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le numérique




Le numérique est arrivé avec l'évolution majeure de l'électronique de composants, principalement avec le micro-processeur qui offre des possibilités de traitement que l'on rencontre aujourd'hui dans notre quotidien, de l'ordinateur de bord de la voiture familiale à la télévision ou le téléphone portable, tout est devenu intelligent !

Intelligent jusqu'à quel point ? Probablement de manière infinie, puisque les évolutions fleurissent quotidiennement, que les innovations vont sans cesse plus loin les unes que les autres, à tel point que la "révolution numérique" dont on parlait en fin du siècle dernier apparaît sincèrement dépassée aujourd'hui.

Vous avez tous en tête le fait de rentrer dans 3 sous-menus pour régler les basses de votre auto-radio. Le Numérique et la miniaturisation qui en découle n'a pas nécessairement entraîné que de bonnes choses, mais c'est toujours mieux qu'un poste autoradio sans réglage d'égalisation. On retrouve bien souvent l'expression "usine à gaz" pour ces évolutions notables, ce qui peut freiner quelque peu la spontanéité.

Mais si l'on considère son besoin d'être assez direct, le numérique a permis pour un moindre coût de proposer des produits très compacts, permettant aux guitaristes débutants comme aux confirmés de jouer au casque, s'enregistrer sur ordinateur, disposer d'une très large polyvalence sonore pour un budget, lui, extrêmement serré... N'accablons pas le numérique de tous les maux ! Il subvient à des besoins divers, autant pour les débutants curieux et envieux que pour les guitaristes confirmés ayant besoin de précision et de jouabilité.

Sans entrer dans des processeurs haut de gamme, un multi-effets basique intègre bien souvent bien plus de sons que nécessaires et son utilisabilité n'est en définitive complexe que pour ceux, les difficiles, qui ne peuvent se satisfaire des réglages de base (ceux que 80 % d'utilisateurs utilisent par défaut). Les logiciels apportent autant de polyvalence sinon plus (grâce à leur évolutivité permanente), et hormis le pilotage d'effets au pied (tap tempo, wah-wah ou wahmmy, voire pédale de volume), il n'y a pas de grande différence avec les modules de sol.

Et si le domaine qui nous intéresse aujourd'hui en définitive nous concerne directement, il faut tout de même relativiser avec quelques éléments historiques :

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Le module Ibanez Virtual Amp 3 (VA3) a été un des premiers modules à proposer des sons numériques de distorsion issus de l'émulation de sons originaux. Le rendu était formidable à l'époque mais vraiment décevant comparé aux Digitech, Zoom et Line6 d'aujourd'hui !

En regard de tout ça, on peut se poser plusieurs questions :

De nombreux éléments nous poussent à nous intéresser à ce qui touche aux nouvelles technologies, principalement dans le cadre de la pratique de la guitare électrique, puisque au travers des équipements devenus standards aujourd'hui, comme l'ordinateur, la tablette tactile ou le smartphone, de nombreuses possibilités nous sont offertes pour un coût évidemment réduit, puisque nous disposons d'une "base" permettant les calculs complexes exigés par les technologies numériques.

En effet, l'ordinateur a permis assez rapidement de numériser des documents papier et de stocker et échanger nombre de partitions et autres méthodes au format PDF. Il a aussi permis d'autres dérives de numérisation, comme le fait de passer d'un format audio sur CD à celui d'un format portable (échangeable, transférable et piratable) comme le MP3, ou pour la vidéo, de transformer l'équivalent DVD en fichier Divx.

Si beaucoup lui reprochent d'être à l'origine de l'effondrement des ventes de CD, de DVD ou de partitions, il faut reconnaître qu'il facilite également l'accès à de nombreuses œuvres musicales en permettant la vente de musique numérisée (iTunes, ...) ou la diffusion de vidéos promotionnelles via YouTube. Si ces médias ont permis la démocratisation d'extraits illégaux de musique, il faut reconnaître qu'ils ont aussi rendu possible la visualisation d'un concert de Chickenfoot au fin fond des régions les plus reculées de l'hexagone, comme du globe (voire plus ...).

