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les configurations de micros




Avoir le son de... sans (ou avec) la guitare de... l'ampli, les doigts, le talent ou le matos. Nécessairement, les guitaristes ont des exigences et sont perpétuellement tiraillés entre le fait d'avoir un son qui leur corresponde et le fait de s'approcher du son d'un guitariste-référence avec des paramètres assez divers, un matériel plus ou moins proche et enfin un toucher assez approximatif.

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L'ensemble des configurations de micros les plus courantes

Bien sûr, l'exigence touche le plus grand nombre, du musicien débutant au professionnel chevronné. Avec le temps, il m'est venu l'idée saugrenue que de s'approcher d'un son n'était qu'une quête vaine. Mais j'en reviens encore et encore à me projeter dans l'approche d'un son précis, existant dans mes souvenirs, sur un morceau original ou à venir.

Et c'est là, je le pense, que la magie opère, ou non: il m'a été possible d'entendre et de lire tout et son contraire. D'un magnifique et énorme son obtenu avec un micro simple bobinage et un tout petit ampli, jusqu'à un formidable son bien net, sec et richement fluet, produit par un combiné de micro humbucker puissant et d'un ampli surdimensionné.

L'industrie matérielle s'est même abondamment et grassement enrichi en nous faisant croire que le son provenait d'une machine, d'une guitare ou même d'un ampli. Les émulations qui n'émulent pas grand chose, les micros hors de prix qui donnent un rendu vraiment en-deçà des attentes, les "reissues" qui s'éloignent tant du modèle original, ... tout a été développé pour vous faire croire qu'un son pouvait être obtenu avec une certaine marque, un certain modèle ou un certain budget.

Même si le budget y est pour beaucoup (... et encore!), le toucher, le jeu le talent manque cruellement. C'est, je pense, l'humilité, qui manque désespérément: il est possible d'obtenir n'importe quel son avec n'importe quoi. Même si les constructeurs vous martèlent le contraire, le son de guitare n'est absolument pas lié à un seul paramètre, mais à une alchimie compliquée de configurations et de paramètres qui est bien difficile à reproduire deux fois d'affilée.

Car les réglages, Saint Graal du guitariste moderne en mal d'inspiration, restent une activité à part entière. J'ai connu des guitaristes si pointus sur l'utilisation de leur matériel qu'ils arrivaient à faire dire beaucoup de chose à un set composé de très peu. Si les plus âgés réduisent leur set avec le temps, c'est probablement parce que penser tout maîtriser est un leurre. Une configuration trop riche, très polyvalente permettra bien souvent d'approcher de bien loin un son, alors qu'un set réduit mais parfaitement maîtrisé sera clairement plus efficace, non pas dans l'imitation, mais dans le rendu.

L'erreur

Il vaut mieux jouer "à la" que "comme". Et le premier piège, il est bien souvent tendu vicieusement aux guitaristes qui commencent à s'intéresser: les micros. Changer de micro peut sembler être un paramètre important: que nenni. D'abord, il faut imaginer que ce qui se joue sur Les Paul ou Stratocaster ne sera pas interchangeable. J'ai vu des bons jouer Hendrix avec une Epiphone, sans penser changer quoique ce soit aux micros, à l'ampli, ... Ils étaient juste "dedans" et cette efficacité paye forcément.

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La configuration Fender Stratocaster de base (SSS)

Et modifier son instrument en pensant l'améliorer est aussi absurde qu'un poisson sans bicyclette! Les micros se remplacent lorsqu'ils sont cassés, lorsqu'ils ont perdu de leur superbe, que le rendu n'est plus assez puissant ou plus assez "comme avant". En aucun cas la configuration, le câblage ou le réglage ne vont vous faire sonner "comme l'autre". Ils vont contribuer à, mais c'est tout.

Et les aberrations du style Telecaster avec deux humbuckers céramiques restent évidemment faites pour titiller l'imbécile crédule mais en aucun cas pour sonner comme une Telecaster. On choisit ça pour le look, un son particulier composé d'une "coloration" Telecaster, mais c'est tout. Splitter ses humbucker sur une Les Paul, poser un double sur une Strat, ... autant de possibilités qui offrent une large palette de combinaisons possibles, souvent peu exploitables sinon dans un contexte bien précis, mais en dénaturant malheureusement le rendu de l'instrument original.

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La configuration super-stratocaster (SSH) sans push/pull

Je peux même affirmer que cette recherche de polyvalence est une arme à double tranchant: avoir un même instrument permet de le connaître à la perfection. Lui demander de produire des sons bien précis pour lequel il n'a pas été conçu, ça relève du défi. Imaginer qu'il sera capable de tout, c'est se fourvoyer dans un gouffre de bêtises. Des ingénieurs ont pensé l'instrument pour lui donner un certain caractère qui reste intrinsèquement destiné qu'à quelques configurations opportunes.

Bien souvent, certains sons n'ont pas l'aura de certains autres sur un instrument. Il est rare d'aimer à la fois les 3 positions de sa Les Paul. Il y en a forcément une que l'on préfère. On reconnaît un nombre incalculable de qualités à la positions 2 d'une Strat, à la fois dans l'équilibre tonal, dans l'élimination du souffle, dans l'affaiblissement du caractère prononcé des simples bobinages.

