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compresseur, égaliseur, volume, ...




Les traitements du son et de la dynamique de jeu

Il est souvent compliqué de faire ressortir correctement son interprétation de jeu au travers de son matériel : en effet, bien souvent les plus gros sons semblent pouvoir n'être qu'obtenus qu'à partir d'un élément caractéristique de la chaîne du son, qu'il s'agisse d'une guitare spécifique (et généralement hors de prix ou introuvable) et/ou de sa configuration particulière, d'un ampli rare (et cher), d'une pédale de disto customisée, d'un effet qui n'est plus produit, d'une égalisation typée, ...

On reconnaît un morceau de Jimi Hendrix à son toucher, mais on l'associe aussi à son utilisation particulière de la wah-wah, de la Fuzz ou d'une tête Marshall. Idem, Brian May est associé au son overdrive du Vox AC30 et d'un Treble booster, ainsi qu'à l'utilisation spécifique des harmonisations des phrasés et de leurs répétitions décalées dans le temps. Pour The Edge de U2, c'est le son clean d'un strat et le delay qui composent sa "patte", David Gilmour, c'est cet overdrive caractéristique, sa strat et ses bends appuyés par des échos profonds.

D'autres sons semblent impossibles à approcher, notamment les sons plus "organiques", liés à des combinaisons de pédales et d'un ampli, comme celui de Steve Ray Vaughan lié à sa strat aux micros Texas Special et ses tirants impossibles dans une TubeScreamer amplifié de manière très brute dans un Fender vintage. Ou bien encore Van Halen avec ses Flangers et Phasers placés en amont de la préamplification par une tête Marshall, et une distorsion émanant principalement de l'étage d'amplifiaction à lampes.

Autant de combinaisons qu'il semble extrêmement difficile de reproduire avec une technique humblement moins avancée que celle de ces stars, et principalement un matériel évidemment moins performant et moins coûteux. C'est d'ailleurs étrange comme on se défausse aussi facilement en incriminant le matériel.

Il ne faut pas négliger ce point, mais le niveau du guitariste y est aussi pour beaucoup, et ces stars auraient réellement apporté le "touche" caractéristiques s'ils avaient pu jouer sur votre propre matos. Même avec une guitare Millnot's (marque des supermarchés et des catalogues de jouets) Hendrix aurait sonné comme Hendrix !

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Le film parodique Spinal Tap révèle le secret du son du guitariste vedette du groupe de Hard-Rock décalé : un ampli qui va jusqu'à 11...

On incrimine aussi assez justement l'impossibilité de jouer à fort volume, ce qui arrangerait un peu la dynamique, le feedback, le grain, ... la restitution du son final. On ne peut pas incriminer le matériel à ce point, mais il faut reconnaître que le volume influe énormément sur la dynamique...

Aujourd'hui, c'est en combinant plusieurs subtilités qu'on arrive à approcher (je tempère le propos par les termes "d'assez loin") certains de ces sons bien caractéristiques. Ça se solde assez souvent par l'acquisition de matériel complémentaire, influant notamment sur la dynamique (booster, compresseur et égaliseur), au détriment de quelques contraintes qu'il semble indispensable d'analyser.

De plus, il est admis qu'obtenir le son d'un stack Marshall poussé sur un ampli d'étude Fender sans passer par la modélisation, c'est mission impossible. Et qui dit modélisation dit principalement perte de son identité sonore et de la dynamique de jeu. Pourtant, à bas volume, avec un budget restreint, c'est probablement le seul moyen d'atteindre cet objectif. C'est le choix immédiat de la plupart des amateurs, mais auquel il s'agit d'ajouter quelques subtils éléments qui ont toute leur importance.

L'émulation n'est pas nécessairement trouvée au travers d'un pédalier multi-effets ou un haricot magique : je considère qu'une pédale de disto de type Ibanez TubeScreamer ou Boss DS-1 sont des émulations d'un ampli à part entière, le modèle Ibanez "louchant" vers les tonalités crunches d'un ampli Fender vintage et la DS-1 s'orientant vers l'émulation d'un stack Marshall des années 1980.