On ne se rend pas forcément bien compte, parce que les plus anciens (dont je pense faire désormais partie) font la même démarche que moi, en ayant vu se décliner les différents stades de l'évolution, ils restent partagés entre le fait qu'avant, avec très peu, on faisait du bon, et qu'aujourd'hui, si les choses vont (trop) vite, elles sont considérablement simplifiées, surtout si l'on n'a aucun scrupule à avoir accès illégalement à de nombreux enregistrements.

Et dire que gamin, c'était la course à celui qui remplissait le plus son étagère de disques 33 tours à la maison. On trouve un parallèle avec des disques durs entiers de MP3 ou fichiers AVI... Mais il subsistait autrefois une forme de fierté à avoir payé chacun de ses disques, chacune des VHS, alors qu'aujourd'hui, il est très facile de disposer de plusieurs téraoctets de musique volée sur la toile.

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La carte son externe Edirol, produite par Roland (comme Boss) est une des interfaces professionnelles les plus accessibles du marché et jouit d'une excellente réputation.

C'est un tout autre problème que celui du numérique, mais je ne pouvais pas en parler sans pour autant évoquer ce point crucial. Je peux aussi tempérer en disant qu'en payant 0,99 € par titre, il est quand même possible de posséder des centaines ou des milliers d'albums virtuels sur un disque dur ! Il devient même possible de visionner un concert sans avoir à en payer la place ni bouger de son fauteuil et ce, quelques heures seulement après qu'il se soit déroulé...

Mais l'informatique a aussi beaucoup apporté, qu'il s'agisse d'interface (carte son) ou de logiciels (les programmes), les évolutions ont permis d'apporter aux utilisateurs des fonctionnalités qui n'étaient jusqu'alors que réservées aux studios d'enregistrement. Aujourd'hui, il existe une palanquée de programmes (même freewares) permettant, par exemple, de jouer des instruments virtuels, de construire un accompagnement clavier, basse et batterie en quelques minutes : les séquenceurs. Fini la boîte à rythme !

Les cartes sons ont évolué, acceptant les entrées pour instruments comme les entrées ligne (Line in) d'un signal mixé, ce qui permet de traiter tous les signaux externes, celui d'une guitare comme d'un fichier MP3 et le traitement qui en découle permet de supprimer certaines pistes, travailler le tempo, la hauteur des notes, .... de quoi se constituer un super play-back pour guitare.

Il est bon de rappeler que le branchement direct d'une guitare électrique (d'une basse), s'il est possible avec un simple adaptateur on un jack adapté, ne produira en aucun cas un signal simple à traiter. Des convertisseurs abaissant le niveau de sortie permettent de transformer le signal, et donc à la carte son de mieux l'accepter. Il en va de même pour connecter sa guitare à une entrée AUX d'une chaîne hi-fi ou d'un module sonore quelconque d'amplification (ampli home-cinéma, barre son, poste, ...).

Cependant, le fait d'utiliser un convertisseur de signal, généralement un module A/N pour Analogique / Numérique, le signal sera ainsi compatible et pourra être traité par tout périphérique d'amplification du son. Ces convertisseurs sont présents dans chaque module multi-effets dont la sortie casque (HEADPHONES) ou même (OUTPUT) peut être raccordée à tout type d'amplificateurs.

Évidemment, les traitements de conversion permettront de traiter un signal moins brut, et les traitements d'égalisation ou de compression permettront de relever les "manques" engendrés par la conversion en numérique qui dénature quelque peu le signal, ce que l'on ressent principalement sur des signaux distordus où le résultat déçoit souvent.

Les cartes son qui acceptent l'entrée instrument sont souvent des modules externes, que l'on retrouve aussi bien pour ordinateurs (USB ou Firewire) que pour les téléphones et tablettes, avec cependant une connectique particulière (iRig, Apogee, ...).

