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l'électronique de la guitare

Mise en garde

Les opérations électriques sont à la portée de tous, avec un simple fer à souder et du fil, un bon diagramme et beaucoup de temps, car ces manipulations sont assez longues et délicates, mais abordables par un simple collégien qui a quelques notions d'électricité et de pratique manuelle des soudures au fil d'étain. Profitez de ce types d'opérations pour changer les cordes et procéder à un nettoyage et un réglage complet de l'instrument, car c'est aussi l'occasion "d'ouvrir" la guitare et d'en contrôler les composants intérieurs.

Attention aux brûlures du fer (sur la peau comme la toile ciré le bois, ...), aux risques d'incendie ainsi qu'aux manipulations de l'étain qui reste assez toxique dans la bouche d'un bébé (ou d'un adulte qui, à jun, ne va pas en "bouffer" !). Travailez seulement avec précision et patience. Comptez qu'il vous faudra plusieurs heures si vous n'avez pas l'habitude de ces opérations, et qu'il arrive parfois que l'on déteriore davantage que l'on améliore ! En gros, faites gaffe ! C'est pas parce que c'est assez facile que l'on ne risque pas de commettre d'erreur.

Profitez d'une manipulation sur l'électronique pour changer également certains composants comme le sélecteur qui "craque" parfois ou un potentiomètre qui "crache" en fin de course... Enfin, le blindage de la guitare est aussi (bien souvent) à ré-envisager sur un modèle d'origine, et pour ça, il faudra compter un budget complémentaire de câble blindé monobrin et d'un peu de temps supplémentaire (on peut retrouver la manip dans la page "Le coin du bricoleur" de ce site). Dans tous les cas, je recommande vivement de bien blinder son instrument, et c'est bien souvent lors de la première modification de l'électronique que c'est à envisager (résultats garantis, pour des gains considérables !).

Ne vous attendez pas, cependant, à obtenir des modifications marquées du son lors d'un changement de micro : les micros se remplacent efficacement lorsqu'on constate une casse ou un dysfonctionnement de l'un d'eux. Changer un micro pour obtenir plus de puissance ou d'harmoniques, c'est "miser sur LE mauvais cheval" ! Le bois de la guitare, le tirant de cordes et la manière dont vous jouez ont plus d'impact sur la puissance de sortie qu'un simple micro de guitare...

Bien évidemment, remplacer un simple par un double bobinage (ou l'inverse, pourquoi pas) va probablement affecter grandement le son. Mais d'un humbucker vers un humbucker, ce qui consiste en la majorité des demandes, je reste toujours aussi dubitatif :

Heureusement, dans certains cas, il faut reconnaître que l'on obtient une réelle amélioration des graves et des aigus, ainsi qu'un très net gain de puissance de sortie. Mais quand on sait que les fréquences médium permettront certainement de mieux sortir d'un mix, et restent, de toute évidence, celles de l'instrument rock ! Pensez que la puissance s'obtient d'abord et avant tout sur l'ampli...

D'expérience, l'investissement est assez lourd (80 € pour un humbucker) comparé au prix de la guitare (à proscrire sur un instrument à moins de 250 €), et dans de nombreux cas, il est jugé décevant car il n'apporte pas ce que les publicités ont pu promettre... Utilisez plutôt un bon booster au format pédale ou modifiez les réglages de votre préamplificateur au lieu de chercher un réel changement de son au travers d'un nouveau micro. Mieux, modifiez votre attaque, la tenue du médiator, ... plus simplement, faites de la musique avec les oreilles et non les yeux, et vous comprendrez ma mise en garde.

Généralités sur les micros

D'après un article du site de l'excellent Jean-Pierre Bourgeois.

Un micro magnétique à simple bobinage (single coil) est composé d'un aimant, d'une bobine traversée par le champ magnétique de l'aimant et d'un diaphragme mobile. Les mouvements du diaphragme modifient le champ magnétique induit par l'aimant qui provoque alors une FEM (force électromotrice) dans la bobine.

Les cordes constituent le diaphragme mobile : un aimant possède deux pôles, Nord et Sud, et par définition, le pôle Nord d'un aimant est celui qui se dirige vers le pôle magnétique terrestre situé dansl'hémisphère Nord. Quand on rapproche deux aimants, on constate que leurs pôles de même nom se repoussent et leurs pôles de nom contraire s'attirent. Par exemple le pôle Nord du premier aimant repousse le pôle Nord du second mais attire son pôle Sud.

