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les "ustensiles" pédagogiques




Il s'agit là d'un ensemble d'outils ayant quelque peu évolué avec l'avènement du numérique, et qui peuvent à la fois faciliter l'apprentissage de la guitare et celui du placement rythmique. On va donc parler principalement de ces outils-repères qui permettent de travailler l'instrument, et qui ont également une fonction détournée sur scène, principalement pour les loopers, mais je connais certains musiciens, notamment des batteurs, qui usent d'un bip dans leurs retours auditifs pour conserver le tempo.

On dénombre plusieurs accessoires, tous ayant trouvé leur pendant informatique, l'ordinateur apportant des fonctionnalités bien plus intéressantes... Mais ce qui compte, ce n'est pas réellement leur utilisation, chacun présentant sa propre interface, mais plutôt la finalité de l'usage, qui s'il paraît superflu à certains, devient tout de même de plus en plus commun.

Le jeu "par-dessus"

Ça semble complètement trivial, mais j'en connais qui, dépassés par de nombreux artifices technologiques, ont oublié que nos ancêtres guitaristes ont quasiment tous joué "par-dessus" le disque. Aujourd'hui, encore plus de possibilités existent dans les multi-effets notamment, mais aussi dans les amplificateurs d'étude, d'insérer une source sonore au format mini-jack : l'entrée AUX IN.

Avant, sans cette fonctionnalité, le 33 (ou 45 tours) ou la cassette tournait sur la chaîne hi-fi, l'ampli était posé pas très loin, et l'on multipliait les allées et venues pour avancer ou reculer le morceau, la guitare en bandoulière cognant régulièrement un coin de bureau ou de lit. Ensuite, avec les CD, on a aussi eu les mini-chaînes avec télécommande, et la manœuvre était simplifiée, mais le "mixage" était le même et les branchements aussi complexes.

Aujourd'hui, avec le MP3, on a tous la possibilité de brancher un mini jack stéréo à son lecteur ou son téléphone pour envoyer la sauce direct dans l'effet pour guitare, et le "mix" se fait en baissant une source et en augmentant une autre. On peut ainsi jouer au casque avec d'improbables musiciens accompagnateurs, et faire preuve de pas mal d'esprit critique pour tenter de progresser, tant sur le fait d'améliorer le son que sur la technique de jeu, et ça, … dans le tempo forcé du morceau original.

Battle's guitar

Certes, l'outil est un peu rustre, et s'il est pratiqué par le plus grand nombre, son intérêt pédagogique réside dans le fait qu'il est toujours moins mauvais que de jouer "dans le vide". Il ne permet pas forcément de progresser réellement, car il n'est pas toujours possible de réduire le tempo pour les passages rapides à travailler, de tomber bien juste avec l'accordage du groupé écouté, … mais dans tous les cas, il met en confrontation avec une certaine réalité qui nécessite une bonne prise de recul pour avancer et progresser.

L'enregistrement

Le complément de la première pratique, le jeu "par-dessus", c'est l'enregistrement. Inutile d'avoir un multi-pistes pour ça, ni même une installation avec mixage, micro et autres équipements de traitements informatisés, … ça freine la spontanéité, la prise de recul et la réflexion qui se déduit de l'écoute. S'écouter jouer "par-dessus" permet d'avoir une écoute critique sur son jeu, tant sur le plan technique que sonore. C'est un exercice parfois cruel, mais ô combien nécessaire.

Pour ça, pas la peine d'avoir un outil bien compliqué, un vieux dictaphone ou même la fonction Record de votre téléphone permettra d'être efficace rapidement. Le seul hic, ce sera dans la qualité du repiquage qui imposera de calculer un placement précis du micro par rapport aux sources sonores dans la pièce, afin de ne pas avoir un son trop brouillon ou encore une source sonore plus importante qu'une autre si vous jouez avec à la fois votre ampli et votre chaîne hi-fi.

Il existe des enregistreurs qui aujourd'hui intègrent bien plus qu'une simple fonction d'enregistrement au travers d'un micro. Certains permettent aussi de modérer ou accélérer le tempo du morceau original sans en affecter la hauteur des notes, mais aussi de transposer "à la volée" une source MP3 plusieurs demi-tons au-dessus ou au-dessous. Enfin, certains outils permettent de gommer certaines pistes originales : vous isolez la piste de guitare, par exemple, et c'est seulement la votre, celle que jouée "par-dessus" qui figurera sur l'enregistrement.