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La configuration Gibson (HH) d'origine

Si l'instrument est fait pour ça, autant l'employer pour ça. Et bon nombre de guitaristes indépendants, ceux qui ne sont mariés ni à Fender ni à Gibson, ont souvent un set composé des deux instruments, voire de plusieurs instruments piochés ça et là parmi les constructeur. Pourquoi? Pour avoir un son de Les Paul, rien ne vaut une Les Paul. Idem pour la Stratocaster. Et c'est pareil dans les caractéristiques tonales des amplificateurs.

Alors ok, c'est un problème que l'on ne résout qu'en étant riche... soit. Il faut disposer des instruments originaux pour sonner comme ses artistes préférés. La réponse est oui. Et il ne faut pas chercher à s'approcher sans réellement atteindre, le problème est ailleurs, il faut comprendre en décortiquant. C'est assez facile à dire, plus difficile à expliquer, et très compliqué de convaincre un guitariste en mal de sonorités (et de finances). Pourtant, c'est la réalité.

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La configuration superstrat (HSH) type métal comme chez Ibanez

Là où les configurations de micro apportent un léger plus, c'est lorsqu'elles collent à l'instrument. Certaines marques sont d'ailleurs arrivées à inventer des sonorités alternatives en tentant de copier le meilleur des deux mondes. Je pense à Musicman ou à Vigier, qui en déclinant la superstrat, ont conçu des instruments en fin de compte uniques, assez personnels et éloignés des configurations connues. ... au point de lire parfois que ces guitares ultra polyvalentes n'ont en définitive aucun caractère.

La raison

Mais c'est paradoxal, dans un monde où l'on nous "vend" que le vintage est ce qu'il y a de mieux (ce qui n'est pas totalement idiot) et que l'émulation arrive à répondre aux problématiques les plus courantes du guitariste (ce qui est aussi vrai). Alors que penser de ces arguments de vente relayés parfois par des guitaristes pratiquants qui n'ont pas réellement l'intérêt à faire valoir l'un plutôt que l'autre des procédés.

Commençons par le vintage: les vieux instruments, fabriqués sur des séries où le rendement et le volume étaient assez éloignés des préoccupations de l'usine, avec des bois sélectionnés qui sont devenus rares, des finitions parfois "à la main" et un temps de séchage des essences qui n'a pas de prix. Oui, le vintage a de la valeur, les vieilles guitares sont belles et sonnent parfois bien mieux que les modernes.

Mais on a aussi l'effet contraire, bien plus souvent que l'on ne peut le croire, de très vieux instruments, dans la marque originale, qui ont mal vieilli, dont le manche s'est affaibli ou voilé, dont les mécaniques ou le cordier ou vibrato ne sont plus aussi bien maintenus qu'à l'origine parce que la guitare a mal vieilli, séché trop irrégulièrement, dont le vernis ou la touche ne peut perdurer sans une rénovation si profonde que l'on va certainement perdre le côté "vintage". Je ne parle même pas d'électronique où l'on peut rencontrer de drôles de surprises.

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La configuration Gibson avec un split par un push/pull

Et puis il faut considérer l'instrument dans le contexte de sa production, le cahier des charges: très souvent, ces guitares n'aiment pas bien les effets, elles produisent un ou deux très bons sons sans aucune polyvalence et ne sont pas destinées à la bidouille ou l'évolution, même microscopique sous peine de "donner du caviar aux cochons".

Ensuite, on a les évolutions high-tech: la qualité de production, l'absence de souffle ou de parasites, les possibilités offertes pour un budget minime, la robustesse du numérique (ses défauts comme ses qualités) ont eu raison des vieux instruments qui craquent, soufflent et ne tiennent pas 3 dates dans une tournée. Le guitariste qui a besoin de fiabilité ne prendra aucun risque et voudra son confort et sa robustesse au détriment d'un matériel qui peut s'avérer instable, et qui attirera la convoitise des voleurs les plus mal intentionnés.

Du coup, tiraillé entre plusieurs arguments, le guitariste erre en tentant de procéder à des évolutions qui, systématiquement se soldent par la maxime "c'est un mal pour un bien!". Car, si l'on transforme, modifie, si l'on fait évoluer, c'est souvent pour élargir ou accentuer certains sons au détriment d'autres. C'est un choix difficile, car on a souvent conscience de ce vers quoi on souhaite aller, mais on oublie trop rapidement des sonorités dont on disposait et qu'il faudra sacrifier.

Le besoin de puissance

La première des modifications, souvent apportée par l'acquisition d'un nouveau micro, c'est l'augmentation du niveau de sortie. Plus de puissance, c'est plus d'harmoniques, des fréquences plus larges dans le spectre, une meilleure distorsion à plus faible volume, mais aussi, c'est souvent l'occasion de monter le micro de son idole, une marque réputée d'un composant dont on a vanté les mérites et dont quelques albums et youtube peuvent donner une foison de témoignages sonores aussi convaincants les uns que les autres.

Mais c'est aussi les premières soudures, et principalement le premier déséquilibre sonore. En effet, à l'origine, votre guitare est vendue avec une certaine unité dans le volume de sortie, de telle sorte que c'est assez avantageux de pouvoir "jouer" sur le sélecteur pour balayer la palette sonore depuis les sons riches en graves (micro côté manche) jusqu'aux aigus (micro chevalet).