Donc, sur un micro testé à l'aide d'une boussole, le pôle Sud est celui qui est attiré par le pôle Nord (côté noir) de l'aiguille. Le déplacement des cordes viennent générer des "interférences" dans l'attraction magnétique, la FEM, ce qui se traduit par une variation électrique et donc fournit un signal... Ce signal est transmis, pour aller vite et oublier les atténuateurs que sont les potentiomètres, au travers d'un câble jack à l'ampli de la guitare.

C'est donc la vibration de chaque corde devant un plot (ou une barrette) accouplé à un aimant ou un électro-aimant (cas d'une électronique active) qui produit le signal. Plusieurs cordes vibrant simultanément, donnent un signal plus riche mais tout aussi simple à traiter par un ampli. C'est lui qui fait en quelque sorte tout le boulot de transformation du signal dans sa section de préamplification.

Dans un micro magnétique à simple bobinage, il existe alors 4 façons de combiner aimant et bobine, selon le schéma suivant où le point chaud (véhicule du son) est indiqué par une flèche, et l'autre extrémité est relié à la masse (point électrique commun aux circuits, blindages et cordes).

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L'aimant est placé sous les bobines qui sont traversées par deux pièces polaires (des aimants). La grosse astuce est que les deux bobines sont montées en série, en phase par rapport au mouvement des cordes, mais hors phase par rapport à l'environnement extérieur (le champ magnétique terrestre). Les champs magnétiques perturbateurs extérieurs en sont au moins réduits, si ce n'est annulés.

En combinant deux micros à simple bobinage, les ingénieurs de Gibson pilotés par Seth Lover on découvert l'élimination des bruits parasites (hum-cancelling pickup) dans les années 1950. Certains parasites furent alors réduits, notamment ceux dûs aux champs magnétiques environnant le contexte de jeu (éclairages de scènes, les transformateurs électriques, les lampes fluorescentes...) car avec les simples bobinages, ils produisaient un bruit de fond indésirable (le "hum", du bruit onomatopée caractéristique) qui donna le nom de hum-bucker littéralement "éviteur de hum".

En mettant les deux micros du humbucker magnétiquement et électriquement en hors phase, le signal d'un micro annule alors le bruit de l'autre. Le résultat est alors moins chargé de bruits parasites, mais aussi plus puissant et aussi plus riche en basses. Ces micros furent immédiatement prisés pour faire saturer les préamplificateurs (over drive) en produisant des sons plus chargés en niveau d'entré (et donc plus puissants en sortie de l'ampli), mais aussi plus riches en basses, plus "chaleureux" dans la restitution sonore, mais sans conserver le "mordant" caractéristique du micro singlecoil.

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Il n'en faudra pas plus pour créer le humbucker P.A.F. (Pattent Applied For), système dont le brevet fut très tôt déposé pour donner de l'avance à Gibson sur Fender. 30 ans plus tard, une merveilleuse course fut amorcée par des constructeurs alternatifs (Seymour Duncan et DiMarzio) avec des augmentations des niveaux de sortie considérables et des procédés de fabrication utilisant des aimants de plus en plus puissants comme l'alliage Aluminium, Nickel et Cobalt (AlNiCo) et plus récemment des aimants en céramique donnant un signal très puissant.

Les niveaux de sorties furent même sur-amplifiés au niveau des guitares avec les systèmes d'électronique actives popularisés par EMG qui produisent des signaux vraiment puissants et très très purs (sans aucun signal parasite). On reparlera plus bas de ces dispositifs assez particuliers, très versatiles mais dont la "couleur" sonore reste assez particulière et la pose vraiment délicate (logement de la pile, remplacement de tous les potentiomètres, recâblage total de l'instrument, ...).

Mais il ne faut pas non plus oublier les qualités intrinsèques de l'aimant et sa nature à attirer le métal : la hauteur du micro ou de ses aimants influe sur la puissance du son d'une guitare. Plus le micro est situé près des cordes, plus le signal sera puissant, riche en basses et en aigus. Des fréquences médium s'obtiennent en abaissant, au contraire, les micros près du corps ou de la plaque de protection. Attention, des micros placés trop haut (surtout côté manche où les cordes présentent le plus fort débattement au-dessus des plots) augmentent les bruits parasite et réduisent le sustain, car les aimants empêchent les cordes de vibrer plus longtemps.

Incidence des champs magnétiques sur le son

Toujours d'après l'article du site du toujours excellent Jean-Pierre Bourgeois.