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Les manipulations sont assez nombreuses, les branchement et l'installation du dispositif assez lourds, ce qui rallonge le temps d'une séance de travail, mais les possibilités pédagogiques offertes par ces mini enregistreurs sont tout à fait intéressantes, au-delà des fonctions de composition ou de sampling que l'on n'abordera pas ici. Ces enregistreurs intelligents vous positionnent en tant qu'acteur du morceau, dans le tempo et la tonalité qui vous arrange, ce qui permet de progresser indéniablement.

Les backtracks

De nombreux sites et quelques logiciels proposent des backtracks pour guitare, sortes de fichiers MP3 préparés au karaoké des guitaristes. Un morceau original est retravaillé ou bien rejoué (attention, je ne pense pas ça légal !) sans le guitariste, ce qui vous permet à la fois de vous insérer en tant que musicien de ce groupe virtuel et bien sûr progresser du fait de vous placer en immersion dans le morceau.

Bien entendu, l'autocritique n'est possible qu'au travers d'une écoute de ses enregistrements, mais l'outil vous aide au mieux (et au plus simple) à positionner vos parties de guitare sur des pistes de qualité parfois critiquables mais suffisantes pour travailler. Ce n'est jamais une finalité en soi que de jouer pour soi sur une backtrack, la finalité, c'est d'enregistrer et publier son jeu (vidéo Youtube, album), ou mieux, de se produire (éventuellement sur scène) avec un vrai groupe en lieu et place des instruments virtuels.

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Les logiciels comme GuitarPro permettent évidemment de proposer des morceaux adaptés au playback guitare, tout en faisant défiler une partition à la fois en solfège et tablature (+ grilles d'accords) en temps réel, ce qui permet de travailler un morceau au mieux. La fonction logicielle d'enregistrement, à condition de disposer d'une bonne interface son dans laquelle vous brancherez votre multi-effets, vous permettra de porter un avis critique sur le rendu final.

Il est même possible, en fonction des compatibilités avec vos interfaces et logiciels, d'apporter des traitements "post-production" par une kyrielle de plug-ins et autre traitements logiciels, mais là encore, on dépasse la fonction pédagogique de l'outil, le destinant à l'activité multi-pistes du guitariste home-studiste.

Le looper Les loopers ont fleuri dans les pedalboards des guitaristes depuis quelques années, intégrés parfois à des delays numériques, comme dans les multi-effets. Certes, la fonction première est d'enregistrer une partie de guitare et de pouvoir la jouer superposée à une autre partie : vous enregistrez un gimmick rythmique et jouez un autre, ou le solo, par-dessus.

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C'est fort utile en groupe lorsqu'il n'y a qu'un guitariste ou plus de parties guitares que d'instrumentistes, et si ça nécessite une bonne maîtrise, en live, de l'outil (on fait un peu "des claquettes"), le rendu est bien plus efficace. Saviez-vous que le looper est un excellent outil pédagogique qui permet principalement de travailler son placement, d'autant qu'utilisé hors du contexte de jeu en groupe, il permettra de travailler plusieurs parties de guitare (un soliste se doit de jouer la rythmique pour bien être "dans le morceau").

Le looper est enfin excellent pour la coordination, le travail des superpositions des sons et l'écoute des corrections de fréquences que l'on n'a pas toujours la possibilité de déceler lorsque l'on joue en groupe : la rythmique et le solo on nécessairement des sons différents, des fréquences qui ne se "bouffent pas" les unes et les autres, des delays synchronisés et des chorus dont la profondeur ne nuira pas au mixage de l'autre piste, pareil pour les réverbérations que l'on a tendance à "ouvrir" un peu trop pensant ainsi flatter le son...

Séquenceurs et boîtes à rythmes

Au début de l'ère numérique dans les années 1980, les sons synthétiques prédominaient la pop et sont restés dans les styles de musique les plus "abordables", ces musiques qui font danser en night club et discothèque ou que l'on écoute très fort dans des voitures. Les batteurs ont été plus rares, et leur prestation aisément remplacée par des boîtes à rythmes.