Sur le rendu sonore, la conversion transforme un signal sinusoïdal en suite de 0 et de 1, ce qui, en fonction des algorithmes et de leur puissance, donne des résultats parfois décevants. Mais dans l'absolu, en imaginant pouvoir y mettre le prix, ce type de traitement ne saura dans tous les cas transformer théoriquement toutes les composantes d'origine du signal... Des progrès sont faits, mais on est au même niveau de nuances que l'on rencontre entre les lampes et les transistors, ...

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Le logiciel Cubase est un des meilleurs produits de l'édition multipistes et de l'enregistrement aujourd'hui. Il intègre des modules de traitement de son performants basés sur la puissance de calcul de l'ordinateur.

À ça, il faut ajouter le fait qu'un raccordement à un système d'amplification audio de type casque ou ordinateur (tablette ou téléphone) ne permette pas réellement un raccordement à un système de haut-parleurs efficace. On a rarement vu un PC connecté à un 4x12" ! Et si l'on considère qu'une amplification de système numérique est en général rien d'autre qu'un rendu sonore stéréo (certes) sur deux baffles de 4 ohms de 10 cm de diamètre (parfois avec adjonction d'un caisson pour les basses), on ne peut réellement parler de la composante vibrante du son (vibration des baffles et conduction des ondes aux oreilles au travers de l'air).

Ça peut donc être suffisant en volume et en qualité pour nombre de guitaristes. Effectivement, le moindre coût d'une carte son comparé à tout l'attirail pour guitare qu'il est nécessaire de posséder, ça fait pencher la balance vers le "tout numérique". Mais dans ce cas, la guitare n'a pas forcément besoin d'être un modèle lui aussi haut-de-gamme qui apporte couleur et nuance au jeu du musicien !

Si les finances guident vos achat et qu'il vous est préférable pour des raisons de place, d'investir dans une bonne carte son, foncez ! Vous aurez à la fois la polyvalence et la possibilité d'ajouter de nombreuses fonctions qui ne sont évidemment pas comprises sur tous les équipements, notamment analogiques... en effet, les pédales et autres amplis à lampes sont relativement pauvres en fonctionnalités, comparés à ce qu'offre un module de traitement de son numérique.

Premièrement, les modules expandeurs et synthétiseurs des claviers numériques des années 1980 ont fait naître les "banques de sons" permettent de proposer des tonnes de sons préenregistrés. Le stockage physique des données (même si aujourd'hui on peut stocker virtuellement à l'infini sur un Cloud) est la seule limite à son utilisation. C'est la garantie de disposer de nombreux sons, de pouvoir échanger, partager et télécharger des presets que d'autres ont réalisé... et l'ordinateur stocke ça au format de petits fichiers assez légers à charger, ce qui permet un appel rapide une organisation du stockage (par nom, banques, ...) et finalement une utilisation assez simple.

A ces sons (ou presets), il est d'usage d'ajouter des effets (ou plug-ins), et de cumuler ces éléments entre eux, soit pour traiter un son déjà enregistré, soit pour embellir le signal brut de la guitare directement connectée au PC. Ainsi, on dispose en quelque sorte d'un multi-effets logiciel qui pourra être enrichi à la volée, en fonction des sorties de fonctionnalités nouvelles...

Je ne suis absolument pas spécialiste de l'informatique musicale, bien que ma profession me rapproche plus ou moins de l'utilisation de l'outil informatique, ce mode d'utilisation de la guitare est trop "hi-tech" pour moi. Je suis de plus confronté à tellement de problèmes de fonctionnement de l'outil (lenteurs au démarrage, capacité RAM disque ou processeur, virus et autres failles de sécurité, mises à jour, logiciels payants, ...) qu'avec ce type de matériel numérique informatique, il ne m'a pas du tout semblé être possible de permettre de jouer simplement, spontanément, ... normalement, quoi.