Battle's guitar Micros en parallèle et en phase. La FEM reste identique à celle de chaque micro. La self induction et la résistance sont divisées par deux. Le niveau sonore est inchangé mais les sons est moins gras. C'est le mode usuel sélectionné en position médiane de l'inverseur des guitares à deux micros.
Battle's guitar Micros en série et en phase. Les FEM s'ajoutent. La self induction et la résistance augmentent. Il en résulte un son puissant et grave. C'est le mode usuel de fonctionnement des Humbuckers qui contiennent deux micros en un.
Battle's guitar Micros en parallèle et hors phase. Les FEM se retranchent. La résistance et la self induction diminuent. Petit son funky, souvent riche en médiums.
Battle's guitar Micros en série et hors phase. Les FEM se retranchent. La self induction et la résistance augmentent. Son au médiums riches mais plus puissant que dans la configuration précédente.

Deux procédés pour inverser la phase d'un micro : soit inverser l'aimant soit inverser la connexion, soit on effectue simultanément les deux opérations, et l'on se retrouve dans la phase d'origine. Quatre façons d'associer deux micros identiques : en parallèle et en série en et hors phase. À noter que les modes hors phase donnent un son intéressant mais peu puissant.

Le marché des micros

Toutes les informations nécessaires au câblage sont détaillées sur le site Stewart - Mac Donald.

Nous allons examiner les principaux constructeurs de micros, en tenant compte du fait que :

En tenant compte des 4 fils (maximum) pouvant sortir d'un micro, que faut-il connecter à quoi ??? Considérons A, B, C et D comme les repères de chaque borne d'un micro (chaque fil).

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En fonction du constructeur, les couleurs de câblages restent toujours les mêmes :

Constructeur A B C D
Seymour Duncan Noir Blanc Rouge Vert
DiMarzio Rouge Noir Vert Blanc
Gibson Noir Vert Blanc Rouge
Lawrence Noir Vert Blanc Rouge
Schaller Vert Blanc Marron Jaune

Nous retrouvons donc les possibilités de montage suivantes :

Mode de connexion Montage
Série/Hors phase [Standard HB Linkage] A → Hot (+) B ↔ C D → Masse
Série/En phase [Non-Humbucking ou split] A → Hot (+) B ↔ D C → Masse
Parallèle/Hors phase ["Dual Sound" Linkage] A & C → Hot (+) B & D → Masse
Parallèle/En phase [Non-Humbucking ou split] A & D → Hot (+) B & C → Masse

Les principaux types de sélecteur

Dans les exemples qui vont suivre, nous retiendrons par défaut le cas échéant un constructeur, DiMarzio, pour la clarté des explications et la précision des schémas qu'il peut fournir. Aussi, bien faire attention aux code de couleur en fonction de la marque micros avant de procéder à un quelconque montage.

De même, seule des combinaisons spécifiques des guitares de type superstrat (modèles Ibanez et clones par exemple) seront décrits ci-après, dans la mesure où je ne dispose d'expérience que sur ces modèles en particulier.

La configuration SSH (single/single/humbucker) ou SSS (single/single/single)

Elle désigne les guitares de type stratocaster, équipées de deux micros à simple bobinage, un côté manche (neck), l'autre au centre et d'un humbucker ou micro à simple bobinage côté chevalet (bridge) :

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La configuration HH (humbucker/humbucker)

Elle désigne les guitares équipées de deux micros humbuckers, un côté manche (neck), l'autre côté chevalet (bridge). Deux cas de figure se présentent :

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Les combinaisons font appel à des mises en parallèle des micros (couleur plus claire sur les doubles bobinages)

La configuration HSH

C'est le format un peu hybride inspiré des deux configurations précédentes, pour les guitares équipées de deux micros humbucker côté manche (neck) et chevalet (bridge), et d'un micro à simple bobinage au centre :

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Modèles standard

Globalement, on retombe sur des configurations propres à deux grands modèles, Fender Stratocaster Standard 5 positions et Gibson Les Paul Standard :

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Modèles Ibanez/DiMarzio

Là encore, en fonction des schémas rendus disponibles par le constructeur, sur des sélecteurs standard

Câblage des potentiomètres

Souvent, le remplacement d'un potentiomètre est lié à une panne matérielle. De très bons modèles standard sont peu coûteux et fonctionnent à merveille. Les modèles DiMarzio, certes de meilleur qualité, nécessitent parfois de changer le bouton en plastique du potentiomètre (plus large) voire de percer la table ou la plaque de protection, ce qui est plutôt contraignant.