Le principe est simple, un tempo, des "paterns" qui constituent à des mesures de batterie (grosse caisse, caisse claire, charleston, cymbales, …) à intervalles précis et totalement programmables. On reproduit donc artificiellement le jeu d'un batteur sur des séquences de temps que l'on enchaîne dans une longue liste composant le morceau. C'est précis, propre, facile à enregistrer et … sans réelle âme.

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Si ça a eu le mérite de simplifier l'industrie musicale en se passant complètement d'un musicien sur scène comme en studio, ça a contribué à la composition par les non batteur (guitaristes ou claviéristes) qui furent alors à même de jouer un accompagnement rythmique en juxtaposant une ligne de basse, une rythmique de guitare ou tout autre instrument.

Pour l'apprentissage, c'est hautement pédagogique. D'abord car programmer un pattern, c'est savoir décomposer une mesure comme un batteur, avec les temps forts, l'alternance grosse caisse et caisse claire, et donc permettre de placer un riff efficacement avant d'entrer en répétition avec, alors, un vrai batteur (je vous le souhaite).

Mais c'est aussi très enrichissant de par la variété des programmes d'usine (les presets) programmés à l'origine "en dur" dans le module, et qui reprennent les principaux styles de musique. Il est alors assez simple de jouer un plan de guitare en fonction des rythmes sélectionnés, et comme les paramètres les plus basiques sont sur le réglage du tempo, il est alors possible de s'entraîner sur des plans rapides à un tempo ralenti en quelques manipulations (certains dispositifs ont une fonction tap tempo, comme sur le delay pour simplifier encore ce paramètre). L'intérêt pédagogique est alors évident, sur l'utilisation d'une simple boîte à rythme, il est possible de s'entraîner pour un grand nombre de morceaux avec des variations de vitesse assez simples à modifier.

Il existe des modules semblables à la boîte à rythmes, mais intégrant des séquences d'accompagnement : ligne de basse, nappe de clavier, … C'est d'autant plus intéressant que des morceaux sont programmés dans divers styles comme reggae, rock, pop, ballade, slow, blues, jazz, … ce qui permet de jouer quelques plans assez standards et d'improviser.

Attention, la programmation devient vite laborieuse et le rendu sonne souvent "bateau", mais c'est un extraordinaire outil pour passer des gammes, d'autant que, comme pour le tempo, la tonalité du morceau et les progressions d'accords sont paramétrables (il sera facile de transposer le morceau blues en La alors qu'il est en Fa). L'improvisation se développe alors avec un outil d'accompagnement assez sympa, même si les sons synthétiques manquent parfois de réalisme.

Plus basique, mais efficace

Aujourd'hui, il n'est pas d'outil inexistant au format logiciel. De l'accordeur au métronome en passant par le dictionnaire d'accord (chord finder), on trouvera tout type d'application pour venir en aide au guitariste aussi bien sur son ordinateur que sur son téléphone portable.

Cependant, restant assez "vieille école", je n'aime pas vraiment tout mélanger, et un accordeur dédié reste à mon sens un investissement indispensable. Certains intègrent même une simple fonctionnalité de métronome (tiens on l'avait oublié celui là) et c'est loin d'être gadget.

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En effet, le fait de disposer d'un simple métronome mécanique ou à pile permettra de la même façon de travailler son placement rythmique sans se ruiner ni passer de temps à programmer une séquence complète.

Enfin, pour simplifier l'enregistrement ainsi que la ré-écoute, le recording du téléphone ou un simple dictaphone permettront de pallier économiquement aux besoins d'enregistrement sans avoir à générer des fichiers au format wav ou mp3. Pas la peine d'un micro ou d'un ordinateur, les substituts proposés proposent un niveau d'enregistrement et d'écoute satisfaisant, on n'est pas à entrer en studio mais à corriger son niveau de jeu.

Bien sûr, le fait de disposer d'un looper ou d'un ordinateur ouvrira nécessairement l'horizon du musicien avide de compositions ou d'arrangements, tout en permettant de progresser convenablement avec des outils réellement adaptés. Mais n'oublions pas la finalité : progresser, affiner son apprentissage par des plus pédagogiques et des accessoires qui aident à développer son jeu et non son set de matériel...