Pourquoi alors ne pas se contenter de se voiler la face de manière hypocrite, la modélisation, on le sait, n'est qu'un subterfuge flatteur qui conduit à perdre quelques nuances essentielles du jeu, notamment la dynamique et l'attaque. Les conversions analogique vers numérique A/N (signal entrant de la guitare dans le module) et numérique vers analogique N/A (en sortie du module à destination de l'ampli) ne sont pas étrangères à ces "pertes".

Il a été maintes fois mis en avant dans ce site que pour des raisons de puissance des traitements, le signal de guitare était numérisé en entrée, le simplifiant pour être traité au mieux. Les plus petits multi-effets souffrent de distorsions peu réalistes, car en fait ils manquent de puissance. Les gros modules s'en sortent un peu mieux, mais des pertes subsistent, principalement dans la restitution des sons "organiques" évoqués plus haut.

Il faut donc nécessairement passer par des modules analogiques pour émuler les sons vintages chers à nos idoles dans des petits amplificateurs d'étude. La dynamique est alors conservée, les attaques et nuances de jeu beaucoup mieux restituées, et si l'on n'égale toujours pas le son direct d'un amplificateur vintage, on se rapproche quelque peu des sensations de jeu et bien sûr des sonorités.

Compromis analogique / numérique

Mais voilà, le compromis des deux mondes, numérique et analogique, semble assez complexe. Le son d'un ampli d'étude classique, analogique, avec son unique canal piloté par un gain croissant pour donner de la disto ne suffit pas, il est généralement bien complété par une pédale (de préférence analogique). Mais le son reste assez nu d'effets, et un bon complément numérique est généralement envisagé pour des modulations, des répétitions et des réverbérations.

Et ça ne suffit pas encore, il y a bien souvent "nécessité" d'ajouter un autre module complémentaire, comme une wah-wah, une whammy, voire alterner la combinaison de plusieurs modules numériques et analogiques dans son pédalboard, compromis idéal pour l'obtention d'un bon son à faible volume.

Et les problèmes commences, notamment au niveau du chaînage assez lourd des différents modules qui affecte directement le son (perte de signal, bruits parasites, dynamique, ...) comme cette fichue interaction entre les paramètres d'un module avec un autre (comme si en montant le TONE de la disto on générait des variations dans le DEPTH du chorus).

La combinatoire est donc le fruit d'une hasardeuse combinaison, qui peut engendrer un résultat exceptionnel tout autant que désastreux. On constate bien vite que les meilleurs guitaristes misent finalement sur des modules bien ciblés, en quantité modérée, et qu'ils s'en sortent comme ça... Il faut toutefois prendre en compte que le facteur prix influe sur la qualité du rendu final : plus c'est cher, plus ça a de chance de bien interagir avec le reste des équipements.

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Le pedalboard de Steve Vai, un compromis entre distorsions Boss ou Ibanez analogiques, Wah et Volume Morley (analogiques), un Flanger MXR EVH, une Whammy Digitech et le processeur d'effets TC Electronic (numérique).

Mais si c'est facile pour eux, celui qui n'a ni les mêmes moyens ni les mêmes ambitions risque de tâtonner un moment à faire cohabiter sa copie strat, une wah Dunlop, une disto Behringer, et un multi Zoom le tout dans un ampli Peavey. Et je ne parle que du cas le plus simple du débutant qui ne joue pas encore en groupe. Souvent, l'amateur qui joue en groupe et se produit devant des auditoires restreints n'a pas non plus le budget des stars de la 6 cordes, et se contente de "bricoler" quelques un chaînage plus complexe dans un pedalboard de fortune.

Celui-là tombe vite sur des éléments qui lui semblent satisfaisants individuellement, mais qui, une fois combinés aux autres, présentent un tout autre aspect. Et la problématique devient d'autant plus grande qu'il y a d'éléments à chaîner entre eux. Statistiquement, les combinaisons sont quasi infinies (en caricaturant) et les solutions bien trop peu nombreuses.