Il existe deux grands types de potentiomètres : LOGarithmique et LINéaire. Leur taille et leur coût sont identiques, mais leur fonctionnement est un peu différent. En effet, de manière générale, en audio, il est recommandé d'utiliser du LOG car l'oreille humaine fonctionne ainsi : au début, lorsque le son est faible, une forme d'atténuation naturelle, puis quelque chose de progressif, suivant une courbe logarithmique. Dans les faits, un potard est une résistance qui évolue en fonction de la course d'un curseur circulaire. Cette évolution est proportionnelle si le suivi est linéaire et augmente plus vite sur la fin en logarithmique...

L'impact sur le son n'est pas si neutre, car la progression linéaire s'applique particulièrement bien à la course du volume, ainsi progressif, les variations sur le bouton et le repérage par les graduations, vont donner un résultat mieux maîtrisé. Mais c'est une préférence personnelle ! Les constructeurs d'instruments ne rentrent rarement pas dans ce genre de détail qui selon moi apporte un peu de précision, ils commandent tous du LOG pour le volume comme la tonalité !

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Le potentiomètre de volume et de tonalité est à la base identique. La fonction est la même, mais l'action sur le volume est standard, alors que l'action sur la tonalité nécessite l'ajout d'un condensateur. Ce condensateur (capacitor en anglais) a une valeur différente pour des micros humbuckers ou simple bobinage. C'est un petit composant en céramique de quelques centimes d'euro, dont la qualité de fabrication est régulée par des dispositifs de tests et de tri des composants dans une fourchette de performance bien sélectionnée : le taux d'erreur sur la capacité doit être constant... cependant, il existe des composants de conception plus ancienne, pour lesquels les taux d'erreurs sont plus "tolérants" et dont la stabilité de fonctionnement n'est pas aussi stricte.

Ils apportent un son bien plus particulier que les composants usinés et sélectionnés traditionnellement. Un condensateur de marque Orange de 0.47nF vaut dans les 5 euros, et il apporte une imperfection assez séduisante pour les amateurs de sonorités vintage... Plus gros et moins robustes, ces condensateurs sont plus difficiles à loger dans les cavités de la guitare mais donnent personnellement une grande satisfaction que de disposer d'un composant "imparfait" contribuant à l'expressivité de mon jeu et à l'unicité du montage. sa valeur approximative bonnifie le son...

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Un sélecteur intéressant, le Megaswitch Schaller 105S ou Original "E"

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Ce sélecteur 5 positions est disponible partout, car la marque Schaller est très bien distribuée en France (env 12,00 €). Il est cependant particulier, car il ne permet pas de retrouver les combinaisons standard d'une Stratocaster ou d'une Jem, principalement sur la 3ième position où les micros manche (neck) et chevalet (bridge) sont généralement combinées. Cette position donne un rendu efficace, intéressant d'un point de vu sonore et particulièrement confère un son prisé par les guitaristes sur une position généralement peu exploitée.

Ce sélecteur n'offre que 4 positions possibles, mais le repérage des broches étant directement inscrit sur le circuit imprimé du sélecteur, il ne vous reste plus qu'à appliquer les consignes d'installation suivantes :

Configuration Positions du sélecteur Connexion aux broches
SSS 1 - micro manche seul 2 - micro manche + micro central 3 - micro manche et micro chevalet 4 - micro central et micro chevalet 5 - micro chevalet seul 1 - point chaud micro central 2 - point chaud micro manche 3 - vers le potentiomètre de volume (arrivée) 4 - rien 5 - rien 6 - pont vers la broche 7 7 - point chaud micro chevalet
SSH 1 - micro manche seul 2 - micro manche + micro central 3 - micro manche et split micro chevalet 4 - micro central et split micro chevalet 5 - micro chevalet (humbucker) 1 - point chaud micro central 2 - point chaud micro manche 3 - vers le potentiomètre de volume (arrivée) 4 - masse 5 - rien 6 - split micro chevalet 7 - point chaud micro chevalet
HSH 1 - micro manche (humbucker) 2 - split micro manche + micro central 3 - split micro manche et split micro chevalet 4 - micro central et split micro chevalet 5 - micro chevalet (humbucker) 1 - point chaud micro central 2 - point chaud micro manche 3 - vers le potentiomètre de volume (arrivée) 4 - masse 5 - split micro manche 6 - split micro chevalet 7 - point chaud micro chevalet
HH 1 - micro manche (humbucker) 2 - split micro manche 3 - split micro manche et split micro chevalet 4 - split micro chevalet 5 - micro chevalet (humbucker) 1 - rien 2 - point chaud micro manche 3 - vers le potentiomètre de volume (arrivée) 4 - masse 5 - split micro manche 6 - split micro chevalet 7 - point chaud micro chevalet

