Accueil Battle's guitar
les enregistreurs numériques




Qu'il s'agisse de composer ou tout simplement de travailler l'instrument, le fait de s'enregistrer apporte beaucoup au guitariste quelque soit son niveau. On peut évidemment remettre en question l'objectivité d'une réécoute personnelle, mais il est primordial de pouvoir donner un avis critique sur son jeu, sur sa progression ou sa création. Enfin, c'est aussi le moyen de mesurer l'avancée de son travail ou de se sentir moins "seul" lorsqu'on est confronté au jeu de plusieurs pistes de guitare.

Le numérique a apporté beaucoup dans ce domaine, qu'il s'agisse de l'outil informatique qui, à partir de la plus basique des cartes sons jusqu'aux équipements de homestudistes permet pour une somme assez raisonnable comparée à il y a quelques années, de conserver au format d'un simple fichier, le fruit de son travail.

Mais ne négligeons pas non plus des équipements plus pratiques que les ordinateurs, que sont les enregistreurs numériques portables ou encore les modules d'interface permettant de brancher son instrument à un périphérique s'interconnectant à un smartphone ou une tablette.

Enfin, les simples fonctions de dictaphone apportent déjà une avancée considérable, depuis celle très sommaire que trouve sur le plus basique des téléphones mobiles (même si la qualité d'enregistrement n'est pas forcément au rendez-vous) jusqu'aux systèmes plus évolués qui disposent de micros avancés permettant un enregistrement stéréo sur carte SD, directement compressés en fichiers MP3 et donc pouvant être stockés, transférés et échangés à l'infini.

Battle's guitar

Tascam GT-R1 intègre 88 presets de patterns rythmiques et offre 55 effets

S'enregistrer, mais pourquoi ?

Si la fibre créatrice vous envahit depuis tout petit, il ne vous est absolument pas étranger de figer ces moments magiques de composition : ces dessins, cahiers, cassettes audio ou vidéo qui gravent vos "œuvres" pour la postérité font parti de votre quotidien depuis bien longtemps, et enregistrer vos exploits guitaristiques vous semble tout aussi naturel que de figer sur le papier vos premiers émois de maternelle à la peinture à l'eau sur du papier listing...

D'autres vont s'enregistrer pour s'exposer plus simplement, et le nombre d'auto-productions sur YouTube témoigne de cet excès d'exhibitionnisme musical. Et bon nombre de "castings" débutent par une pré-sélection de ces vidéos qui aident à se faire une idée et reflètent l'envie exacerbée de se faire connaître.

Enfin, d'autres utilisent l'enregistrement comme point de référence à une progression, à une évolution. Par une autocritique objective, le fait de se réécouter permet de corriger son jeu, le son, ses placements rythmiques, la précision, la vitesse d'exécution, mais aussi ses "pains", ses loupés, ses coups de médiators trop peu appuyés, ses rythmiques "à côté" et sa disto trop criarde ou trop sourde.

Cette dernière catégorie d'individus, particulièrement intéressante, n'a pas besoin de la vidéo ni d'une qualité d'enregistrement digne d'un studio, car le souci est de s'améliorer peut être pour mieux se promouvoir par la suite, auprès de son groupe, ou encore dans le seul but de s'améliorer. Si cette quête de la perfection semble sans limite, elle peut toutefois constituer un objectif pour bon nombre de guitaristes débutants comme confirmés. Le simple fait de bien jouer sans obligation de devoir rendre des comptes à qui que se soit. Évidemment, l'objectivité de son propre jugement sur son dernier enregistrement est à prendre avec beaucoup de recul. Certains font preuve d'une critique extrême envers eux-mêmes cherchant la perfection là ou d'autres seront émerveillés comme des gamins à la simple idée de s'entendre. L'idée est surtout de mesurer avant tout son efficacité, sa régularité et le côté reproductible d'un point de vue technique de son jeu de guitare.

Bien sûr, il y a ceux qui se contentent d'un minimalisme efficace qui "fait le job" et ceux qui vont refaire 50 fois la dernière prise en arrangeant, superposant plusieurs overdubs pour en prendre plein les mirettes. C'est la fibre artistique de chacun qui se traduit là, avec les mêmes travers que rencontrent les créateurs, les compositeurs, et celui qui juge connaît aussi la limite de ses attentes.

Car là encore, s'enregistrer est formateur, encore faut-il définir un réel objectif, l'idée première étant, à minima, de se réécouter ; eh, oui, s'enregistrer pour faire tourner son enregistreur n'apporte pas grand chose. Il convient de fixer la raison de son enregistrement, et là, on peut en trouver plusieurs de bien valables :

Battle's guitar

Korg Sound On Sound intègre patterns rythmiques, simulations d'ampli et des effets guitare, basse et généralistes (voix, claviers).