Généralement, la cohabitation des modules analogiques engendre quelques prises en compte, notamment le by-pass. C'est connu, les pédales de distorsion comme les wah-wahs sont loin d'être transparentes une fois désactivées. Mais on disait plus haut qu'elles sont indispensables pour le rendu de certains sons et la retranscription des éléments techniques de votre jeu.

Le premier élément à prendre en compte, c'est la "longueur" du chaînage qui conditionne l'atténuation du signal : plus il y a de longueur de câbles et de connectiques, plus le son final est altéré. Mais comme un multi tout seul ne règle rien... Ensuite, il y a aussi un facteur électrique : l'alimentation de plusieurs modules est à valider, car l'activation de 5 pédales sur une même guirlande, ça "pompe" un peu sur le transfo (surtout si dans la chaîne il y a des delays ou des réverbérations).

Dans le choix des matériels, les équipements disposant d'un true bypass sont généralement plus chers et paradoxalement assez modernes en conception. Ce mécanisme de désactivation n'est réellement apparu qu'à la fin des années 1990, alors que les pédales les plus prisées encore aujourd'hui restent de conception plus ancienne.

Aujourd'hui, des buffers électroniques sont moins coûteux à réaliser, et c'est un plus, car ces composants sont pratiquement aussi efficaces, tout en générant une compensation électronique de la perte du signal. C'est ainsi que les modèles reissue des pédales de légende intègrent parfois ce type de traitement (la nouvelle wah Vox v874a produite en Chine, par exemple).

Booster

Ensuite, le guitariste qui se produit avec d'autres musiciens doit nécessairement disposer "sous le pied" de la complète palette sonore indispensable à la set-list de son groupe. Il n'est pas envisageable de passer une minute entre chaque morceau pour modifier les paramètres (quand ce n'est pas un changement attendu durant le morceau, comme un coup de boost pour passer de la rythmique au solo).

Pour ce côté, le numérique a une sérieuse longueur d'avance, permettant d'enregistrer plusieurs réglages dans autant de banques et de programmes que nécessaires. Mais on l'a dit plus haut, ça ne permet pas de pallier aux paramètres devant être modifiés live : on manque de volume, on joue sur un tempo différent de celui des répétitions, on veut juste un poil moins de GAIN parce qu'on a davantage poussé l'ampli, ...

Là encore, les paramètres sont parfois modifiables en temps réel, les multis haut de gamme disposent d'un switch de contrôle (TAP TEMPO) ainsi que d'une pédale d'expression permettant de jouer le rôle d'une pédale de volume. Mais là encore, la combinatoire se complique si l'on affecte un autre rôle à ladite pédale d'expression (wah-wah, pitch shifter ou whammy, contrôle des répétitions d'un delay...).

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Le Linear Power Booster d'Electro Harmonix est une petite pédale de la série Nano, pas très chère et horriblement efficace.

On rencontre également des modules spécifiques qui influent sur cette dynamique du signal dans de nombreux pedalboards : les boosters notamment, souvent utilisés pour proposer 2 niveaux d'un seul et même réglage dans la chaîne, ce qui correspond à un besoin de boost lors de la prise d'un solo (ou pour en garder sous le pied si le batteur se déchaîne).

Ce boost, analogique, placé en amont d'une pédale de disto, elle aussi analogique, est un composant assez singulier. Facile à paramétrer, il va, dans ce cas de figure, augmenter le signal entrant dans le module de disto, et aura pour conséquence principale d'accroître le DRIVE, plus que le VOLUME. Si la pédale de boost est placée après la disto, elle aura tendance à ne traiter que le volume, comme un second canal virtuel.

Cette utilisation toute particulière permet des variations assez intéressantes, notamment au niveau du GAIN, qui peut s'avérer une option suffisante pour faire ressortir un overdrive dans un mix. Le simple changement de drive, associé à un légère augmentation du volume (3 à 6 dB, c'est déjà énorme !) permet de détacher le son de la guitare du reste des instruments.

On trouve peu de pédales analogiques disposant de boost intégrés. Si c'est devenu monnaie courante au niveau des étages de préamplification des amplis à compter de 15 ou 30 watts, les modules individuels n'associent pas ce boost de manière conventionnelle. Peut-être les constructeurs tendent-ils vers la vente d'un module complémentaire...