Un sélecteur encore plus complexe, le Superswitch 5 positions à 4 Pôles

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Ce sélecteur 5 positions produit par DW est plus difficile à trouver (distribué par SMI, et disponible en France chez Fred's guitar pour 26,00 € environ). Son plan de brochage est certes complexe car il comporte en fait 4 jeux de 5 broches, ce qui permet des combinaisons vraiment particulières sur 5 positions. Autant dire que pour le prix, on peut tout faire !

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Les possibilités sont énormes, et je recommande de n'utiliser ces possibilités qu'avec des micros de bonne qualité (constructeur renommé) après dessin d'un plan de câblage préalable. Je vous propose l'indication si précieuse (le switch est livré sans documentation) de quelques branchements sur des guitares standard (SSS, SSH et HH). Ces schémas en anglais proviennent du site du distributeur américain Stewart - Mac Donald évoqué plus haut.

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Quelques bidouilles avec l'ajout de mini-switch

Si vous n'avez aucune expérience en câblage électronique ou que vous ne vous sentez pas sûr, je vous recommande de ne pas vous lancer dans ce type de manipulation, pourtant accessible et facile, et de vous encadrer de quelqu'un qui sait faire ou qui fera à votre place. Le temps consacré à ce type d'intervention par une personne aguerrie n'engendrera pas un coût de main-d'œuvre excessif (auprès d'un luthier) et surtout préservera l'état du reste des composants électroniques (micros, potentiomètres, fiches, sélecteur, ...). Je vous propose quelques bidouilles sur la base de produits DiMarzio, seul constructeur à proposer des potards, des sélecteurs, des micros et des composants électroniques.

De manière générale :

Câblage standard d'un micro 4 fils DiMarzio

En série

Le montage standard d'un humbucker est généralement "en série", c'est-à-dire les deux bobines utilisées séquentiellement .C'est la configuration la plus simple et la plus puissante (efficace). En respect du code couleur DiMarzio :

Deux micros sont en règle générale montés "en phase" mais pourraient être montés "hors phase" pour obtenir un son plus "faible" et plus "fin" (précis). Il faut pour cela "retourner la phase" de l'un des micros en remplaçant par la connexion verte sur le point chaud et la connexion rouge à la masse.

En parallèle

Une autre variante du montage en série consiste à utiliser les deux bobines d'un micro en parallèle et non en série : les bruits parasites continuent alors d'être éliminés (hum-bucking) mais le son est moins puissant et souvent plus aigu (ce qui convient aux sons clairs souvent moins mats). Pour cela (dans le respect des couleurs DiMarzio, il faut :

Dans cette configuration, en inversion de phase et en parallèle, les fils vert et noirs deviennent alors le "point chaud" et les fils rouge, blanc et la tresse deviennent la connexion à la masse.

Configuration "Dual Sound"

Ce câblage va produire deux sons, l'un avec les bobines du humbucker en série pour une puissance maximale, l'autre les bobines en parallèle. C'est totalement différent, d'un point de vue du rendu sonore que de splitter les deux bobines du humbucker, car le son en parallèle est certes moins puissant mais différent de celui d'un simple bobinage : il est moins mordant mais plus riche d'un point de vue fréquences, et surtout conserve l'élimination des "ronflements" (hum).

DiMarzio propose des composants permettant cette modification, comme le miniswitch à deux positions DPDT (DiMarzio EP1106) ou les potentiomètres push-pull (DiMarzio EP1201PP), qui doivent alors être câblés suivant le schéma suivant :

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Soyez sûr de faire pont entre les pôles3 et 5 de l'interrupteur. La sortie indiquée HOT OUTPUT doit être connectée à la même place que votre point chaud d'origine. Le fil marqué à la terre est soudé sur le point de masse. Pour utiliser le micro en inversant la phase , connectez le le point chaud en fiche 4 et la fiche 1 vers le point de masse. Dans les deux cas, la tresse reste raccordée, évidemment, à la masse.

Variante : la configuration "Dual Sound with Split"

En respectant le principe énoncé dans le schéma ci-dessus, il est possible de rajouter une fonction sans changer le câblage mais juste le switch . Un modèle spécifique à 3 positions (on-on-on) n'existant pas en push/pull, comme le DiMarzio EP1108 permet d'ajouter la fonction de split du humucker en position centrale, les deux positions extérieures restantnt alors les deux configurations énoncées ci-dessus, série et parallèle.