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La configuration super-stratocaster (HSH) avec push/pull pour le split (stacked single coil) des micros doubles bobinages ou humbuckers

Il n'y a pratiquement plus de travail au niveau du bois ou de la plaque de protection, car les micros des deux principaux constructeurs (Seymour Duncan et DiMarzio) existent dans un format simple ou double bobinage. Les micros actifs (EMG) nécessitant un préampli et une électronique complexe ainsi qu'une pile arrivent même à entrer dans les dernières copies des guitares les plus célèbres. Tout est fait pour que ça soit pratiqué par un simple technicien voire vous-même si vous souhaitez vous en donner la peine.

Mais l'erreur, c'est souvent de se retrouver à monter un micro aigu trop puissant, en total déséquilibre avec le ou les autres micros de l'instrument. Les positions combinatoires d'un micro avec le tout dernier fraîchement acquis seront assez difficile à dompter, le son du micro trop puissant viendra "bouffer" le son du micro associé, au point de dénaturer la combinaison et de la rendre moins exploitable.

Ensuite, c'est le décalage qu'il va falloir gérer, car si c'est utile d'avoir un son plus fort pour passer en solo, ce n'est pas une obligation de jouer le solo avec ce foutu micro aigu! On en a parfois trop, justement, d'aigus ou de puissance, et ça devient criard. On ne "perce" plus dans le mix, on "perce" les tympans. C'est donc un mal pour un bien auquel s'accommodent les plus jeunes guitaristes bricoleurs. Beaucoup revendent leur acquisition en vitesse, il n'y a qu'à voir les offres de très bons micros double bobinage typés métal sur leboncoin! Peu considèrent leur instrument comme un ensemble de sonorités, d'abord dans l'équilibre du niveau de sortie, ensuite dans la combinatoire des micros.

L'absurdité, c'est de chercher à ne changer qu'un micro sans envisager changer au moins l'autre. Car les micros s'adaptent, s'accouplent, se mélangent avec un peu de sagesse. D'abord, il faut les considérer en fonction des guitares: le bois a une incidence sur le son, et les micros se marient au bois de manière plus ou moins réussie. Les AlNiCo sont bien sur de l'acajou, l'aulne ou des tables en érable, les micros à aimants céramiques sur des bois plus "légers" (en densité) comme le tilleul ou peuplier.

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La configuration super-stratocaster (HH) avec un superswitch 5 positions

J'écris ça, mais il n'y a évidemment pas de règle bien définie, hormis dans les applications proposées par les constructeurs, tel le Pickup Picker qui vous prescrit le micro qu'il vous faut en fonction de votre style de prédilection, du bois qui compose votre guitare, ... Il vaut mieux aller rechercher dans les catalogues du constructeur voir si la combinaison de micro n'existe pas sur une série plus haut de gamme (sinon pourquoi remplacer?).

Ensuite, un paramètre tout aussi important, c'est de prendre en compte les caractéristiques physiques du micro: il y a des espacements entre les plots qui correspondent soit au monde Fender (F spaced) qui conviennent aux guitares avec vibrato, notamment Floyd Rose ou sous licence, et ... les autres, avec des plots plus rapprochés, comme sur Gibson et les guitares avec un cordier et un chevalet fixe. Puis il y a les micros aux plots réglables par une vis ou aux plots étages étagés pour correspondre aux touches arrondies typiques de Fender.

Encore un paramètre, c'est l'électronique qui va avec. Un potentiomètre de micro simple à 250 K ne conviendra pas à un micro humbucker qui demande 500 K. encore que je joue personnellement avec un 1000 K en volume pour "lacher" davantage d'aigus. De même, un micro double se combine généralement avec un micro simple central en position splittée. Il faut donc que le micro le permette (4 fils) et que la combinaison ait du sens. Rajouter un humbucker en position aiguë sur une copie de Stratocaster, c'est avoir une position 4 du sélecteur faisant appel au micro bridge splitté et au micro central...

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La configuration super-stratocaster (HSH) alternative avec un superswitch 5 positions et un push/pull (ou un mini switch appelé coil tap)

Enfin, le rendement des micros est souvent décrit en millivolts (spécification du niveau de sortie), ce qui se mesure avec un multimètre si l'on est consciencieux, ou par comparaison avec le niveau de sorte des autres micros de la guitare. C'est là que les mariages "heureux" sont généralement les combinaisons de micros qui n'ont que peu d'écart.

Mais il y a aussi les spécifications de type "tone guide" qui donnent une indication des fréquences, le micro renforçant les graves, médiums ou aigus avec plus ou moins d'intensité. C'est assez subjectif, mais généralement, on définit l'emplacement du micro en fonction de ces caractéristiques et l'on évite de positionner en micro manche un humbucker qui privilégierait les fréquences aiguës, idem pour le micro chevalet qui donnera plus d'aigus de par sa position...

Pour conclure, le micro ne se pose pas par hasard, il doit correspondre à la guitare, à l'autre micro avec lequel il se combinera, mais aussi avec le tirant de cordes. Il s'avère que les micros réagissent différemment d'un tirant à l'autre. Ils seront conformes aux spécifications si l'on reste peu ou prou dans un accordage standard, avec des tirants classiques (09-42 à 10-46). Si l'on ne tient pas compte de ça, on va nécessairement manquer de discernement et faire un mauvais choix.

