstrat de Edward Van Halen ! de plus, un Floyd sur une LesPaul ou des EMG sur une Telecaster peuvent conduire à des compromis curieux et dissonants. Pour un coût qui n'est pas toujours aussi avantageux, car en cumul, le montant des pièces détachées équivaut bien souvent au prix qu'aurait coûté la même guitare de série, mais les délais d'approvisionnement ou de commande en moins, et la satisfaction du travail personnel en plus.

Battle's guitar

Soyez vigilants sur les parties sensibles, comme la jonction corps manche, le vibrato et le choix des mécaniques. Pour le reste, tout est envisageable, notamment en matière de plaques de protection et/ou d'électronique. Des magasins spécialisés en pièces détachées et en réparation existent dans toutes les grandes villes et de nombreux sites internet, même étrangers, proposent des kits à des prix attractifs. Osez le kit, vous apprendrez beaucoup sur votre instrument !

De toute façon, le fait de se reposer sur un kit dont le manche (en particulier) est déjà usiné et façonné (même s'il ne reste que les frettes et la truss-rod à monter), est bien plus sage que de s'aventurer dans la SMG : Self Made Guitar. En effet, réaliser un corps et surtout un manche sont des opérations qui nécessitent une grande pratique des côtes et mesures, des outillages spécifiques d'usinage du bois et de techniques de menuiserie et de lutherie assez avancées.

Il existe fréquemment les guitares rachetées une bouchée de pain aux vides greniers, pour lesquelles tout reste à changer, mais qui présentent l'avantage de démarrer un projet de restauration assez sympa, et qui peuvent faire l'objet de l'occupation des longs week-ends d'hiver, où vous assemblerez à votre rythme, en fonction de l'état de vos finances, pièce après pièce, chacun des composants de votre "monstre". Le plaisir de l'entendre sonner une première fois est encore une fois sans comparaison !

Changer les frettes

S'il est une opération de maintenance (plutôt de lutherie) que je déconseille aux pressés et moins soigneux d'entre nous, c'est refretter un manche. L'opération n'est pas réversible, sauf de manière coûteuse en rapportant une nouvelle touche sur le manche... Compte tenu du coût de l'opération en magasin (180 à 200 € pour un refrettage), c'est assurément risqué.

L'opération très délicate qui commence, c'est celle de retirer les frettes usées sans endommager le bois du manche et surtout de la touche. Même si les bois sont durs, les éclats sont possibles et les outils appropriés sont impératifs, notamment ceux pour bien caler le manche (type étau avec mousse et feutre) et le petit poinçon/tournevis qui va permettre de désenclaver la frette enfichée dans la touche, par petits à-coups, et coups de maillet.

Enfin, une bonne pince coupante de type tenaille permettra de venir à bout des frettes les plus récalcitrantes. Car la frette est entrée en force dans le manche, glissée dans un bois qui a séché, "travaillé", et qui reste assez fragile. La déloger nécessite de petits coups afin qu'une extrémité dépasse pour pouvoir y tirer dessus sans tordre la frette. N'hésitez pas à traiter le bois (essence de térébenthine) afin de le nourrir et permettre de moins forcer lors de l'insertion des nouvelles frettes.

La seconde opération est de découper le "ton" parfois vendu au mètre... en effet, les frettes se présentent sous deux formes, en spires comme du fil de fer (économique, 30 € pour tout le manche) ou prédécoupées, comme le propose Dunlop. Le choix des frettes est assez limité, on en trouve de manière générale pour les manches en 21 ou 24 cases, et de 3 diamètres différents (normal, mid et jumbo). Il faut savoir que plus la frette est large, plus il sera simple de faire des jouer notes (manche plus rapide) mais moins le son sera défini (puisque la largeur de la frette plus large "absorbe" de la longueur vibrante).

Battle's guitar

En plus de l'incidence sur le sustain, la largeur de la frette va conditionner son "incrustation" dans le manche, à tel point qu'il est difficile de passer à une largeur moindre sans envisager de refaire toute la touche. Le risque de rencontrer des éclats dans la touche est accru et l'opération s'avère alors probablement plus coûteuse que prévu.