Commutation de phase

La commutation ne peut fonctionner que dans le cas d'un instrument disposant de 2 micros ou plus. L'effet se produit lorsque les deux micros sont allumés, et sera plus efficace lorsque les deux micros sont à peu près de même niveau de sortie. Le son "hors phase" alors obtenu sera plus précis sur une plage réduite du spectre de fréquences, mais moins puissant qu'une configuration en série. Différent du rendu des bobines en parallèle, le son ne reste pas moins intéressant à exploiter, la richesse des fréquences proposées (plus aiguës et nasillardes) en fait une arme redoutable.

Un switch est alors utilisé pour inverser la phase, et seulement un seul des deux micros à opposer doit être relié à ce switch d'inversion de phase. Le commutateur retenu doit être de type DPDT 2 positions, comme pour la commutation Dual Sound standard, soit en miniswitch (DiMarzio EP1106) soit push-pull (DiMarzio EP1201PP).

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Si vous voulez câbler à la fois un commutateur Dual Sound et un inverseur de phase, câblez d'abord la prise à l'interrupteur Dual Sound puis connectez le au commutateur de phase comme ci après :

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Le fil HOT OUTPUT doit alors être connecté au même endroit que sur le schéma original. La tresse doit également se raccorder au point de concentration des masses, comme la sortie TO GROUND.

Split

Le split des bobines peut être obtenu par un switch standard à deux postions, comme celui retenu en configuration Dual Sound standard, soit en miniswitch (DiMarzio EP1106) soit push-pull (DiMarzio EP1201PP). Le but recherché est celui de retrouver le mordant du simple bobinage mais conduit également à obtenir son ronronnement caractéristique. Il n'y a donc plus la même puissance de sortie et les bruits parasites de ronflement ne sont plus utilisés. Cependant, le rendu plus brillant et plus vintage confèrera à votre configuration de micros modernes un côté vintage assez polyvalent.

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Le split peut s'appliquer sur 2 micros au travers du même minswitch ou push/pull, en suivant le schéma de câblage suivant :

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Il est également possible de combiner la commutation de phase avec le split du micro, dans le diagramme ci-dessous :

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Une caractéristique intéressante de cette configuration split + phase, c'est que le commutateur de phase présente alors 2 fonctions : lorsque deux switches ne sont pas commutés, la commutation de phase agit normalement en première position, mais lorsque le split est activé sur le second switch, c'est une fonction de sélection d'une seule des deux bobines du micro splitté qui est alors offerte. Cette sélection donne une variation subtile du son qui offre à nouveau un peu plus de polyvalence.

Treble compenser

Beaucoup de guitaristes constatent une baisse des fréquences aiguës lorsque le potentiomètre de volume est abaissé. Il existe une "bidouille" que l'on va décrire juste après, mais je tiens à vous faire part d'une considération préalable sur le type de potentiomètre LIN (linéraire) ou LOG (audio, logarithmique, largement utilisé pour le VOLUME).

Personnellement, le choix du potentiomètre de volume est en cause, dans le sens où il est souvent proposé logarithmique, avec une progression de l'affaiblissement qui s'accentue en fonction de la course du potentiomètre, et que le repère auditif ou numérique sur le bouton ou capuchon perd alors de son sens.

Je continue de croire qu'il s'agit d'une erreur que de mettre un LOG sur le volume, car une progression linéaire permet d'affiner considérablement la gestion du volume dans le sens où positionné à 5, le son sera moitié moins puissant qu'à 10, pareil pour 4 et 8, ... Je vous recommande donc, si ce repère visuel l'emporte sur l'audio, de remplacer votre potentiomètre (250 kohms pour les simples bobinages et 500 k ohms pour les doubles bobinages).

Pour éviter la perte des aigus en baissant le volume, installez un condensateur de 550pF seul ou complété une résistance d'environ 300Kohms (valeur comprise entre 270K ou 330K) pour souder à cheval sur les deux connexions de "points chaud s" du potentiomètre, comme le montre le dessin.

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Les valeurs de composants

Le standard de valeur d'un potentiomètre est de 500 kOhm, valeur utilisée par la plupart des fabricants de guitare pour les humbuckers, à la fois pour le volume et la tonalité. Pour les guitares avec uniquement des micros à simple bobinage (Telecaster, Stratocaster) la valeur standard est de 250 Kohm. Et ce pour le potentiomètre de VOLUME comme de TONALITÉ.