Mais je reconnais que les cartes sons externes, les logiciels d'émulation et les formats d'enregistrement comme les fonctionnalités de transfert de fichiers ou de home-studio avec le multipistes simplifié sont autant d'avantages que d'innovations qui peuvent simplifier la vie du musicien. Je me cantonne toutefois volontairement à être seulement guitariste n'ayant que peu exploré cet univers numérique au travers de l'informatique.

Je dois admettre être bluffé par la puissance des processeurs et les fonctionnalités offertes en un laps de temps équivalent à une petite décennie : dès la fin du siècle dernier, les home-studios encore chers se démocratisaient pourtant sur des ordinateurs familiaux et non des stations de travail dédiées spécialisées dans le traitement sonore. Aujourd'hui, la moindre tablette tactile de supermarché ou les plus évolués des téléphones permettent à minima les mêmes traitements (sinon plus).

Plus intelligent encore, le constructeur Digitech et son iPB utilise aujourd'hui la puissance de calcul et d'affichage d'un iPad pour offrir une interface super intelligente à un pédalier de contrôle et d'algorithme de traitement de sons. Dire que la tablette ou le téléphone mobile, objets du quotidien, peuvent subvenir aux besoins des guitaristes les plus exigeants devient un doux euphémisme, au point de se mettre à penser à juste titre : mais comment faisaient-ils avant ? Beh, ils se branchaient et jouaient, ... Couillon !

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Le Digitech iPB est un pédalier de commande et héberge la puissance de traitement de calcul des effets de la guitare. Son interface, cependant, est affichée sur un iPad de Apple qui offre des possibilités accrues de visualisation, mais bien plus encore, des logiciels d'édition, des viewers de partition, des lecteurs audio de backtracks, ...

C'est évident, cet excès de technologie propose une foultitude d'outils aussi perfectionnés les uns que les autres facilitant l'enregistrement, le traitement du son, le jeu sur des pistes virtuelles, la composition et autres activités qui périclitent dignement autour de la pratique de l'instrument, à la base une discipline déjà complète, mais qui ne semble plus ne concerner uniquement le guitariste. Quel musicien n'est pas home-studiste aujourd'hui ?

Alors certes, on peut penser que la miniaturisation, le coût de l'électronique de pointe et les moyens de communication ne feront qu'aggraver le phénomène, les musiciens devenant de plus en plus complet, de plus en plus pointus dans la maîtrise de ces outils devenus eux-aussi accessibles techniquement à un plus large public.

Cependant, le numérique peut également faciliter la vie du guitariste à une autre niveau, bien plus modeste technologiquement, mais qui a progressé bien plus au cours des 20 dernières années : le multi-effets. Les boîtiers à émulation et autres unités de traitement du son de la guitare (en pédalier, rack voire pédale ou module de poche) se sont aussi répandus à très grande vitesse offrant à la fois polyvalence, qualité de traitement et prix attractif.

Rares sont les guitaristes qui n'ont connu sinon un pédalier, en tout cas un module proposant plusieurs traitement du son. Cette phrase peut en choquer certains, mais les premiers multi n'étaient pas nécessairement dédiés à la guitare, mais plutôt à plusieurs instruments, aussi bien basse, batterie, micro de chant ou de prise de son divers... La Quadraverb offrait dans les années 1980 des traitements de qualité studio aux musiciens exigeants, tant qu'une bonne réverbération, un delay digne de ce nom ou encore une belle modulation.

De là sont nés les pédaliers, modules spécialisés conçus pour les guitaristes et bassistes qui, durant leur exercice, avaient les mains occupées sur leur instrument. Le format, au début regroupait dans un même boîtier plusieurs traitements unitaires (pédales) ce qui simplifiait les raccordement et l'alimentation, le transport, évidemment, et permettait de baisser le prix, comparé à l'acquisition de 4 ou 5 modules séparés.