Les secrets des enregistreurs

Si l'on a privilégié les solutions de type smartphone (ou même téléphone mobile simple) comme dictaphone, les fonctions s'arrêtent là. Le plus du dispositif, c'est de pouvoir servir directement de base au travail d'un morceau par exemple en enregistrant une piste rythmique de guitare et en la diffusant dans la connectique AUX IN de son multi-effets en jouant alors la piste solo par-dessus. C'est déjà une première étape qui permet de fonctionner.

Á ce stade là, elle se substitue complètement à une partie de backtrack, à ce que pourrait être réalisé avec un looper, sans les fonctionnalités de prise en live. Elle apporte ce petit plus du fait que ce soit votre rythmique, votre piste, avec votre jeu, votre son et votre accordage, votre tempo, votre interprétation, ce que l'on ne retrouve pas toujours dans des backtracks plus ou moins synthétiques trouvés ça et là sur la Toile.

Mais il manque à ces outils quelques accessoires primordiaux, comme le métronome. Car jouer "à blanc" une rythmique nécessite bien souvent de se caler sur un repère temps qui est loin d'être régulier si l'on ne se dote pas d'un minimum d'outil annexe. L'autre gros défaut réside dans la prise de son qui reste exploitable mais peut être améliorée lorsqu'on travaille avec l'entrée micro de son téléphone par exemple. La force du dispositif, c'est son coût et la rapidité d'utilisation et de conversion, les formats de fichiers issus des enregistrements sont souvent directement exploitables d'un point de vue informatique.

Les enregistreurs dédiés à la guitare disposent bien souvent à minima d'un métronome sinon d'une boîte à rythmes et d'une entrée instrument qui permettent de pallier aux problématiques de régularité dans le jeu et de pertes de tempo ainsi que de qualité de jeu. Reste souvent une tripotée de traitements de type émulation qui, s'ils n'affichent pas une qualité optimale, permettent de travailler son instrument sans module annexe de type multi.

Évidemment, le son est souvent restitué au travers d'une sortie casque, un signal mixé donc, ce qui représente une "régression" sonore comparé à un véritable looper qui reste raccordé à l'ampli. Mais ces effets intégrés permettent toutefois d'approcher généralement plusieurs styles, y compris de transformer votre signal de guitare en basse ou en clavier (peu convaincant, je vous l'accorde) ce qui ouvre de nombreuses possibilités de travail.

Autre "gadget" qui n'en est pas un, c'est la fonction d'accordage qui, si elle n'apporte la précision d'un véritable accordeur autonome, permettra de travailler avec justesse et de n'emporter que l'enregistreur numérique en cas de besoin nomade. L'accordeur est aussi important pour ce qui ont besoin d'enregistrer dans des tonalités différentes, ou encore de repiquer des plans qui ne sont pas en tonalité standard.

Enfin, le luxe de ces petits outils, c'est de permettre l'overdub, c'est à dire de travailler numériquement sur la superposition de plusieurs parties d'instruments et façonner ainsi des enregistrements plus aboutis, avec des arrangements assez réalistes. Des sons grossis par plusieurs pistes de guitare simultanées, des rythmiques, des solos, avec plusieurs sonorités, des lignes de basse, une boîte à rythmes qui même si elle est minimaliste, permettra de se rapprocher non seulement du tempo du morceau original (reprise) ou final (composition).

Cette fonction d'overdub ouvre les portes de l'arrangement, de la composition, mais sert également au guitariste qui veut retravailler un morceau avec plusieurs pistes d'instruments pour son groupe. Le fait qu'il s'implique sur chacun des arrangements des instruments lui permet de mieux intégrer la reprise avec ses musiciens collaborateurs, il sera plus directif puisqu'il aura déjà "préparé" en quelque sorte, le morceau pour les autres membres, et si le batteur sera probablement déçu du résultat présenté, les autres trouveront le travail dégrossi et simplifié !

Pour la composition, cette fonctionnalité de multipistes est en fait la base de ce qui peut constituer une maquette. Il est tout à fait possible de contacter d'autres musiciens et de leur demander un investissement spécifique en fonction du travail réalisé sur un simple enregistreur numérique à moins de 200 € ou encore un multipistes informatique. Si le rendu final et le son restent à finaliser, les bases sont inscrites ici et les lignes directrices seront définies comme références dans le rendu sommaire de cette maquette.

Battle's guitar

Portastudio numérique 6 pistes de Tascam, multi-instruments, il est un "simple" multipistes numérique

Les atouts complémentaires

Si l'enregistreur numérique est un outil assez pratique pour celui qui désire composer ou travailler une reprise, il peut parfois intégrer des fonctionnalités assez pratiques pour le guitariste désireux de progresser, principalement par la modification d'une source sonore externe sur laquelle le guitariste souhaite travailler.