Néanmoins, la Satchurator de Vox par exemple, intègre un switch MORE qui confère une certaine flexibilité sonore : avec un réglage de gain élevé, boost accentuera subtilement le gain et les médiums, ce qui place un solo à l'avant-plan, sans ajouter beaucoup de distorsion, de saturation ou de bruit indésirable. Au contraire, lorsque le gain est faible (ou modéré, dans le cadre d'une utilisation de la pédale pour overdrive), le switch va accentuer le gain et proposera un son de disto complémentaire à l'overdrive.

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La Satchurator de Vox, signature de Joe Satriani, couvre une large palette de sons overdrive et disto, et dispose d'un boost (MORE) intégré très musical. Un mini switch PAD permet le placement d'une wah avant la pédale sans perte de dynamique.

L'utilisation d'un boost à cet effet permet de nuancer le jeu tout en minimisant le nombre de modules au sol (et donc de câbles, d'alimentations, ...). Mais il existe bien une équivalence lorsque dans un même pédalier cohabitent overdrive et distorsion, ce qui équivaut à 2 modules tout comme la configuration boost + disto.

Des cas particuliers de modules intégrant overdrive et distorsion sont trop rarement apparus, et je regrette que les constructeurs n'aient pas misé sur ces unités de traitement vraiment pensées pour la scène : la Jemini d'Ibanez (signature Steve Vai) ou la Jekyll and Hyde de Visual Sound, "collent" bien à un mode d'utilisation live, et si elles ne permettent pas la séparation rythmique / solo, elles permettent énormément de possibilités en jouant avec les canaux d'un ampli.

Car les stackages sont évidemment à préivilégier. L'unité de préamplification de l'ampli doit aussi être utilisée intelligemment, soit à des fins de production directes des overdrives ou des distorsions, mais aussi, en combinatoire avec les pédales au sol. Sans câblage superflu, un simple pedalswitch permet un réglage de boost sur deux canaux paramétrés en son clair de manière identiques, l'un plus "fort" que l'autre...

De même, on comptera fréquemment l'utilisation d'une overdrive à des fins de booster, le DRIVE à 0 et le LEVEL à fond. Le rendu sonore sur un ampli à lampes est assez éloquent : plus de gain, plus de puissance d'attaque, compression naturelle du préampli de l'ampli et augmentation du sustain. Une TS permet d'accroître le gain de 30 dB, ce qui donne un ressenti de puissance vraiment énorme.

Égaliseur

Il existe d'autres manip assez classiques qui permettent de "sortir du mix" : augmenter les médiums. Si vous êtes en bout de course au niveau du volume, l'astuce ancestrale des pionniers de la guitare électrique réside dans le fait de générer de perçants médiums pour un rendu plus audible. En règle générale, les bruits parasites augmentent également avec ce paramètre et l'on perd le caractère métal du son (médiums en retrait).

Mais il faut revenir aux sons de références pour admettre qu'à l'évidence, SRV ou EVH ont un point commun sonore : le côté "organique" de leur grain vient en bonne partie de cette surenchère de médiums. Evidemment, la maîtrise du son, du feedback accru, du sustain accentué deviennent autant d'avantages que d'inconvénients (larsen, parasites, ...).

C'est ainsi qu'on rencontre aussi souvent dans les pedalboards un module séparé de traitement de l'égalisation, typiquement pour revenir à ces traitements plus ou moins riches des hauts médiums, registre de prédilection de la guitare rock saturée... Et si le paramètre est assez courant sur les multi-effets, il reste assez intéressant de disposer d'un module indépendant qui traitera le signal unitairement et séparément du reste du gear.

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Le Boss GE-7 est un égaliseur graphique 7 bandes pour guitare permettant des réglages très poussés qui font vraiment la différence.