La valeur de résistance du potentiomètre de tonalité influe sur la chaleur du son. Les valeurs élevées amènent à rendre le son sensiblement plus aigu. C'est d'ailleurs pour ça que Fender utilise des potentiomètres de valeur faible, pour donner un peu de graves à des micros très brillants, et que Gibson a immédiatement opté pour des valeurs plus élevées pour ses PAF assez mats d'origine. Que ce soit avec des potentiomètres de 250 ou de 500 kOhm il est recommandé d'adjoindre systématiquement un condensateur de .022 µfd pour agir normalement sur le contrôle de tonalité.

Mais si une valeur basse de potentiomètre de tonalité traduit à la fois un son plus chaud, il est aussi la source d'une légère baisse de puissance, ce qui n'est souvent pas ce qui est recherché... On peut conclure en disant que les 500 kOhms retranscrivant convenablement la puissance des humbuckers modernes (céramique ou AlNiCo), les constructeurs, dont DiMarzio, ont proposé un potentiomètre de commande de tonalité de 1 mégohm (DiMarzio EP1202) qui augmente sensiblement les aigus la puissance de sortie (à réserver donc pour les humbuckers vintages qui manquent de pèche) mais aussi les bruits parasites sur les positions splittées.

Sachez enfin que de nombreux tests effectués sur des câblages vraiment exotiques m'ont amené à penser que plus c'est direct vers la fiche de jack de la guitare, moins il y a de perte dans la transmission du signal. Tous les intermédiaires apportent, certes , de la polyvalence, mais influent considérablement sur le son, engendrant un signal plus faible et souvent exploitable que dans des cas très particuliers (voire exceptionnels)... La Frankenstrat de Van Halen en est le meilleur exemple : 1 micro AlNiCo, 1 potard de volume (1 Mohms) et aucun switch ou potentiomètre de tonalité pour un rendu très brut, ... mais efficace !

Pourquoi changer de micros ?

La base du son de votre guitare, c'est la vibration des cordes à vide. Selon le type de bois, de construction, de manche, le poids, le chevalet, le son change. Chaque guitare est donc unique. Il arrive que deux guitares de même modèle aient un son différent. De nombreux fabricants proposent des guitares sur le marché dont la lutherie est correcte mais avec des micros bas de gamme ou ayant un son décevant, sourd ou un peu plat. Si vous trouvez le son de la guitare branchée trop aigu trop gras, trop mou, pas assez clair ou encore pas assez agressif, c'est donc peut-être le moment de changer de micros. Mais avant de vous jeter sur le premier micro venu (on l'a tous fait, pas de soucis), mieux vaut d'abord définir ce que l'on recherche, en répondant au questionnaire suivant:

Quel type de son cherchez vous ?

(Gras, claquant, aérien, lourd, clair, crunch....)

Quelle guitare possédez vous ?

Quel chevalet ? Quel bois ? Quel type de manche (collé, vissé...) ? Quel type de micros avez vous actuellement (marque, modèle, type d'aimant et niveau de sortie) ? Qu'est-ce qui ne convient pas avec le micro actuel ? (manque de dynamique, trop violent, trop gras, pas assez précis, baveux, pas assez chaud, trop rond, trop aigu, pas assez de niveau de sortie......) ? Quel type de musique souhaitez vous jouer avec cet instrument ?

Avec ces éléments, vous vous rendrez compte que vous connaissez mieux votre instrument et que vous avez en tête un son que vous cherchez à atteindre. Il ne vous reste plus qu'a lire les pages produits ou à venir sur le forum pour nous demander conseil, avant de passer à l'acte !

Quelle sont les différences entre formats de micros ?

Le micro, capte les vibrations des cordes et les transforme en un signal. Ce signal est évidemment altéré par le type de composants et la construction du micro. Ainsi, sur les premières Les Paul, on ne trouvait jamais deux fois le même micro.... Depuis, DiMarzio a mis au point un système qui lui permet d'avoir une production de qualité régulière. Moins de surprises donc, mais plus de choix. On trouve deux grands types de micros :

On note aussi différents formats de micros :

Pour chacun de ces formats, DiMarzio propose plusieurs alternatives pour que chacun y trouve son compte. Dans chaque cas, le son diffère de part les composants utilisés et le format.

Que m'indique le niveau de sortie ?