La troisième et dernière étape de ce remplacement, c'est la découpe et le polissage des frettes. Elle est délicate dans le sens où elle doit tenir compte du parfait ajustement des frettes dans la touche, et d'un ajustage du biseau aux bords du manche, permettant de ne pas se blesser la main lors du jeu. Il faut là encore être outillé, disposer d'une meuleuse électrique de type Dremel, permettant un ponçage et polissage des arrêtes métal. La régularité dans le biseau de ponçage donne lieu à une meilleure finition, et surtout conditionne le rendu général.

Le remplacement des frettes est une opération lourde qui peut occuper une bonne demi-journée un bricoleur expérimenté. Il vaut mieux "se faire la main" sur une guitare à laquelle on ne tient pas, car les loupés sont assez fréquents. Le dosage des coups assénés aux frettes, les éclats dans le bois sont autant de point qui ne se découvrent qu'en pratiquant, un bon outillage étant indispensable. Je recommande de confier cette opération à un pro plutôt que de se risquer et mettre en danger l'état du manche.

Faire une défonce dans le corps

On est souvent tenté, en lisant les articles du type "Ma guitare est unique" de customiser son instrument, notamment en redécoupant les formes originelles du corps. Ce type d'intervention n'engendre pas nécessairement une perte sonore, mais par contre confronte à refaire tout ou partie du vernis et de la peinture du corps.

Aussi, je ne laisserai qu'aux menuisiers et luthiers aguerris la possibilité de refaire une peinture et un vernis sur un corps de guitare tant il est délicat de retrouver un résultat convenable, et équivalent à celui avant la découpe.

Il existe des cas pour lesquels les défonces du corps ne relèvent plus de l'esthétique, mais du rajout de fonctionnalité, comme une défonce pour placer un vibrato, une découpe pour loger la pile et l'électronique d'un système de micros actifs, et enfin celles pour rajouter un sélecteur ou potentiomètres.

Leur facilité de réalisation va crescendo, un simple trou pour un switch ou un potentiomètre dans une plaque ou le corps d'une guitare étant plus accessible que la défonce pour le placement d'un Floyd ! Encore faut-il évaluer le risque sur le reste des composants de la guitare, le placement des éléments rajoutés, etc...

En effet, rajouter un sélecteur à 2 positions pour étendre une combinaison sonore implique de pouvoir loger les câbles et l'électronique associés, et de le placer à un endroit où il ne gênera pas le jeu. Tout le monde a eu écho du problème de placement du sélecteur de micros sur les Gibson LesPaul, qui venait justement se positionner sous l'avant-bras lorsque l'on passe en tapping ! Le placement d'un switch peut également entraver l'accès au potentiomètre de volume, ou encore nécessiter des défonces dans le corps qui seraient visibles si la plaque de protection, le pickguard ou un autre "regard" n'est pas posé ou modifié.

Battle's guitar

Pour ce qui est du logement de l'électronique active et surtout de la pile, il faut prendre le risque de pratiquer une défonce aux endroits déjà couverts par la plaque de protection. C'est possible dans les dernières copies de Fender qui ont élargi les emplacements destinés à accueillir l'électronique, mais sur des guitares de type LesPaul, rien n'est aussi évident, notamment du fait de l'absence de plaque de protection.

En ce qui concerne le placement d'un bloc de vibrato, je reste assez prudent. Autant il est possible de changer assez simplement un vibrato par un autre de même type, y compris lorsqu'ils fonctionnent un peu différemment, avec un bloc-stop à l'arrière du corps de la guitare, autant il est compliqué de passer d'un cordier simple à un Floyd (à la limite un Bigsby !).

Aussi, je recommande pas mal de prudence et de réflexion, les modèles présentant des caractéristiques assez différentes, il vaut mieux l'avis de quelqu'un qui sait... par exemple placer un Floyd nécessite de reconsidérer les micros et l'espacement entre les plots qui sera alors modifié et différent de l'espacement original. Mais la disposition des couteaux impliquera une prise de mesure minutieuse, la pose d'un sillet bloque corde engendrera de toucher à la touche, ... de lourdes modifications...