La quête de polyvalence La seconde erreur, c'est de vouloir que la guitare fasse "papa-maman", c'est à dire qu'on souhaite bien trop souvent, et à tort, obtenir le très américain "best of the both worlds" le meilleur des deux mondes, i.e. Fender et Gibson. Obtenir à la fois les sonorités claires et crunch caractéristiques de la marque Fender et celles chaudes et saturées de Gibson. ... et ce, sans se préoccuper de l'épaisseur du manche, des essences utilisées ni de la jonction corps/manche qui donne soit le sustain, soit la couleur tonale à l'instrument.

On croit alors que des micros normalement achetés pour produire un seul son de qualité dans une configuration de bois et de combinaison bien particulière, on croit que ces micros vont permettre, par je ne sais quel miracle, de produire tout autre chose, souvent à l'opposé. Penser qu'un excellent PAF Gibson, une fois splitté, donnera le son d'un Texas Special, c'est évidemment un doux fantasme, que les fabricants de micros ont contribué à développer.

Il faut d'abord savoir qu'un humbucker, s'il a été construit pour produire un son sans le "hum" parasite des simples bobinages, n'a pas été fabriqué pour produire un son similaire. Le simple bobinage est généralement plus mordant, plus aigu et moins puissant, on l'utilise sur la fin de la course du potentiomètre de volume, manquant de définition à faible puissance. Le humbucker, lui, donne un son plus puissant, plus riche en bas médiums et en basses (plus chaud), et surtout plus "plein", cette rondeur caractéristique le destinant à des sons plus distordus.

Là encore, c'est dans la plus populaire des interprétations, car j'ai entendu d'excellents sons clairs cristallins provenant d'un puissant humbucker, comme des sons riches et dévastateurs avec de bons single coils. Tout est affaire de perception, de rendement et de jeu du guitariste. Les deux micros ont leurs caractéristiques propres, et les guitaristes néophytes mettront peu de temps à distinguer le rendu des uns et des autres, assez simplement (du moins me semble-t-il).

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La configuration Paul Gilbert (HSH) assez simple qui exige un superswitch 5 positions

Or, jamais, non jamais un humbucker splitté (lorsqu'on n'utilise qu'une seule bobine du double bobinage) ne donnera le son d'un micro à simple bobinage, ni même d'un P90. Le son va s'en approcher, le split va apporter la perte de puissance, la bosse dans les médiums et les aigus, un peu du mordant, mais en aucun cas ne va permettre d'égaler un vrai micro simple. Les parasites ajoutent à l'effet un peu de réalisme, mais l'attaque et le mordant n'y sont pas complètement.

De même, la combinaison en série de deux micros simples sur une Strotocaster ne donne en rien le rendu agressif et compressé d'un vrai humbucker. L'effet permet de s'en rapprocher, mais sans vraiment l'égaler... le gain de puissance n'étant pas effectif, cette combinaison permet, certes, de chasser le "hum" sans pour autant donner le même rendement, donc le même rendu.

Reste les combinaisons assez spéciales, et loin d'être inintéressantes, comme le montage en parallèle des deux bobines d'un humbucker plutôt qu'un split ou une utilisation en série. Le son est différent du simple bobinage dans le mordant et l'attaque, la réponse en est plus aigue, moins puissante qu'un single coil mais moins puissante qu'un humbucker, un peu à mi-chemin, avec un son plus fin et parfois assez loin du son du humbucker splitté.

D'autant que les humbuckers sont parfois assez étranges en conception, ils détiennent bien deux bobines, mais qui sont loin d'être équivalentes, seuls les plots d'une d'elles se règlent, et le nombre de spires est différent. Aussi, en split, le rendu est différent du fait que l'on utilise l'une ou l'autre des deux bobines. Et le sens de passage des deux bobines en parallèle donne également une légère différence de son.

Il y a aussi la combinaison hasardeuse de deux micros. Un humbucker en série combiné à un micro simple (classique du HSH ou HSS) peut donner une variation de moindre puissance que le humbucker lui même. C'est l'effet de microphonie et d'annulation. C'est pour cela que je trouve personnellement plus pertinent de combiner des bobines splittées de deux micros H différents en position centrale d'une configuration HH ou HSH.

Il y a aussi une incidence sur le placement du micro et le sens de la bobine. Habituellement, les micros sont montés "face à face", les bobines les plus extrêmes ayant la même polarité. Mais lors des combinatoires avec un micro central, la combinaison de la bobine 1 avec la 3 est différente d'un point de vue sonore de la combinaison de la 2 avec la 3. Même si quelques millimètres séparent les bobines 1 et 2, l'une prend plus d'aigus que l'autre, et comme les humbucker ne sont pas constitués de 2 bobines identiques...

Le seul problème de cette polyvalence, c'est qu'il faut des switches et des câbles. Si aujourd'hui il est courant de monter un push/pull au niveau de chaque potentiomètre, il n'en reste pas moins qu'il y a des "dommages collatéraux" sur la longueur de câble et la jouabilité. En plus de la modification apportée qui complique plus qu'elle ne simplifie, ce qui est un désagrément non négligeable.