Puis, dans un souci de mutualisation et principalement d'économie, les équipes marketing ont envisagé de proposer des produits contenant plus de traitements et de combinaisons de ces traitements en utilisant des unités de traitement ou de calcul plus puissantes. Ainsi, les pédaliers ont pu offrir des chorus, delays, réverbérations, mais aussi égalisation, compression, flangers, phasers et autres pitch shifters.

Les premiers pédaliers grand public intégraient rapidement une bonne quinzaine de traitement, voire se risquaient à quelques traitement de préamplification du son, proposant overdrive, distorsion, fuzz et autres sons cleans.... Le produits permettait alors de disposer à portée de pied d'un éventail de sonorités assez complet pour reproduire à moindre coût le son de ses idoles, y compris en situation de jeu.

Les mémoires internes permettaient de mémoriser chaque création de son, et les banques de données étaient en plus d'origine remplies de presets élaborés par quelques célébrités, rappelant les sons célèbres de standards du genre. A tel point que des modules de ce type existent, non plus au format pédalier mais plutôt dans la dimension d'un paquet de cigarettes, et sont dédiés au guitariste peu exigeant qui voudra non plus pratique en groupe mais disposer de manière très directe du son d'un morceau de l'anthologie guitaristique avec un preset peu paramétrable mais hautement efficace.

Le côté direct est d'autant plus intuitif qu'il s'agit souvent de brancher la guitare d'un côté, un casque ou un ampli mini de l'autre, et de tourner une molette qui égraine 250 sons de morceaux ultra connus, ce qui apporte beaucoup d'amusement et peut être privilégié par une population envieuse d'aller au plus simple.

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Le Korg Pandora Mini permet d'aller à l'essentiel : jouer. Il se branche aussi bien au casque que sur des enceintes amplifiées comme sur un ampli traditionnel et contient de nombreux sons pré-programmés et peu paramétrables qui donnent satisfaction dans des contextes de travail de morceaux existants.

Par ailleurs, de nombreux autres modules ont permis à la fois ce côté direct en proposant, dans les réglages d'usine, des presets non paramétrables et des banques de création de presets plus personnels par combinatoire des différents effets et modules. Généralement, les pédaliers arrivent à ce jour de manière uniforme pour tous les constructeurs à proposer ces deux environnements de travail (présets et banques programmables).

Des banques de créations sonores, les pédaliers ont également évolué vers quelques fonstions assez surprenantes, comme le fait de proposer en guise de "retour aux sources", une fonction proposant d'associer à chaque pédale du pédalier de contrôle, la commande d'un traitement. Ainsi, la pédale 1 commandera les effets pré-distorsion (wha, compresseur, ...), la 2 les distorsions ou sons clairs, la 3 les modulations, la 4 les échos et delays, et la 5 les réverbérations.

Si cette fonction surprend, c'est surtout qu'elle ramène à un fonctionnement assez "primaire" que celui du possesseur d'un pedalboard avec 5 ou 6 unités de traitement assez basique, des pédales. Pourquoi ? Probablement parce qu'un son de guitare, contrairement à de nombreuses idées reçues, n'est pas meilleur noyé dans une overdose de traitements divers, et que les sons d'anthologie, ceux qui ont "fait" le Rock, restent somme toute assez épurés, de manière générale.

Comme si la pluralité des traitements numériques reste assez "humble" en respect des grands sons qui ont fait l'Histoire de la guitare. Paradoxalement, les processeurs ont été capables de proposer des effets aussi inexploitables les uns que les autres, mais ont aussi su conserver une fonction destinée aux nostalgiques, afin qu'ils ne soient pas complètement perdus.

Il faut admettre que si les interfaces ont évolué d'un point de vue ergonomique, les pédaliers multi-effets restent des unités devant être programmées de manière assez peu intuitive. Si rien n'en affecte le prix, bien au contraire, les pédaliers les plus chers ont souvent un design assez rustre mais pourtant une ergonomie simplifiée, les modèles d'entrée de gamme, miniaturisés, disposent d'autant de fonctionnalités accessibles au travers de moins de boutons (miniaturisation et coûts de production tirés obligent).