Car s'il est un paramètre qui évolue en fonction des contextes, c'est bien l'égalisation (et un peu la réverbération). Le réglage pour une petite salle ne donnera pas le même rendu en extérieur. De même, en fonction du niveau sonore, le comportement de l'égaliseur devra être adapté pour éviter les rendus trop criards, les basses brouillonnes et les sons trop étouffés par le mix (un clavier ou un bassiste vont, en fonction de leur disposition vis-à-vis du guitariste, "bouffer" certaines fréquences, du fait de la tessiture de leur instrument).

On se rend bien compte que les paramètres au niveau du canal de l'ampli ne suffisent pas, et qu'un module complémentaire s'avère alors nécessaire pour le boost vienne directement d'une égalisation, et non d'un simple accroissement du volume, assez stérile, en définitive.

A noter qu'un nombre minime de pédales de distorsions ou de réverbération et delay intègrent, en plus d'un potentiomètre TONE de correction, des presets Lo-Fi et Hi-Fi qui agissent tels un égaliseurs en termes de filtre passe haut ou passe bas. Les sons sont assez caricaturaux, on se trouve dans des configurations proches du mégaphone (médiums uniquement) jusqu'au mini amp (coupure des basses) pour des effets assez modernes.

Volume

Mais cette utilisation des variations du volume reste aussi à considérer : beaucoup achètent une économique pédale de volume, variateur basé sur un potentiomètre commandé au pied par une bascule, comme pour une wah-wah. L'équipement, passif, est relativement économique (Behringer FCV100 ou Bepesco VM10L se trouvent neuves pour 40 à 50 €).

L'ajustement est moins binaire qu'un boost, proposant une variation évidemment plus étendue, et permettant des effets de violoning (on coupe l'attaque de la note, mais on active rapidement la pédale pour l'entendre sonner). Une pédale de volume s'insère aussi bien juste après la guitare (mais c'est dommage de gommer un brin de signal brut), juste avant l'ampli (après les effets) pour une coupure nette, et dans la boucle d'effets, pour couper les répétitions d'un delay par exemple.

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La pédale de volume FCV-100 de Behringer est un excellent produit pour un rapport qualité/prix imbattable.

Ces modules sont généralement assez transparents. Le seul inconvénient, c'est la connectique jack qui se voit alors augmenter. Bien sûr, les utilisateurs de pédaliers numériques disposent d'une pédale d'expression qui assure le contrôle de la fonction volume. Cette dernière intègre parfois des paramètres du réglage de la puissance mini et maxi bien utiles.

Compresseur

Un autre effet agit inévitablement sur la dynamique, c'est la compression. Les utilisateurs de pédaliers et autres multis numériques voient dans le compresseur un allié qui "lisse" et régule le signal, rendant les rythmiques plus linéaires, détachant les notes d'un arpège en son clair, et détache les notes en overdrive. Le compresseur, de fait, traite le signal au plus près de la guitare en gommant les imprécisions et irrégularités des attaques (et de la dynamique de jeu).

En saturation, un compresseur augmente notablement le sustain (façon années 1980), ce qui gonfle les soli distordus. Mais en son clair, les rares modules analogiques, comme le MXR Dyna Comp, apportent un effet de "squastch", littéralement un écrasement du son, cher aux rythmiques funk. Mais ces mêmes pédales accentuent également la sensibilité de l'attaque dans certains cas, reproduisant des sensations de jeu uniquement rencontrées sur certains énormes stacks tout à lampes copieusement poussés (compression naturelle de l'amplification et des baffles).

A défaut, certains bons compresseurs permettent également un réglage de boost, rendant les sons clairs claquants sans engendrer d'overdrive lié à l'accroissement du volume du signal. Le compresseur est alors aussi utile sur des guitares équipées de doubles bobinages pour affiner le son, et proposer un rendu proche d'un single coil (avec un peu d'égalisation...).

Là encore, un module séparé engendre l'ajout de câbles supplémentaires et une perte de signal. Si le compresseur a pour rôle de le rehausser, il trouvera sa place en début de chaîne, juste après la guitare (... et éventuellement l'accordeur). Ce même effet est utilisé par les ingénieurs du son, sur des batteries ou des voix, mais pour un effet légèrement différent du module dédié à la guitare.