Le premier dommage, c'est le rajout inévitable de câbles qui assombrit le son, et c'est plus qu'un constat théorique, même avec un très bon travail, la longueur de câble engendre inévitablement une perte de signal (principalement d'aigus) et un gain possible de parasites et d'effet de masse. Le tout ne se "rattrape" pas avec un Trebble Bleed comme j'ai parfois pu le lire sur des forums peu scrupuleux, ni même avec l'égalisation: la perte d'aigus au sortir de la guitare est une perte qui se répercute et s'amplifie sur toute la chaîne.

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La configuration "Best of both world" (HH) assez polyvalente qui exige un superswitch 5 positions

Le deuxième dommage, c'est paradoxalement le fait que de disposer soudain de 10 positions (ou plus) sous les doigts, si ça rajoute d'énormes possibilités, ça freine énormément la spontanéité dans le jeu et ça finit par le compliquer ou en tout cas demander une habitude certaine. Avec le temps, la sonorité l'emportera sur le visuel, et vous repairerez la sélection (sélecteur + push/pull) de manière auditive. Mais au début, c'est cruellement déroutant, d'autant qu'on ne sait pas vraiment, au départ, que toutes les combinaisons ne sont pas vraiment exploitables.

En effet, ce n'est pas tant qu'elles soient redondantes, car parfois les schémas de câblage amènent à des combinaisons identiques, mais surtout qu'elles ne sont pas réellement exploitables. Le son n'est pas bon, il manque de puissance, de définition, ... même si le schéma est efficace sur le papier, le rendu s'en voit compromis, au point de ne jamais être exploité, ça en devient déroutant. Il faut alors compléter de boosters ou égaliseurs pour obtenir un rendu exploitable, ce qui n'est pas forcément un gage de simplification.

Restent enfin les améliorations qui parfois conduisent à des résultats assez complexes à mettre en œuvre. Le kill switch est de plus en plus présent de série sur les dernières guitares métal. Cet effet est venu s'implanter sur nos guitares pour apporter ce traitement rythmique caractéristique, au détriment d'un montage pas trop artisanal: bien souvent, l'inter placé avant le volume ne donne pas un rendu très clean, au risque de dénaturer (parfois) le son général.

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La configuration Herman Li (HSH) assez complexe et très versatile qui exige un superswitch 5 positions et un push/pull

D'autres switches sont placés pour engendrer des filtres passe haut ou passe bas. Le principe du trebble bleed est basé là dessus, on pose une résistance et/ou un condensateur pour compenser la perte d'aigus. Cet ajout actif est certes sympathique, mais il demande un savant dosage et n'est évidemment pas de valeur unique, il dépend des micros, des potentiomètres utilisés, et dans tous les cas, vient "freiner" le rendement du potentiomètre de sortie lorsque l'on joue sur l'intensité du volume. Placé sur un switch ou un push/pull, il donne un rendu plus fluide et propose un réel effet plutôt qu'une compensation (voir les modèles signatures de Joe Satriani).

Reste encore les combinaisons assez fantasques qui consistent à utiliser des potentiomètres linéaires plutôt que logarithmiques (le standard audio) pour avoir une autre action sur la course, ou bien utiliser des valeurs différentes de celles préconisées par les constructeurs. J'ai constaté un réel mieux dans les aigus et le signal de sortie avec un potentiomètre logarithmique de 1 Meg en volume, et ceci malgré les conseils avisés de luthier qui m'inquiétaient en affirmant que j'allais accentuer les bruits parasites.

Van Halen utilisait uniquement qu'un seul potard de 1 Megaohms en volume (et pas de tonalité) sur un humbucker Gibson PAF sois-disant dysfonctionnant puisqu'une seule bobine était réellement connectée. Paul Gilbert a déplacé le bouton de volume à la place de celui de tonalité (qui lui a disparu) pour avoir un meilleur accès, ce qui le limite dans les effets de violonning mais permettait surtout de ne plus disposer de tonalité (comme Eddie Van Halen), ce qui a eu pour effet d'accroître le signal de sortie et les aigus.

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La configuration Tony's special (HSH) avec le humbucker manche en parallèle en position 2 (couleur orange) et qui exige un superswitch 5 positions et qui offre les meilleures combinaisons d'un point de vue personnel

Comme quoi, plus il y a d'intermédiaires entre le micro et le jack de sortie de la guitare, moins le signal est pur, plus il est altéré. Le fait d'utiliser des potentiomètres et des sélecteurs de qualité (donc de prix) y fait aussi beaucoup. Les soudures doivent également être au top, les câbles intermédiaires les plus courts et de la meilleure qualité qu'il soit. Enfin le blindage de la cavité électronique est primordial pour un son bien propre et riche en basses.

Pour terminer, veillez à respecter le raccordement à la masse de tous les cartes métalliques (vibrato, sélecteur, potentiomètres, push/pull et switches) ainsi qu'à souder toutes les masses en un seul et unique point (puits de masse) qui sera, lui, raccordé à la fiche jack; la multiplicité des masses engendre des pertes de signal.