On est donc aujourd'hui face à un marché assez complexe où les traitements d'entrée de gamme, donc destinés aux moins fortunés, souvent débutants, sont moins finis ergonomiquement parlant que leurs grands frères du milieu de gamme. Et si les traitements sont en soi à peine un peu moins bons qualitativement, ils restent assez homogènes dans une même gamme de prix (on en a souvent pour son argent, ce qui peut évidemment suffire dans la majorité des cas de pratique).

Pour les plus aboutis des modules (et à fortiori pour les modules moins puissants, ceux d'entrée de gamme) le seul problème qui était rencontré n'était pas nécessairement dans la qualité des traitements et des effets, mais plutôt dans la reproduction des sons réalistes, les distorsions (souvent à lampes) restant le problème majeur dans le traitement numérique.

Comme la lampe affiche sa suprématie face au transistor dans le monde de l'amplification, offrant un grain imparfait qui fait tout son charme dans les overdrives, le numérique marque le pas face à l'analogique dans la reproduction des sons distordus. Si les pédales apportent quelques richesses au niveau du grain (même dans un ampli à transistors), les distorsions numériques ont longtemps été le point faible de ces modules.

S'il est assez réaliste maintenant, le traitement des effets de modulation, réverbération et autres répétitions ont depuis plusieurs décennies dépassé celui du traitement analogique. Certains réfractaires trouvent (avec raison) beaucoup de charme à l'authenticité d'un chorus ou d'un delay analogiques. Mais les pendants numériques intégrés dans les multi-effets comme repris au format pédale sont aujourd'hui assez proches pour un côut de fabrication considérablement inférieur.

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Le pédalier Zoom G1x est un modèle complet d'entrée de gamme qui a séduit de nombreux débutants. Il fait son boulot, mais les distorsions sont vraiment "plastiques" et peu réalistes...

Les distorsions numériques n'ont évolué que depuis le début du siècle, avec le monde de l'émulation qui a permis de modéliser (un modèle mathématique) les composantes des sons les plus célèbres pour les reproduire numériquement... L'essai n'était pas concluant il y a peu, mais la puissance de calcul des processeurs augmentant, les traitements de plus en plus complexes de modèles numérisés de plus en plus riches ont vu le jour, au point de s'approcher des sons originaux de manière assez réaliste.

Ensuite, il existe réellement une problématique de besoin : suffit-il de disposer d'une panoplie de sons célèbres pour un prix intéressant ou bien doit-on, en tant que guitariste, donc artiste, développer son propre son, personnel, identifiable, "incopiable". Je reste assez circonspect, personnellement visant plus à développer sa personnalité au détriment de reproduire bêtement, je dois reconnaître que beaucoup de guitaristes se contentent de sons déjà établis et jouent tout autant.

Un peintre ne pourrait-il pas être talentueux s'il utilisait les gouaches de Carrefour ? Certes si. Il n'est pas obligé de commander de l'argile du Gabon pour faire de ses œuvres des œuvres originales. Oui mais voilà, une autre excuse existe : la dynamique du signal. Si le traitement analogique offre depuis les années 1980 des rendus assez "fidèles", ils n'altèrent pas pour autant le son de l'instrument.

Le numérique dénature le signal de manière systématique et obligatoire au travers de la conversion analogique / numérique, au point de ne pas forcément reconnaître l'instrument qu'il y a derrière. Si ça peut arranger certains, les débutants peu fortunés qui n'ont ni la Fender Strat en amont ni le Marshall qui va derrière, et qui trouvent ainsi que leur Cort sonne comme une Gisbon à 5000 €, les guitaristes plus expérimentés apprécieront moins de ne plus entendre les singularités d'un instrument acquis chèrement à la sueur de leur front...

