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le delay




Le delay est un effet sonore basé sur le principe de la chambre d'écho. Il permet de décaler un signal dans le temps entre son arrivée à l'entrée du delay et sa sortie (DELAY TIME). Ce décalage peut être répété plusieurs fois (FEEDBACK) puis s'atténuer. Les réglages se complètent régulièrement d'un niveau de volume des répétitions (LEVEL).

Il faut faire la différence entre le delay pour guitare et la correction de delay utilisée en sonorisation : en effet, en sono, les longueurs et distances d'émission et de réception engendrent un décalage, un écho artificiel ; le delay de sonorisation sert à corriger (réduire) l'effet d'écho.

Au contraire, le delay pour guitare ajoute volontairement des répétitions et les superpose au son direct de l'instrument. Le premier effet, avec des réglages de temps et de répétition au minimum, c'est de doubler le signal, ce qui engendre un grossissement pur et simple du son. Cette faculté, accentuée par le dédoublement stéréo du signal, donne un son plus audible, un signal plus "épais", "grossi", souvent utilisé en solo.

Evidemment, en jouant sur le doublage, le décalage dans le temps des répétitions, et sur la dispersion du signal (2 voies), l'effet est encore plus saisissant, donnant une dimension intéressante au jeu du guitariste qui occupe ainsi l'espace. Il est fréquent de proposer un module qui donne 2 voies : le signal direct sur l'une et les répétitions sur l'autre (on peut voir ça sur les modules au format pédale).

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L'Ibanez Analog Delay AD-9 (initialement construit par Maxon) reste une excellente réédition des effets analogiques électroniques.

Enfin, les algorithmes de traitement du signal s'étant amélioré avec l'avènement du numérique dans les effets et multi-effets, il est aujourd'hui courant de rencontrer une fonction supplémentaire jouant sur le spectre panoramique audio : un effet de delay stéréo, qui peut jouer encore d'avantage sur la perception et la dimension spatiale du son, avec des émission droite / gauche du signal.

Le réglage le plus souvent employé par les guitaristes consiste à baser le retard sur le rythme du morceau. Ce réglage d'autant plus subjectif, dépend donc des autres musiciens, notamment du batteur qui martèle le tempo. Le paramètre DELAY TIME fige dans le module, le temps de retard basé sur la note, sa croche, sa double-croche, ... Il se fixera en millisecondes.

Si ce temps de retard est mal ajusté, le jeu du guitariste peut sembler complètement décalé ; un batteur peut avoir du mal, sans "bip" ou métronome, à tenir le "tempo" ni même à démarrer le morceau sur la bonne cadence. Pour ça, il n'y a pas de recette miracle, inutile d'envisager que le tempo évolue comme ça, en live :

Tous les multi numériques intègrent de nos jours la fonction de TAP TEMPO, pour le plus grand bonheur des guitaristes, ce qui "soulage" les batteurs d'hypothétiques reproches. Les improvisateurs apprécieront également la possibilité de modifier le paramètre au cours du jeu.

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La pédale analogique Memory Man produite par Electro Harmonix propose un son vintage couplé d'un Chorus et/ou d'un vibrato pour un rendu rock assez typique.

Toutefois, les premiers échos, les delays analogiques n'intègrent pas ces possibilités de réglages si précis, même si le rendu de ces modules anciens est prisé pour d'autres raisons, sonores, cette fois, et non liées à l'utilisation.

A mon sens, tout guitariste électrique devrait disposer d'un module de delay, tant cet effet est important pour le son. C'est d'ailleurs le seul effet (les overdrives et distorsions n'en sont pas vraiment) avec la wah-wah, pour lequel une section spécifique a été créée dans ce site, c'est dire !

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La pédale Vox Time Machine, signature Joe Satriani, est un très beau produit numérique qui émule les échos à bandes, et produit des sons modernes de delay numérique de toute beauté. La fonction Tap Tempo ainsi que ses réglages simplistes en font une arme redoutable.

Effectivement, le delay est l'élément de transformation probablement le plus utilisé par les guitaristes pour traiter le signal : s'il est encore cher au format unitaire de pédale, il a longtemps été l'effet le plus mis en avant dans la sortie des premiers effets, et il devient l'unité de traitement la plus importante des multi-effets numériques récents, après la section d'émulation.