Les prisées et les alternatives

Il est presque devenu un standard: le type SSH ou HSS selon que l'on se place depuis le manche ou le chevalet, qui devient un modèle de polyvalence. Et le HSH qui reste parmi les évolutions proposant le pire compromis entre le HH de Gibson et le SSS de Fender... Pourtant, que de déceptions dans les configurations proposées et que de choses à retenir ou écarter.

Position 1

Premier constat, le micro simple est très prisé en position grave (ou manche) sur les Stratocasters comme les copies. Le rendu à la fois dynamique et riche est utilisable en blues, en sons crunch ou clairs, pour des rythmiques ou des voicings très musicaux. C'est un standard, que l'on déplore de trouver sur les configurations HH ou HSH, puisque le humbucker splitté ne produit pas vraiment un son équivalent à un vrai single coil.

On a donc peu à faire, sinon de privilégier cette configuration afin de s'attaquer aux styles correspondant, rock, pop ou funk, le son est généralement assez mordant et puissant pour donner assez de subtilité à l'attaque et présenter un jeu avantageux, assez riche en fréquences basses (micro près du manche) et suffisamment dynamique (simple bobinage) pour de très bons sons clairs et légèrement crunch.

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La conception d'un micro vintage avec une plaque aimantée en AlNiCo

Impossible à obtenir en standard sur les Gibson et copies, le son s'approche par le split, et pas n'importe lequel, du humbucker manche, donc en permettant via un push/pull de n'utiliser qu'une seule des deux bobines, si possible, la plus puissante. Évidemment, on a les souffles et les parasites, mais ça fait partie du deal, et ça rajoute du charme.

Attention cependant à ne réaliser ce split que sur certains micros. Opportuns sur des micros à niveaux de sortie faibles (vintage) ou médium (série Air), il reste crédible jusqu'au PAF, voire guerre plus en manche. Au-delà, les micros AlNiCo trop puissants et de conception différentes comme les céramiques ou même les micros actifs, ne donnent pas le même rendu, proposant un son qui devient moins crédible que celui obtenu avec une strat, à mon avis bien trop "propre", comprenant trop de bas médiums et de rendu assez "acidulé".

Je tempère mon propos sur le rendu des micros actifs qui reste impressionnant et tout à fait convenable, bien que trop "propre"; personnellement, j'ai été bien plus impressionné par la richesse des micros actifs en son clair qu'en saturé ou de puissants micros passifs apportent plus de chaleur et ces imperfections des bosses médiums, cette compression naturelle dans les amplificateurs à lampes, ...

Autre alternative au split, le fait d'utiliser les deux bobines en parallèle. Le son est un petit peu plus puissant qu'un simple bobinage vintage (mais moins qu'un P90), et probablement plus brillant, ce qui est intéressant sur le micro grave. L'équilibre obtenu est parfait pour les rythmiques, la définition et le spectre sonore étendu, c'est propre et sans souffle. On a donc un "dual sound" des bobines (en série et en parallèle) qui restent deux sons exploitables.

Ensuite vient évidemment la position 1 de Gibson, le son humbucker en série, défini, riche, qui permet de prendre les solos comme les rythmiques en saturé, qui tolère le jeu à la fois sur le volume pour éclaircir le gain et sur la tonalité pour assombrir ou subtilement s'approcher d'un son jazzy. C'est la configuration rythmique qui fait défaut aux configurations SSS et qui se retrouve sur les guitares dédiées à un rock plus hard.

Évidemment, le son se veut moins puissant que celui du micro utilisé en position chevalet sur les Gibson, et c'est d'ailleurs courant de monter un micro délivrant un moindre niveau de sortie à cet emplacement. Du coup, les malins qui on joué l'inversion trouvent des combinaisons parfois moins musicales.

Position 2

Deuxième constat, la position "intermédiaire" chère à la Stratocaster, qui n'existait pas sur les premiers sélecteurs. En effet, les guitaristes on trouvé par hasard, intuitivement la position 2 en positionnant au milieu le sélecteur alors 3 positions. La combinaison du micro manche avec le central donne un rendu moins dynamique, mais sans aucun souffle, qui a fait la renommée de la marque.

Beaucoup d'enregistrements ont été obtenus par ce mélange hybride de deux simples bobinages de la configuration SSS (et SSH), ou à la rigueur d'un split de humbucker et du simple central de la configuration HSH. Un son passe partout, principalement pour un jeu en son clair, assez cristallin car le micro central ajoute de subtils aigus, et suffisamment défini en basses du fait du micro manche.

Si ce n'est la puissance, cette position jouit d'un formidable équilibre tonal, mais ne tolère pas tellement les subtilités de jeu sur les potentiomètres de volume et de tonalité. Il faut tout laisser à fond et se contenter de jouer sur l'attaque. Cette position permet de beaux sons clairs, des arpèges bien définis et du "remplissage" rythmique assez efficace.

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La configuration SSS de la strat a fait l'objet d'une évolution avec des micros simple bobinage de conception vintage mais sans bruit parasite (plus de "hum"), un gain de puissance et le mordant caractéristique du single coil tout en présentant un meilleur équilibre tonal

L'alternative à cette position sur Gibson n'existe pas. Elle découlerait, sur la position centrale du "toggle switch" ou sélecteur 3 positions, à n'utiliser qu'une seule des deux bobines de chacun des humbuckers, ce qui est une configuration très particulière, les deux humbuckers étant en série à cet endroit là. Cependant, la polyvalence apportée par ce réglage et le fait de disposer de deux boutons de volume permet éventuellement d'amener sa Gibson (ou copie) sur le terrain de jeu des Fender en disposant de configurations s'approchant des simples bobinages, et avec le jeu des volumes seuls ou combinés.