Il faut cependant admettre que les émulations deviennent de plus en plus probantes et qu'elles s'améliorent continuellement, au point que les puristes n'entendent plus vraiment les différences entre un set original à 10000 € et un set économique qui vaut 10 fois moins... Il y aura probablement encore plus de réalisme à l'avenir dans ces traitements, et si le numérique ne supplantera pas l'analogique, il restera très certainement bien présent aux côtés d'une population qui n'aura pas fixé le même niveau d'exigence, un peu comme la fausse guerre entre lampes et transistors vécue par les constructeurs dans les années 1990, et encore faussement présente aujourd'hui.

Dans de nombreux autres domaines, les choses n'ont pas fait avancer l'utilisation de l'instrument autant que le numérique a permis d'outiller le guitariste. Il faut lui reconnaître cette faculté couteau suisse pas cher qui popularise la guitare électrique à une époque où elle aurait dû sombrer dans l'oubli. C'est parce que le multi a permis les fonctionnalités suivantes que les guitaristes se sont moins découragés face aux investissements très lourds que suscite la guitare électrique :

Le tout fait un sacré joujou, à la notice rébarbative et fréquemment mal traduite (revenez aux notices en anglais souvent plus complètes et comportant moins d'erreurs de traduction). D'ailleurs, un bon moyen de comparer ces modules numériques, c'est, en plus d'en faire l'essai en boutique, de lire la documentation et d'essayer de comparer les différences dans les traitements et fonctionnalités. Elles sont en général disponibles gratuitement en téléchargement et de nombreuses vidéos promotionnelles sont aussi consultables sur le web, ce qui permet de se faire vraiment une idée.

Il subsite une imperfection assez contraignante en jeu live : la micro-coupure de quelques millisecondes lors d'un changement de son. Le numérique tient de l'électronique le système de commutation propre à l'interrupteur, ce qui engenandre nécessairement une coupure qui s'entend en live. On a beau programmer les plus réussis des sons, le passage de l'un à l'autre engeandre un "couac", une micro-coupure qui énerve le quitariste de groupe live (comme l'auditeur). Évidemment, en "studio" ou plutôt en enregistrement, il n'y a plus ce problème...

Je finirais en parlant des débutant fiers de l'acquisition de leur premier kit guitare ampli qui essaient un modèle à bas prix (dans les 60 €) avec émerveillement, tant ces petits modules embellissent avantageusement le son. Je constate également le même émerveillement chez des gratteux plus expérimentés qui analysent avec le même regard le toujours plus gros éventail de sonorités et de possibilités qu'offrent les dernières versions.

Le marketing est très présent sur ce type de produits et l'on peut dire qu'il est très travaillé, au point de rendre ces machines à tout faire indispensables, y compris pour ceux qui ne vont les exploiter qu'à 10%... leur coût et les perspectives qu'ouvrent une telle polyvalence restent leur atout majeur, et comme lorsque le guitariste est rassuré, en confiance, il est nécessairement meilleur, ne vous privez pas pour craquer...

Enfin, le numérique comporte son haut de gamme, principalement sur des produits très ciblés, comme le proposent Line6 avec ses assez anciens modules de modélisation MM4 ou de répétitions DL4 et la série qui va avec. Vox a sorti un DelayLab exceptionnel qui ne traite que les delays, mais qui le fait très bien. TC Electronic et les produits Nova en sont également de très bons exemples.

Ces modules apportent un son de qualité pro pour des budgets à peine plus élevés qu'un multi-effets traditionnel, mais leur traitement de qualité et leur ergonomie rendent le module à la fois utilisable intuitivement, et grandement exploitable aussi bien sur scène qu'en studio. Préférés dans la boucle d'effets, ces modules de répétition ou de modélisation sont évidemment réservés à des guitaristes exigeants qui prêtent attention au rendu sonore, et qui vont investir beaucoup (relativement) pour un produit bien fini.

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Le Vox DelayLab est un pédalier dédié aux répétitions, delays et autres échos. Le traitement est remarquable et son ergonomie simple en fait un redoutable outil pour les amateurs avertis comme les professionnels.