Ce fut en tout cas un argument de vente massue dans les années 1970 : il fallait disposer d'un module de delay, car il permettait, en plus de sa fonction de base (fournir des répétitions), permettre d'approcher d'autres effets de chorus, flanger ou même de réverbérations.

Aujourd'hui, hormis pour "briller en société", il semble inutile de chercher à reproduire un flanger ou un chorus avec un module mal adapté, mais il est bon de rappeler qu'un temps de retard de 10 ms permet d'approcher une réverbération, jusqu'à 40 ms on trouvera un chorus si l'on garde un feedback à 0, et que l'effet deviendra un slapback en augmentant ce paramètre.

C'est en fait une première utilisation, dans des styles rockabilly et country que les delays courts sont utilisés. Principalement en sons clairs, ce son aussi appelé "early reflexion" est caractéristique de la musique rock des années 1950 et 1960.

Il est principalement dû au fait que les modules d'écho à l'époque ne permettaient que des réglages de temps assez courts, mais surtout assez intéressants,pour faire passer la guitare d'un simple instrument d'accompagnement, à un instrument de soliste. C'est, avec l'overdrive, l'effet qui a le plus contribué à développer les talents de virtuoses de la 6 cordes.

Bien après, les envolées psychédéliques des soli de Hendrix, des voicings de Pink Floyd (Dave Gilmour) en ont fait un effet indispensable. Et il reste indispensable à plus d'un titre, car il constitue pour beaucoup de guitaristes, une marque de fabrique.

Brian May de Queen l'a employé intensément sur ses soli, notamment de manière très particulière et très créative sur sur Brighton Rock lors du Live at Wembley '86. Nuno Bettencourt sur The Flight of the Wounded Bumblebee (inspiré du Vol du Bourdon de Rimsky Korsakov) en use de manière assez étonnante. Enfin, un autre exemple, The Edge de U2 en a aussi fait une partie importante de son jeu, principalement sur les premiers albums du groupe.

Les possibilités sont de plus en plus grandes sur les pédaliers numériques avec des traitements plus conséquents (tels que la série des Boss GT par exemple) où l'on peut maintenant définir différentes structures de répétition, jouer sur les sorties stéréo gauche / droite, empiler plusieurs niveaux de retard pour donner des rendus assez grandioses.

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La pédale Boss Digital Delay DD-7 est devenu un standard du traitement des répétitions. Le son jugé parfois assez "froid" reste un standard des delays du marché.

Inséré dans une boucle d'effet d'un ampli, une pédale d'effet reste cependant une arme redoutable, permettant d'activer des répétitions, de les prolonger alors que l'effet est désactivé, mais aussi en proposant des fonctions assez particulières comme le HOLD qui permet la répétition d'une petite phrase de quelques secondes, alors que le jeu reprend à côté.

Les delays, à l'origine des effets basés sur le doublement du signal et les temps de retard, ont grandement contribué à l'évolution du jeu de guitariste, en ajoutant immédiatement une dimension intéressante à exploiter en solo, en arpège, et pour quelques effets rytmiques.

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Une reproduction des premiers échos à bandes, l'Echoplex, qui a permis de rendre accessible l'effet aux guitaristes alors qu'il était exclusivement réservé aux studios d'enregistrements. Son prix reste élevé (matériel vintage) et son utilisation complexe et son rendu aléatoire.

Les différences caractéristiques des matériels se retrouvent dans l'utilisation et le rendu sonre. On distingue deux grandes familles de delays, analogiques et numériques, avec des utilisations spécifiques distinctes répondant à deux besoins assez divers.

Les delays numériques sont les plus récents. On les trouve au format de pédales, comme intégrés à des pédaliers ou des racks. Leur principale caractéristique, au niveau du rendu sonore, c'est qu'ils proposent des répétitions fidèles au signal d'origine. L'avantage, c'est la stéréo, plusieurs types de delays paramétrables, ainsi que des temps de répétition supérieurs à 450 ms. On les utilise pour des delays longs, calés sur le tempo (souvent au TAP TEMPO).