Sur une configuration 5 positions, en SSH ou HSH, la position 3 reprend parfois ce principe en chaînant en série deux bobines simples issues du split des humbuckers. Ça donne une configuration hybride d'un humbucker virtuel composé de la combinaison d'une des bobines de chaque humbucker. C'est un rendu cependant intéressant que l'on retrouve en position 3 des guitare Vigier Excalibur ou en position 4 des RG Ibanez.

L'équilibre sonore grave et aigu est bon, et si la combinaison conduit à un humbucker artificiel assez moyen, il donne un son intéressant à mi-chemin entre les positions 1 et 5, qui offre bien plus de subtilités que les deux doubles en série (à mon sens). Sans réelle perte de puissance, le son produit reste très bien défini et répond, lui, convenablement aux baisses du potentiomètre volume ou de tonalité.

Ce rendu n'est souvent possible qu'avec un sélecteur particulier (SuperSwitch Fender, MegaSwitch Shaller, VLX91 chez Ibanez), et un câblage soigneusement sélectionné. Je l'affectionne particulièrement dans la mesure où j'ai respecté une certaine homogénéité des niveaux de sortie dans mes micros graves et aigus. Si le décalage était plus important, cette position hybride ne donnerait évidemment pas le même rendu.

Position centrale ou position 3

Pour en revenir à cette position de milieu de switch, elle est souvent très décriée. Soit c'est juste le micro central, dans les configurations SSH, HSH ou SSS, soit c'est un son très "bourrin" lorsque l'on est en HH. La Telecaster et sa configuration originelle SS est bien plus chanceuse, car la combinaison intermédiaire devient alors opportune, comme le décrit les 3 paragraphes au-dessus.

Mais quelle plaie: personnellement, le son du micro central seul ne présente aucun intérêt. Ni bien défini en grave ni en aigu, il semble là juste pour subvenir à des besoins de micro simple bobinage dans les configurations HSH. Pour faire un raccourci, le micro simple central ne présente un intérêt que combiné en positions 2 et 4. À mon sens, l'acidité du rendu ne le rend pas exploitable autrement.

Enfin, la position intermédiaire ou centrale sur Gibson ou sur les Ibanez RG, donc des configurations HH, ne présente pas non plus un grand intérêt. Beaucoup de niveau de sortie, quelques fréquences qui "se bouffent" qui donne un rendu assez brouillon.

C'est puissant, complet, défini, mais ça manque de caractère, et c'est à mon sens trop proche de l'un ou de l'autre des humbuckers (souvent du humbucker aigu ou chevalet, tant la différence de niveau de sortie est plus importante sur ce micro). Je lui préfère donc un bon son en position 5, où les harmoniques et l'attaque ressortiront bien mieux, d'ailleurs.

Position 4

S'il est une position "en trop", en tout cas dans les styles que je privilégie, c'est cette position un peu étrange qu'est la 4. En SSS, HSH et SSH, c'est une position qui allie en standard, la bobine centrale et le micro aigu (soit simple bobinage en SSS, soit splitté en HSH et SSH). Le son est souvent assez fin, moins "plein" que la corrélative position 2, ... moins exploitable.

Il est des styles musicaux où, par exemple en funk, la position 4 peut être prisée. Le son me paraît assez fin, aigu et presque nasillard. Il peut être utilisé en arpèges assez cristallins, ou en rythmiques puissantes au médiator, mais il ne dégage pas assez de volume pour des "cocottes" ou même un riff. Si certains jouent aussi sur la tonalité pour l'assombrir, ils perdent en définition et... ça ne le fait pas.

Battle's guitar

La guitare signature Andy Timmons qui propose une configuration HHH dispose d'une position centrale (3) et intermédiaire chevalet (4) à la fois toutes deux puissantes et polyvalentes

Parfois, cette position allie les deux micros doubles splittés, c'est le cas sur les Ibanez HH par exemple, et là, c'est intéressant. Parfois, lorsque le sélecteur ne le permet pas, que l'on n'a pas de push/pull ou lorsque l'on n'a pas de micro chevalet splité, en HSH ou SSH, c'est carrément le micro central + le humbucker chevalet: là, on a un son à mon sens moins efficace que la position 5 du humbucker avec les deux bobines en série, souvent moins puissant (des signaux s'annulent) et surtout moins intéressant du fait que l'adjonction de la bobine centrale n'affecte que très peu le rendu final, le humbucker chevalet se voulant généralement bien mieux placé et puissant.

La seule vraie alternative, c'est lorsqu'on retombe sur un câblage hybride où, par exemple la position 4 correspond au split du humbucker chevalet, tout simplement. C'est parfois le cas en HH, c'est aussi souvent bien utile pour retrouver une configuratioin chère au SSS, avec un simple bobinage (ou presque) en position chevalet, comme sur la Stratocaster originale.

Parfois, c'est les deux bobines du micro aigu qui fonctionnent en parallèle, ce qui donne un son différent du humbucker splitté, notamment dans cette position aiguë où la puissance est de mise. Les sweepings fonctionnent bien en clair et la puissance alliée à la clarté donne un côté très exploitable et intéressant.