La première fonctionnalité, brevetée par Tascam qui est un acteur majeur dans l'enregistreur numérique autonome, c'est l'isolation de la piste guitare. Vous insérez une source audio, un fichier WAV ou MP3 (ou un CD pour des modèles plus anciens) et un algorithme vous "détecte" la piste guitare solo du morceau. Après quelques réglages qui permettent d'ajuster la netteté du rendu, vous générez un nouveau fichier sans la piste de guitare, un backtrack guitare basé sur le morceau original. Vous générez aussi la piste de guitare seule, celle qu'il vous est demandé de reproduire. Idéal pour travailler sur le morceau, les fichiers résultants sont réellement exploitables (sans être d'une qualité optimale, l'élimination "bave" un peu et atténue le rendu des autres instruments).

Le numérique permet évidemment de modéliser, comme dans les systèmes à émulation, le son des pistes isolées. Les modules d'enregistrement logiciels intègrent des systèmes qui permettent de numériser la piste isolée et de "fabriquer" à partir des émulations et effets intégrés, un signal qui sera directement exploitable par votre guitare. Cette fonction permet alors d'overduber la piste isolée avec un son très proche de l'original, mais là, c'est vous qui jouez, pas de tricherie... ou presque. C'est un plus pour de nombreux débutants qui disposent alors d'un outil magique qui constitue le son, il n'y a plus qu'à jouer. Ensuite, les nuances de jeu, les qualités des instruments (amplis, guitare et effets) disparaissent un peu sous une avalanche d'émulations et de numérisations, ce qui peut être préjudiciable, mais ça reste un excellent gadget et surtout un terrible outil de décortication du son...

L'autre fonctionnalité pratiquement présente sur tous les modèles, c'est le fait de pouvoir varier la tonalité d'un morceau sans en modifier le tempo. Pratique quand on fait une reprise d'un morceau joué 1/2 ton en dessous et que sa guitare est en accordage standard (ou l'inverse). Jusqu'ici, les anciens enregistreurs analogiques ne permettaient cette fonction qu'en modifiant le tempo (en accélérant pour obtenir une tonalité plus aiguë ou en diminuant pour obtenir une tonalité plus grave). C'est loin d'être un gadget et ça devient bien pratique de "modifier" le morceau source, pour jouer par-dessus bien entendu (on est dans le travail d'un morceau existant, là).

Le pendant de cette fonctionnalité, c'est le ralentissement du tempo sans affecter la tonalité du morceau. Fonction étonne par son excellent rendu, elle facilité la transcription des passages rapides en permettant un relevé note à note de plus précis et surtout plus simples à réaliser. C'est l'outil que tout soliste attendait pour "coller" au plus près du jeu rapide de son idole, et permettre ainsi de travailler avec plus de réalisme son interprétation. Même si la reprise note à note estompe réellement la personnalité du guitariste qui se contente d'interpréter rigoureusement le solo d'anthologie, on apprécie la pirouette technique de reprendre fidèlement une partie rapide et pas si évidente...

Battle's guitar

Zoom H4n propose 2 micros pour un enregistrement stéréo de super qualité, deux entrées instruments pour raccorder micros, guitares ou basse, claviers, ... et des effets à la pelle.

En conclusion

Si l'enregistrement numérique s'avère être un besoin du compositeur, on remarque qu'il subvient également aux besoins de travail d'un guitariste, tant sur les fonctionnalités de looper ou d'overdub que dans la composante de retranscription. Tout simplifie l'approche d'un morceau par des modifications de tonalités ou de tempo, et par la création et l'isolation de la piste guitare.

Reste à savoir quel type de matos peut coller à votre besoin. Si pour celui qui est équipé d'un ordinateur, le choix va naturellement se porter vers une simple interface (carte son) avec une entrée instrument, les logiciels faisant le reste, d'autres privilégieront soit de gros enregistreur pour la qualité du son, d'autres des enregistreurs portables pour travailler en toute circonstance.

Le rendu et l'utilisation ne sont pas les mêmes et répondent aussi à des besoins différents. Personnellement, si j'insiste pour jouer dans un vrai ampli avec des distorsions et overdrives analogiques, je fais là toute confiance au numérique. D'une part car les résultats sont largement bons pour un musicien amateur, d'autre part car le coût de ces modules indépendants a considérablement baissé et avoisine le prix d'un multi-effets aujourd'hui. Enfin, je pense que ces fonctions intégreront les effets autonomes de demain, car leur apport est évident pour le travail.

Je reste prudent quant aux solutions tout-en-un qui restent complexes à utiliser. Je suis assez "vieille école", pour moi, un téléphone permet de téléphoner et envoyer des messages, un ordinateur à faire de la bureautique ou surfer sur internet, un multi-effets à produire des effets et un ampli à amplifier... D'autant que les interfaces des modules sont assez complexes et que les menus truffés de sous-menus, j'en suis un peu revenu et j'ai mon propre avis sur leur utilisabilité.

Mais je dois aussi me rendre à l'évidence que le fait de disposer dans un seul et même périphérique pas plus gros qu'un téléphone ou une calculette, à la fois ses backtracks, ses fichiers de travail, son métronome et quelques sons de base, ça permet de gagner pas mal de place et de simplifier les branchements...