Les delays numériques émulent de mieux en mieux les échos à bandes, analogiques, prisés pour leur son. Ils intègrent des fonctions de répétition comme HOLD ou encore REVERSE qui reproduit les répétitions à l'envers, sont pourvus de puissants microprocesseurs capables de traiter une grande quantité d'informations, et des répétitions quasi infinies sur plusieurs secondes.

Les delays analogiques sont plus anciens. On les trouve principalement au format de pédale individuelle, et aujourd'hui, ils constituent des modules assez prisés pour leur son caractéristique. Autrefois produit par des bandes d'enregistrement, ils se sont avérés fragiles et coûteux du fait du remplacement des bandes, usure des têtes de lecture, ...

Cependant, les delays analogiques à bandes produisaient une répétition légèrement distordue, altérée du fait de la "fatigue" des bandes et des têtes de lecture. Ces répétitions imparfaites font le charme sonore de ces modules vintage.

Les échos à bandes ont été reproduits dans des modules électroniques vers les années 1980. Les sons, conformes à l'original, présentaient cette légère distorsion des répétitions qui grossissent les sons clairs en arpège (légère modulation) en proposant des temps de retard assez courts, limités par l'électronique à moins de 500 ms.

Idéal pour du doubling ou du slap-back, l'effet d'écho analogique n'a pas moins contribué à grossir les soli saturés du hard-rock en proposant des réglages fixes, non calés sur le tempo, mettant la guitare avantageusement en valeur. Les "défauts" ont alors été exploités au maximum pour le plus grand bonheur des guitaristes.

De nombreux amplificateurs, de nos jours, sortent sans aucun effet, dans la mesure où les multi-effets sont très répandus et que les traitements des réverbérations et delays intégrés à l'époque, sont bien meilleurs que ce que pourraient intégrer les constructeurs spécialisés.

L'effet de delay est, à mon sens, un effet inévitable dans un set de guitariste. Incontournable du soliste, c'est un effet difficile à dompter, mais qui donne énormément de caractère au signal, et qui devient de moins en moins cher à fabriquer, au point qu'il devient parfois utile d'en disposer d'un en complément de sa wah-wah et de sa pédale de disto.

N'oubliez pas, possesseurs de multi', que l'utilisation exclusive du delay ouvre énormément de possibilités ; inutile de "noyer" chacun de vos programmes de couches de modulation et de réverbération superflues et découvrez la versatilité procurée par un tel module utilisé simplement tout seul.

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La pédale numérique de TC Electronic est un must pour reproduire de nombreux delays de référence avec une très grande qualité de traitement.

Si vous penchiez pour un module séparé, une pédale numérique, veillez à ce qu'elle dispose de plusieurs plages de retard (125, 250, 500 et 1000 ms) pour que le module soit exploitable et traite le signal différemment en fonction des valeurs réglées par les potentiomètres. Enfin, privilégiez la présence de la fonction de TAP TEMPO pour coller aux besoins de jeu en groupe.

Si vous souhaitez un son plus vintage, uniquement obtenu via l'analogique, sachez que les modèles numériques l'émulent très bien, mais que de très bons modules analogiques existent pour moins de 200 €, vous proposant 3 réglages de base, ce qui simplifie les réglages et renforce votre spontanéité.

Enfin, depuis votre multi, comme depuis les pédales numériques ou analogiques, testez le delay sur les deux sorties droite et gauche du module. L'effet est particulièrement adapté à la spécialisation et le rendu, notamment dans deux amplificateurs, est généralement très flatteur pour le son du guitariste.

Exemple de delay analogique

Exemple d'effet de doubling

Exemple d'effet de slapback

Exemple de delay numérique standard

Exemple de delay "ping-pong"

Au travers de ces différents exemples d'utilisation, vous aurez une idée précise de la variété de sons que l'on peut obtenir avec un delay. La phrase est jouée sans, puis avec l'effet dans chacun des exemples. Il vous faudra choisir le type de delay, ou la pédale en fonction de votre style de prédilection. Retenez que ces enregistrements sont des exemples fournis à titre indicatif.