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Le MXR Dyna Comp, toujours copié, jamais égalé !

Les pédales de compression analogiques affichent une tendance à générer un léger souffle continu. Le traitement du signal n'est pas neutre, et bien souvent, le souffle s'amplifiant lorsqu'on monte le volume de l'ampli, il n'est pas rare d'éliminer ce bruit généré par un réducteur de bruit, ou, petite astuce, le placement dans la chaîne d'un module numérique, car le convertisseur A/N et N/A va traiter ce souffle et l'éliminer complètement.

L'égalisation permet également d'atténuer ce souffle, en coupant certaines fréquences aigues. Mais pour ce traitement, un égaliseur passif à 3 bandes, classique des amplificateurs, ne suffira pas : le souffle est sur une fréquence bien particulière à cerner, dépendant des autres équipements du set de matériel.

Enfin, si le signal obtenu en fin de traitement exige d'être encore "relevé", il faudra bien compenser les pertes accumulées par les multiples câbles et modules qui composent votre chaîne d'effets. Il est certes possible de "jouer" sur la qualité des câbles (radical) et le type d'alimentation (transfo stabilisés et dédiés à chaque effet, utilisation de piles neuves) pour baisser significativement l'impact nocif des bruits de fond.

Seul l'étage de puissance de votre ampli permettra de compenser cette atténuation du volume en entrée de l'ampli. Mais on le sait, plus on monte le volume, plus on accroît l'émission des parasites. Il faut donc envisager de disposer d'un module de suppression de bruit (noise suppressor, noise gate, buzz attenuator). Ce module est intégré dans tous les multi numériques du marché, et il faut reconnaître une certaine efficacité du traitement numérique.

Noise gate

D'autres modules, dédiés, au format pédale, proposent également des traitements de qualité, souvent paramétrables de manière plus "fine", qui nettoient le signal et permettent à l'ampli, si ce dernier n'est pas non plus à l'origine des bruits parasites, de recevoir un signal "propre" et efficace à traiter.

Attention à cet usage, il tend à couper la note tenue dans le temps, le sustain. En effet, les noise gates sont construits autour d'algorithmes puissants qui déterminent automatiquement la fréquence qui porte le bruit néfaste dès que l'on ne joue plus (généralement, quand on joue, on n'entend pas le sifflement). Toutefois, il est fréquent qu'il estompe la note tenue dans la durée, cette dernière s'avérant être la cible automatiquement déduite du traitement d'élimination.

Il n'y a pas de recette miracle, réduisez au maximum les modules de traitement entre votre guitare et l'ampli. Dans la FX loop, conservez les modulations, répétitions et réverbérations (numériques), si vous le pouvez, pour un meilleur rendu. Si nous n'avez pas de FX loop, sortez par la sortie Line de votre multi-effets pour regagner le AUX IN de l'ampli.

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Le Rocktron Hush, LA pédale référence en matière d'élimination des bruits.

Si votre multi dispose d'une boucle d'insert, c'est destiné aux pédales. Autrement, faites précéder votre module numérique des modules analogiques de wah, compression, overdrive et distorsion. Placez l'égalisation avant ou après la disto (c'est comme la wah, c'est selon). Ne négligez pas les distorsions de l'ampli, ce sont les premiers modules testés directement sur le châssis, le haut-parleur, et elles ne déçoivent généralement pas.

Si vous utilisez des traitements avant la préamplification de votre ampli (phaser, flanger, wah), misez sur le fait d'utiliser principalement le canal overdrive de ce dernier. Vous pouvez toujours utiliser votre préamp à émulation comme étage d'un ampli, et donc faire précéder un multi d'une wah par exemple, mais la dynamique risque d'être perdue.

Enfin, pensez aux chaînages audacieux. La wah après la distorsion permet de gagner en agressivité, ce qui est recherché dans certains styles, notamment le solo. L'égalisation avant la disto permet de trouver des sonorités originales avec un fort caractère. Pour plusieurs raisons, restez minimalistes dans vos configurations et misez sur un panel constitué de peu de bons sons plutôt qu'une bonne vingtaine de mauvais sons.