Mais ça reste une position bâtarde, présentant un fort contraste avec la position suivante, la 5, qui se veut dévastatrice et efficace, principalement en soli saturé. C'est peut-être la position de trop, mais dans tous les cas, si le sélecteur le permet, ce doit être celle qui sera le moins utilisée, celle qui laissera libre court à ses expérimentations, à condition de rester cohérent, il ne faudrait pas revenir vers des combinaisons hybrides comportant trop de graves ou couplant un micro manche, car là, ça devient de suite moins musical.

En effet, dans le feu de l'action, le sélecteur présente une certaine logique tonale. Il est d'ailleurs souvent considéré comme un curseur de positions figées allant du grave à l'aigu, avec une logique, un sens qui a ... du sens. Il faut aussi savoir que ce type de combinaison, même avec l'habitude, doit correspondre à une certaine logique et une musicalité qui "tombe sous les doigts" assez naturellement.

D'ailleurs, à mon grand âge, les switches et autres push/pull à la pelle, c'est plus un handicap qu'une possibilité, ça freine plus que ça n'ouvre. Il faut souvent une sacré pratique technique pour jongler avec le sélecteur, le volume, la tonalité et un ou deux switches... souvent, la simplicité prendra le pas sur l'efficacité, au détriment de la polyvalence, et je préfère un instrument qui fasse peu mais bien plutôt qu'une guitare qui tente de faire tout mais moins bien...

Position 5

Plus d’ambiguïté, c'est souvent le micro aigu. En SSS, il est simple, en HH, SSH ou HSH, il est double bobinage, et il peut éventuellement être splitté par un push/pull. C'est la position souvent utilisée en solo lorsque le son est distordu, saturé, celle qui, de par la configuration, sera la plus puissante, jouée là où les cordes vibrent le moins mais donnent un rendu puissant, une dynamique sans faille, des harmoniques efficaces.

De Jimi Hendrix à Jeff Beck, c'est une position solo, de Vai à Satriani aussi, et c'est pour ne parler que des gros sons. Sa musicalité vient à la fois de la puissance et du niveau de sortie de l'instrument qui est là le plus élevé. Cette position se prête tant aux pirouettes techniques que Eddie Van Halen n'en avait qu'une seule. C'est aussi ce que l'on trouve sur les simplissimes guitares en H (seulement un humbucker) dans le rock (dans le jazz, le H est en grave sur des guitares archtop).

Battle's guitar

La guitare signature Eddie Van Halen ne dispose que d'un seul et efficace humbucker. Un seul style, mais rudement bien !

On a là le plus haut rendement, mais une exploitation rare en son clair. C'est là qu'on souhaite faire crier l'ampli, pleurer la distorsion ou aller au-delà des limites avec une overdrive ou un fuzz. C'est aussi là que l'on pratique les cabrioles avec son Floyd Rose, que l'on pique les harmoniques artificielles et que l'on joue un peu plus avec le larsen.

Cette position est normalement la position ultime, qu'il est souvent inutile de nuancer du volume ou de la tonalité. On a un son efficace, on corrige à l'ampli, et ... let's go! C'est aussi la position sur laquelle on opère parfois le premier changement de micro, pour un trop puissant, celle qui se veut techniquement la moins "vintage" (et pourtant), celle qui permet aux meilleurs comme aux moins bons de s'éclater.

Il serait déroutant de ne pas avoir cette position, que l'on vienne d'une philosophie Gibson ou Fender. Les guitar heroes ont déjà quaisment tout exmploité, et c'est pourtant là que l'on revient habituellement. Attention toutefois à une chose, un bon micro de conception vintage (niveau de sortie mesuré, aimants AlNiCo) offrira un rendu plus que satisfaisant avec un bon préampli à lampes... Il n'est pas besoin d'avoir un micro destructeur pour être efficace dans cette position, au contraire, elle est naturellement plus aiguë et plus puissante, il faut donc de la "pêche" mais pas un micro destructeur.

En conclusion

Avant de remplacer un micro, il faut probablement raison garder: prévoyez un simple push/pull, l'opération la moins "invasive" qui ne va engendrer aucune "opération" grave sur la lutherie. Pour quelques euros (20 € maximum), un switch qui se place en lieux et place d'un potentiomètre sera le premier facteur qui apporte une modification certes sommaire qui offrira une configuration, un réglage particulier donnant une nouvelle possibilité à ta guitare.

Ensuite, un remplacement de switch ou de sélecteur (35 € maxi) sera l'élément qui permettra une nouvelle combinatoire des micros, et surtout une plus grande ouverture soit vers plus de polyvalence, soit un surcroît de sons bien personnels, typés comme il se doit.

Enfin, c'est un ou mieux deux micros (90 € chaque) qui seront changés, pour approcher (sans les atteindre) les sons que vous convoitez. Soyez mesurés dans vos choix, les possibilités offertes par des micros trop puissants sont moindres que celles de micros passe-partout ayant fait leurs preuves (comme le PAF de DiMarzio). Apprenez à écouter votre guitare et non vos envies, tous les micros ne conviennent pas à tous les bois et tous les styles de jeu...