On trouve aujourd'hui du numérique combiné à tout. aussi bien dans des modules de "table" comme le POD de Line6 qui ne se pose pas vraiment au sol, comme dans des pédaliers mais aussi dans de nombreux amplis. Lorsque le module n'est pas directement piloté au pied, un pédalier de commande peut y être raccordé (ce qui augmente la facture !), via Midi ou une connexion propriétaire. On trouve même de l'électronique embarquée dans l'instrument, dans des cas assez particuliers, avec des accordeurs intégrés aux potentiomètres comme dans des systèmes d'accordage automatique où la tension des cordes est ajustée au travers d'un module mécanique piloté par électronique (mémorisant de nombreux accordages caractéristiques, open tunings divers, ...).

Les amplis numériques intégrant des effets ont eu un franc succès auprès d'un public débutant, comme parmi les plus pressés. Pas besoin d'autre chose qu'un cordon jack, et on joue ! Mais le "tout-en-un" affiche rapidement ses limites : on ne peut pas être bon partout, ce n'est pas si facile, et bien souvent, le combi (ampli combo + effets) apporte une insatisfaction quelque part (souvent l'étage de préamplification ou de disto. Les heureux possesseurs ne sont alors plus si heureux et investissent dans des modules complémentaires pour compenser les lacunes au point de perdre tous les avantages du tout en un ! Soyez donc prudents face aux machines à tout faire, elles cachent parfois des fonctions décevantes qu'il faut remplacer en achetant un module complémentaire, voire plusieurs (l'accordeur intégré bug un peu, les distorsions sont assez "froides" et peu réalistes, ...).

Pensez également qu'un modèle d'occasion a souvent à peine moins de deux ans et coûte parfois moins de la moitié du prix d'un modèle identique neuf, tant la dépréciation est forte dans le numérique, autant dans les téléphones portables, les ordinateurs que les pédaliers pour guitare. Si vous souhaitez un modèle de milieu de gamme à moindre coût, les sites d'annonces comme les magasins de dépôt contre du cash sont à regarder de près, car comme tous les investissements dans ce domaine (et plus là encore que partout ailleurs), respectez bien l'adéquation entre le budget consacré et le besoin réel, sortez des pièges marketings et n'hésitez pas à comparer avant de vous faire plaisir.

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L'ampli Peavey Vypyr 15 est un amplificateur à émulations proposant une bonne panoplie d'effets. Il décevrait quelques adeptes des sons rock et blues par des overdrives assez froids, mais pour ce qui est du métal et du son clair, il semble super bien adapté.

Enfin, pensez que le numérique est "gourmand" en énergie, les effets tels que le delay, chorus et autres reverb, consomment pas mal. En cas d'investissement, comptez le fait de disposer d'un budget alimentation (soit piles soit adaptateur) conséquent. Normalement les gros pédaliers et les modules standards ont une entrée pour le transformateur (souvent inclus à la vente). Maintenant, sachez que certains des équipements fonctionnent à pile, et que sa durée de vie sera de 10 heures en moyenne, ce qui est peu (et cher, une bonne pile 9v fait dans les 6 €). Il vaut mieux donc prévoir d'acheter le transfo avec le format et le sens de la fiche (le + ou le - au centre), le voltage (généralement 9v mais parfois 12 ou 18 !) et l'intensité qui convient (200 mA pour un delay, 500 mA pour un multi). Si vous laissez les piles dans le module en utilisant le transfo, attendez-vous à ce que la pile se vide.

Gardez tout de même à l'idée que les modules numériques permettent d'obtenir un excellent son sans avoir à pousser le volume de l'ampli, offrent la possibilité de jouer au casque, et occupent moins de place au sol que les multiples pédales qu'ils remplacent presque ! Enfin, leur coût relativement faible les destine aux moins fortunés, aux débutants comme aux guitaristes qui recherchent un module pratique, fiable et qui demande peu de branchements, proposant des sons directs assez utilisables même s'ils restent peu convaincants et expressifs.