Pour obtenir différent types de sons, on peut agir sur le niveau de sortie, mesuré en millivolts (mV) :

Le niveau de sortie va bien évidemment déterminer le volume de son qui entre dans l'ampli. Si votre telecaster a des micros vintage de 150mv, et que vous décidez de changer en cours de répét' pour jouer une reprise de "Destructallica" avec votre hache de guerre équipée d'un D-Activator (480), attendez vous à avoir mal aux oreilles... En revanche, si votre ampli peine un peu à sortir des distorsions, vous pouvez le booster méchamment avec un Tonezone ou un Breed.....

Aimant Alnico ou Céramique ?

Les différents types d'aimants orientent fortement le son d'un micro. L'aimant est situé sous la / les bobines. Chez DiMarzio, deux types sont utilisés : l'alnico et le céramique.

Mais ce n'est pas une généralité : le Tonezone est souvent pris pour un céramique en raison de son niveau de sortie élevé, alors qu'il a un aimant Alnico.

L'aimant est donc un élément a prendre en compte, mais le bobinage (c'est à dire le type de fil et la façon dont il est enroulé) est un élément essentiel dans la constitution du son.

Quelles sont les configs des artistes ?

DiMarzio produit de nombreux micros pour de célèbres artistes. Certains sont exclusifs et ne se trouvent que sur les guitares signature, comme par exemple les micros de Van Halen qui équipaient les MusicMan. D'autres sont disponibles en série. Enfin, certains modèles sont devenus rares car ils ne sont plus en production, mais il nous en reste tout de même quelques-uns en stock en France. C'est le cas des Steve Morse, Al Di Meola et le Megadrive, utilisé par Leslie West et Kerry King. Jetez-vous dessus, il n'y en aura pas pour tout le monde.

Voici les modèles utilisés par les endorsés les plus connus.

Puis-je acheter les micros qu'on trouve sur les Music Man, les Ibanez, les Fender ?

La plupart du temps, les micros qu'on trouve sur les guitares "signatures", "custom" ou "haut de gamme" sont des micros courrants qui sont en production, comme les Evolution, Breed ou Paf Pro sur les Ibanez Jem, le D-Sonic sur les Music Man Petrucci, le Tonezone S sur certaines Fender custom, ou encore les Tonezone et Chopper sur la Vigier Bumblefoot....

DiMarzio fabrique parfois des micros exclusifs pour certains fabricants de guitare, qui ne sont pas vendus séparément. C'est le cas des micros sur les Music Man Van Halen et les premières Petrucci, ou encore de la série DiMarzio / IBZ sur les Ibanez USA des années 90, le micro centre sur le modèle Andy Timmons (il y en a d'autres...). Les modèles qui correspondent à un accord exclusif ne sont disponibles qu'auprès des fabricants concernés. Ils ne sont donc pas disponibles à la vente. Cependant, ils sont en général plus des dérivés de produits existants que des produits vraiment nouveaux...

Orientation du micro

Il n'existe pas de sens de montage. En règle générale, peu importe l'orientation, le son sera le même. Parfois il peut y avoir une légère différence sur les PAF PRO, Evolution ou Air Norton par exemple, mais ce n'est pas forcément flagrant....

Sur certains modèles humbuckers en revanche, les deux bobines n'étant pas identiques, inverser le micro produit une différence de son notable. Les exemple les plus connus sont bien sur le Megadrive et le D-Sonic, qui ont une ligne de vis sur une bobine et une barre sur l'autre. Mais cela marche également avec le Bluesbucker et le Steve's Special. Retourner le micros donnera alors un son plus incisif, ou inversement...

Micros simples avec ou sans bords...

Les micros au format strat standard sont montés sur une plaque de forme trapézoïdale. Si ce format correspond bien aux plaques des stratocaster, il arrive que les cavités micros soient trop fines pour que les micros simples standards puissent s'y loger. C'est le cas des Vigier Ultra Blues par exemple. Il faut dans ce cas faire une commande spéciale de micros au format adapté.

Couleurs spéciales

Les couleurs camo, chrome, rose, bleu, rouge, vert, crème, blanc, et les zebrés sont disponibles sur commande pour la plupart des modèles. Pour les micros simples strat ou micros les doubles au format strat, un capot est monté sur le micro. Un micro noir est donc un micro livré avec un capot noir. Il nous est dès lors facile de livrer un capot DiMarzio de couleur différent. Il suffit donc de commander le micro et le capot de couleur, puis d'inter-changer les capots. Pour les micros doubles en revanche, il faut commander le micro dans la couleur voulue, car ce sont les bobines qui sont de couleur.